L'âge moyen auquel les femmes ont leur premier enfant en France a connu une évolution notable au fil des décennies. Cette tendance, observée depuis la fin des années 1970, continue de se confirmer et suscite l'intérêt des démographes et des observateurs de la société française.
Une augmentation constante de l'âge à la première maternité
En 2023, l'âge moyen des femmes à la naissance de leur premier enfant en France s'établissait à 31 ans. Ce chiffre marque une augmentation significative par rapport à 2013, où il était de 30,2 ans, soit une augmentation de 0,8 an en une décennie. Si l'on remonte plus loin dans le temps, l'évolution est encore plus frappante. En 1974, les femmes avaient leur premier enfant en moyenne à 24 ans, ce qui représente un écart de plus de cinq ans en un demi-siècle. Cette progression constante de l'âge à la première maternité témoigne d'un changement profond dans les modes de vie et les priorités des femmes françaises.
Facteurs explicatifs de ce décalage
Plusieurs facteurs contribuent à expliquer ce décalage de l'âge à la première maternité. L'Insee avance plusieurs éléments pour expliquer ce décalage, citant qu'« une mise en couple s’inscrit de moins en moins dans la perspective de fonder une famille » ou encore une volonté d’attendre davantage avant d’avoir un premier enfant.
L'évolution des modes de vie et des priorités
L'évolution des modes de vie et des priorités des femmes joue un rôle essentiel dans ce phénomène. La participation croissante des femmes au marché du travail, l'allongement de la durée des études et l'importance accordée à l'épanouissement personnel et professionnel sont autant de facteurs qui incitent les femmes à reporter l'âge de leur première maternité.
Le contexte socio-économique et environnemental
Le contexte socio-économique et environnemental peut également influencer les décisions de fécondité. L'incertitude économique, les préoccupations liées au changement climatique et les difficultés à trouver un logement stable peuvent conduire les couples à reporter leur projet d'avoir un enfant.
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L'accès à la contraception
L'accès à la contraception a également joué un rôle important dans le recul de l'âge à la première maternité, en permettant aux femmes de mieux maîtriser leur fécondité.
Conséquences sur les maternités suivantes
Sans surprise, le report de l’arrivée du premier enfant a logiquement repoussé l’âge des maternités suivantes. En 2023, 34 % des naissances étaient des deuxièmes enfants, 14 % des troisièmes et 8 %, des quatrièmes ou plus. Les mères des cadets étaient, en moyenne, âgées de 31,6 ans, soit 0,6 an de plus qu’en 2013 et 4,8 ans de plus qu’en 1967. L’âge des mères accouchant de leur troisième enfant sort, quant à lui, de cette tendance. Plus marginalement, la hausse de l’âge à l’accouchement au second et au troisième enfant peut également s’expliquer par la légère augmentation de l’écart entre les naissances. En moyenne, 4,2 ans séparaient l’aîné de son cadet, contre 4,1 ans dix ans plus tôt, en 2013.
Évolution de la répartition des premières naissances
Autre conséquence de ce 1er enfant à l’arrivée plus tardive, l’âge auquel le nombre de premières naissances est le plus élevé s’est déplacé, voire dispersé. En 2023, les femmes avaient accouché de leur premier bébé le plus souvent à l’âge de 28 ans, contre 22 ans en 1967. « Les premières naissances sont ainsi nettement moins concentrées autour de ce pic d’âge que par le passé », analyse l’Insee. À titre de comparaison, les mères de 28 ans, bien que majoritaires, ne représentaient que 8 % des premières naissances en 2023. En 1967, les mères de 22 ans représentaient, elles, 11 % des premières naissances.
Une tendance européenne
Loin de faire figure d’exception, la France s’inscrit dans une dynamique européenne. Avec un âge moyen à la première maternité fixé à 29,8 ans en 2023 - contre 28,9 ans en 2013 - les femmes ont repoussé l’arrivée de leur premier enfant dans l’ensemble des pays de l’Union européenne (UE). D’importants contrastes sont toutefois observables entre les 27 États membres : dans les pays de l’Est et les États Baltes, les femmes deviennent mères jeunes, à l’inverse des pays du sud de l’Europe où la première maternité est plus tardive. En 2023, il était en moyenne de 29,8 ans parmi les vingt-sept Etats membres, avec d’importantes disparités d’un pays à l’autre. Dans les pays de l’est de l’UE et dans les pays baltes, les femmes ont tendance à avoir des enfants plus tôt (entre 26,9 ans et 28,9 ans), quand la première maternité est plus tardive, à plus de 31 ans, dans une partie du sud de l’Europe - notamment en Italie, où l’âge auquel les femmes ont leur premier enfant atteint 31,8 ans.
L'âge des pères
La démographie a une longue tradition d’analyser l’âge des femmes à la naissance de leurs enfants, tandis que l’âge des pères est moins souvent utilisé. La comparaison des deux fait apparaitre des différences d’âge dans les comportements de fécondité, fortement liées aux normes de conjugalité. En France en 2013, l’âge moyen (calculé à partir des taux de fécondité par âge) à la naissance des enfants était de 30,2 ans pour les femmes et de 33,1 ans pour les hommes, mais ces chiffres ont varié au cours du temps. À la fin des années 1940, ces âges étaient respectivement de 28,4 ans et 31,7 ans. L’âge moyen à la naissance des enfants avait baissé dans les années 1970 : il était de 26,5 ans pour les femmes et 29,5 ans pour les hommes. Les âges où la fécondité est la plus forte évoluent au fil des générations. L’écart d’âge se maintient entre pères et mères, comme entre conjoints L’écart d’âge moyen à la maternité et à la paternité est resté stable depuis 1946 : environ 3 ans.
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Nombre total d’enfants : une différence entre femmes et hommes
La dernière enquête Famille et logements réalisée en 2011, permet d’estimer la proportion de personnes qui, à l’âge de 50 ans, n’ont eu aucun enfant. C’est le cas de 13,5 % des femmes nées entre 1961 et 1965, et de 20,6 % des hommes de la même génération. Cette situation concerne plus souvent les femmes très diplômées, les hommes peu diplômés et les personnes n’ayant jamais vécu en couple. Les hommes moins diplômés étaient plus souvent exclus du marché du travail alors que pour les femmes, les plus diplômées étaient plus souvent sans conjoint. Cette tendance s’inverse pour les femmes pour les générations récentes. On peut donc s’attendre à ce qu’à l’avenir l’infécondité soit plus forte en bas de l’échelle sociale, aussi bien pour les hommes que pour les femmes.
Baisse de la natalité en France
La baisse des naissances s’accentue en France. Entre janvier et juin, le nombre de naissances en France a baissé de 2,4 % par rapport à la même période en 2023, a indiqué ce jeudi l’Insee. Un peu plus de 326 000 bébés ont vu le jour en France sur les six premiers mois de l’année, soit un recul de 2,4 %, selon les données provisoires de l’Institut national de la statistique.La baisse semestrielle est même de 3 %, si l’on tient compte du fait que 2024 est une année bissextile, précise l’Insee. Sur le seul mois de juin, le nombre de naissances a chuté de 7,9 % sur un an. Dans le détail, il baisse dans toutes les régions par rapport à juin 2023 : en France métropolitaine, ce repli s’étend de -2,6 % en Auvergne - Rhône-Alpes, à -14 % en Normandie. Dans les départements d’Outre-mer, il va de -11,9 % en Guadeloupe à -20,1 % en Guyane. Les femmes font des enfants de plus en plus tard. Depuis plus de deux ans, chaque mois, le nombre de naissances est inférieur à celui du même mois un an auparavant, détaille l’Insee. Si la tendance se poursuit, le nombre de naissances pourrait atteindre un nouveau plus bas annuel en 2024. En 2023, il est déjà passé sous la barre symbolique des 700 000 pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Au total, 678 000 nouveau-nés avaient été recensés, soit -6,6 % par rapport à l’année précédente. L’âge moyen des femmes à l’arrivée du premier enfant est désormais de 31 ans, contre 29 il y a quelques années.
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