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L'Ovocyte de Réserve chez le Moustique : Développement et Implications

L'étude intensive de la biologie des moustiques se justifie par deux raisons principales. Une connaissance détaillée de leur mode de vie est souvent la clé pour les contrôler et les maladies qu'ils transmettent. Une étude quantitative du contact entre la population humaine et les Anophèles adultes, en particulier ceux qui piquent l'homme plus d'une fois et deviennent infectés, est un élément important de l'épidémiologie du paludisme, ou d'autres maladies transmises par ces insectes (Buxton & Leeson in Boyd, 1949).

Biologie Larvaire des Anophèles

Au niveau de la biologie larvaire, trois éléments fondamentaux sont à retenir :

  1. Durée de vie larvaire variable : La durée de vie larvaire varie selon les espèces et les conditions de température. En zones tropicales, la phase aquatique des anophèles dure de 1 à 3 semaines. En zones tempérées, le stade larvaire peut durer plusieurs semaines, voire des mois, car certaines espèces peuvent hiberner à l’état larvaire comme An. claviger (Kasap, 1986 ; Simsek, 2006). À l’opposé, en Égypte, des larves d’An. pharoensis ont été trouvées dans des casiers rizicoles où la température était de 40 °C. Les températures estivales sur An. merus produisent des larves de petite taille à l’origine d’adultes dont les ailes sont relativement courtes (Le Sueur & Sharp, 1991).

  2. Respiration aérienne : Les larves (et les nymphes) vivent dans l’eau mais ont une respiration aérienne, une particularité biologique utilisée dans la stratégie de lutte antilarvaire qui vise à empêcher les larves et les nymphes d’atteindre la surface et de respirer, ce qui entraîne alors leur asphyxie.

  3. Diversité des gîtes larvaires : Les gîtes larvaires sont très variés ; des anophèles peuvent se développer dans :

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    • les eaux douces (An. gambiae) ou saumâtres (An. melas et An. merus en Afrique sud-saharienne, respectivement sur la façade occidentale et orientale, An. aquasalis en Amérique du Sud ; An. sundaicus s.l. en Asie du Sud-Est dans la péninsule indochinoise), voire sursalées (An. azaniae en Somalie) ;
    • des sites ensoleillés (An. gambiae, An. arabiensis en Afrique tro# L'Ovocyte de Réserve chez le Moustique : Développement et Implications

L'étude approfondie de la biologie des moustiques se justifie par deux raisons principales. Premièrement, une connaissance détaillée de leur mode de vie est souvent la clé pour les contrôler et les maladies qu'ils transmettent. Deuxièmement, une étude quantitative du contact entre la population humaine et les anophèles adultes, en particulier ceux qui piquent l'homme plus d'une fois et s'infectent, est un élément important de l'épidémiologie du paludisme ou d'autres maladies transmises par ces insectes.

Biologie Larvaire des Anophèles

La biologie larvaire des anophèles présente trois éléments fondamentaux à retenir : la durée de vie larvaire, la respiration aérienne des larves et la variété des gîtes larvaires.

Durée de Vie Larvaire

La durée de vie larvaire varie selon les espèces et les conditions de température. En zones tropicales, la phase aquatique des anophèles dure de 1 à 3 semaines. En zones tempérées, le stade larvaire peut durer plusieurs semaines, voire des mois, car certaines espèces peuvent hiberner à l’état larvaire comme An. claviger. À l’opposé, il a été trouvé, en Égypte, des larves d’An. pharoensis dans des casiers rizicoles où la température était de 40 °C. Les températures estivales sur An. merus produisent des larves de petite taille à l’origine d’adultes dont les ailes sont relativement courtes.

Respiration Aérienne

Les larves (et les nymphes) vivent dans l’eau mais ont une respiration aérienne. Cette particularité biologique est utilisée dans la stratégie de lutte antilarvaire qui vise à empêcher les larves et les nymphes d’atteindre la surface et de respirer, ce qui entraîne alors leur asphyxie.

Variété des Gîtes Larvaires

Les gîtes larvaires sont très variés. Des anophèles peuvent se développer dans :

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  • Les eaux douces (An. gambiae) ou saumâtres (An. melas et An. merus en Afrique sud-saharienne, respectivement sur la façade occidentale et orientale, An. aquasalis en Amérique du Sud ; An. sundaicus s.l. en Asie du Sud-Est dans la péninsule indochinoise), voire sursalées (An. azaniae en Somalie).
  • Des sites ensoleillés (An. gambiae, An. arabiensis en Afrique tropicale, An. pseudo-punctipennis et An. albimanus en Amérique ; An. sundaicus s.l. en Asie du Sud-Est) ou dans les forêts ombragées (An. dirus s.l. dans le Sud-Est asiatique, An. vestitipennis en Amérique centrale).
  • Les eaux stagnantes (An. gambiae, An. funestus, An. dirus s.l., An. vestitipennis) ou dans les eaux courantes, petites rivières (An. labranchiae, An. minimus s.l.) ou grandes rivières (An. moucheti, An. nili, An. darlingi).
  • Les flaques d’eaux temporaires ensoleillées (gîte typique d’An. gambiae) ou flaques résiduelles dans le lit des rivières (gîte typique d’An. pseudopunctipennis) ou relativement permanentes comme les rizières (An. gambiae, An. arabiensis, An. coustani, An. pharoensis) ou marécages (An. albimanus).
  • Des gîtes sans végétation dressée (An. gambiae) ou avec végétation dressée (An. funestus, An. pharoensis, An. albimanus, An. sundaicus s.l.) ou avec présence d’algues filamenteuses vertes (An. pseudopunctipennis) ou cyanophycées (An. albimanus).
  • Des gîtes naturels comme les marais et les marécages, les trous d’arbres (An. plumbeus), les trous de rochers, les vasques des feuilles engainantes des broméliacées (anophèles du sous-genre Kerteszia), ou des gîtes anthropiques comme les citernes (An. gambiae en Grande Comore, An. arabiensis en Somalie, An. stephensi en Inde ou An. Minimus à Hanoï, An. dirus s.l. au Myanmar), les puits et céanes (An. arabiensis à Djibouti et à Dakar), les traces de pneus sur le sol, les empreintes de pas humains ou de sabots, les trous d’emprunt de terre pour la fabrication des briques, etc.

Méthodes de Collecte des Moustiques

Les enquêtes entomologiques constituent le principal moyen de connaissance des anophèles et un composant essentiel des programmes de lutte antianophélienne. Elles se divisent en approches ponctuelles et répétées.

Enquêtes Ponctuelles

Les enquêtes ponctuelles sont généralement uniques et de courte durée. Elles fournissent des informations sur l’identité des espèces vectorielles potentielles, leurs préférences trophiques et de repos, leurs densités saisonnières, leur longévité, leur infectivité, les types de collections d’eau utilisés comme gîtes larvaires, leur sensibilité aux insecticides pour faciliter la sélection du produit selon des critères de coût-efficacité.

Observations Périodiques ou de Tendances

Les observations périodiques sont répétées, par exemple tous les mois pendant une année, dans le but d’évaluer les variations saisonnières ou l’impact de mesures de contrôle. Elles fournissent des informations sur les changements temporels des densités de vecteurs, leurs taux d’infection, leurs comportements et leurs sensibilités aux insecticides. Répétées dans les mêmes conditions et avec les mêmes techniques, ces observations périodiques permettent une estimation relative (par exemple, l’évolution des densités apparentes d’anophèles par chambre à coucher) plus qu’une estimation absolue (par exemple, le nombre d’anophèles d’une population).

Principales Méthodes d’Échantillonnage

Les principales méthodes d’échantillonnage sont les suivantes :

  • Récoltes des larves et nymphes dans les gîtes aquatiques : Chaque espèce de moustique a des préférences pour pondre ses œufs dans une collection d’eau particulière. Pour identifier les gîtes préférés dans une localité, il est essentiel d’examiner tous les gîtes possibles, même ceux qui sont difficiles d’accès. Cela permet de déterminer les types de gîtes préimaginaux des anophèles. En pratique, on dispose de plateaux, louches, etc. L’eau du gîte est prélevée et attentivement examinée pour rechercher les larves et les nymphes qui sont prises à la pipette et mises dans un flacon.
  • Captures intra-domicilaires à la main de moustiques endophiles au repos : Beaucoup d’anophèles vecteurs de Plasmodium humains se reposent à l’intérieur des maisons. La récolte à la main fournit une information sur les endroits et surfaces de repos habituels, les densités au repos et les changements saisonniers de densité. Elle fournit aussi des spécimens vivants pour tests de sensibilité et essais biologiques, observations sur la mortalité des moustiques dans des maisons traitées par un insecticide ou avec moustiquaires imprégnées. En pratique, il convient de récolter les moustiques tôt le matin, aussitôt après que les occupants de la maison se sont réveillés.
  • Captures intra-domicilaires au pyrèthre de moustiques endophiles au repos : Cette capture implique la pulvérisation spatiale de pyréthrine à l’intérieur de la maison pour assommer les moustiques se reposant à l’intérieur. Ces derniers sont alors ramassés sur des draps préalablement étendus par terre. On peut utiliser du pyrèthre naturel (difficile à se procurer) ou un pyréthrinoïde (effet knockdown moins rapide). Cette méthode est plus efficace que la précédente, mais les moustiques récoltés sont ici morts ou moribonds.
  • Captures à l’extérieur de moustiques exophiles au repos : Certains moustiques entrent dans les maisons la nuit pour piquer mais quittent la maison aussitôt après avoir piqué. D’autres n’entrent jamais dans les maisons et piquent à l’extérieur. Les données de collectes à l’extérieur sont importantes pour évaluer l’antropophilie d’une population anophélienne et l’impact d’une lutte anti-vectorielle (qui favorise souvent un comportement exophile des anophèles cibles).
  • Captures directes de moustiques agressifs : Cette méthode permet la capture de moustiques en phase I du cycle gonotrophique et plus précisément en fin de phase de recherche d’un repas de sang. La capture sur homme reste la méthode de référence pour évaluer à la fois le taux de piqûre et le taux d’infection de la fraction anthropophile des anophèles, paramètres indispensables à l’évaluation du taux d’inoculation entomologique.
  • Captures avec des pièges appâtés : Les moustiques obtenus par ce type de capture sont des moustiques agressifs. Les simples moustiquaires pièges avec appâts animaux fournissent en général plus de moustiques que les captures directes sur animaux.
  • Captures avec des pièges de sorties : Des dispositifs ad hoc autorisent le passage d’un moustique en vol dans un sens mais contrarient le retour dans le sens inverse. Ces pièges d’interception sont disposés aux passages utilisés habituellement par les moustiques pour sortir des maisons.

En conclusion, on constate que, quelle que soit la méthode pratiquée, c’est seulement une fraction de la population anophélienne qui est échantillonnée. Ces méthodes doivent donc être choisies pour répondre à des questions précises, et sont complémentaires.

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Spécificités Écologiques des Espèces

Certaines espèces ont des contraintes écologiques strictes. Les larves d’An. bwambae (du complexe An. gambiae) sont inféodées aux eaux natronnées de la forêt de Semliki en Ouganda. Au contraire, d’autres ont une grande amplitude écologique : les larves d’An. melas et An. merus (également du complexe An. gambiae), d’An. sundaicus s.l. et d’An. pseudopunctipennis peuvent vivre aussi bien en eau douce qu’en eau saumâtre. Les larves d’An. pseudopunctipennis se développent dans des gîtes salés alimentés par l’océan jusqu’à des gîtes d’eau douce à une altitude de 3 200 m dans la cordillère des Andes. An. gambiae s.s. est observé des forêts dégradées du Congo aux zones de savanes présahéliennes ainsi qu’en zone urbaine comme en zone rurale, dans des gîtes naturels (flaques) ou anthropiques (céanes).

Développement Larvaire et Qualité de l'Eau

De façon générale, les larves d’anophèles se développent dans des eaux relativement propres contrairement aux larves de Culex quinquefasciatus qui peuvent se développer dans des eaux souillées de matières organiques et se retrouvent alors abondamment dans les zones urbaines où l’hygiène n’est pas assurée. Cependant, des larves d’An. gambiae ont pu être récoltées dans des drains pollués en zones urbaines (Abidjan, Dakar, Brazzaville, Yaoundé, etc.), mais cela reste peu fréquent.

Connaissance des Gîtes Larvaires et Implications

La connaissance des gîtes larvaires permet :

  • D’associer certaines espèces d’anophèles à certaines formations végétales, par exemple An. moucheti, entre autres, se développe parmi les plantes flottantes du genre Pistia, ce qui permet de dresser des cartes écologiques identifiant les gîtes, actuels ou potentiels, afin de prendre des mesures préventives.
  • De comprendre l’influence des conditions environnementales sur la transmission (intensité et dynamique) du paludisme. Par exemple : au Sud-Cameroun, dans des villages installés près de la rivière Sanaga, en zone forestière, une transmission permanente est assurée par An. nili dont les larves se développent près des berges au milieu de la végétation dressée. Mais lors de l’étiage du fleuve les petites flaques d’eau des creux de rochers et des bancs de sables sont rapidement colonisées par les larves d’An. gambiae.

Cryoconservation Ovocytaire chez l'Humain : Un Parallèle Conceptuel

Bien que le sujet principal de cet article soit le développement larvaire des moustiques, il est intéressant de noter un parallèle conceptuel avec la cryoconservation ovocytaire chez l'humain. Aussi connue sous le nom de cryoconservation ovocytaire, il s’agit d’une méthode de préservation de la fertilité. Techniquement, il s’agit de prélever les ovocytes puis de les congeler dans de l’azote liquide pour les congeler à - 196 °C et les stocker en vue d’une grossesse ultérieure.

En France, l’article L2141-22 du Code de la Santé encadre la congélaton des ovocytes, stipulant que "toute personne dont la prise en charge médicale est susceptible d'altérer la fertilité, ou dont la fertilité risque d'être prématurément altérée, peut bénéficier du recueil et de la conservation de ses gamètes […] en vue de la réalisation ultérieure, à son bénéfice, d'une assistance médicale à la procréation, ou en vue de la préservation et de la restauration de sa fertilité".

La congélation des ovocytes dite ‘de confort’ - aussi appelée autoconservation des ovocytes - va permettre aux femmes de conserver leurs ovocytes en vue d’une grossesse ultérieure et sans indication médicale. L’objectif ? Initialement réservée à certaines femmes atteintes de maladies chroniques ou graves, la cryoconservation ovocytaire est devenu plus accessible au fil des ans. Depuis la loi bioéthique du 3 août 2021, toutes les femmes âgées de 29 à 37 ans peuvent congeler leurs ovocytes. "Le prélèvement d'ovocytes peut être réalisé chez la femme entre son 29e et son 37e anniversaire. […] Les femmes et les hommes pourront faire congeler leurs gamètes (ovocytes ou spermatozoïdes) sans motif médical. Jusqu'à présent, une femme ne pouvait avoir recours à la congélation de ses propres ovocytes, sauf nécessité médicale". En revanche, le coût de conservation des gamètes est à la charge de la patiente.

Le processus implique de s’administrer un dosage d’hormones - calculé par le médecin - afin que les ovocytes arrivent à maturation, pendant 2 à 3 semaines. Une fois les ovocytes arrivés à maturation, l’intervention en elle-même se déroule sous anesthésie locale. A l’aide d’une aiguille guidée par ultrasons insérée dans le vagin et jusqu’aux ovaires, les ovocytes sont prélevés par aspiration, directement dans l’ovaire. Bien que les chances de grossesse aient considérablement augmenté grâce aux progrès, la grossesse n'est jamais garantie à 100%!

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