Les inflammations vaginales, ou vaginites, sont des affections fréquentes chez les femmes de tous âges, caractérisées par des pertes vaginales, des démangeaisons ou des brûlures de la vulve (vulvovaginite). Elles sont dues à des infections ou des irritations. Près de la moitié des vaginites infectieuses sont causées par des champignons microscopiques, principalement du type Candida albicans, responsables des mycoses vaginales. Divers facteurs peuvent favoriser leur prolifération.
Comprendre la mycose vaginale
Les mycoses vaginales sont dues à la multiplication excessive de champignons microscopiques, souvent du type Candida albicans, qui vivent naturellement sur les muqueuses sans causer de symptômes. Diverses circonstances peuvent provoquer cette multiplication. Les vaginites peuvent également être irritatives, représentant environ un tiers des cas. Chez les femmes ménopausées, la sécheresse des muqueuses génitales augmente le risque d’irritations vaginales.
Causes et facteurs favorisants
Plusieurs facteurs peuvent favoriser le développement d'une mycose vaginale :
- Déséquilibre de la flore vaginale : Un déséquilibre de la flore vaginale, souvent causé par des douches vaginales internes ou l'utilisation de savons parfumés, peut favoriser la prolifération du Candida Albicans.
- Terrain favorable : Une zone sous macération, due au port de sous-vêtements synthétiques, crée un effet de serre propice au développement du Candida Albicans.
- Alimentation déséquilibrée : Un régime alimentaire riche en sucres et acidifiant nourrit le Candida et favorise son développement. L'alcool et le tabac peuvent également contribuer.
- Stress et manque de sommeil : Le stress et le manque de sommeil peuvent influencer la flore bactérienne, le système immunitaire et l'équilibre hormonal, créant ainsi un terrain favorable aux mycoses.
- Facteurs hormonaux : Les déséquilibres hormonaux, influencés par l'alimentation ou l'exposition à des perturbateurs endocriniens, peuvent également favoriser les mycoses.
- Autres facteurs: La prise d'antibiotiques, un diabète déséquilibré, une oestrogénothérapie après la ménopause ou une corticothérapie générale peuvent également favoriser les candidoses.
Symptômes
Les vaginites provoquent des démangeaisons de la vulve et du vagin. Parfois, on observe rougeur et gonflement des grandes lèvres, ainsi que des écoulements épais et blanchâtres, les pertes blanches ou pertes jaunes. Outre les symptômes mentionnés précédemment, certaines femmes peuvent également ressentir une sensation de douleur ou de brûlure pendant les rapports sexuels, ainsi qu'une sensation de brûlure en urinant.
Stérilet au cuivre et mycose : quel lien ?
Le stérilet au cuivre, ou DIU cuivre, est une méthode contraceptive sans hormones qui peut avoir des effets sur la flore vaginale. Bien que les études scientifiques ne soient pas unanimes, certaines femmes se plaignent d'une recrudescence de mycoses et de vaginoses après la pose d'un DIU cuivre.
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Le cuivre contenu dans le DIU a un effet acidifiant sur la glaire cervicale, ce qui peut impacter le pH vaginal. Bien que les lactobacilles, qui composent la majorité de la flore vaginale, aient besoin d'un pH acide pour assurer la protection contre les envahisseurs, des variations de ce pH peuvent avoir des conséquences. Les mycoses, liées au développement du Candida Albicans, se développent dans un environnement acide, généralement autour de 3.8. De plus, l'impact du DIU sur l'abondance des règles peut également impacter le pH, car le sang des règles a tendance à basifier le pH, favorisant ainsi le développement des vaginoses.
Certaines théories suggèrent également que des changements de comportements sexuels lors du passage au DIU cuivre, surtout après l'arrêt d'une pilule ayant un impact sur la libido, peuvent entraîner une hausse de la fréquence des rapports et, par conséquent, une chronicité accrue des mycoses.
Enfin, le cuivre contenu dans le DIU peut être absorbé par l'organisme et, dans certains cas, entraîner un taux de cuivre plus élevé que la moyenne. Un mode de vie impliquant déjà des taux élevés de cuivre (alimentation riche en abats ou fruits de mer, utilisation de tuyaux en cuivre) peut conduire à un dépassement des normes. Une carence en zinc, souvent liée à un excès de cuivre, peut avoir des impacts sur l'anxiété, la peau, les cheveux et les ongles, et favoriser les manifestations d'intoxication au cuivre. Il existe un lien entre les œstrogènes de synthèse et le cuivre. Des études ont montré que les femmes sous pilule contraceptive œstroprogestative ont des niveaux de cuivre plus élevés que la moyenne.
Effets secondaires potentiels du stérilet au cuivre
Outre le risque de mycoses, le DIU cuivre peut entraîner d'autres effets secondaires :
- Douleurs lors de l'insertion : Liées à l'utilisation de certains outils ou à des gestes inadéquats du praticien.
- Difficultés lors de l'insertion : En cas d'utérus rétroversé ou de stress de la patiente.
- Malposition ou migration du DIU : Le DIU peut bouger et se loger près du col, entraîné par des contractions ou lors des règles.
- Expulsion du DIU : Il est possible d'expulser spontanément son DIU sans s'en rendre compte.
- Règles plus longues et abondantes : 80% des femmes se plaignent de règles plus longues et abondantes, ce qui peut entraîner une baisse du taux de ferritine, de la fatigue, une anémie, une perte de cheveux ou un essoufflement.
- Spotting ou métrorragies : Pertes de sang quelques jours avant les règles ou saignements entre les règles.
- Douleurs de règles : Liées à l'inflammation locale créée par le DIU ou à un DIU qui a bougé.
Traitements et prévention des mycoses vaginales
Il existe de nombreuses possibilités d’action pour éviter les récidives de mycoses vaginales :
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- Hygiène intime adaptée : Oublier les savons parfumés et les douches vaginales internes. Se laver à main nue à l’eau tiède, toujours d’avant en arrière, et se sécher délicatement. Utiliser des protections hygiéniques en tissu lavable ou changer très régulièrement les protections jetables pour éviter la macération.
- Alimentation équilibrée : Limiter les sucres rapides, les produits ultra transformés, les produits riches en levure et moisissures, et les glucides. Favoriser les légumes pour leur apport en fibres et en vitamines, afin de nourrir les bonnes bactéries du microbiote intestinal.
- Gestion du stress et du sommeil : Travailler sur la gestion du stress et améliorer la qualité du sommeil pour éviter un déséquilibre de la flore.
- Activité physique régulière : Pratiquer une activité physique adaptée et régulière pour éliminer les toxines et booster l’immunité.
- Probiotiques : Prendre des probiotiques par voie vaginale ou orale pour soutenir la flore vaginale dans sa lutte contre l’envahisseur.
- Phytothérapie : Utiliser certaines plantes pour booster l’immunité (Echinacée), comme antifongique (Alchémille, Réglisse) ou comme antibiotique naturel (Extrait de Pépins de Pamplemousse).
- Huiles essentielles : Utiliser des huiles essentielles comme l’huile essentielle d’origan compact en interne pour assainir la flore intestinale, ou l’huile essentielle de Palmarosa ou Tea Tree en application locale diluée (toujours se rapprocher d’un spécialiste).
- Produits de la ruche : La Propolis est un puissant anti-fongique, à prendre sous forme pure en respectant la posologie.
- Bains de siège froids : Des bains de siège froids pendant 15 minutes peuvent limiter les démangeaisons.
Traitements médicaux
En cas de mycoses récidivantes, un traitement médical prolongé peut être nécessaire, par voie locale et/ou générale. Le fluconazole est souvent utilisé par voie orale, avec différents protocoles (prise hebdomadaire pendant 6 mois, dose bimensuelle puis mensuelle, etc.). Les pré/probiotiques par voie locale et/ou générale sont un bon complément thérapeutique.
Quand consulter ?
Il est recommandé de consulter un médecin ou une sage-femme si vous présentez des symptômes de mycose vaginale, surtout en cas de récidives. Un professionnel de santé pourra confirmer le diagnostic, rechercher les facteurs déclenchants et prescrire un traitement adapté. Il est également important de remettre en question le diagnostic en cas d'épisodes de candidoses à répétition, car des symptômes similaires peuvent être liés à d'autres affections (dermatoses, vaginoses, vulvodynies).
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