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Comprendre et gérer les problèmes respiratoires chez le nourrisson

Observer son bébé éprouver des difficultés à respirer représente l'une des situations les plus angoissantes pour tout parent. Identifier les causes potentielles et savoir comment réagir est essentiel pour assurer le bien-être de votre enfant. Cet article vise à vous informer sur les causes courantes des problèmes respiratoires chez le nourrisson, les signes d'alerte à surveiller et les mesures à prendre pour y remédier.

Rythme respiratoire normal et signes d'alerte

La fréquence respiratoire normale d'un nouveau-né varie entre 40 et 60 respirations par minute, soit le double de celle d'un adulte. Cette particularité physiologique peut parfois inquiéter les jeunes parents, mais il est essentiel de distinguer les situations normales des véritables signaux d'alarme. La dyspnée se caractérise par une sensation de difficulté respiratoire qui peut affecter l'inspiration, l'expiration, ou les deux phases du cycle respiratoire. Chez un bébé, cette manifestation se traduit par une respiration laborieuse, irrégulière ou anormalement rapide.

Respiration périodique

Les nouveau-nés peuvent également présenter une respiration périodique naturelle, avec des variations de rythme et de brefs arrêts respiratoires de quelques secondes. Cette irrégularité s'explique par l'immaturité du centre respiratoire cérébral qui contrôle automatiquement la respiration. Des pauses respiratoires de 5 à 10 secondes sont normales chez les nouveau-nés, surtout pendant le sommeil paradoxal.

Quand s'inquiéter ?

Chez un nouveau-né (0-3 mois), une fréquence supérieure à 60 respirations par minute de façon persistante justifie une consultation. Chez un nourrisson plus âgé (3-12 mois), au-delà de 50 respirations par minute.

Causes fréquentes de difficultés respiratoires

Les difficultés respiratoires chez le bébé constituent un motif de consultation fréquent en pédiatrie, avec un spectre allant des troubles bénins aux urgences vitales. La connaissance des signes d'alerte permet aux parents de réagir de manière appropriée et proportionnée à la gravité de la situation.

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Obstruction nasale

La cause la plus fréquente reste l'obstruction nasale due à un rhume ordinaire. Puisque les bébés respirent essentiellement par le nez au début, même une légère congestion peut créer des bruits respiratoires impressionnants et une sensation de gêne. Vous pouvez utiliser du sérum physiologique pour lui dégager ses voies respiratoires.

Essoufflement post-effort

Après une activité physique inhabituelle pour son âge (ramper activement, pleurer intensément, ou être stimulé par le jeu), il est parfaitement normal qu'un bébé présente une respiration accélérée temporairement. Une respiration accélérée lors des repas de bébé est normale.

Laryngite bénigne

Cette inflammation du larynx peut rendre la voix rauque et créer une légère gêne respiratoire, mais reste généralement sans gravité chez les nourrissons en bonne santé. L’âge classique des laryngites est entre 6 mois et 6 ans.

Inhalation d'un corps étranger

Si votre bébé avale accidentellement un petit objet (bouton, graine, perle, fragment d'aliment), celui-ci peut obstruer partiellement ou totalement ses voies respiratoires. Cette situation représente une urgence vitale absolue nécessitant l'intervention immédiate des services d'urgence. Un nourrisson, un bébé ou un jeune enfant peut facilement s’étouffer. Or, pour éviter l’asphyxie et ses conséquences graves (potentiellement mortelles), il faut savoir réagir vite. Il faut donc apprendre à reconnaître les signes de l’étouffement chez le bébé.

Signes d'étouffement

Les signes de l’étouffement sont faciles à reconnaître chez l’adulte et l’enfant (la personne tousse violemment, elle se tient la gorge en essayant de respirer, et elle s’agite). Mais chez le nourrisson et l’enfant de moins de deux ans, les symptômes de l’étouffement sont souvent moins visibles.

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  • Étouffement partiel : le passage de l’air est gêné, mais il peut continuer à circuler dans les voies aériennes pour rejoindre les poumons. L’enfant a du mal à respirer (respiration sifflante ou bruyante) et il tousse.
  • Étouffement total (obstruction grave, ou asphyxie) : l’enfant ne tousse plus et ne respire plus. Il a la bouche ouverte et une attitude de détresse, et ne peut plus émettre aucun cri ou son. Il devient pâle. Ses lèvres, et les extrémités de ses mains et de ses pieds deviennent bleues (cyanose). Il peut s’agiter ou, au contraire, ne plus bouger.

Que faire en cas d'étouffement ?

Si votre bébé tousse vigoureusement, laissez-le faire : la toux est le mécanisme naturel pour expulser le corps étranger. Ne tentez jamais d'extraire l'objet avec vos doigts, vous risqueriez de l'enfoncer davantage.

En cas d’étouffement total, les voies respiratoires sont complément obstruées : les poumons du bébé ne reçoivent plus d’oxygène. Plus le temps passe, plus les conséquences peuvent être graves (avec des dommages au cerveau d’abord, puis le décès de l’enfant). Il faut donc immédiatement appeler les secours, et effectuer les gestes de premiers secours.

Vous devez contacter les secours dès les premiers signes d’étouffement et d’asphyxie chez le bébé ou le jeune enfant. Demandez à une autre personne de le faire, pendant que vous commencez les gestes de secours (si vous êtes seul, criez pour demander de l’aide). Pour joindre les services médicaux d’urgence, vous pouvez composer le 15 (Samu) ou le 112 (numéro d’urgence européen), depuis un téléphone fixe ou mobile. Vous pouvez également appeler les pompiers, au 18.

En attendant les secours, vous devez réaliser la manœuvre de Mofenson sur le bébé qui s’étouffe.

  • Technique des 5 claques : Placez l’une de vos mains sur le ventre et le thorax de l’enfant, et soutenez sa mâchoire avec vos doigts (l’enfant est couché à califourchon sur votre avant-bras). Installez l’enfant sur l’une de vos cuisses, à plat ventre et la tête dirigée vers le bas, au-delà du genou. Avec le talon de votre autre main, tapez vigoureusement entre ses deux omoplates. Si l’objet ou le morceau de nourriture n’est pas délogé (souvent par un réflexe de toux), répétez ce geste 5 fois d’affilée.
  • Technique des compressions thoraciques : Commencez par retourner le bébé sur le dos : placez-le sur votre avant-bras, qui reste appuyé sur votre cuisse. Soutenue dans l’une de vos mains, sa tête doit être inclinée vers le bas (elle doit être plus basse que son corps, pour faire jouer la gravité). Vous devez ensuite réaliser des compressions énergiques au niveau de son sternum, avec deux doigts. Là encore, répétez ce geste 5 fois, en vérifiant son efficacité à chaque fois.

Prévention de l'étouffement

Certaines mesures simples permettent d’éviter les situations d’étouffement chez le bébé et le jeune enfant.

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Laryngospasme

Cette contraction involontaire et brutale des muscles du larynx bloque temporairement le passage de l'air. Le laryngospasme peut être déclenché par une allergie alimentaire, une irritation chimique, ou une infection.

Apnée et arrêts respiratoires

Une apnée transitoire (pause respiratoire de plus de 10 secondes chez un bébé de plus de 3 mois) doit être prise très au sérieux. Lorsqu’elles durent moins de dix secondes, il n’y a aucune inquiétude à avoir.

Respiration bruyante ou sifflante

Un sifflement persistant (stridor) ou des bruits respiratoires inhabituels après avoir correctement nettoyé le nez indiquent souvent une obstruction ou une inflammation des voies respiratoires. Etant donné que les bébés respirent essentiellement par le nez au début, une obstruction nasale peut entraîner une respiration bruyante ou sifflante.

Fièvre associée

La fièvre chez le bébé augmente naturellement la fréquence respiratoire d'environ 6 respirations par minute par degré de température. Néanmoins, ce rythme doit revenir à la normale lorsque la fièvre redescend. Toute fièvre chez un bébé de moins de 3 mois nécessite une consultation rapide.

Cyanose

Une coloration bleutée de la peau, particulièrement visible au niveau des lèvres, du contour de la bouche, des ongles ou du lobe des oreilles, indique un manque d'oxygène dans le sang. La cyanose est une « coloration anormale due à l’oxygénation insuffisante du sang ».

Bronchiolite

La bronchiolite est l’une des infections respiratoires de l’hiver les plus courantes chez les enfants en bas âge. Elle est majoritairement provoquée par le Virus Respiratoire Syncytial (VRS). Chaque année un nourrisson sur 3 fait une bronchiolite. Pour la majorité, soit 89% la maladie est le plus souvent bénigne. Cependant, chez 2 à 3% des nourrissons de moins de 1 an, elle peut conduire votre bébé à l’hospitalisation, voire en réanimation.

Différences entre bronchite et bronchiolite

La bronchite et la bronchiolite peuvent paraître assez semblables à première vue (tant dans leur nom que par le fait que ces maladies affectent toutes les deux les voies du système respiratoire). Toutefois, elles sont en réalité deux infections virales distinctes. La bronchiolite atteint les bronchioles (petites voies respiratoires), tandis que la bronchite affecte les bronches (plus grandes). La bronchiolite est principalement une préoccupation chez les nourrissons, tandis que la bronchite peut se manifester tant chez le nourrisson et l’enfant plus grand que chez l’adulte.

Symptômes de la bronchiolite

La bronchiolite débute souvent par un rhume (sécrétions abondantes) puis une toux. Des difficultés respiratoires apparaissent ensuite avec une respiration plus rapide, souvent un peu sifflante à l’expiration. Lorsque le bébé commence à être gêné pour respirer, à chaque respiration le ventre se soulève, les espaces entre les côtes se creusent (ce que l’on appelle le tirage intercostal). Cette difficulté à respirer peut fatiguer le bébé, surtout quand il a moins de 3 mois, et peut gêner son alimentation et l’empêcher de finir ses tétées ou biberons.

  • Augmentation de la fréquence respiratoire
  • Baisse de l’appétit

Prévention de la bronchiolite

  • Vaccination maternelle (Abrysvo®) : peut être fait à la maman entre 32 et 36 semaines de grossesse si son accouchement est prévu en période épidémique.
  • Anticorps (Depuis 2024) : cet anticorps est proposé à la maternité, avant la sortie de l’enfant, si la maman n’a pas été vaccinée entre 32 et 36 semaines. Il est également disponible sur ordonnance en pharmacie de ville pour tous les bébés, même en bonne santé, nés après le 31 janvier 2025.
  • Vaccination pour les femmes enceintes (Depuis 2024) : les femmes enceintes, éligibles à la vaccination, qui sont dans leur 8e mois de grossesse (entre 32 et 36 semaines d’aménorrhée) et qui vont accoucher pendant la période « VRS » (de septembre à février) peuvent se faire vacciner.

Traitement de la bronchiolite

À ce jour, il n’y a pas de traitement ni de médicaments spécifiques contre la bronchiolite. Il est fortement déconseillé de procéder à l’automédication en cas de bronchiolite chez le nourrisson. Les bronchiolites (d’origine virale) ne nécessitent pas de prise d’antibiotiques.

Mesures d'hygiène

En raison de la très grande contagiosité de ce virus, soyez très attentifs à l’hygiène (lavage fréquent et soigneux des mains à l’eau et au savon), en évitant les contacts trop proches, en nettoyant régulièrement les biberons, sucettes, doudous, jouets… et enfin en aérant plusieurs fois par jour la chambre de votre bébé et les pièces à vivre de votre logement. Evitez de mettre votre bébé en crèche tant qu’il est malade.

Spasme du sanglot

Bébé pleure, hurle, se contorsionne… Jusqu’à ce que sa respiration se bloque ? Il pourrait bien s’agir du spasme du sanglot, un réflexe qui touche environ 5 % des petits âgés de 6 mois à 5 ans.

Pourquoi mon bébé a-t-il des spasmes quand il pleure ?

Le spasme du sanglot est, en général, une réaction à une émotion forte. Dans ce cas, le nourrisson, bébé ou enfant manifeste sa colère, sa douleur ou sa peur par des pleurs incontrôlés. Ses sanglots deviennent de plus en plus rapides et saccadés, ses yeux se révulsent et il a des difficultés à reprendre son souffle. Au plus fort de la crise, son visage peut même virer au bleu et il peut s’arrêter de respirer ! Si votre bébé ne réagit pas à une forte émotion, il est possible qu’un manque de fer contribue à l’apparition d’une crise.

Que faire face à un spasme du sanglot ?

Sur le moment, face à un spasme du sanglot, essayez de garder votre sang-froid, de ne pas paniquer. Inutile d’appeler un médecin en urgence. Le mieux est de coucher l’enfant sur le côté afin de l’empêcher de s’étouffer avec sa salive. Vous pouvez tapoter les joues de votre enfant, lui rafraîchir le visage, lui parler doucement.

Comment gérer les crises à long terme ?

L’approche recommandée est d’apprendre au bébé à se calmer en amont d’une crise. On peut, par exemple, convenir pendant un temps calme d’un mot-clef qui lui évoque la tranquillité. Quand on sent un spasme du sanglot sur le point d’éclater, on peut aussi tenter de détourner l’attention de l’enfant.

Formes de spasme du sanglot

  • Forme bleue : Il s’agit d’une asphyxie qui peut s’accompagner d’une perte de connaissance.
  • Forme pâle : L’enfant devient pâle et perd connaissance.

Syndrome de mort subite du nourrisson (SMSN)

Le syndrome de mort subite du nourrisson, ou SMSN, est le décès soudain et inattendu d'un bébé apparemment en bonne santé, habituellement âgé de moins d'un an. Pour être considérée comme due au SMSN, la mort doit être inexpliquée, même après une investigation complète.

Facteurs de risque

  • La façon de dormir : certains cas de SMSN pourraient être causés par la position du bébé, couché sur le côté ou sur le ventre, la tête vers le bas.
  • Un contrôle de la température insuffisant
  • Des anomalies du système nerveux central
  • Un contrôle de la respiration défectueux
  • Une exposition à la fumée du tabac
  • Un indice d'Apgar bas

Prévention du SMSN

  • Ne pas laisser le bébé dormir sur le ventre ou sur le côté. Coucher le bébé sur le dos.
  • Tenir le bébé à l'écart de la fumée de cigarette.
  • Coucher le bébé sur un matelas ferme, sans couvertures épaisses, oreillers, ni lourds coussins antichocs dans le berceau.
  • Le bébé devrait dormir dans un lit à barreaux, un berceau ou un moïse, dans la même chambre que ses parents ou la personne qui s'en occupe, jusqu'à l'âge de 6 mois au moins.
  • Ne permettez jamais que le visage de votre bébé soit couvert par un vêtement ou un morceau de literie. Évitez les couvertures et les douillettes.
  • Essayer de ne pas laisser le bébé avoir trop chaud (ne pas utiliser de couvertures). La température de la chambre doit être confortable pour un adulte.

Questions fréquentes

  • Comment différencier un simple rhume d'une bronchiolite ? Le rhume provoque principalement une congestion nasale avec écoulement. La bronchiolite s'accompagne de difficultés respiratoires plus marquées, de sifflements audibles, et souvent de difficultés à s'alimenter.
  • À quel moment la fièvre devient-elle préoccupante pour la respiration ? Toute fièvre chez un bébé de moins de 3 mois nécessite une consultation rapide.
  • Les nouveaux médicaments ou traitements peuvent-ils aider en cas de difficulté respiratoire ? Ne donnez jamais de médicament sans prescription médicale à un nourrisson en difficulté respiratoire. Seuls les lavages nasaux au sérum physiologique et le maintien d'une position semi-assise peuvent être tentés en attendant un avis médical.

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