Le vol 93 d'United Airlines, reliant Newark (New Jersey) à San Francisco (Californie), est devenu un symbole de courage et de résistance face à l'horreur des attentats du 11 septembre. Cet article explore les événements tragiques de ce vol, l'impact qu'il a eu sur la mémoire collective, et les différentes manières dont il a été commémoré.
La trajectoire tragique du vol 93
Le 11 septembre, le vol 93 d'United Airlines décolle de New York à destination de San Francisco. Il n'atteindra jamais la Californie. Ce Boeing 757 est le quatrième avion détourné ce matin-là par les terroristes islamistes, qui ont l'intention de le précipiter sur le Congrès ou la Maison-Blanche. Mais à bord, les passagers vont se rebeller. Une demi-heure après avoir été détourné, l'appareil finit sa course dans un champ au sud-est de Pittsburgh, en Pennsylvanie, à 170 km de la capitale fédérale. Il transportait 33 passagers, les 4 terroristes, 5 personnels navigant commercial et 2 pilotes, soit 44 personnes.
La rébellion des passagers : un acte d'héroïsme
Les passagers et membres d’équipage réussissent à téléphoner à des proches ou à la compagnie. Ils apprennent la situation à New York, et aussi qu’un troisième avion s’est écrasé contre le Pentagone, situé juste en face de Washington. Entre 9h38 et 10h03, les passagers rassemblés à l’arrière du Boeing décident alors de se rebeller, d’intervenir et de tenter de reprendre le contrôle de l’appareil. Peu après dix heures, le passager Tod Beamer donne le top départ de leur intervention : « let’s roll (on y va) ». Le groupe parvient à gagner le cockpit où sont retranchés les terroristes, qui font alors plonger l’appareil vers le sol, dans un champ de Shanksville en Pennsylvanie. Aucun survivant.
On sait, d’après les communications des passagers, qu’au moins l’un d’eux a été assassiné et que plusieurs se sont mobilisés pour tenter d’empêcher les pirates de l’air d’atteindre leur objectif. Une bagarre pourrait avoir eu lieu dans le cockpit, et les terroristes auraient alors opté pour un crash.
Le vol 93 est la version réconfortante de cette journée, celle qui souligne qu’on a pu faire dérailler les plans des terroristes.
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L'impact et la signification du vol 93
Plusieurs années après, Paul Holme qui a perdu son compagnon Mark Bingham dans la catastrophe se fera confirmé, par le Sénateur Républicain John Mc Cain (disparu en 2018), que c’est sans doute le Capitole des Etats-Unis que les terroristes visaient : À l’époque, McCain dirigeait la commission sur le renseignement du Sénat. Il savait ce qu’il s’était passé. Il pensait que Mark avait sauvé des vies. Parce qu’il a été prouvé que l’avion se dirigeait vers le Congrès. Ils ont sauvé le Capitole !
En 2009, une large plaque de bronze a été inaugurée dans les couloirs du Congrès à Washington. Il y est inscrit que "ces quarante personnes, passagers et membres d’équipage, ont sauvé de nombreuses vies, et sans doute le siège du Congrès des Etats-Unis".
Le vol 93 est la version réconfortante de cette journée, celle qui souligne qu’on a pu faire dérailler les plans des terroristes.
Un symbole de résistance
Le vol 93 incarne un symbole de résistance face à la terreur. Les passagers et l'équipage, confrontés à une situation inimaginable, ont choisi de se battre plutôt que de se soumettre. Leur courage a permis d'empêcher les terroristes d'atteindre leur cible, sauvant ainsi potentiellement de nombreuses vies.
Un mémorial pour ne pas oublier
Sur les lieux du crash, la Tour des voix, haute de 93 pieds (28 mètres), avec 40 carillons pour ses 40 passagers, a été inaugurée. C’était la dernière partie encore en chantier du mémorial. Le petit musée du Visitor Center n’a ouvert qu’en 2015. Bâtir les 104 étages du One World Trade Center à New York sur les lieux des Twin Towers s’est avéré plus rapide que terminer le chantier du monument du souvenir en rase campagne de Pennsylvanie. Le temps de lever les fonds, de négocier les neuf parcelles de terrains dans ce paysage de livres d’enfants…
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Le parking est immense, pour accueillir les visiteurs qui feraient étape entre Washington et le champ de bataille de Gettysburg dans un circuit mémoriel.
Au sol, des marques rappellent les enchaînements de la matinée, en égrenant les heures des crashs. WTC American Airline Flight 11 ». Selon un sondage mené il y a deux ans par le Pew Research Center, 91 % des Américains se rappellent précisément ce qu’ils faisaient lors des attentats, alors que seuls 65 % se souviennent de la date (11 septembre, ça ne suffit pas, il faut aussi une année). WTC United Flight 175 ». Pentagon American Airlines Flight 77 ». Avancez encore et voilà une terrasse qui donne sur le lieu du crash, protégée par une vitre sur laquelle sont écrits les mots d’un pompier sur les lieux : « Un champ ordinaire un jour. Un champ d’honneur pour toujours. » Un chemin descend à travers les herbes et les fleurs sauvages d’été. « Mais le crash a eu lieu où exactement ? » Le ranger du National Park Service est habitué à la question. « A l’endroit marqué de cette grosse pierre. » Pour le moment, juste devant, il y a un petit lapin.
"Vol 93" : un film pour se souvenir
A quoi peut bien servir Vol 93, le premier long-métrage à avoir traité des événements du 11 septembre 2001, dont l’horreur nous est devenue si familière ? A première vision, le film de Paul Greengrass est une épreuve, qui force à refaire pas à pas la trajectoire d’un vol United 93, parti de Newark (New Jersey) à destination de San Francisco (Californie), et qui s’est écrasé dans un champ de Pennsylvanie, après que les passagers eurent tenté de maîtriser les terroristes.
Le film de Paul Greengrass est une allégorie sur la vulnérabilité de notre monde. Si l’on arrive à surmonter cette émotion primale, on peut en discerner une autre dans le film de Greengrass, cinéaste britannique venu du reportage télévisé : derrière la reconstitution se dessine une interrogation pertinente sur le monde et ses systèmes que les terroristes du 11-Septembre ont réussi à blesser grièvement.
Sans lyrisme, Paul Greengrass montre ce sursaut pour une dernière réaction d’humanité, un ultime choix, avant l’inévitable.
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Un récit poignant des événements
Le film "Vol 93" de Paul Greengrass offre une reconstitution poignante et réaliste des événements qui se sont déroulés à bord du vol 93. En s'appuyant sur des faits connus et des témoignages, le film plonge le spectateur au cœur de la tragédie, tout en mettant en lumière le courage et la détermination des passagers.
Une réflexion sur la vulnérabilité du monde
Au-delà de la reconstitution des faits, le film de Paul Greengrass invite à une réflexion plus profonde sur la vulnérabilité de notre monde face à la menace terroriste. Il met en évidence les failles des systèmes de sécurité et les conséquences de l'inimaginable.
Accueil critique
Si la signature de Stone, adepte d’un style baroque et survolté, peut surprendre, les raisons du choix de Paul Greengrass sont en revanche parfaitement transparentes : la principale qualité reconnue à l’auteur de Bloody Sunday (qu’il a réalisé) et Omagh (qu’il a scénarisé) est son approche quasi documentaire des événements…Mais si sa maîtrise stylistique est encore plus impressionnante que dans les deux œuvres précédemment citées, elle semble ici tourner à vide. Le film ne nous apprend rien que ce que l’on savait déjà sur cet événement surmédiatisé, il ne nous propose aucune explication ou interprétation nouvelles. Aussi la "reconstitution de ce qui s’est passé dans le vol 93 d’United Airlines" (le seul à n’avoir pas atteint sa cible, suite à la rébellion des passagers contre les pirates de l’air), au-delà d’une volonté proclamée de "rendre hommage aux victimes", apparaît comme une entreprise à la limite du voyeurisme. Et Vol 93, même s’il refuse les codes narratifs (caractérisation des personnages, micro-intrigues, retournements mélodramatiques…) et le pathos inhérents au genre, comme rien d’autre… qu’un film-catastrophe.
On sauvera en revanche l’autre partie du film, celle qui se passe au sol, dans les centres de contrôle aérien et du commandement militaire nord-américains. Sa grande réussite est de nous replacer, d’une manière presque fascinante, dans l’état d’esprit d’une époque qui n’avait pas (encore) vécu le 11 septembre, et pour qui l’idée d’avions de ligne utilisés comme projectiles contre des bâtiments civils tenait littéralement de l’inconcevable. On mesure ainsi en temps réel le retard et la faiblesse des réactions des responsables : avant d’agir, il leur fallait appréhender l’inimaginable. Pour reprendre un concept utilisé dans la sphère de l’esthétique (H.R. Jauss), ces attentats excédaient purement et simplement "l’horizon d’attente" de leurs contemporains.
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