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Nino Ferrer : Enfance, Vie Privée et Héritage

Nino Ferrer, de son vrai nom Agostino Arturo Maria Ferrari, est une figure emblématique de la scène musicale française. Son parcours, marqué par des succès éclatants et des remises en question constantes, a laissé une empreinte indélébile dans le paysage culturel. Cet article explore son enfance, sa vie privée, et l'héritage qu'il a laissé derrière lui.

Une jeunesse entre l'Italie et la Nouvelle-Calédonie

Agostino Ferrari naît à Gênes, en Italie, le 15 août 1934, d'un couple franco-italien. Son père, Pietro Ferrari, est ingénieur et travaille pour la Société Le Nickel (SLN) à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie, où il a rencontré sa mère, Raymonde Magnin. Après une courte période en Italie, la famille retourne à Nouméa. Cependant, en 1939, alors qu'ils sont en vacances en Italie, la Seconde Guerre mondiale les contraint à s'installer dans le pays. Une partie de la famille est bloquée en Italie en raison de la guerre en 1939, tandis que le père continue de travailler en Nouvelle-Calédonie.

Nino passe une enfance bourgeoise et catholique en Italie, où il grandit en parlant italien. Enfant unique et couvé, il est décrit comme introverti, taciturne et solitaire. Malgré cela, il développe une passion pour la musique et des dispositions pour la peinture et l'écriture.

Les débuts musicaux et l'ascension vers le succès

Après la guerre, la famille Ferrari s'installe en France. Nino poursuit des études d'ethnologie et d'archéologie préhistorique à la Sorbonne et travaille au musée de l'Homme. Cependant, sa passion pour la musique le pousse à se lancer dans cette voie.

Féru de jazz, il accompagne des musiciens tels que Bill Coleman et Richard Bennett entre 1958 et 1960. Il devient également guitariste du groupe de Nancy Holloway. En 1963, il enregistre son premier 45 tours, "Pour oublier qu'on s'est aimé". Bien que ce titre ne rencontre pas immédiatement le succès, une autre chanson de ce disque, "Un an d'amour", devient un tube en Italie et en Espagne.

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C'est en 1965 que Nino Ferrer connaît la consécration avec "Mirza". La légèreté du texte et le rythme rhythm and blues séduisent le public. La chanson est appréciée, tout comme "Les cornichons", qui s'inscrit dans la même veine. Le chanteur, qui use de la dérision avec brio, récidive avec "Oh ! hé ! hein ! bon !".

Cette soudaine célébrité propulse l'artiste dans le luxe et la richesse. Néanmoins, en 1966, Nino Ferrer commence à se détacher de cette douce torpeur lorsque sort "Le Téléfon". Il entre en conflit avec le milieu de la presse et de la chanson. La pression est telle qu'il quitte la France pour l'Italie entre 1967 et 1970.

Les années 1970 : "La Maison près de la fontaine" et "Le Sud"

De retour en France en 1971, Nino Ferrer s'installe dans le Quercy. En 1972, l'album "Métronomie" connaît un succès mitigé, mais le titre "La maison près de la fontaine" se vend à 500 000 exemplaires. L'année suivante, l'album rock and roll "Nino and leggs" ne rencontre pas le succès escompté. Cependant, la chanson "Le Sud" devient un classique.

Soucieux d'étendre son univers musical, le chanteur sort en 1979 "Blanat", avec des titres en français et en anglais aux intonations jazz et gospel.

Vie privée : Kinou, l'amour de sa vie, et ses enfants

Du côté de sa vie privée, Nino Ferrer a une épouse, Jacqueline Monestier, dite Kinou, et deux fils : Pierre, né en septembre 1973, et Arthur, né le 14 février 1979.

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Kinou rencontre Nino Ferrer en 1966 dans un café près des Champs-Élysées, alors qu'elle apprend que le chanteur cherche une assistante. Elle devient son assistante personnelle, puis sa compagne. Nino et Kinou se marient le 30 décembre 1978 à Saint-Cyprien.

Kinou est une femme discrète et dévouée, qui apporte stabilité et équilibre à Nino Ferrer. Elle est une excellente cuisinière et aime recevoir amis et musiciens à La Martinière, leur propriété en banlieue parisienne, puis à La Taillade, leur maison dans le Sud-Ouest de la France.

Nino Ferrer considère Kinou comme l'amour de sa vie. Il lui dédie la chanson "Looking For You", dont les paroles sont : "I made this song because I love you / I made this song just for you" (J’ai écrit cette chanson parce que je t’aime /J’ai écrit cette chanson juste pour toi).

Après la mort de Nino, Kinou s'évertue à transmettre et défendre le testament artistique de son mari. Elle publie un livre de cuisine, "Kinou cuisine", en 2015, et accepte d'exposer les tableaux de Nino en 2018. Elle décède le 17 mars dans le Lot, à l'âge de 74 ans.

Ses deux fils, Pierre et Arthur, sont restés proches de leur père et ont contribué à perpétuer sa mémoire. Arthur est passionné par la musique et a créé un studio dans le Lot. Pierre a organisé une exposition en hommage à son père à la médiathèque José-Cabanis de Toulouse en 2014.

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Un artiste aux multiples facettes

Tout au long de sa carrière, Nino Ferrer a exploré différents styles musicaux, allant du jazz au rock en passant par la chanson française. Il a également cultivé d'autres passions, telles que la peinture et l'écriture.

Il a illustré ses derniers disques de certaines de ses toiles, dans la composition desquelles il est nettement inspiré par Breughel, Bosch, Odilon Redon.

Les dernières années et le décès tragique

Malgré son talent et son succès, Nino Ferrer est en proie à des doutes et à un mal-être profond. Il se sent malmené par le showbiz et a du mal à accepter son statut de chanteur décalé.

En août 1998, quelques jours avant son 64e anniversaire, Nino Ferrer se donne la mort d'un coup de fusil dans le cœur, près de sa maison du Quercy. Il laisse plusieurs lettres pour ses proches.

Sa mère, décédée peu de temps auparavant, a eu une influence sur son geste. Nino s’est senti responsable de la mort de sa mère. Il avait fait faire des travaux, juste à côté de la maison et avait voulu les montrer à sa maman. Elle est tombée et, à partir de cette chute, tout s’est enchaîné, elle n’a pas survécu. Nino s’est senti coupable. Il ne s’en est pas remis.

L'héritage musical de Nino Ferrer

Nino Ferrer laisse derrière lui un riche héritage musical, composé de chansons originales et poétiques, qui continuent de toucher le public. Ses tubes, tels que "Mirza", "Les cornichons", "Le Téléfon", "La Maison près de la fontaine" et "Le Sud", sont devenus des classiques de la chanson française.

Son œuvre est marquée par une grande diversité de styles et de thèmes, allant de l'humour à la mélancolie, en passant par la critique sociale.

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