Introduction
La nidation embryonnaire, étape cruciale de la gestation chez la truie, est particulièrement sensible aux facteurs de stress. La gestion des truies en élevage, notamment pendant la période post-sevrage et d'insémination, peut influencer significativement le succès de cette nidation. Cet article explore les différentes stratégies de conduite d'élevage et leur impact potentiel sur le bien-être des truies et la réussite de la gestation.
Stratégies de Conduite Post-Sevrage et Insémination
Les éleveurs adoptent diverses stratégies pour gérer les truies après le sevrage, chacune ayant ses avantages et ses contraintes. Une enquête menée auprès de 38 élevages a permis d'identifier trois approches principales :
- Truies bloquées au sevrage jusqu'à la fin des inséminations (IA) : Cette stratégie consiste à maintenir les truies en contention depuis le sevrage jusqu'à la fin de la période d'insémination.
- Truies libérées dès le sevrage : Les truies sont relâchées en groupe immédiatement après le sevrage.
- Truies libérées au sevrage, bloquées pendant les IA, puis à nouveau libérées juste après : Cette approche combine les deux précédentes, avec une période de contention pendant les IA suivie d'une libération en groupe.
Le choix de la stratégie est largement influencé par le mode de logement des truies.
Influence du Mode de Logement
Le type de logement joue un rôle déterminant dans la manière dont les éleveurs gèrent leurs truies pendant cette période critique.
Réfectoires Courettes
Dans les systèmes de réfectoires courettes, les truies sont généralement en liberté dès le sevrage. Elles sont bloquées ponctuellement pour les interventions de l'éleveur, telles que les IA ou les échographies, pour une durée allant de 24 heures à plusieurs jours. Cette approche permet de limiter la compétition à l'auge et de faciliter les interventions individuelles.
Lire aussi: Nidation : les symptômes à surveiller
Un avantage des réfectoires courettes est la possibilité de bloquer les truies lorsqu'elles nécessitent une intervention de la part de l'éleveur (IA, échographies, …) et de limiter la compétition à l’auge. Plus globalement, il n’est souvent pas possible d’individualiser la ration, sauf si les truies sont bloquées lors du repas et qu’un surplus d’aliment est ajouté à la main.
Dans certains cas, les truies peuvent être bloquées du sevrage à la fin des IA, mais transférées plus tôt en salle de gestation.
Logements avec Distributeurs Automatiques de Concentrés (DAC)
Dans le cadre d'une conduite avec DAC, les truies sont envoyées en verraterie standard après le sevrage. Elles sont bloquées jusqu'à environ trois jours après les dernières inséminations, puis rapidement logées en groupe dans la salle de gestation. Les éleveurs optent pour cette conduite afin de réduire la contention tout en assurant l'intégrité physique des truies pendant les chaleurs.
Impact de la Libération Précoce sur les Chaleurs et la Hiérarchie
Les éleveurs qui choisissent de libérer les truies dès le sevrage rapportent des venues en chaleurs plus rapides, attribuées à une stimulation accrue lors de la mise en groupe. Cela leur permet également d'établir la hiérarchie du groupe avant la période de reproduction, ce qui peut conduire à des truies plus calmes en salles de gestation si les groupes restent inchangés. Cela leur permet aussi de mettre en place la hiérarchie du groupe avant la période de reproduction et, si les groupes restent inchangés en gestante, d’avoir des truies plus calmes en salles de gestation.
Stress et Nidation : Le Délai Crucial
Pour minimiser le stress pendant les phases critiques liées à la nidation des embryons, il est recommandé de libérer les truies moins de trois jours après l'IA. Que les truies soient en groupe dynamique ou statique, il y a des risques d’agressivité car elles ne se connaissent pas ou peu et la hiérarchie n’est pas établie au moment du transfert.
Lire aussi: Distinction entre saignements de nidation et règles
Gestion de l'Agressivité lors de la Libération
Peu importe le logement et le moment où a lieu la mise en groupe, la libération des truies reste un moment crucial pour réussir cette conduite. La libération des truies reste un moment crucial pour réussir cette conduite. Les règles d'allotement utilisées par les éleveurs en verraterie liberté sont globalement les mêmes que celles utilisées pour une libération 28 jours après IA. Les éleveurs reconnaissent la nécessité d’accepter que des interactions agressives aient lieu pour la mise en place de la hiérarchie, tout en intervenant en cas de blessure : « il ne faut pas vouloir empêcher l’agressivité au début, il faut accepter que la hiérarchie se mette en place », précise l’un d’entre eux.
Les éleveurs sont conscients de la nécessité d'accepter un certain niveau d'agressivité pour permettre l'établissement de la hiérarchie, tout en intervenant en cas de blessure.
Verraterie Liberté et Choix de la Litière
La verraterie liberté n'impose ni ne s'oppose à la conduite sur litière. Cependant, les éleveurs qui ont opté pour la paille décrivent des truies moins agressives, car occupées à fouir. Une attention particulière doit être portée sur le choix des abreuvoirs, afin de limiter l'humidité et le salissement accéléré de la paille. Les verrateries sur caillebotis sont choisies notamment pour le bon niveau de propreté des truies. Mais en cas d'humidité, ce type de sol devient facilement glissant.
Lire aussi: Tout savoir sur la FIV et la Nidation
tags: #nidation #embryon #truie #définition