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Nadia El Bouroumi : Parcours atypique et controverse d'une avocate

Nadia El Bouroumi est une figure marquante du paysage juridique français, connue pour son parcours personnel hors du commun et son approche parfois controversée de la profession d'avocat. Son histoire est celle d'une femme qui a surmonté de nombreux obstacles pour atteindre ses objectifs, mais aussi celle d'une personnalité qui divise, suscitant autant l'admiration que la critique.

Un parcours de vie marqué par l'adversité

Nadia El Bouroumi est née dans le quartier Bourbaki à Toulouse, au sein d'une famille nombreuse, étant la neuvième d'une fratrie de dix enfants. Son enfance est marquée par le sport. Cependant, son parcours scolaire est interrompu à l'âge de 17 ans en raison d'un mariage arrangé. Elle relate sur Instagram : « Je suis une femme née au quartier Bourbaki à Toulouse. J’ai dû stopper mes études à 17 ans du fait d’un mariage arrangé ».

Mariée de force à 16 ans à un homme qui la bat pendant quatre années, elle décide de fuir avec sa fille et s’installe à Orange. Vendeuse la journée, Nadia El Bouroumi fait aussi les vendanges. Elle ne s'en contente pas longtemps. Elle rencontre au Pontet, celui qui sera bientôt son second mari deviendra son mentor. Alors qu'elle a 26 ans et deux enfants, son partenaire meurt d'un cancer. Il lui a fait promettre de ne jamais renoncer. Depuis ce jour, Nadia El Bouroumi tient parole. Tout en travaillant de nuit sur informatique, la jeune Toulousaine entre à l'école d'avocat de Montpellier. Le week-end, elle coiffe à domicile et achète même son salon. Mais son destin se fige enfin le 18 décembre 2008. J'ai sacrifié ma famille et ma vie privée. 2008. Nadia a 29 ans, c'est aussi l'année où elle s'essaie en politique. Elle est élue conseillère municipale d'opposition à Avignon sur la liste du Parti Socialiste. Moi, je veux être députée ! Je ne sais pas si je pourrais m'investir autant dans la politique.

Son second mari la pousse à reprendre ses études. Mais son compagnon décède subitement d’un cancer. Nadia n’a alors que 26 ans. Il lui avait fait promettre de ne jamais renoncer, elle a tenu parole. Elle entre à l’école d’avocat et décroche son diplôme en deux ans, tout en travaillant de nuit. Le week-end, elle coiffe à domicile et finit par acheter un salon de coiffure.

Elle est élue conseillère municipale d'opposition à Avignon sur la liste du Parti Socialiste.

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Une carrière d'avocate sous les projecteurs

Après avoir obtenu son diplôme d'avocate, Nadia El Bouroumi exerce sa profession avec une énergie et une détermination qui ne passent pas inaperçues. Elle fonde en 2020 son propre cabinet, PRAETEOM AVOCAT & ASSOCIES. Elle se spécialise dans le droit pénal et se fait rapidement connaître pour sa combativité et son franc-parler.

En 2023, Nadia El Bouroumi se lance dans l'écriture. Cette force créatrice exceptionnelle qui m’a transcendée tout au long de mon périple et qui est à l’origine de ma réussite, je me dois de la transmettre.

Elle acquiert une notoriété médiatique importante en défendant deux coaccusés lors du procès des viols de Mazan. Ce procès, qui a bouleversé l'opinion publique, a mis en lumière les méthodes de Nadia El Bouroumi, suscitant des réactions passionnées.

La polémique des réseaux sociaux

C'est surtout son utilisation des réseaux sociaux qui a valu à Nadia El Bouroumi de vives critiques. Pendant le procès des viols de Mazan, elle publie quotidiennement des stories sur son compte Instagram, commentant les audiences et donnant son point de vue sur l'affaire.

Ces publications, souvent perçues comme provocatrices et irrespectueuses envers la victime, Gisèle Pelicot, ont suscité l'indignation de nombreux internautes et de certains de ses confrères. L'une de ses vidéos, où elle danse sur la chanson "Wake me up before you go-go" au lendemain d'une audience tendue, a particulièrement choqué, étant interprétée comme une référence ironique à la soumission chimique subie par la victime.

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L’avocate pénaliste, qui défend deux accusés au procès des viols de Mazan, provoque la polémique depuis la publication sur les réseaux sociaux de ses vidéos relatant les audiences.

Elle a publié jusqu’à une vingtaine de stories sur Instagram, chose rare pour une avocate durant un procès. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le ton employé par celle-ci n’est pas à la retenue, se filmant à la sortie de l'audience, relatant les échanges parfois tendus qu'elle a eus avec Gisèle Pelicot, et poursuivant ses vidéos au volant de sa voiture.

« Je sors du procès Pelicot, pfiiiiou ! ». Depuis le début du médiatique procès des viols de Mazan, où 51 hommes sont accusés de viol sur une femme inconsciente, l’avocate de la défense Nadia El Bouroumi commente tous les soirs l’audience du jour en se filmant sur son compte Instagram. Un mode de communication vivement critiqué sur les réseaux sociaux et dans les rangs de la profession.

Au volant de sa voiture, généralement en chemin pour la salle de sport, l’avocate continue de donner ses impressions sur le déroulé du procès aux quelque 47 000 personnes qui la suivent sur Instagram, relatant notamment ses échanges parfois tendus avec Gisèle Pelicot. « Ça chauffe aux Assises ! », écrit Nadia El Bouroumi mercredi, alors que le ton est monté entre les avocats de la défense et la victime. « Elle s’est mise en colère. Moi, j’ai pris le micro en disant que c’était elle qui avait souhaité que ce soit public et que maintenant, il ne s’agissait pas de se plaindre », estime-t-elle.

Le lendemain, face à la vague de critiques qui inondent les réseaux sociaux, Nadia El Bouroumi publie sur Instagram une nouvelle vidéo dans laquelle on la voit se trémousser dans sa voiture sur l’air de la chanson Wake me up before you go-go (Réveille moi avant de partir, en anglais) du groupe Wham !. En légende : « A tous les extrémistes de la pensée qui essaient de me museler ! For you ! » Un choix qui interroge, au cœur d’un procès où la plaignante a été, des aveux même de son mari, victime de soumission chimique.

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Sur les réseaux sociaux, plusieurs avocats et observateurs du monde judiciaire ont reproché à Nadia El Bouroumi ses sorties quotidiennes. « Vous impactez l’ensemble de l’image de la profession par vos publications », s’indigne un confrère en commentaire de l’un de ses posts Instagram.

Une sanction disciplinaire et une défense acharnée

En décembre 2025, le Conseil régional de discipline (CRD) de la cour d'appel de Nîmes condamne Nadia El Bouroumi à quatre mois d'interdiction d'exercer, dont deux avec sursis, en raison de la vidéo postée sur Instagram pendant le procès des viols de Mazan. Le bâtonnier sortant de l’ordre des avocats d’Avignon, Maître Philippe Cano, avait engagé une procédure disciplinaire en décembre 2024 après la publication de deux vidéos polémiques. Il considérait que le serment d’exercer avec dignité, prêté par les avocats, avait "été piétiné".

La pénaliste Maître Nadia El Bouroumi au tribunal judiciaire d’Avignon./ Photo AlexandreDIMOUAvignonLa sanction est tombée jeudi 18 décembre, et l’avocate avignonnaise tempête. Le Conseil régional de discipline (CRD) de la cour d’appel de Nîmes a condamné Maître Nadia El Bouroumi à quatre mois d’interdiction d’exercer, dont deux avec sursis. En cause : la vidéo postée en story sur son compte Instagram en septembre 2024, en plein procès des viols de Mazan, sur laquelle on peut la voir, enjouée, chantonner sur Wake me up before you go-go ("Réveille-moi avant que tu partes" en français), vu comme une référence au sommeil forcé dans lequel était plongée Gisèle Pelicot, droguée à son insu par son ex-mari Dominique Pelicot, pour être violée par des hommes.

Nadia El Bouroumi conteste "avec la plus grande fermeté" cette décision, contre laquelle elle "entend interjeter appel", selon le communiqué. Elle était poursuivie devant le conseil de discipline par le bâtonnier du barreau d'Avignon, Me Philippe Cano, dont elle dépend, pour "manquements à la modération et à la délicatesse" dans l'exercice de sa profession.

Elle dénonce une atteinte à la liberté d'expression et annonce son intention de faire appel de cette décision. Son avocat, Maître Olivier Morice, annonce que l'appel a un effet suspensif, permettant à Nadia El Bouroumi de continuer à exercer tant que la décision n'est pas définitive.

"Je vais continuer à me battre. La liberté de parole doit être complète", s’exprime Maître Nadia El Bouroumi, jointe par téléphone jeudi 18 décembre.

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