Le monde des oiseaux est vaste et diversifié, et l'identification d'une espèce particulière peut parfois s'avérer complexe. Cet article vise à fournir des informations utiles pour identifier un oiseau présentant un corps bleuté, une gorge jaune et un bec fin, en s'appuyant sur les caractéristiques distinctives de plusieurs espèces que l'on peut rencontrer dans les jardins et les parcs.
Le groupe des passereaux : un point de départ
Le groupe des Passereaux est le plus grand ordre des Oiseaux. Ces animaux sont aussi appelés « Oiseaux chanteurs » ou encore « Oiseaux percheurs ». Leur particularité est de posséder des pattes ayant quatre doigts, trois vers l’avant et un vers l’arrière, leur permettant de s’agripper facilement. De nombreux oiseaux de jardin appartiennent à cet ordre.
Examen des caractéristiques clés
Pour identifier un oiseau, plusieurs éléments doivent être pris en compte :
- La taille et la silhouette: Est-il plus petit qu'un moineau, de la taille d'un merle, ou plus grand ? A-t-il une silhouette ronde, élancée, ou trapue ?
- Le plumage: Quelles sont les couleurs dominantes ? Y a-t-il des motifs particuliers, comme des rayures, des taches, ou des barres alaires ?
- Le bec: Est-il fin et pointu, épais et conique, ou long et recourbé ?
- Le comportement: L'oiseau se déplace-t-il au sol en sautant ou en marchant ? Se nourrit-il dans les arbres, les buissons, ou au sol ? Est-il solitaire ou en groupe ?
- Le chant: Quel est son chant ? Est-il mélodieux, répétitif, ou strident ?
Espèces potentielles à considérer
En se basant sur les caractéristiques mentionnées (corps bleuté, gorge jaune, bec fin), voici quelques espèces qui pourraient correspondre :
La Mésange bleue (Cyanistes caeruleus)
C’est un petit oiseau très facile à reconnaître, avec son dessous jaune et sa calotte bleue. C’est généralement l’oiseau le plus fréquent sur les mangeoires. La Mésange bleue est très vive et remuante. Elle pousse souvent des trilles et des cris de contact aigus. C’est une acrobate qui n’hésite pas à se suspendre la tête en bas pour manger. Elle adore les graines de tournesol, et il est amusant de la voir prendre une graine, l’emporter sur une branche pour la manger puis revenir en chercher une autre. La Mésange bleue (Cyanistes caeruleus) est petite, jaune et bleue. Son répertoire est varié. Son cri de contact typique est un « sissisuydu » aigu et rapide, avec une fin plus grave.
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Autres mésanges à considérer
D'autres espèces de mésanges pourraient présenter des variations de plumage avec des nuances de bleu et de jaune. La Mésange charbonnière (Parus major) est plus grande, a un dessous jaune, une tête noire et blanche et une cravate noire. Comme la Mésange bleue, ses cris sont variés (« pinc-pinc » comme un pinson, « ti tuii », « si yutti yutti » ou « chè-chè-chè » rudes en cas de querelles…). La Mésange nonnette (Poecile palustris) est plus rare : elle peut toutefois fréquenter les grands jardins et les parcs, plutôt humides avec un sous-bois développé et de vieux arbres. Elle est beige-brune avec une calotte et une bavette noirs et des joues blanches. Son cri est un « pitché » explosif, parfois inséré dans une série (« pitché-dé-dé-dé-dé-dé »). Son chant est une série rapide de « tchuip tchuip tchuip ». La Mésange huppée (Lophophanes cristatus) possède une huppe et une tête blanche et noire qui contraste avec son corps brun. Elle préfère les forêts de conifères, mais elle peut fréquenter les parcs et les jardins avec quelques pins et sapins. Son cri est un trille rapide répété. L’Orite (anciennement mésange) à longue queue (Aegithalos caudatus) est petite, remuante, avec une très longue queue, et un plumage rose, gris, blanc et noir. Elle se déplace rapidement, souvent en troupes en dehors de la saison de nidification. Ses cris sont bourdonnants et perçants.
Le Verdier d'Europe (Chloris chloris)
Le Verdier d’Europe (Chloris chloris) est un oiseau verdâtre avec une zone jaune vif sur l’aile et sur les bords de la queue, commun dans les parcs et les jardins. Son cri typique est un « dyip » bref ou un « yiu » sonore et montant. De la taille d’un moineau, le verdier d'Europe (Chloris chloris) mâle adulte est jaune-vert-olive, la femelle grise avec quelques traits vert-jaune. Il possède un gros bec conique. Dans les jardins, il cherchera des feuillus denses comme les églantiers, les aubépines et autres charmilles pour dissimuler son nid qui peut être assez volumineux.
Le Serin cini (Serinus serinus)
Le Serin cini (Serinus serinus) est un tout petit oiseau jaune-vert fortement strié de sombre; au printemps, on peut entendre son chant typique, rapide, « frénétique », grinçant, lancé depuis un perchoir dégagé ou en vol. Le Serin cini (Serinus serinus) est discret, mais il peut être vu toute l’année dans les jardins du sud de la France, surtout quand il y a de grands arbres à proximité : le mâle est jaune (la femelle a un plumage plus terne), a un dessous fortement strié de noir, et il est très petit par rapport aux deux autres espèces précédentes. Il est sédentaire.
Le Loriot d’Europe (Oriolus oriolus)
Le Loriot d’Europe (Oriolus oriolus) est un superbe oiseau migrateur (il arrive en avril et repart en août) forestier et discret. Il fréquente certains grands parcs. Le mâle est jaune vif avec des ailes noires, la femelle et le jeune mâle ont le dessus vert-jaune et le dessous blanchâtre strié. Le cri typique est un « viehh » rêche, rappelant un chat énervé.
Autres oiseaux de jardin à ne pas exclure
Il existe de nombreux autres oiseaux que l’on peut rencontrer dans les jardins et les parcs, et qui pourraient présenter certaines des caractéristiques recherchées. En voici quelques exemples :
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- L’Accenteur mouchet (Prunella modularis): Ressemble superficiellement au Moineau domestique (Passer domesticus), mais son bec est plus fin, sa tête est grise et son dos est brun strié de noir. Il est solitaire et discret.
- Le Rougegorge familier (Erithacus rubecula): Bien connu, avec sa gorge et son ventre orange et sa silhouette ronde. Son chant est mélancolique, fin, composé de notes aiguës, nerveuses, grinçantes.
- Le Merle noir (Turdus merula): Familier, et c’est l’un des meilleurs chanteurs des jardins et des parcs d’Europe. Le mâle est noir avec le bec orange, la femelle est brunâtre et ressemble un peu à une grive. Le chant est doux, sonore, composé de strophes répétées. Il chante souvent à l’aube et au crépuscule. Ses cris d’alarme sont des séries de « pli-pli-pli-pli » et de « tchac tchac tchac ».
- La Grive musicienne (Turdus philomelos): Fait partie de la même famille que le Merle noir. Son plumage est brun dessus et blanc tacheté de noir dessous. Son chant est également très musical et agréable. Il est plus varié, composé de motifs divers (« kuiklivi », « tixi », « truy », « pi-eh », etc.) souvent répétés deux à quatre fois.
- Le Rougequeue à front blanc (Phoenicurus phoenicurus): Un beau passereau peu connu, qui passe souvent inaperçu car il est assez peu répandu, farouche et discret. Il peut fréquenter les parcs et les jardins avec de grands arbres. Le mâle adulte au printemps est bien coloré, avec un masque noir, une poitrine rouge orangé, le haut du front blanc, et une calotte et un dos gris cendré. La femelle est brune dessus, avec un dessous blanc beige, parfois teinté d’orange. La queue rousse est fréquemment hochée, comme le Rougequeue noir (Phoenicurus ochruros). Son cri de contact est un « huit » sifflant et montant.
- L’Étourneau sansonnet (Sturnus vulgaris): Un oiseau sombre, avec des reflets métalliques au printemps (ponctué de blanc en hiver), au bec jaune, qui marche au lieu de sautiller. Il pousse des cris divers, rauques et perçants (« tchuyur », « steeh », « kyett », etc.). Il chante de préférence depuis un point dégagé (sommet d’un arbre, d’un bâtiment, sur une antenne, etc.).
- L’Hypolaïs polyglotte (Hippolais polyglotta): Un oiseau peu connu des observateurs débutants, que l’on peut parfois trouver dans les parcs et les grands jardins. Elle arrive au printemps (avril) et repart en automne Elle a une silhouette typique de fauvette. Le dessous est jaunâtre (plus ou moins vif) et le dessus est gris-brun. Son bec est assez long. Les plumes de sa calotte sont souvent dressées quand elle chante, formant alors une sorte de « dôme ». Elle lance son chant depuis la végétation et est parfois assez difficile à voir. Une espèce proche, l’Hypolaïs ictérine (Hippolais icterina), à l’aire de distribution plus orientale (elle est présente dans le nord-est de la France), lui ressemble beaucoup, mais il est assez difficile de distinguer ces deux espèces quand on manque d’expérience. Les principaux critères (en dehors du chant) pour les différencier sont la présence d’une zone pâle au printemps sur les rémiges tertiaires et secondaires et ses ailes fermées plus longues (projection primaire plus longue).
- Le Pouillot véloce (Phylloscopus collybita): Un petit passereau migrateur (il arrive en mars et repart en octobre), vert-brun, blanc et jaune, vif, remuant, que l’on peut observer dans les parcs et les grands jardins. Ses pattes sont sombres. Son cri est un « huit ! » doux, souvent répété. Une espèce très proche, le Pouillot fitis (Phylloscopus trochilus), peut aussi être vue au printemps dans les parcs et les grands jardins (lire Distinguer les Pouillots fitis et véloce). Les risques de confusion avec le Pouillot véloce sont alors grands, mais il faut noter ses pattes plus claires (rose ou brun pâle et non noires ou gris-brun), ses sourcils jaunâtres plus nets, ses joues plus pâles sous l’œil, ses ailes fermées plus longues. Sa voix est heureusement bien différente. Son cri est un « hu-it » dissyllabique, doux et montant.
- Le Roitelet huppé (Regulus regulus): Dans les conifères (principalement), on peut entendre des cris très fins et aigus (« sri-sri-sri ») : ce sont ceux du Roitelet huppé (Regulus regulus), un tout petit oiseau rondouillard jaune-verdâtre qui ressemble à un pouillot, mais qui présente une bande jaune d’or (femelle) ou orange (mâle) au sommet de la tête, bordée par un trait noir. Son chant est très aigu, peu puissant et avec un final accéléré. Le Roitelet triple-bandeau (Regulus ignicapillus), une espèce proche mais plus rare, s’en distingue par ses sourcils blancs.
- Les fringilles: Les fringilles sont des passereaux granivores fréquentent souvent les mangeoires en hiver. le Pinson des arbres (Fringilla coelebs) est commun. Le mâle est facile à reconnaître avec son dessous rouge brique, sa calotte gris-bleu et à sa double barre alaire blanche. La femelle est moins colorée, gris-verdâtre, mais elle possède aussi une double barre alaire pâle. Son cri, un « pink » net et décidé, est fréquent. Il pousse aussi des « huit ! ». Le Verdier d’Europe (Chloris chloris) est un oiseau verdâtre avec une zone jaune vif sur l’aile et sur les bords de la queue, commun dans les parcs et les jardins. Son cri typique est un « dyip » bref ou un « yiu » sonore et montant. Le Serin cini (Serinus serinus) est un tout petit oiseau jaune-vert fortement strié de sombre; au printemps, on peut entendre son chant typique, rapide, « frénétique », grinçant, lancé depuis un perchoir dégagé ou en vol. Le Chardonneret élégant (Carduelis carduelis) est un bel oiseau à la face rouge avec une zone jaune vif sur l’aile. Son cri est un « tikelitt » sautillant et liquide. Le Bouvreuil pivoine (Pyrrhula pyrrhula) est un passereau peu commun, que l’on peut observer dans les grands jardins et les parcs. Le mâle est superbe avec son dessous rouge pivoine, tandis que la femelle est beige dessous. Tous deux ont une calotte noire, une barre alaire et un croupion blanc (bien visible en vol). Son cri est un « pyu » mélancolique, un peu triste. La Linotte mélodieuse (Linaria cannabina) est un petit passereau assez rare dans les jardins au bec gris, à la tête grisâtre, avec une zone pâle au-dessous et sous l’oeil, au dos marron et avec une zone blanche sur l’aile. Le mâle adulte a le front la poitrine rouges, ce qui n’est pas le cas de la femelle et du jeune. Le Gros-bec cassenoyaux (Coccothraustes coccothraustes) est un passereau robuste et discret qui fréquente les grands parcs. Son bec est gros et conique (gris en été, clair en hiver), son plumage est brun-roux avec une grande zone claire sur l’aile. Son vol est rapide et direct. On peut le repérer à son cri métallique, électrique, un « tsic ! » parfois répété qui rappelle le bruit d’un instrument métallique frappé sur un rocher.
- La Sittelle torchepot (Sitta europaea): Un passereau gris-bleu dessus et orangé dessous, qui peut descendre le long des troncs la tête en bas. Ses cris sont des « zit » et surtout des « tuit-tuit » énergiques et répétés.
- Le Grimpereau des jardins (Certhia brachydactyla): A le dessus brun bariolé de marron, de jaune et de blanc, le dessous blanchâtre et le bec arqué. Ses cris sont des « tit » ou des tuit » aigus, répétés. Son chant est une brève strophe.
- Les pics:
- Le Pic épeiche (Dendrocopos major), au plumage blanc, noir et rouge, est le plus commun des pics. Son vol est direct et ondulant. Il émet toute l’année des « kik », parfois répétés, qui aident à le repérer. Au printemps, surtout quand il est excité, il pousse des « tchrett-tchrett-tchrett ! ».
- Le Pic épeichette (Dryobates minor) ressemble au Pic épeiche, mais il est plus petit. Il se déplace rapidement parmi les branchages. Son chant est une série rapide de « piit piit piit piit piit piit piit piit ».
- Le Pic vert (Picus viridis), au plumage vert-jaune vif et au dessin noir et rouge sur la tête, est le pic qui tambourine le moins. On le surprend souvent alors qu’il se nourrit au sol, essentiellement sur les pelouses. Son chant est une sorte de rire sonore, un « klu-klu-klu-klu ».
Comportements à observer
Les comportements des oiseaux dans le jardin constituent un premier repère pour les identifier : certains restent plutôt dans les arbres (1) comme la Mésange à longue queue, d’autres se nourrissent volontiers dans les mangeoires (2) comme les mésanges ou le Verdier d’Europe, d’autres restent près des buissons (3) comme le Troglodyte mignon ou l’Accenteur mouchet, et d’autres enfin se nourrissent au sol (4) comme le Merle noir ou la Grive musicienne.
L'importance de l'observation attentive
L'identification précise d'un oiseau requiert une observation attentive et méthodique. Il est important de prendre en compte tous les éléments mentionnés ci-dessus, et de ne pas se fier uniquement à une seule caractéristique. L'utilisation de guides d'identification d'oiseaux, de sites web spécialisés, ou d'applications mobiles peut également être très utile.
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