Cet article explore l'histoire de la maternité à Pontarlier, son évolution à travers les siècles, et les enjeux contemporains liés à la naissance dans cette région.
Introduction
La maternité est un moment crucial dans la vie des familles et une composante essentielle de la santé publique. À Pontarlier, comme ailleurs, l'histoire de la naissance est riche et complexe, marquée par des évolutions significatives dans les pratiques médicales, les infrastructures hospitalières, et les politiques de santé. Cet article se penche sur cette histoire, en mettant en lumière les défis actuels et les perspectives d'avenir pour les femmes et les familles de la région.
Les Origines Hospitalières à Pontarlier
Pontarlier, relais-étape historique entre l'abbaye de Saint-Bénigne de Dijon et celle de Saint-Maurice d'Agaune, a probablement été dotée d'une chapelle et d'un hôpital dès le XIIe siècle, bien que la première mention écrite date de 1189. Cet hôpital primitif, fondé par les sires de Joux, se situait au faubourg Saint-Pierre, près de l'ancienne chapelle Saint-Pierre, entre les routes menant à Salins et Besançon.
En attendant la reconstruction d'un bâtiment plus modeste après un incendie, les malades étaient hébergés dans la chapelle. Un nouvel incendie en 1656 ravagea tout, entraînant la reconstruction d'une salle pour les malades et les passants, avec les Ursulines prenant en charge les soins.
L'Évolution des Infrastructures Hospitalières
En 1678, la Franche-Comté devint française. L'hôpital existant étant trop petit, il fut décidé en 1684 de construire un nouvel hôpital au faubourg Saint-Étienne. En 1685, les autorités municipales achetèrent la maison de Louis Tavernier à cet effet. Le nouvel hôpital, sous la protection de Saint Joseph, fut achevé en 1700 selon les plans de l'architecte Jean Richard. Cependant, cet hôpital fut à son tour détruit par l'incendie de 1736.
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Reconstruit en 1740 selon les plans de l'ingénieur Querret, l'hôpital fut agrandi en 1756 et 1769. En 1854, un étage supplémentaire fut ajouté selon les plans de l'architecte Girod. En 1892, un orphelinat et un asile pour vieillards furent adjoints grâce au mécénat des frères Cretin. Au XXe siècle, l'établissement fut transformé et agrandi, avec l'inauguration de la première maternité en février 1935.
Le Rôle des Religieuses et du Personnel Hospitalier
Au XVIIe siècle, le service hospitalier était assuré par des religieuses Ursulines assistées d'un hospitalier. En 1700, deux religieuses hospitalières de l'ordre des Filles de Notre-Dame des Sept Douleurs de l'hôpital Saint-Jacques de Besançon furent détachées pour assurer le service. Au début du XVIIIe siècle, l'hôpital pouvait soigner une douzaine de malades dans une salle commune, avec des lits séparés par des rideaux.
En 1790, les hospitalières de Besançon durent quitter l'habit religieux, une mesure exécutée en 1792. Expulsées en 1793, elles furent remplacées par des infirmières improvisées, avant d'être rappelées en 1795. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, elles ont été progressivement remplacées par du personnel civil.
Les Chapelles de l'Hôpital
L'hôpital de Pontarlier possède deux chapelles dédiées à Saint Joseph. La plus récente, construite en 1897, présente un décor orientaliste avec des colonnes à chapiteaux décorés, des vitraux à motifs de feuillages, et une voûte céleste. La chapelle du XVIIIe siècle, plus petite, conserve un retable avec un tableau de la Sainte Famille et des statues en bois polychromé représentant le Christ aux outrages et la Vierge de déploration.
La Pharmacie Hospitalière
La Révolution française a organisé la pharmacie et sa pratique, remplaçant le terme d'apothicaire par celui de pharmacien. Dans les hôpitaux, les religieuses tenaient l'apothicairerie, utilisant des remèdes à base de plantes et d'animaux. La chevrette, symbole de la profession, servait à conserver les sirops et les huiles. L'apothicairerie conservait les ingrédients nécessaires à la fabrication des onguents et élixirs dans des tiroirs-coffres en faïence.
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Tendances Démographiques et Naissances en Bourgogne-Franche-Comté
En 2017, environ 27 600 enfants sont nés en Bourgogne-Franche-Comté. Les femmes accouchent principalement dans les pôles urbains. Si les tendances démographiques actuelles se poursuivent, les naissances pourraient diminuer pour atteindre 27 000 en 2030. Cependant, un scénario de fécondité haute pourrait voir ce nombre augmenter à 29 000 en 2030, grâce à une population féminine plus nombreuse en âge d'avoir des enfants.
Les établissements de maternité emploient en moyenne 909 équivalents temps plein et prennent en charge environ 3 700 nouveaux-nés par an, y compris les grands prématurés. La région compte 17 bassins de maternité.
Accessibilité aux Maternités
En moyenne, les femmes accèdent à la maternité la plus proche en moins de 20 minutes. Cependant, des disparités existent, notamment dans les couronnes des agglomérations et les zones rurales comme Maîche ou Morez, où le temps d'accès peut dépasser une heure. Ces disparités affectent particulièrement les femmes en âge d'avoir des enfants.
Les habitantes des communes constituant un bassin de maternité donnent naissance à environ 4 700 bébés par an, tandis que 1 600 enfants naissent de femmes résidant dans un autre bassin. Certaines maternités, comme celle de Dole, attirent plus de 1 300 bébés de femmes hors de leur zone.
Évolution des Naissances par Bassin de Maternité
Les projections démographiques indiquent une évolution variable des naissances par bassin de maternité jusqu'en 2030. Certains bassins, comme Le Creusot-Montceau et Chalon-sur-Saône, pourraient voir une augmentation des naissances. D'autres, comme ceux autour d'Autun, pourraient connaître une diminution. Les maternités de Dijon et Besançon pourraient enregistrer une augmentation significative des accouchements.
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Offre de Soins et Risques
L'offre de soins est adaptée en fonction du risque encouru par la mère et/ou l'enfant. Les taux de fécondité varient selon les scénarios démographiques, influençant le nombre de naissances dans la région.
Témoignages et Anecdotes
En janvier 2023, le premier bébé né à la maternité de Pontarlier était un petit garçon prénommé Nathan. D'autres naissances marquantes ont eu lieu à Pontarlier, comme celle de Jennah, le premier bébé de Franche-Comté en 2020. Des histoires d'accouchements rapides, comme celui d'Hugo en 10 minutes, témoignent également de l'imprévisibilité de la naissance.
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La Quête des Origines : Les Enfants Nés Sous X
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