L'interruption de grossesse, qu'elle soit volontaire (IVG) ou médicale (IMG), est une décision complexe aux implications multiples. Cet article explore le devenir du fœtus après un avortement, en abordant les aspects médicaux, légaux, les options offertes aux parents et le suivi psychologique.
Interruption Médicale de Grossesse (IMG) : la procédure et ses implications
L'Interruption Médicale de Grossesse (IMG) est pratiquée lorsque la santé de la mère ou celle du fœtus est gravement compromise. La procédure diffère selon le terme de la grossesse.
IMG au premier trimestre
Quand l'IMG est réalisée au premier trimestre de grossesse, et l'origine de la pathologie connue, les médecins procèdent à une aspiration (curetage), comme pour une IVG. En revanche, lorsque la cause reste inconnue, on provoque l'expulsion du fœtus avec des médicaments (antiprogestérone puis prostaglandines), sous péridurale le plus souvent. L'IMG est alors comparable à une fausse couche. Ce mode d'intervention permet de réaliser une autopsie - avec l'accord des parents - pour tenter de comprendre l'origine du problème et de mesurer le risque de récidive.
IMG au deuxième et troisième trimestre
Réalisée au deuxième ou troisième trimestre, l'interruption médicale de grossesse ressemble à un accouchement, déclenché au moyen des mêmes médicaments, et toujours sous péridurale. Si les médecins le jugent nécessaire, une autopsie sera effectuée. Deux mois plus tard, on fait un bilan avec les résultats de cet examen et ceux des tests génétiques. Une consultation génétique n'est pas systématique : tout dépend notamment de l'anomalie qui a conduit à l'IMG. Si c'est une trisomie, elle n'est pas indispensable.
Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) : méthodes et suivi
L'Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) est une démarche personnelle encadrée par la loi. Elle peut être réalisée par deux méthodes : médicamenteuse ou chirurgicale.
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IVG médicamenteuse
L’avortement médicamenteux réside dans la prise de deux médicaments. Le premier est le mifépristone, plus communément appelé pilule abortive. Son action va bloquer l’activation d’une des hormones de grossesse : la progestérone. Le second, est le misoprostol. Il se prend 36h à 48h après. L’IVG médicamenteuse est efficace dans 95% des cas. Si le traitement a été correctement effectué il y a donc peu de risque d’échec.Durant la deuxième étape du traitement médicamenteux, l’action du misoprostol provoque l’expulsion du sac gestationnel. Dans 60% des cas, cela se produit environ 4 heures après la prise du comprimé.
Suivi médical après IVG médicamenteuse
Le protocole médical concernant l’IVG médicamenteuse inclut une visite de contrôle à la suite du traitement. Cette consultation permet de s’assurer qu’il n’y a aucune complication et que l’avortement a été correctement réalisé. La visite de contrôle est à réaliser 14 à 21 jours après le traitement. La vérification du taux d’hormone béta HCG à travers un test urinaire ou une prise de sang. Durant cette échange, si vous en ressentez le besoin, vous pouvez confier vos ressentis à votre médecin ou sage-femme. Si l’avortement par voie médicamenteuse n’a pas fonctionné, une intervention chirurgicale est nécessaire. La prise d’un médicament avant l’opération permet de dilater le col de l’utérus. Durant l’intervention, le médecin effectue une aspiration endo-utérine. Il va donc aspirer le contenu de votre utérus à l’aide d’un petit tube.
Complications possibles liées à l'IVG
Les IVG constituent généralement des interventions sécurisées. Le risque de problèmes ou de complications pendant ou après un avortement est par conséquent très faible. Au cas où des complications graves se présenteraient malgré tout, les cliniques bénéficient du soutien immédiat d’un hôpital.
Les complications possibles (˂ 0,2 %) ou les problèmes consécutifs à un avortement sont les suivants :
- Saignements prolongés dans la période qui suit l’intervention
- Saignements excessifs ou lésions de l’utérus (causées pendant l’intervention)
- Infections
- Test de grossesse positif lors de la consultation de contrôle
Saignements prolongés
Dans la période qui suit un avortement, si des saignements prolongés ou abondants se produisent, cela est généralement dû à la présence dans l’utérus de tissus restés en place malgré l’intervention ou l’IVG médicamenteuse. Si ces tissus résiduels ne sont pas expulsés spontanément, une nouvelle intervention devra être réalisée afin de les éliminer. Dans ce cas, le médecin peut décider de recourir à un traitement médicamenteux additionnel ou à une (nouvelle) IVG chirurgicale par aspiration.
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Saignements excessifs ou lésions de l’utérus
Dans de rares cas (< 0,2 %), des pertes de sang excessives surviennent pendant ou immédiatement après un avortement instrumental réalisé au cours du deuxième trimestre de la grossesse (à partir de 13 semaines). Des lésions de l’utérus ou des problèmes de coagulation sanguine peuvent être à l’origine de cette complication. Une nouvelle intervention en milieu hospitalier peut alors s’avérer nécessaire.
Infections
L’intervention est réalisée dans des conditions d’hygiène telles que le risque infectieux est très faible. Par précaution supplémentaire, des antibiotiques vous seront prescrits pour prévenir les infections. Si, après l’intervention, vous avez de la fièvre (plus de 38,5°C pendant plus d’une journée) et des maux de ventre, il se peut qu’il y ait une infection. Dans ce cas, il faut en informer immédiatement le médecin ou contacter le médecin traitant au plus vite. Pour éviter toute infection, il ne faut rien introduire dans le vagin durant les deux semaines qui suivent l’intervention, c’est-à-dire :
- ne pas utiliser de tampons
- ne pas avoir de rapports sexuels
- ne pas prendre de bain, ne pas nager ni vous baigner (la douche est cependant autorisée)
- ne pas faire de douche vaginale
Test de grossesse positif lors de la consultation de contrôle
La positivité du test s’explique généralement par la présence dans l’utérus de tissus restés en place après l’avortement. Dans de rares cas seulement, il s’agit d’une grossesse persistante. Le risque de présence dans l’utérus de tissus résiduels après une IVG médicamenteuse est d’environ 5 à 6 %. Le risque de présence dans l’utérus de tissus résiduels après une IVG chirurgicale par aspiration est d’environ 1 à 2 %. Dans ces cas, le médecin décide, en concertation avec la patiente, de recourir à un traitement médicamenteux supplémentaire ou à une (nouvelle) IVG chirurgicale par aspiration.
Impact sur la fertilité
Il n’est pas scientifiquement prouvé que les IVG entraînent une baisse de la fertilité. De plus, les avortements causent rarement des adhérences utérines. C’est généralement une infection qui est à l’origine de la stérilité. En effet, dans la période qui suit un avortement, une fausse couche ou un accouchement, vous êtes davantage susceptible de contracter une infection utérine.
Aspects légaux et administratifs
La loi française encadre le devenir du fœtus après une IMG ou une IVG.
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Enregistrement à l'état civil
Depuis le décret de mars 2008, on peut inscrire un fœtus sous son prénom au registre de l'état civil et sur le livret de famille. Et ce, quelle qu'ait été la durée de la gestation.
Possibilité d'obsèques
Si les parents le désirent, ils peuvent reprendre le corps du bébé après l'autopsie, organiser des obsèques et une cérémonie religieuse suivant leur croyance. Sinon, et c'est le cas le plus fréquent, il est incinéré. Ses cendres sont alors dispersées dans un « carré des anges », un endroit réservé dans certains cimetières.
Soutien psychologique et accompagnement
L'annonce d'une IMG et la décision d'une IVG sont des épreuves difficiles. Un accompagnement psychologique est souvent nécessaire.
L'importance de voir le bébé
Les équipes médicales proposent toujours aux parents de voir le bébé. Le bébé est lavé et habillé et le découvrir leur permet de se raccrocher à quelque chose : des traits, une couleur de cheveux… Avec le recul, on s'est en effet aperçu que les parents surmontaient mieux le traumatisme quand l'enfant existe autrement que dans leur imaginaire. De plus, affronter la réalité évite de « fantasmer » sur des pseudo-malformations.
Désir de grossesse ultérieure
La plupart des femmes ont envie d'être de nouveau enceinte très vite, pour « remplacer » ce bébé.
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