La grossesse est une période de transformations physiologiques et biologiques importantes pour la mère et l'enfant. Le suivi médical inclut des examens biologiques pour la détection précoce d'anomalies. Parmi ces examens, le Dépistage Prénatal Non Invasif (DPNI) est une option cruciale.
Introduction au DPNI
Le DPNI, ou dépistage des anomalies chromosomiques par analyse de l’ADN libre circulant, est une méthode qui analyse les fragments d’ADN provenant du placenta, présents dans le sang maternel durant la grossesse. L'objectif principal est d’évaluer la proportion relative de chacun des chromosomes afin de mettre en évidence un excès ou un défaut de matériel chromosomique, signe potentiel d’une anomalie chez le fœtus.
Ce test est non invasif, sans risque pour le fœtus, et nécessite une simple prise de sang chez la femme enceinte. Il peut être réalisé dès la 12ème semaine d’aménorrhée (10ème semaine de grossesse) et tout au long de la grossesse.
Principes Fondamentaux du DPNI
En 1997, Dennis Y. Lo découvre l’ADN « fœtal » libre circulant dans le sang maternel, marquant le début du DPNI. Les premières applications ont permis la détection de séquences d’ADN d’origine paternelle, comme les séquences du chromosome Y, pour le diagnostic non invasif du sexe fœtal.
Pour les anomalies chromosomiques, notamment la trisomie 21, les développements ont été plus complexes. Contrairement aux séquences d’ADN du chromosome Y, les séquences des chromosomes comme le 21 sont présentes chez la mère et le fœtus. Le défi majeur était de développer une méthode de « dosage chromosomique » capable de détecter une sur-représentation de ces séquences en cas de trisomie.
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Les méthodes de calcul statistique ont permis de quantifier un grand nombre de molécules d’ADN circulant. Des études ont montré des résultats prometteurs, confirmés par des études cliniques sur des populations à haut risque de trisomie 21. Ces performances sont supérieures au dépistage conventionnel basé sur les marqueurs sériques et la mesure de la nuque.
Anomalies Dépistées par le DPNI
Le DPNI se concentre principalement sur le dépistage des trisomies 13, 18 et 21. Certains laboratoires, comme Eylau Unilabs, utilisent la technique VeriSeq NIPT Illumina (CE-IVD) pour étendre le dépistage aux duplications, délétions de plus de 7 mégabases, et trisomies rares telles que les trisomies 2, 8, 9, 12, 14, 15, 16 et 22. Il est important de noter que le test ne détecte pas toutes les anomalies. Ouilab utilise une solution automatisée, le test NIPT VeriSeq V2 d'Illumina®, qui permet une recherche étendue d'anomalies chromosomiques, y compris les trisomies 13, 18 et 21, ainsi que des anomalies plus rares.
Trisomie 22 : Ce qu'il faut savoir
La trisomie 22 est une anomalie chromosomique rare qui peut être dépistée par certains tests DPNI élargis. Il est crucial de comprendre que le recul sur le dépistage étendu est moins important que pour le dépistage classique des trisomies 13, 18 et 21. De plus, les anomalies chromosomiques rares sont souvent confinées au placenta et n'affectent pas le fœtus.
Comment se déroule le DPNI ?
- Prescription : Un médecin ou une sage-femme prescrit le test lors d’une consultation adaptée (conformément à la loi n°2011-814 du 7 juillet 2011 relative à la bioéthique).
- Prélèvement : Une prise de sang est effectuée chez la femme enceinte. L’ADN fragmenté provenant du placenta est analysé.
- Analyse : Le laboratoire Eylau Unilabs utilise la technique VeriSeq NIPT Illumina (CE-IVD). Ouilab utilise le test NIPT VeriSeq V2 d'Illumina®.
- Validation des résultats : Une équipe de biologistes médicaux spécialisés et agréés en génétique valide les résultats.
- Communication des résultats : Les résultats sont transmis uniquement au prescripteur, qui est la seule personne autorisée à les communiquer à la patiente.
Interprétation des résultats du DPNI
DPNI Négatif
Un DPNI négatif indique un faible risque de trisomie 21, 18 ou 13. Pour le test classique, la sensibilité est supérieure à 99,9% dans le cas d’une grossesse monofœtale.
DPNI Positif
Un DPNI positif suggère un risque élevé de trisomie. Cependant, il est crucial de confirmer ce résultat par un test de diagnostic invasif tel qu’une amniocentèse ou un prélèvement de villosités choriales.
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Importance de la Confirmation Diagnostique
Le DPNI est un test de dépistage, pas un test de diagnostic. Il peut donc produire des résultats faussement positifs. Entre les premières années de développement du DPNI, il était considéré comme un test de diagnostic prénatal non invasif de la trisomie 21. Des interruptions médicales de grossesses ont été proposées sur la base du seul résultat du DPNI. La communauté médicale est rapidement revenue sur cette définition pour alerter sur le fait qu’il pouvait y avoir des résultats faussement positifs.
Un résultat positif doit être confirmé par un caryotype sur prélèvement fœtal invasif. La ponction de liquide amniotique peut être réalisée à partir de 15 semaines d’aménorrhée, tandis que la biopsie de trophoblaste peut l’être dès 11-12 semaines d’aménorrhée.
Limites du DPNI
Limites Techniques
La très grande majorité des tests DPNI reposent sur un séquençage de la quasi-totalité du génome et une analyse statistique basée sur le principe du comptage moléculaire. Les résultats dépendent de plusieurs paramètres :
- La quantité d’informations obtenue par séquençage.
- La proportion d’ADN fœtal circulant.
- La taille de la région du génome présentant une anomalie.
Ces limites techniques influencent surtout la détection d’anomalies sub-chromosomiques et des anomalies présentes « en mosaïque ».
Limites Biologiques
L’ADN « fœtal » circulant provient du placenta, et différents tissus maternels relarguent aussi de l’ADN dans le sang de la mère. Toute anomalie détectée peut provenir de ces différentes sources. En cas de grossesse gémellaire, il n’est pas possible de savoir quel jumeau est atteint. Certains tests DPNI sont basés sur un génotypage de l’ADNlc, ce qui permet de distinguer les séquences d’ADN de sources différentes lorsqu’il s’agit de faux jumeaux.
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La fraction fœtale, ou proportion d’ADN placentaire, est une autre limite biologique majeure, car elle peut être source d’échecs du test.
Valeur Prédictive Positive (VPP)
La VPP est le pourcentage de DPNI positifs qui seront confirmés par un test de diagnostic. Elle dépend des performances techniques du test, du type d’anomalie chromosomique et de son incidence dans la population dépistée.
- Pour la T21, la VPP est estimée à 92,5 % dans les grossesses singleton à risque modéré à haut et à 60 % dans les grossesses gémellaires en dépistage primaire.
- Pour les T18 et T13, elle est de 72,2 % et 62,5 %, respectivement, dans les grossesses singleton.
Cela signifie que, lorsqu’un DPNI est positif pour la T21, le fœtus est bien atteint dans 9 cas sur 10, alors que pour les T18 et T13, il ne le sera que dans deux cas sur trois.
Risque évalué et Caryotype fœtal
Si le risque évalué par les marqueurs sériques maternels est compris entre 1/51 et 1/1000, la réalisation d’un DPNI peut être envisagée. Toutefois, si le risque évalué est ≥ 1/50, la réalisation d’un caryotype fœtal doit être proposée d’emblée.
Rôle du Prescripteur
Le dépistage de la trisomie 21 doit obligatoirement être proposé à toute femme enceinte lors d’une consultation par un médecin ou une sage-femme. Le prescripteur est la seule personne autorisée à communiquer le résultat à la patiente.
Autres méthodes de diagnostic prénatal
Amniocentèse
L’amniocentèse consiste à prélever, à partir de 15 semaines après les dernières règles, un peu de liquide amniotique afin d’examiner les cellules fœtales et de réaliser un caryotype.
Prélèvement de villosités choriales (choriocentèse)
Le prélèvement de villosités choriales (choriocentèse) peut être réalisé entre 11 et 14 semaines après les dernières règles. Il consiste à prélever un échantillon de placenta par voie trans cervicale ou trans abdominale pour réaliser un caryotype.
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