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Contraception Post-Partum : Gérer l'Oubli de Pilule et Choisir la Méthode Adaptée

Après l'accouchement, la question de la contraception se pose rapidement. Il est essentiel de choisir une méthode adaptée à votre situation, surtout si vous allaitez. Cet article aborde les conséquences de l'oubli de pilule après l'accouchement et les différentes options contraceptives disponibles.

Importance d'une Contraception Post-Partum

Après l’accouchement, vous pouvez tomber enceinte si vous n’utilisez pas de méthode contraceptive. En effet, 21 jours après l’accouchement, l’ovulation reprend, même sans le retour de vos règles. En cas de rapport sexuel non protégé à partir du 21e jour, la fécondation est donc possible.

Néanmoins, si vous allaitez votre bébé de manière exclusive pendant les 6 premiers mois et suivant les conditions détaillées plus bas, il est possible que le retour de l’ovulation soit repoussé grâce à la production de prolactine. En suivant cette méthode, le risque de grossesse à 6 mois n’est pas écarté bien qu’il soit inférieur à 2 %. La contraception post-partum n’est pas nécessaire avant le 21e jour après votre accouchement, car l’ovulation n’a pas encore repris.

Si vous n’allaitez pas, à partir du 21e jour après l’accouchement, il est possible que vous tombiez à nouveau enceinte, même avant le retour de vos règles, d’où l’importance d’une contraception adéquate.

Oubli de Pilule : Que Faire ?

Oublier un comprimé de pilule contraceptive, cela peut arriver. La pilule est un moyen contraceptif fiable. Son efficacité, évaluée à 99,7%, repose sur une prise régulière des comprimés. En cas d'oubli à l'heure habituelle, il est possible de rattraper la prise manquante, selon un procédé qui varie selon le type de pilule, c'est-à-dire le type d'hormones qu'elle contient et leurs dosages. Ces recommandations sont valables en cas d'oubli mais pas seulement : pensez-y également en cas de vomissements ou diarrhées dans les 3 heures suivant la prise du comprimé. Si vous souffrez de ces symptômes, il y a un fort risque que le comprimé soit éliminé sans avoir délivré la dose d'hormone qu'il contenait. Il faudra donc procéder comme si vous aviez oublié de prendre votre pilule.

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Identifier le type de pilule

Sur la notice de votre pilule, vous pouvez trouver des indications sur sa classification, selon le type d'hormones qu'elle contient. Il peut s'agir d'une pilule oestro-progestative à 21 comprimés, oestro-progestative à 28 comprimés (dont des comprimés sans hormone), d'une progestative…Votre pharmacien peut évidemment vous renseigner : n'hésitez pas à l'interroger. Vous pouvez également retrouver cette information en ligne, grâce au site Choisirsacontraception.fr proposé par Santé publique France : il suffit d'entrer le nom de votre médicament et vous accédez à cette donnée, essentielle pour savoir comment gérer au mieux l'oubli.

Conduite à tenir en cas d'oubli

  1. Si la pilule est une microprogestative à base de lévonorgestrel :

    • et que l'oubli date de moins de 3 heures : Prenez immédiatement le comprimé oublié et poursuivez les prises à l'horaire habituel, même si cela revient à prendre deux comprimés durant le même jour. Vous êtes toujours protégée contre une grossesse pour la suite de la plaquette.
    • et que l'oubli date de plus de 3 heures : Prenez immédiatement le comprimé oublié et poursuivez les prises en respectant l'horaire habituel, même si cela revient à prendre deux comprimés le même jour. Cependant, vous n'êtes pas protégée de la même manière que si l'oubli avait été de plus courte durée. Pendant les 7 jours qui suivent l'oubli, utilisez une seconde méthode contraceptive non hormonale (comme le préservatif) en plus de la prise de la pilule. Par précaution, si un rapport a eu lieu dans les 5 jours précédant l'oubli ou si l'oubli concerne au moins 2 comprimés, prenez une contraception d'urgence (parfois appelée "pilule du lendemain") : demandez conseil à votre pharmacien pour vérifier que le délai d'efficacité n'est pas dépassé.
  2. Si la pilule est une oestro-progestative ou une microprogestative à base de désogestrel :

    • et que l'oubli date de moins de 12 heures : Prenez immédiatement le comprimé oublié et poursuivez les prises à l'horaire habituel, même si cela revient à prendre deux comprimés durant le même jour. Vous êtes toujours protégée contre une grossesse pour la suite de la plaquette.
    • et que l'oubli date de plus de 12 heures : Prenez immédiatement le comprimé oublié et poursuivez les prises en respectant l'horaire habituel, même si cela revient à prendre deux comprimés le même jour. Cependant, vous n'êtes pas protégée de la même manière que si l'oubli avait été de plus courte durée. Pendant les 7 jours qui suivent l'oubli, utilisez une seconde méthode contraceptive non hormonale (comme le préservatif) en plus de la prise de la pilule. Par précaution, si un rapport a eu lieu dans les 5 jours précédant l'oubli ou si l'oubli concerne au moins 2 comprimés, prenez une contraception d'urgence (parfois appelée "pilule du lendemain") : demandez conseil à votre pharmacien pour vérifier que le délai d'efficacité n'est pas dépassé.

Gestion de la prochaine plaquette

En règle générale, il n'y a pas de changement par rapport à d'habitude : vous débuterez votre nouvelle plaquette comme habituellement. Si la pilule est une oestroprogestative et que l'oubli a été de plus de 12 heures, il est possible que la période de 7 jours avec préservatifs (en plus de la pilule) s'étende au-delà du dernier comprimé actif de la plaquette en cours. Dans ce cas, ne prenez pas les comprimés inactifs et débutez la nouvelle plaquette directement : cela revient donc à enchaîner deux plaquettes.

Test de grossesse par sécurité

En cas de retard de règles, de règles qui semblent différentes ou d'autres troubles (seins sensibles, nausées, douleurs…), n'hésitez pas à faire un test de grossesse 21 jours après l'oubli. Parlez-en à votre pharmacien, à votre médecin ou rendez-vous dans un centre de planification. Sans contraception, il est possible de tomber enceinte de nouveau à la naissance du bébé.

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Choix de la Contraception Post-Partum

La date de reprise du contraceptif après l’accouchement dépend de la méthode de contraception choisie. Vous pouvez prendre la pilule microprogestative ou demander la pose d’un implant progestatif à partir du 21e jour après l’accouchement. Vous pouvez opter pour la pilule combinée ou oestroprogestative à partir du 42e jour après l’accouchement, à condition que vous n’allaitiez pas. Ce délai peut être raccourci à 21 jours si vous ne présentez pas de facteur de risque thrombo-embolique veineux ni d'autres contre-indications. Vous pouvez demander la pose d’un stérilet au cuivre ou au lévonorgestrel 4 semaines suivant l’accouchement par voie basse. Cependant, il est possible d’effectuer la pose d’un stérilet au cuivre sans hormone 48 heures après l’accouchement, mais ceci n’est pas d’usage courant. En cas d’accouchement par césarienne, la pose du stérilet s’effectue uniquement après 12 semaines.

Les contraceptions avant la grossesse et après l’accouchement peuvent être différentes. En effet, à la naissance du bébé, il faut choisir une contraception en fonction de votre profil :

  • les risques de thrombose veineuse ou artérielle ou de phlébite ;
  • les antécédents pathologiques ;
  • les pathologies survenues en cours de grossesse (alitement, diabète gestationnel…) ;
  • le choix d’allaitement.

Ces nouveaux paramètres peuvent influer sur les méthodes de contraception idéales. Ainsi, si vous preniez, par exemple une pilule de 3e génération contenant du désogestrel, il se pourrait que vous deviez changer de pilule en raison des risques de thrombo-emboliques. Si vous utilisiez un patch ou un anneau avant la grossesse, ils seraient conseillés uniquement en dernier recours. Il est donc important de consulter votre médecin, gynécologue ou sage-femme pour le choix de la contraception après un accouchement.

Options Contraceptives

Voici un aperçu des différentes options contraceptives post-partum :

  1. Méthode de l’Allaitement Maternel et de l’Aménorrhée (MAMA) : Cette méthode est efficace à plus de 98 % si toutes les conditions sont réunies : allaitement exclusif jour et nuit, aménorrhée persistante, et période n'excédant pas les 6 premiers mois du post-partum.

    Lire aussi: Oubli déclaration naissance : risques

  2. Méthodes Hormonales :

    • Pilules microprogestatives (lévonorgestrel ou désogestrel) : Utilisables à partir de la 6e semaine du post-partum. Surveillance nécessaire pour une éventuelle baisse de lactation.
    • Implant à l’étonogestrel : Méthode de longue durée d'action (3 ans).
    • Injections d’acétate de médroxyprogestérone : Limitées aux cas où d'autres méthodes ne sont pas possibles.
    • Pilules oestroprogestatives : Généralement déconseillées pendant l'allaitement.
  3. Dispositif Intra-Utérins (DIU) :

    • DIU au cuivre : Peut être posé 4 semaines après l'accouchement.
    • DIU au lévonorgestrel (LNG) : Peut être posé 4 semaines après l'accouchement. Contre-indications similaires aux progestatifs.
  4. Méthodes Naturelles : Basées sur l'observation des signes de fertilité (glaire cervicale, température). Nécessitent une bonne connaissance du cycle et une formation adéquate.

  5. Méthodes Barrières : Préservatifs masculins et féminins, diaphragme et cape cervicale, spermicides. Compatibles avec l'allaitement.

  6. Méthodes de Stérilisation : Ligature des trompes, électrocoagulation, pose d’anneaux ou de clips. Nécessite un délai de réflexion de 4 mois.

Effets Secondaires de l'Arrêt de la Pilule

À l’arrêt de la pilule, le corps reprend son fonctionnement naturel. Il est donc normal d’observer des changements. Voici les modifications les plus courantes que vous pourrez constater :

  • Règles et saignements: Les règles peuvent survenir entre 4 et 7 jours après l'arrêt de la pilule si celle-ci est arrêtée à la fin de la plaquette.
  • Libido: Une augmentation de la libido peut être ressentie, notamment au moment de l’ovulation.
  • Douleurs au ventre et au dos: Le syndrome prémenstruel (SPM) peut réapparaître.
  • Mal de tête: Des maux de tête peuvent être signalés par certaines femmes à l’arrêt de la pilule.
  • Acné et boutons: La peau peut devenir plus grasse et l'acné peut réapparaître.
  • Perte ou prise de poids: Certaines femmes peuvent perdre un peu de poids après l’arrêt de la pilule.
  • Ovulation et grossesse: La reprise de l’ovulation après l’arrêt de la pilule varie en fonction des femmes.

Facteurs de Risque et Précautions

Avant de débuter la contraception orale, une consultation médicale est indispensable. Elle permet au médecin de rechercher les antécédents et facteurs de risque d'accidents thromboemboliques (tabac, anomalie de la coagulation sanguine…) afin de choisir une contraception adaptée. Par la suite, une consultation annuelle est habituellement recommandée.

Comme toutes les pilules associant un estrogène et un dérivé de la progestérone, ce médicament augmente le risque d'accidents cardiovasculaires par formation d'un caillot dans une veine (phlébite, embolie pulmonaire) ou par obstruction d'une artère (infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral). Le risque d'accidents thromboemboliques artériels, pouvant laisser des séquelles importantes, est le même pour toutes les pilules et est estimé à 2 à 4 cas pour 10 000 utilisatrices de pilule par an. Par ailleurs, le risque d'accidents thromboemboliques veineux (principalement phlébite) existe chez toutes les femmes, même sans pilule. Des études ont montré que le risque de phlébite augmente lors de la prise d'une pilule contraceptive. Le risque reste faible : 2 cas pour 10 000 femmes prenant une pilule contenant du lévonorgestrel (le progestatif contenu dans cette pilule). Néanmoins, ces accidents thromboemboliques peuvent exceptionnellement être d'évolution fatale.

Arrêtez la prise de ce contraceptif et consultez d'urgence votre médecin en cas d'apparition de l'un des symptômes suivants pouvant être le signe d'une complication thromboembolique veineuse : maux de tête violents et inhabituels, troubles de la vision, élévation importante de la tension artérielle, douleur inhabituelle à la jambe ou au mollet, essoufflement, toux de survenue brutale.

Si vous avez plus de 35 ans et si vous fumez, le risque d'accidents thromboemboliques liés à la prise d'hormones augmente fortement. Un autre mode de contraception est préconisé.

Certaines situations nécessitent un suivi particulier : diabète, obésité, migraine, excès de triglycérides ou de prolactine dans le sang, affection bénigne du sein ou de l'utérus, ictère (jaunisse) chronique ou survenu lors d'une grossesse, calcul biliaire, porphyrie, lupus érythémateux disséminé, herpès gestationis, épilepsie, maladie inflammatoire de l'intestin (maladie de Crohn, rectocolite hémorragique…), ou antécédents familiaux de cancer du sein ou d'accidents thromboemboliques.

Des dépressions ont été observées chez des utilisatrices de contraceptifs hormonaux. Si vous ressentez un état psychique anormal, consultez votre médecin.

La survenue d'un léger saignement entre les règles (spotting) est fréquente chez les femmes pendant les premiers mois d'utilisation de la pilule. Si les saignements se prolongent ou s'ils apparaissent en cours de contraception, parlez-en à votre médecin.

L'oubli d'un comprimé ou sa mauvaise ingestion, du fait de vomissements par exemple, peuvent rendre la contraception inefficace. En cas d'immobilisation prolongée (en cas de chirurgie ou de fracture par exemple), il faut interrompre la contraception orale.

Certaines substances peuvent entraîner une diminution des concentrations en hormones dans le sang et conduire à une baisse de l’efficacité de la contraception : le millepertuis, produit de phytothérapie utilisé dans le traitement des dépressions légères ; les antiépileptiques contenant du phénobarbital, de la phénytoïne, de la carbamazépine ou de la primidone ; les antituberculeux contenant de la rifabutine ou de la rifampicine ; les antifongiques contenant de la griséofluvine ; des antirétroviraux utilisés dans le traitement du sida.

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