Le terme « tiers-monde », aujourd'hui entré dans le vocabulaire courant pour désigner l'ensemble des pays pauvres (à l'exclusion de tout élément de l'ancien bloc soviétique), s'est banalisé sous forme d'une image aux contours flous. Il s'accompagne de diverses notions telles que « pays sous-développés », « pays en voie de développement », ou « pays du Sud », souvent considérées comme synonymes. Cependant, il n'existe jamais de synonymie parfaite, et ces équivalences approximatives peuvent gêner la réflexion et envenimer des débats souvent passionnés. Cet article vise à explorer la genèse de ce concept, son évolution, et les enjeux qui y sont liés.
L'Origine du Terme : Alfred Sauvy et la Comparaison avec le Tiers État
L'expression « tiers-monde » a été créée par le démographe français Alfred Sauvy dans un article publié le 14 août 1952 par l'hebdomadaire L'Observateur (ancêtre du Nouvel Observateur). L'article, intitulé « Trois mondes, une planète », se concluait par une phrase qui allait marquer l'histoire : selon Alfred Sauvy, ce troisième monde a des caractères spécifiques, notamment sa croissance démographique galopante. Sauvy s'inspirait du tiers état de l'Ancien Régime, soulignant une position de marginalité, mais aussi une volonté d'affirmation. Sauvy écrit d’ailleurs : « ce tiers monde ignoré, exploité, méprisé comme le tiers état, veut lui aussi être quelque chose ».
Les Prémices du Concept : Truman et Rostow
Le thème du « sous-développement » était apparu dans un discours du président américain Harry Truman, prononcé en 1949, au début de la guerre froide. Parmi les quatre points de la politique nord-américaine à l'égard du communisme, le dernier précisait que les États-Unis apporteraient leur aide financière, économique et militaire à tout État menacé par la subversion communiste. Le terme de « sous-développement » postulait l'existence d'un développement et d'un seul, ce que l'économiste américain Walt Whitman Rostow devait théoriser dans les Étapes de la croissance économique (1960). Pour Rostow, le nombre important des pays pauvres s'expliquait par leur retard dans un processus mondial de développement dont les États-Unis ouvraient la voie, l'aboutissement étant une société d'abondance, politiquement et économiquement libérale.
Les Causes du Sous-Développement selon les Américains
Les Nord-Américains ne négligeaient pas les causes politiques du sous-développement. Pour eux, la colonisation, qui avait nui à l'investissement et à l'évolution sociale, constituait le principal facteur du retard en matière de développement ; ils pensaient que le protectionnisme des métropoles avait exclu les colonies de l'évolution économique mondiale. Anticommunistes, les Américains étaient aussi anticolonialistes, au risque de provoquer le mécontentement de leurs alliés européens, alors trop dépendants pour regimber fortement. Somme toute, leur position était comparable à celle des Anglais à la fin du XIXe siècle : Londres était défavorable à une colonisation politique de l'Afrique et ne s'y risqua que contrainte et forcée par l'impérialisme de puissances comme l'Allemagne et la France.
La Notion de Tiers-Monde : Une Perturbation de la Logique Bipolaire
La notion de tiers-monde est venue perturber cette logique en affirmant que le problème du sous-développement recouvrait des dimensions politiques plus complexes : le tiers-monde, comme en 1789 le tiers état, n'était pas seulement pauvre, mais différent. Mais l'approche d’Alfred Sauvy, combinant aspects politiques, économiques, sociaux et culturels, a souvent été détournée dans un sens plus strictement politique et idéologique, avec notamment une assimilation entre « pays du tiers-monde » et « pays non alignés », puis par la déviance progressive de cette dernière notion.
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L'Émergence du Non-Alignement
À l'origine, le vocable «pays non alignés», qui avait un sens politique, devait s'appliquer à tous les pays qui ne se rattachaient ni au bloc atlantique ni au bloc soviétique, à l'image de la Yougoslavie (qui avait rompu en 1948 avec l'URSS), voire, quelques années plus tard, de la Chine. Mais il pouvait prendre aussi un sens culturel. En effet, seule la différence culturelle peut expliquer que le Japon ait siégé à la conférence afro-asiatique de Bandung (1955) : il n'était déjà plus un pays pauvre et se trouvait politiquement lié aux États-Unis. Le bloc des non-alignés (non-alignement), dont le premier « sommet » s’est tenu en 1961, réunissait des pays dont les options économiques et sociales étaient très différentes, mais qui tous, à des degrés divers, misaient sur un jeu de bascule entre les deux blocs, tâchant d'en retirer le plus grand profit.
L'Influence de Cuba et de la Chine
La victoire de Fidel Castro à Cuba - et son alliance avec l'URSS - modifie les données en introduisant l'Amérique latine, ensemble sous-développé, dans le concert des nations non alignées ; Cuba était pourtant un pays éminemment « aligné » sur l'URSS. L'entrée officielle de la Chine dans le débat est tardive. C'est en 1973 seulement que Mao Zedong affirme que la Chine appartient au tiers-monde. Puis, en 1977, après sa mort, les Chinois élaborent la doctrine des « trois mondes » : le premier constitué par les deux puissances hégémoniques (États-Unis et URSS), le deuxième regroupant les pays riches soumis à l'hégémonie américaine mais à même de l'ébranler (Europe de l'Ouest, Canada, Australie…), le troisième rassemblant les autres États de la planète. Entretemps, le modèle chinois a déjà influencé des pays du tiers-monde, séduits par les idéaux d'égalité et de bien-être qui paraissaient l'animer.
La Vision Soviétique du Sous-Développement
Pour l'Union soviétique, l'impérialisme, instrument politique du capitalisme, est la seule cause du sous-développement ; c’est pourquoi l’URSS ne se donne pas pour mission d'apporter une aide économique, mais opte pour un appui politique et militaire. Les effets pernicieux du système capitaliste sont ainsi dénoncés comme étant responsables du sous-développement. Le capitalisme aurait en effet fondé sa prospérité sur l'exploitation des pays du tiers-monde et sur le rapport d'échange inégal entre matières premières et produits industriels ; de plus, l'introduction de rapports de production marchands aurait pour conséquence de déstructurer les sociétés et les économies du tiers-monde, provoquant un accroissement des inégalités et, in fine, les conditions du sous-développement. Le tiers-mondisme développe une critique globale du monde développé.
Les Limites du Concept et les Divergences Internes
Les bouleversements politiques et économiques de la fin du XXe siècle ont profondément modifié la réflexion sur le tiers-monde. Certains pays (principalement asiatiques, notamment les « Dragons ») paraissent avoir « décollé » en se tournant résolument vers le développement industriel destiné à l'exportation sur le marché mondial, tandis que d’autres s’enfoncent dans la misère et le désordre politique ; l'unité du tiers-monde ne se situe donc plus dans le seul indicateur de pauvreté, et la concurrence économique ne peut qu'exacerber les divisions.
Dans les années 1960, le géographe Yves Lacoste a dressé une liste de 14 critères qui avaient pour objectif plus de repérer que de définir les pays sous-développés. L'Amérique latine se distingue par un très fort taux d'urbanisation, des PNB par habitant et des niveaux de consommation d'énergie relativement élevés, une croissance démographique encore forte mais dont la décrue est amorcée. À l'inverse, l'Afrique se situe aux niveaux les plus bas pour tous les indices de bien-être et de développement économique, et sa croissance démographique se maintient, voire s'accentue, en dépit de l'exode rural. Ces contrastes significatifs au sein d’un même groupe (les pays du tiers-monde) incitent à s'interroger sur la pertinence de certains indicateurs. Comment, par exemple, rendre compte officiellement et statistiquement de l'activité du secteur informel, qui, par définition, fonctionne en marge des règlements ? Comment évaluer précisément la réalité des niveaux de vie dans des pays où beaucoup de biens et services sont payés aux prix, généralement très bas, de marchés intérieurs peu ouverts ?
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Les indices sociaux ne sont pas forcément plus pertinents. La disparité des indices témoigne, entre autres, des disparités dans la répartition et l'ampleur du peuplement, dans les types de structures économiques et sociales. Elle différencie le style de sous-développement davantage parfois que les inégalités de niveau de développement. Poursuivant sa réflexion sur l'unité et la diversité du tiers-monde, Yves Lacoste en est venu, vers la fin des années 1970, à considérer qu'un critère commun et presque unique unissait ses constituants : l'ampleur de la croissance démographique (toujours supérieure à 2 % par an, alors qu'elle reste sensiblement inférieure à ce seuil dans le reste du monde).
La Question Démographique et les Facteurs Écologiques
La croissance démographique du monde européen au XIXe siècle résultait, en revanche, d'une évolution endogène de la société dans sa production, ses techniques médicales et sa pratique de l'hygiène. La pertinence de l'indicateur et du facteur démographiques paraît aujourd'hui de plus en plus incertaine. Certes, une carte du taux de croissance démographique dans le monde montre une extrême différence entre les pays industriels et les pays du tiers-monde. Un indice beaucoup plus fin, le taux de mortalité infantile, traduit le même type de disparité entre les trois continents. La relation entre sous-développement et croissance démographique, entre prospérité, limitation des naissances et vieillissement, serait-elle beaucoup moins générale qu'on a bien voulu le penser ?
On est ainsi aujourd'hui conduit à s'interroger sur d'autres dimensions de la notion de tiers-monde. Les progrès des techniques de production et de l'organisation des rapports sociaux sont-ils liés de telle façon que le développement suppose une réduction des civilisations à un dénominateur commun ? On ne peut, par crainte du déterminisme physique, passer totalement sous silence le fait que les pays du tiers-monde se situent pratiquement tous dans la zone intertropicale ou dans des zones arides, tandis que les pays industriels développés sont localisés dans des zones de climats océaniques ou continentaux, à moyenne ou haute latitude. Si cela ne signifie pas que leur milieu écologique confère irrémédiablement la pauvreté aux pays tropicaux, il est plus que probable que leur développement agricole suppose des techniques spécifiques que les pays industriels n'avaient pas de motif pressant de rechercher. Les agricultures pluviales des pays tropicaux font appel à des techniques particulières que la prééminence économique et technique des pays tempérés a fait négliger.
La Pluralité des Modèles de Développement
L'évolution de nombreux pays asiatiques, en premier lieu le Japon, montre que la croissance économique et le développement ne sont pas réservés aux pays européens ou d'Amérique du Nord de tradition judéo-chrétienne ; de plus, il n'est pas certain que leur prospérité matérielle débouche sur la constitution de sociétés construites sur le modèle occidental. L'Amérique latine, la plus métissée des grandes régions du tiers-monde, la plus proche des pays riches quant à l'origine du peuplement (langues, usages sociaux, religions…), recherche aujourd'hui au moins autant sa voie dans le retour à ses spécificités, dans son passé précolombien, que dans l'utopie révolutionnaire importée qui lui permettait de se dresser contre les États-Unis.
En Afrique, des intellectuels se posent aujourd'hui la question de l'utilité même du développement, tant ce continent semble avoir de difficultés à mettre en place des encadrements qui correspondent aux capacités techniques de ses habitants, tant il vit difficilement le passage de sociétés fondées sur la parenté et l'alliance à des entités nationales s'appuyant sur un contrat social. C'est peut-être sous cet angle particulier qu'il faut envisager le retard de l'Afrique. Le continent ne souffre d'aucune « malédiction écologique » : ni les sols ni les climats n'y sont globalement plus hostiles qu'ailleurs. À ceux qui pensent que la colonisation doit être mise en cause, on peut rétorquer que l'Éthiopie, qui l'a pratiquement ignorée, est le pays le plus pauvre de l'Afrique sub-saharienne. La proximité de l'Europe, qui devrait être un atout, s'affirme, au contraire, comme un handicap : entre la copie des modèles européens, l'attente de solutions extérieures, et leur détournement au nom de l'authenticité africaine, la juste mesure reste pour l'heure introuvable.
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La Domination Financière et les Enjeux Culturels
Ce débat concernant les différents critères à prendre en compte pour décrire le plus précisément possible une situation de sous-développement ne peut occulter la réalité de la domination des puissances financières dans le monde contemporain. Si la croissance démographique aggrave la pauvreté, elle n'en est pas la cause unique ; celle-ci est bien aujourd'hui dans la recherche du profit à l'échelle mondiale, dont, fût-ce à un moindre degré, pâtissent même les pays industrialisés, victimes des délocalisations vers des pays où la main-d'œuvre est moins chère. L'affirmation de la pluralité des cultures, d'autre part, qui peut être extraordinairement féconde, est aussi des plus périlleuses si elle débouche sur des oppositions de civilisations dans un univers où de nouveaux pays riches pourraient manipuler, au nom d'idéologies exacerbées, des masses enfoncées dans la pauvreté.
Les Conférences de Bandung et de Belgrade : Affirmer l'Existence Politique du Tiers-Monde
La conférence de Bandung en 1955 affirme pour la première fois l’existence politique du tiers-monde. Des leaders charismatiques, comme Nehru et Nasser, revendiquent le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ils posent les bases du non-alignement sur les deux blocs. En septembre 1961, sous l’égide de Tito, le mouvement des non-alignés rejette toute alliance avec les blocs. Il revendique un droit de regard sur le cours des matières premières. Mais les espoirs suscités chez les peuples colonisés par l’indépendance n’ont guère été comblés. La conférence de Bandung (Indonésie), en 1955, impulse la création du tiers monde.
L’objectif affiché durant la conférence de Bandung est de soutenir les territoires encore sous contrôle d’une métropole, condamnant ainsi la colonisation et toute forme d’impérialisme. Les Etats présents soutiennent également la non-ingérence, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et développent un discours pacifiste. Ceci est à l’origine de nouvelles phases de décolonisation. Parmi les représentants les plus illustres, on retrouve Nasser (Egypte), Nehru (Inde) ou encore Zhou Enlai (Chine). En 1956, à l’instigation de Tito, la conférence de Brioni (en Yougoslavie) prépare d’ailleurs la conférence de Belgrade, tenue en 1961, qui initiera le mouvement des non-alignés. Mais face aux deux superpuissances, ces Etats affichent une neutralité de façade, beaucoup d’entre eux étant proches soit des Etats-Unis soit de l’URSS.Pourtant, au sein même de ce tiers monde, uni dans la pauvreté et la marginalisation, peuvent se distinguer diverses fractures. Les pays d’Amérique latine, émancipés depuis le début du XIX° siècle, ne participent pas à la conférence de Bandung et sont dans des situations bien moins précaires. Ils connaissent même un début d’industrialisation, à l’inverse de la majorité des pays d’Afrique et d’Asie, ancrés dans des sociétés traditionnelles. Le PIB par habitant pouvait varier de un à trente au sein de cet ensemble. Des clivages religieux, idéologiques et culturels existent au sein de cet ensemble hétérogène qu’est le tiers monde.
Nasser et l'Égypte : Figure d'Opposition au Monde Occidental
Pour comprendre au mieux ce mouvement, il convient de s’arrêter quelques instants sur le Président égyptien Nasser, véritable figure d’opposition au monde occidental. Né en 1918, Gamal Abdel Nasser, issu d’une famille modeste, fait ses débuts à l’école militaire dans le but de devenir officier. Il participe à la guerre israélo-arabe de 1948 et développe rapidement une conscience nationaliste. Il s’investit vite en politique et fonde à ce titre le Mouvement des officiers libres avec lequel il renversera par la suite le gouvernement monarchique du roi Farouk en 1952. En 1956, après des tensions avec les puissances occidentales, Nasser décide de nationaliser la compagnie du canal de Suez. Très vite, le Royaume-Uni et la France mènent une opération commune pour en reprendre le contrôle, mais sont peu de temps après contraints de se retirer suite à la pression des deux grands. Cette victoire diplomatique égyptienne a fortement renforcé la figure de Nasser aux yeux du tiers-monde. Par la suite, il milite farouchement pour l’unité du monde arabe (panarabisme) et crée dès 1958 la République arabe unie avec la Syrie. Le nassérisme (mélange de panarabisme et d’anti-occidentalisme) s’impose alors comme une idéologie de plus en plus influente dans la région.
Les Défis Politiques, Économiques et Sociaux
Sur le plan politique, ces nouveaux États doivent construire des institutions stables et légitimes. Nombre d'entre eux connaissent des régimes autoritaires et des coups d'État, souvent favorisés par des rivalités internes ou par des ingérences extérieures. Les États-Unis et l'URSS soutiennent des régimes alignés sur leur modèle idéologique. Économiquement, les pays du tiers-monde cherchent à se développer en rompant avec le modèle colonial fondé sur l'exportation de matières premières. Des stratégies de développement sont mises en place, comme l'industrialisation par substitution aux importations, appliquée notamment au Brésil et en Inde. Cependant, les résultats sont mitigés en raison du manque d'investissements, d'infrastructures insuffisantes et d'une dépendance persistante. Socialement, l'accès à l'éducation et aux soins de santé reste limité, tandis que les inégalités sociales et la pauvreté demeurent des défis majeurs. La croissance démographique rapide et l'urbanisation engendrent également de nouveaux problèmes, notamment en matière de logement et d'accès aux services de base.
La Décolonisation : Un Processus Complexe et Multiforme
La colonisation symbolise la domination d’un pays par une puissance étrangère, et la décolonisation est le fait d’acquérir l’indépendance politique vis-à-vis de la métropole. Les indépendances ont lieu après le second conflit mondial. La Seconde Guerre mondiale fut un accélérateur de la décolonisation. Les puissances coloniales ont perdu de leur prestige, notamment la France, à la suite à sa défaite contre l’Allemagne, et surtout, elle a collaboré avec l’ennemi. Les élites éduquées en Occident s’aperçoivent du fossé entre la théorie de la colonisation (prétendue mission civilisatrice) et sa réalité (qui est celle de l’exploitation le plus souvent). Des leaders charismatiques apparaissent, comme Bourguiba en Tunisie ou Léopold Sédar Senghor au Sénégal. Les États-Unis sont à l’origine de la Charte de l’Atlantique qui affirmait le droit des peuples à choisir leur gouvernement. En outre, le système colonial limitait leur accès aux matières premières et aux marchés coloniaux. Certains milieux politiques (le parti communiste) dénoncent l’exploitation et la misère des colonisés.
Un des premiers pays qui obtient son indépendance est l’Inde en 1947. En juin 1948, le gouvernement accorde l’indépendance du Vietnam. Les nationalistes continuent la lutte, soutenus par les communistes chinois et l’Union soviétique. En mai 1954, la France subit une défaite importante à Diên Biên Phu. Pierre Mendès-France signe les accords de Genève le 21 juillet 1954 : le Vietnam devient indépendant, tout comme le Laos et le Cambodge. Mais ces pays sont provisoirement coupés en deux : le Nord aux nationalistes soutenus par les communistes, et le Sud à ceux soutenus par les États-Unis. En Tunisie, les revendications sont menées par le parti de Bourguiba : le Néo Destour. Au Maroc, le sultan Mohammed Ben Youssef soutient le parti de l’indépendance : l’Istiqlal. En Algérie, l’indépendance voulue par les Algériens se heurte au refus des pieds-noirs. De Gaulle se révèle être l’homme providentiel de la question algérienne. Les colonies anglophones : l’exemple du Ghana, dès 1945, Nkrumah s’inspire de Gandhi et refuse tout recours à la violence.
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