La pédiatrie est la branche de la médecine qui prend en charge les enfants, généralement de quelques jours à un peu plus de 15 ans, bien que certains services accueillent les adolescents jusqu’à 18 ans. Les urgences pédiatriques jouent un rôle crucial en accueillant les enfants nécessitant un avis médical, psychiatrique ou chirurgical 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Un stage dans ce service offre une opportunité unique de développer des compétences techniques et relationnelles essentielles pour la prise en charge des jeunes patients.
La spécificité des urgences pédiatriques
Aux urgences pédiatriques, vous rencontrerez des patients de quelques jours de vie à 15 ans et 3 mois (parfois jusqu’à 18 ans), pour des situations allant de la simple consultation à l’urgence vitale. Une des particularités de la pédiatrie est l’accueil de l’enfant et de ses parents. La relation de soin se fait en triade : les parents, l’enfant et les soignants. Cette triade relationnelle est quasiment indissociable de la prise en charge d’un enfant.
Compétences et connaissances à acquérir
Un stage en urgences pédiatriques vous permettra d'acquérir et de perfectionner un large éventail de compétences et de connaissances.
Connaissances théoriques
- Développement de l’enfant : Connaissance du développement moteur, psychosocial et psychoaffectif de l’enfant.
- Alimentation infantile : Connaissance de l’évolution de l’alimentation de l’enfant (lait 1er âge, 2ème âge, diversification, etc.).
- Pharmacologie pédiatrique : Maîtrise des calculs de dose et de débit. Connaissance des principaux traitements utilisés en pédiatrie, savoir expliquer le but recherché, les effets secondaires et indésirables.
- Législation : Connaissance des principaux textes législatifs de la pédiatrie (charte de l’enfant hospitalisé, etc.).
- Pathologies : Connaissance des principales pathologies rencontrées et les traitements en regard.
- Hygiène et asepsie : Maîtriser les règles d’hygiène et d’asepsie.
Compétences pratiques
- Techniques de soins : Pose et surveillance de traitements intraveineux, pose de sonde nasogastrique, réalisation de ponction veineuse, réalisation de bilan sanguin en microméthode, aide à la pose de cathéter intra-osseux, injection avec calcul de dose et de débit.
- Gestion de l'urgence : Vous apprendrez à gérer des situations critiques.
- Education : Éducation thérapeutique, éducation à la parentalité.
- Approches non médicamenteuses : Pratique de l’hypnoanalgésie et de la distraction.
- Adaptation : Savoir s’adapter à l’enfant dans son attitude, ses paroles et ses gestes.
Spécificités morphologiques et physiologiques de l'enfant
En pédiatrie, les normes des paramètres vitaux des enfants, tout comme le matériel utilisé et les médicaments, dépendent de l’âge et du poids de l’enfant. Le poids de l’enfant peut être estimé en fonction de son âge selon des repères spécifiques. Connaître les particularités morphologiques des enfants permet de comprendre certaines spécificités de la prise en charge.
- Système respiratoire : Plusieurs facteurs peuvent facilement obstruer les voies respiratoires, tels que l’occiput proéminent, une langue relativement grande, des voies aériennes étroites et des amygdales hypertrophiées. L’immaturité des muscles respiratoires exige un effort supplémentaire pour respirer, ce qui entraîne une fatigue rapide. De plus, un estomac distendu peut comprimer le thorax et gêner la respiration. Le thorax, très flexible, peut subir des contusions sans fracture en cas de traumatisme, tandis que les poumons, moins élastiques, sont plus vulnérables aux dommages lors de la ventilation mécanique.
- Système hémodynamique : Chez les enfants, l’hypotension apparaît tardivement lors d’un choc, ce qui en fait un signe peu fiable. La tachycardie, ou accélération du rythme cardiaque, est souvent le premier indicateur de détresse hémodynamique.
- Évaluation neurologique : La fontanelle antérieure, un espace mou sur le dessus du crâne, se ferme entre 8 et 18 mois. Cet espace est un indicateur clé de l’état neurologique de l’enfant. Sa tension permet d’évaluer la pression intracrânienne, et elle permet de détecter rapidement des anomalies neurologiques ou des signes d’infection.
Détresse respiratoire et assistance respiratoire
La détresse respiratoire reste une cause fréquente d’admission en soins intensifs pédiatriques.
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- Oxygénothérapie à haut débit (OHD) : Pour l’insuffisance respiratoire aiguë hypoxémique avec acidose respiratoire, l’OHD délivre un débit élevé de gaz réchauffé et humidifié via des canules nasales.
- Ventilation non invasive (VNI) : En cas de dégradation, l’enfant peut être placé sous VNI avec diverses interfaces (masque nasal, naso-buccal, full face). La ventilation peut être à un niveau de pression (CPAP) ou à deux niveaux (BiPAP).
Intégration de la famille
L’intégration de la famille est essentielle dans la prise en soins de l’enfant. Les parents doivent être inclus dans une relation triangulaire enfant/parent/soignant(e), avec la possibilité de participer aux soins quotidiens. Il est également important de les inciter à se reposer et de leur offrir un soutien psychologique, car ils subissent un stress et un épuisement importants.
Organisation du service et rôle de l'infirmier(e)
Les équipes des services d’urgences pédiatriques fonctionnent selon différents principes organisationnels. Certains établissements adoptent un roulement basé sur des équipes de jour et de nuit qui se relaient toutes les 12 heures. D’autres ont un roulement comprenant deux équipes de jour travaillant en horaires de 7h36 ou 8 heures (matin et soir) et une équipe de nuit travaillant en horaires de 10 heures. Les enfants admis aux urgences pédiatriques viennent de l’extérieur, ils arrivent soit par leurs propres moyens, accompagnés des parents, soit avec les pompiers ou par ambulance. Le nombre de patients pris en charge par infirmier(e) varie en fonction du flux de patients au sein du service d’urgences pédiatriques. Il n’existe pas de chiffre précis déterminant le ratio patients/infirmier(e).
Rôle de l'infirmier(e) organisateur(trice) de l'accueil (IOA)
Dès l’arrivée aux urgences pédiatriques, l’enregistrement est effectué par un agent administratif ou un(e) aide-soignant(e), qui effectue une première évaluation basée sur le motif de consultation. L’infirmier(e) organisateur(trice) de l’accueil (IOA) procède ensuite à une évaluation clinique approfondie de l’état de santé de l’enfant, qui prend en compte ses paramètres vitaux, son état de santé global, le motif de consultation et ses antécédents médicaux. L’IOA est également responsable de la gestion de la salle d’attente. Il/elle s’assure que l’état de santé des enfants ne se détériore pas et intervient rapidement en cas de besoin.
Gestion de la douleur
La gestion de la douleur aux urgences pédiatriques implique l’utilisation de diverses stratégies pour atténuer la douleur et l’anxiété chez les enfants durant les soins. L’infirmier(e) peut s’appuyer sur des éléments environnementaux et des techniques de distraction. Des traitements thérapeutiques comme les anxiolytiques ou le MEOPA (mélange équimolaire oxygène-protoxyde d’azote) peuvent être utilisés sur prescription médicale pour aider les enfants à mieux accepter les soins, en fonction de leur âge. Il est essentiel de respecter le consentement libre et éclairé pour tout soin prodigué, qui doit être donné par le responsable légal si l’enfant est mineur. Dans le cadre de la prise en charge pédiatrique, particulièrement dans les urgences pédiatriques, l’évaluation précise de la douleur et de l’inconfort chez l’enfant est fondamentale. À cette fin, plusieurs échelles et scores ont été développés pour permettre aux soignants d’appréhender efficacement la douleur et d’ajuster le traitement en conséquence.
Adaptation des doses médicamenteuses
En pédiatrie, la notion de « petit poids » joue un rôle crucial dans le dosage médicamenteux. Même les médicaments courants, tels que le Doliprane® (paracétamol), nécessitent une adaptation précise au poids de l’enfant (15 mg/kg sans dépasser 4 prises par 24 heures). Cette pratique exige une attention particulière, surtout dans la dilution des médicaments injectables. Il est important de trouver le juste équilibre, d’éviter un volume de dilution excessif tout en assurant la concentration adéquate. La vigilance doit également s’étendre à l’âge de l’enfant, certains médicaments étant contre-indiqués pour les jeunes enfants ou pour des poids spécifiques.
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Situations spécifiques
Maltraitance infantile
La maltraitance ou sa suspicion chez un enfant est une situation délicate et complexe. Face à des signes de maltraitance physique, émotionnelle, ou de négligence, les professionnels de santé les signalent pour protéger l’enfant. La procédure de déclaration à la Cellule de Recueil des Informations Préoccupantes (CRIP) s’inscrit dans ce cadre de protection de l’enfance. Lorsqu’un membre de l’équipe soignante soupçonne un cas de maltraitance, il est tenu de rédiger un signalement précis et détaillé des observations cliniques et des éléments qui ont éveillé cette suspicion. Ce document doit être transmis à la CRIP, organisme dédié à l’évaluation des informations préoccupantes et à l’orientation vers les services compétents, pour une prise en charge adaptée de l’enfant et de sa famille. Cette démarche est encadrée par des protocoles qui visent à respecter le cadre légal et éthique, tout en assurant la sécurité et le bien-être de l’enfant.
Soins intensifs pédiatriques
Les soins intensifs pédiatriques sont désormais appelés « Soins Critiques » (SC). Ils regroupent les « Unités de Soins Continus » (USC), les « Unités de Soins Intensifs » (USI) et les services de « Réanimation ». Au sein d’une équipe pluridisciplinaire, l’infirmier(e) évalue et surveille continuellement l’état de santé de l’enfant et applique les protocoles de soins (traitements pharmacologiques, surveillance des dispositifs de suppléance d’organes, etc.). Pendant votre stage en soins intensifs pédiatriques, vous serez exposé(e) à une diversité de pathologies et de prises en charge complexes. Vous apprendrez à gérer des situations critiques, à utiliser des méthodes de suppléance d’organes et à intervenir auprès d’enfants souffrant de pathologies rares et complexes. Le stage en soins intensifs pédiatriques s’inscrit dans le cadre des soins de courte durée (SCD). La population accueillie en soins intensifs pédiatriques comprend des enfants de moins de 18 ans. En soins intensifs pédiatriques, la charge de travail est réglementée par le Code de la santé publique. Le travail se déroule tout au long de l’année. Il nécessite une couverture continue, y compris les week-ends et jours fériés. Lorsque l’état de l’enfant s’améliore, il est généralement transféré dans un service de pédiatrie conventionnel avant de retourner à son domicile. Certains enfants peuvent cependant rentrer directement chez eux, parfois avec une hospitalisation à domicile (HAD). Les enfants accueillis dans les services de soins critiques pédiatriques souffrent de pathologies chirurgicales ou médicales affectant diverses fonctions physiologiques.
Exemples de pathologies rencontrées en soins intensifs pédiatriques :
- Défaillances métaboliques : comme un diabète ou des pathologies métaboliques plus rares.
- Infections respiratoires : les infections respiratoires chez les enfants sont souvent exacerbées par l’exposition au tabagisme passif et à la pollution de l’air. La prématurité et les premiers mois de vie constituent également des facteurs de risque significatifs.
- Crises vaso-occlusives (CVO) et syndrome thoracique aigu (STA) : les crises vaso-occlusives peuvent être déclenchées par le froid, le stress, les infections, la déshydratation ou l’altitude.
Conseils pour un stage réussi
Pour tirer le meilleur parti de votre stage aux urgences pédiatriques, adoptez une approche proactive :
- Posez des questions : N’hésitez pas à interpeller les professionnels de santé s’il y a des choses que vous ne comprenez pas. Essayez également de rechercher par vos propres moyens à l’aide des différents outils (ou ressources) à votre disposition dans le service. S’intéresser, se questionner et interroger les membres de l’équipe pour établir des liens et comprendre la globalité des prises en charge.
- Soyez curieux : Abordez chaque jour de votre stage avec curiosité.
- Soyez réceptif : Soyez réceptif/réceptive aux retours constructifs des professionnels expérimentés. Chaque commentaire ou suggestion est donné dans l’intention de vous aider à progresser, à développer une compréhension plus aiguë des situations cliniques et à améliorer la qualité des soins que vous fournissez. Engagez-vous dans un dialogue ouvert, n’hésitez pas à demander des clarifications et à discuter des cas avec l’équipe.
- Adaptez votre communication : Un aspect fondamental qui distingue les urgences est la capacité et la liberté pour chaque professionnel de personnaliser sa communication et son approche des soins, en prenant en compte non seulement l’individualité de l’enfant - son âge, son stade de développement, son contexte familial et environnemental - mais aussi la diversité culturelle des familles que nous accueillons.
Perspectives d'avenir
Le stage en soins critiques pédiatriques permet de découvrir les spécificités de la réanimation et de la pédiatrie. Vous y apprendrez énormément, tant sur les plans théorique, pratique, organisationnel que relationnel. Ce stage vous offre une immersion dans un environnement spécialisé. Après cette expérience enrichissante et une fois diplômé(e), il est possible de se spécialiser davantage. Vous pouvez poursuivre une formation d’un an pour devenir infirmier(e) puériculteur(trice), ce qui vous offre une expertise approfondie dans les soins aux enfants et aux nouveau-nés. Une autre option est de suivre une formation de deux ans pour devenir infirmier(e) anesthésiste diplômé(e) d’État (IADE). Des diplômes universitaires (DU) en soins infirmiers pédiatriques ou en réanimation, voire en réanimation pédiatrique, sont également disponibles pour ceux qui souhaitent approfondir leurs connaissances et compétences dans ces domaines. Accessible depuis novembre 2019, la FST d'urgences pédiatrique a été créée suite à la réforme du troisième cycle. La réforme du troisième cycle a supprimé les anciens DESC (Diplôme d'Etude Spécialisée Complémentaire). En lieu et place, existent désormais des options et des FST (Formations Spécialisées Transversales). Elles ne permettent pas d'exercer hors du champ de compétences proposé par le DES d'inscription et ne sont pas obligatoires pour valider le DES. Former aux spécificités de l’enfant, nouveau-né inclus, dans la pathologie médicale, chirurgicale et traumatique d’urgence. L’activité médico-chirurgicale (≥ 15 000 passages pédiatriques annuels, présence d’une salle d’accueil des urgences vitales (SAUV) et d’une unité d’hospitalisation de courte durée (UHCD), avec plus de 5 % de taux d’hospitalisation pour un service d’urgences pédiatriques médico-chirurgicales) ; La pathologie chirurgicale et notamment traumatologique doit être prise en charge par l’équipe médicale des urgences afin que l’interne en FST puisse prendre en charge ces patients en étant encadré et réaliser des gestes régulièrement (Sutures, immobilisation, réduction de fractures etc…).
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