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Objectif Maternelle: Un Voyage Inspirant dans l'Univers de Christine

Introduction

Le monde de la maternelle est un univers riche et complexe, où l'apprentissage se fait par le jeu, la manipulation et la découverte. Au cœur de cet univers, des enseignants passionnés s'investissent corps et âme pour offrir aux enfants un environnement stimulant et épanouissant. Christine est l'une de ces enseignantes. Forte de 17 années d'expérience en maternelle, elle a su créer un espace d'apprentissage unique, où les enfants peuvent s'épanouir et développer leur potentiel. À travers son blog "Objectif Maternelle" et sa chaîne Youtube, elle partage ses pratiques pédagogiques, ses idées d'ateliers et ses réflexions sur l'éducation.

La Découverte d'une Pédagogie Passionnante

La découverte de la pédagogie de Christine est souvent un coup de foudre. Dès les premières images de ses vidéos, on est frappé par l'atmosphère chaleureuse et stimulante qui règne dans sa classe. Les enfants sont actifs, engagés et visiblement heureux d'apprendre. Les ateliers sont variés, originaux et adaptés aux besoins de chaque enfant.

L'aventure commence souvent par une vidéo, celle qui fait le buzz, celle dont les parents d'élèves se passent le lien entre eux. Cette vidéo est une véritable source d'inspiration pour de nombreux enseignants, qui y puisent des idées nouvelles et des pistes de réflexion pour améliorer leurs pratiques.

"Objectif Maternelle": Un Blog Né d'une Passion

Le blog "Objectif Maternelle" est né de l'envie de Christine de partager son expérience et ses idées avec d'autres enseignants. Elle cherchait un titre court et une idée de "Voyage en maternelle". Après 8 mois de recherche, elle a trouvé le titre parfait en 10 secondes, un jour dans sa cuisine! Lancé en mai 2015, le blog semble avoir toujours existé, tant il est riche en contenu et en ressources.

Sur "Objectif Maternelle", Christine invite à pratiquer le Land Art, une activité consistant à réaliser des créations avec des éléments naturels. Selon elle, le Land Art est une activité d'une très grande richesse, et simple à mettre en place à l'école maternelle. Ses élèves de MS et GS créent au coin Land Art, mais également sur la partie bitumée de la cour, un espace idéal car partiellement à l’ombre et vite sec.

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Une Pédagogie Innovante et Adaptée

Christine est une enseignante atypique, toujours à la recherche de nouvelles idées et de nouvelles approches pédagogiques. Elle a longuement réfléchi à la mise en œuvre des ateliers échelonnés, ayant décrété que si pour sa première année, elle n’innovait pas, elle n’aurait jamais le courage de remettre en question ses pratiques au bout de 2-3 ans. Elle a mis en place ces ateliers progressivement, en conservant plus ou moins les traditionnels accueils et rituels pour ne pas trop « choquer » parents et enfants.

Elle a été agréablement surprise de constater la réaction des enfants après quelques jours de succès de la mise en place des ateliers. Certains polissons chroniques sont tellement absorbés qu’ils en oublient d’être polissons, certains enfants très « scolaires » affichent une grande timidité pour intégrer les activités, sans doute l’insécurité relative les met mal à l’aise. Les rituels sont déplacés vers 9h45 - 10 h mais quelle importance?

Christine est comblée quand elle interrompt une activité pour cause d’horaire et que les enfants lui disent: "Mais maîtresse, on n’a pas fini ! ! !". C’est toujours un challenge impressionnant de réfléchir en termes d’apprentissages échelonnés au moment de préparer sa classe, les idées pour constituer une progression graduée, accessible à tous et incluant les compétences à acquérir n’étant pas spontanées… Ce n’est pas qu’elle manque d’idées, c’est qu’elle a encore du mal à les décliner en plusieurs niveaux de difficultés.

L'Autonomie et le Rythme de l'Enfant au Cœur de la Pédagogie

L’autonomie acquise par les enfants qui ont appris à se découvrir, à travailler ensemble, à comparer leurs productions, à s’inspirer des idées des uns et des autres, à s’écouter, est essentielle dans la pédagogie de Christine. Elle laisse les enfants progresser à leur rythme, ce qui donne des « résultats » très surprenants. Lors des évaluations de janvier, elle s'est aperçue, très surprise, que sur 28 élèves, elle n’en a que 3 en « difficulté » : 1 parce qu’il est assez souvent absent, donc il perd logiquement le « fil », 2 à cause de « problèmes » extérieurs à l’école. Mais les dites difficultés ne sont pas insurmontables. Pour les autres, dont certains lui posaient un peu souci, globalement TOUTES les notions sont acquises ou sur le point de l’être. Cela implique que certains ont accompli une progression fulgurante depuis septembre et pour d’autres c’est moins rapide, l’important est que les progrès aient été réalisés.

Le Partage et la Collaboration: Une Valeur Essentielle

Christine est une enseignante généreuse, qui aime partager son expérience et ses idées avec d'autres. Elle a accueilli de nombreuses personnes dans sa classe, avec ou sans elle. Directrice d’une école de quatre classes, une PE2 est présente tous les lundis; elle a également été en stage pendant 4 semaines, remplacée par une autre PE2, et dernièrement, un autre enseignant était présent dans la classe avec elle.

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Elle reconnaît que, en démarrant cette pédagogie, il est très difficile d’expliquer en quelques dizaines de minutes le fonctionnement de la classe. Pour les PE2 qui ont « pris » la classe, cela ressemble beaucoup à de la pédagogie Freinet. Les parents, dans ce village, se connaissent tous, discutent beaucoup entre eux. Sa classe, 13 MS et 15 GS est la copie conforme de la classe de sa collègue, qui fonctionne de manière traditionnelle. Les interrogations légitimes des parents en début d’année, se font plus discrètes à présent. Les cahiers des enfants sont distribués à chaque fin de période, peut-être les parents ont-ils comparé les travaux des 2 classes….

Les Ateliers Individuels et les Brevets de Réussite

Christine propose une alternance d'apprentissages "traditionnels" et d'ateliers individuels de manipulation. Les ateliers "traditionnels" se passent souvent en regroupement, ne sont pas trop longs pour ne pas lasser (20mn). Elle peut enchaîner avec un travail qui se fera sur table par exemple, pour varier. C'est un moment d'apprentissage où tous travaillent et apprennent en même temps. Elle y travaille essentiellement la motricité fine, la vie pratique et la perception.

Le temps des petits ateliers est moins formel, puisqu'individuel. C'est en ça qu'elle aime alterner les 2, moments collectifs et individuels. Ces ateliers durent 40 mn effectives. Les GS prennent toujours le cahier de brevets avec eux. (leur cahier s'appelle d'ailleurs "Cahier de Brevets et de réussites"). Passage obligé à leur casier pour en prendre l'habitude, même si tous ses ateliers individuels n'ont pas encore de brevet. Petit à petit, elle travaille à rajouter les brevets car elle n'a commencé qu'en mars dernier et il faut beaucoup de temps pour les fabriquer. Et s'il n'y a pas encore de brevet, elle ne culpabilise pas! Elle fait les essentiels. Actuellement, elle fait un nouveau brevet de puzzles car certains élèves ont déjà validé la première série de 12 puzzles. Donc, dans ce cas-là, c’est vraiment nécessaire. Les MS n'ont eu leur cahier qu'avant les vacances, juste avec le brevet de puzzle. ça suffisait pour le début!

Lorsque les élèves prennent un "petit atelier" après une activité collective, ou en fin d'après-midi lorsqu'ils ont le temps, elle n'oblige pas qu'ils aient le cahier avec eux. Certains le prennent car ils aiment noter leur passage à l'atelier, d'autres non. Le contenu des AIM (ateliers individuels de manipulation) est parfois en lien avec une compétence qu'elle travaille en groupe, parfois non! Elle a des ateliers de cadenas à ouvrir et fermer, des boulons, écrous etc… que les élèves utilisent uniquement en AIM. Par contre, en pâte à modeler, elle a travaillé certaines compétences en groupe et les élèves peuvent s'y entraîner de nouveau en AIM car elle a 4 ateliers différents.

Il n'y a pas de "programme" des AIM; elle adapte en fonction de l'évolution de ses élèves. Elle ne se prends pas la tête sur une progression, puisque chaque élève progresse à son rythme. Elle veille à proposer des choses variées pour ceux qui en veulent plus. Pas de graphisme pour le moment: juste un atelier où les élèves tracent dans le sucre des modèles. De manière générale, elle n'aime pas le graphisme que l'on reproduit sur un modèle. Elle travaille le graphisme en groupe, ou en réinvestissement sur fiche. Pour les maths, aucun brevet à ce jour et elle va juste commencer à lancer les activités en AIM. Elle travaille plus en petit groupe, avec le livre à compter de Brissiaud par exemple chez les MS, avec les boites de Picbille chez les GS; + des activités très ponctuelles, comme mettre le bon nombre de bougies sur un gâteau etc… Pour la numération, elle prend son temps. Les temps d'AIM avec elle durent 40 à 45mn environ. Pendant ce temps, les autres sont en autonomie sous surveillance de l'astem. Pour les GS (14 élèves), elle prévois parfois une activité qui sera assez longue (donc 40mn) mais avec plusieurs étapes: découpage d'étiquettes en lecture, collage, coloriage des illustrations. Puis les élèves savent qu'ils peuvent aller ensuite aux chevalets magnétiques, à l'ordinateur, au coin bibliothèque…

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L'Organisation de la Classe et le Rôle de l'ATSEM

Pendant que Christine est avec les MS aux AIM, les GS ont une activité totalement autonome (coloriage d'un personnage en lien avec un album+graphisme) et l'atsem s'occupe en même temps de chaque élève de GS pour coller le travail dans le cahier d'activités. Une autre fois, alors qu'elle est avec le groupe de GS, l'atsem travaille le modelage des boules et colombins en pâte à modeler dans l'objectif d'être de plus en plus précis dans ses gestes. Cela permet un apprentissage collectif (ou une "révision") pour qu'ensuite, le moment venu, un élève puisse prendre seul le petit atelier de pâte à modeler pour s’améliorer encore. Il y a aussi des moments ou l'atsem est à la BCD juste à côté de sa classe pour l'emprunt de livres. Dans tous les cas, lorsqu'un groupe revient, elle quitte le groupe aux AIM pour expliquer ce qu'elle attend du groupe qui travaillera avec l'atsem.

Elle continue à alterner les moments d'apprentissages collectifs et individuels car elle adore les 2! Même si un travail de coloriage ou de graphisme n'est pas un grand moment d'apprentissage, c'est aussi l'occasion pour les élèves de travailler en autonomie complète, de se concentrer et de se poser à une table comme ils le feront l'année qui suit au CP. Elle a opté pour la solution suivante: privilégier les moments d'AIM où elle est vraiment AVEC ses élèves (et c'est super pour bien gérer le cahier de brevets, car c'est quand même chaud au départ!!) sans culpabiliser si l'activité de l'autre groupe n'est pas complétement extraordinaire…

Dans sa classe, les élèves ne sont jamais tous en atelier en même temps. Soit les GS, soit les MS. Elle s'est organisée comme ça car ça lui permet d'être vraiment présente pour aider un élève si besoin, le guider, valider son brevet, voir quel atelier il peut prendre ensuite s'il a besoin d'être orienté. Avec tous les élèves, ça ne lui semble pas jouable pour être efficace. Par contre, techniquement, ce serait possible car elle a largement assez d'ateliers pour que ça tourne avec ses 23 élèves. Ça fait du mouvement, mais ça peut se faire. Personnellement, elle aime moins car son objectif cette année est d'être très présente auprès des élèves qui sont aux "petits ateliers" (c'est le nom qu'on a donnée aux ateliers autonomes dans son école).

Un Environnement de Travail Privilégié

Christine travaille dans des conditions idéales, avec une équipe pédagogique soudée, des parents impliqués et le soutien de sa municipalité et de son inspecteur. Elle est consciente de la chance qu'elle a de travailler dans de telles conditions et le répète aussi bien aux gens qui la connaissent qu’aux parents d’élèves, aux collègues etc. Mais le côté matériel ne fait pas tout. Il faut aussi de l'envie, de la motivation, et aimer s'impliquer dans son travail (et avoir le temps pour ça). Si un enseignant arrive dans son école sans motivation, sans envie etc… il aura beau avoir du bon matériel et de bonnes conditions de travail, les élèves, eux, ne s'y retrouveront pas et n'apprendront pas forcement mieux que chez toi…

Elle a eu envie de montrer des choses concrètes qui se font en classe sans en faire des exemples. Ouvert depuis seulement trois jours, le site de Christine fait déjà le buzz chez les instits. Ils y trouvent des ateliers, des pratiques pédagogiques montrées très simplement en vidéo. Du facile, à adapter à sa classe. Mais qui s’appuie sur une passion dévorante pour la maternelle et une très solide culture pédagogique. Et aussi sur toute une communauté villageoise et éducative qui soutient son école. Elle aime tellement la maternelle qu’elle n’envisage pas de mettre les pieds ailleurs.

En quelques jours, ce coin de verdure est devenu le centre du monde pour de nombreux enseignants de maternelle qui viennent découvrir ce qui s’y passe. D’un clic, on a accès à une bonne centaine d’ateliers et de pratiques pédagogiques, remarquablement classées. C’est pratique et la large utilisation de la vidéo fait qu’on se retrouve tout de suite dans la vérité de la classe. Elle anime aussi un site destiné aux parents.

Des Astuces pour un Cheminement Réussi

Christine veut « montrer des choses concrètes », utiles sans pour autant se montrer en exemple. Elle veut donner des astuces qui permettent d ‘aller tout droit dans le bon chemin sans passer par la case erreur. Un bon exemple est donné avec une vidéo sur « les tours d’appel », une activité du matin que l’on vous invite à découvrir. Le matin elle avait du mal avec le rituel d’accueil. Les enfants se lassent du coté répétitif de l’appel. La tour d’appel permet d’apporter de la nouveauté tout en travaillant sur la construction du nombre avec un travail de décomposition du nombre qui doit beaucoup aux idées de Rémi Brissiaud.

Un autre exemple est donné avec le « sac à mots ». Là c’est Micheline Cellier que Christine convoque en référence. « Le sac à mots est une activité riche qui permet de faire prendre conscience des subtilités de la langue. On travailler sur la polysémie des mots. Un élève par exemple m’a sonné le kiwi, qui peut être un animal ou un fruit. Aujourd’hui on a tout un panneau de sacs à mots. Des parents trouvent des mots et viennent enrichir le panneau régulièrement ».

L'Ambition et la Confiance en l'École Maternelle

Avec ce cahier journal si riche, cette foule d’ateliers et d’activités différentes, Christine ne serait-elle pas trop ambitieuse pour sa maternelle ? « On a le droit d’être ambitieuse en école maternelle », dit-elle. « L’école maternelle n’est pas une garderie. On n’imagine pas la capacité de réflexion et de mémorisation des élèves. On peut leur proposer des choses ambitieuses tout en restant dans les programmes ». Pour Christine l’objectif numéro 1 reste de ne pas perdre d’élève en route. « Mais on peut proposer plus à ceux qui peuvent aller plus loin. J’ai des outils avec des boites à mots ou la dictée muette qui permettent de découvrir la lecture et l’écriture tout en s’adaptant au niveau de l’élève ». Sur ses 23 élèves 14 sont déjà dans l’écriture. Dans cette petite école qui inclut un CP, Christine connait les attentes de sa collègue de CP. « C’est la bonne collaboration entre atsems et enseignantes, avec l’équipe soudée des enseignantes qui permet mon travail », dit Christine.

tags: #objectif #maternelle #christine

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