La région de l’Asie et des îles du Pacifique est un espace contrasté, marqué par de fortes inégalités en termes de développement. Près de 60 % de la pauvreté mondiale se concentre dans cette zone, ce qui représente environ 2,75 milliards d’habitants vivant avec moins de 2 $ par jour. Certains pays connaissent une croissance économique rapide, tandis que d’autres restent plongés dans un sous-développement extrême. Malgré ces défis, l’Asie possède un potentiel considérable de développement et de prospérité.
La Problématique du Développement en Asie
La pauvreté en Asie est une réalité complexe. Selon les statistiques de la Banque mondiale, en tenant compte d'un seuil de pauvreté fixé à 2 $ par jour, environ 1,9 milliard de personnes, soit 60 % de la population asiatique, vivent dans la pauvreté. Si l'on abaisse le seuil à 1 $ par jour, près de 690 millions d’individus, soit 21,5 % de la population, se trouvent en situation de pauvreté extrême.
Les tendances globales de développement en Asie sont généralement positives. La plupart des pays ont enregistré une croissance d’environ 5 % en 2004, et une croissance globale de 6,9 % était attendue pour 2007. Cependant, des disparités importantes existent entre les sous-régions. L’Asie de l’Est et du Sud-Est affichent des gains sensibles, tandis que l’Asie centrale et du Sud connaissent des progrès plus modestes. Ces disparités remettent en question la capacité de certains pays à atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) d’ici 2015.
Analyse de la Croissance Sous-Régionale
Asie de l’Est : La République populaire de Chine (RPC), Hong Kong (Chine), la République de Corée, la Mongolie et Taïwan (République de Chine) ont connu une croissance vigoureuse de 7,8 %, principalement grâce aux produits manufacturés et à une forte économie d’exportation. Les pays ayant des liens étroits avec la Chine ont particulièrement bien réussi.
Asie du Sud-Est : Le Brunei, le Cambodge, l’Indonésie, le Laos (République démocratique populaire lao), la Malaisie, le Myanmar, les Philippines, Singapour, la Thaïlande et le Viêt-Nam ont affiché une croissance de 6,3 %, soutenue par une forte consommation, des investissements des entreprises et un environnement extérieur favorable au commerce et aux exportations. La Malaisie, Singapour et le Viêtnam ont enregistré les rendements les plus importants en 2004.
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Asie du Sud : L’Afghanistan, le Bangladesh, le Bhoutan, l’Inde, les Maldives, le Népal, le Pakistan et le Sri Lanka ont connu une croissance de 6,4 %, un rythme plus lent que l’année précédente (7,8 %). L’économie indienne représente près de 80 % du rendement de cette sous-région. Certains pays ont souffert d’une faible production agricole due aux fortes pluies de mousson et aux inondations.
Asie Centrale : L’Arménie, l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan, le Kirghizistan (République de Kirghiz), le Tadjikistan, le Turkménistan et l’Ouzbékistan ont enregistré une croissance économique de 10,4 % en 2004. La hausse mondiale des prix du pétrole, du gaz, de l’or, du coton et de l’aluminium a favorisé cette croissance, soutenue par un commerce robuste et les investissements étrangers.
Région du Pacifique : Les îles Cook, les îles Fidji, la République des Kiribati, la République des îles Marshall, la Micronésie, Nauru, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, la Nouvelle-Guinée occidentale, les Samoa, les îles Salomon, la République démocratique du Timor-Oriental, les îles Tonga, les Tuvalu et la République du Vanuatu ont connu une croissance économique faible de 2,6 %. Le Timor-Oriental a enregistré le taux le plus bas (1,5 %).
Le transfert des activités rurales et des services agricoles vers le secteur urbain a entraîné des changements structurels importants au cours des dernières décennies. L’environnement urbain est devenu le moteur de la croissance. Si cette croissance se maintient, l’Asie pourrait réduire de moitié le nombre de personnes vivant avec moins de 1 $ par jour d’ici 2015.
Menaces Pesant sur l’Économie Asiatique
Plusieurs facteurs menacent la stabilité économique de l’Asie :
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Fluctuation des taux de change : L’instabilité des devises peut affecter le commerce et les investissements.
Surchauffe économique en Chine : Une capacité excédentaire en Chine peut menacer les économies liées à ce pays par les exportations, les importations et les industries manufacturières.
Épidémies : Des épidémies comme le SRAS ou la grippe aviaire peuvent entraîner des migrations massives, affecter l’industrie du transport, submerger les systèmes de santé et faire stagner l’économie.
Absence de politique macroéconomique : Une politique macroéconomique adéquate est essentielle pour une croissance économique durable et pour combattre la pauvreté. La croissance équitable et la croissance rapide ne suffisent pas à elles seules.
Réformes structurelles : Des réformes structurelles sont nécessaires pour soutenir la croissance nationale et amortir les chocs, notamment en consolidant les investissements nationaux et étrangers, en restructurant l’environnement pour favoriser le secteur privé et en réformant les pouvoirs réglementaires.
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Changements climatiques et catastrophes naturelles : Les changements climatiques et les catastrophes naturelles peuvent avoir des conséquences désastreuses sur l’économie et les populations.
L’Aide Étrangère Canadienne en Asie
En 2004-2005, l’Agence canadienne de développement international (ACDI) a alloué à l’Asie une somme relativement inférieure à ce qu’on aurait pu attendre compte tenu de sa population et de son niveau de pauvreté. L’Asie reçoit moins de fonds que d’autres régions, sauf peut-être dans le domaine de la gouvernance. L’Asie reçoit jusqu’à 15 % de l’aide publique au développement (APD) bilatérale totale et 31,5 % de l’APD distribuée aux 30 principaux pays bénéficiaires de l’ACDI. L’Afghanistan a reçu à lui seul 10 % de l’aide distribuée aux 30 principaux pays bénéficiaires de l’APD, ce qui représente près de 11 % de l’aide totale accordée aux pays les moins avancés (PMA).
Les modèles d’indices de croissance et de pauvreté en Asie ont influencé la politique d’aide étrangère du Canada pour la région. Une attention particulière a été accordée à cinq pays : le Cambodge, le Viêt-Nam, le Bangladesh, le Pakistan et le Sri Lanka.
Le Canada reconnaît que certains États sont prêts à assumer leur propre développement, tandis que d’autres sont en situation de pauvreté extrême et restent vulnérables sur les plans économique, environnemental et politique. Les conflits et l’instabilité politique peuvent miner ce climat de prospérité grandissante. La stratégie de l’ACDI vise à encourager la prospérité de la région et à en catalyser les effets pour assurer plus de stabilité et faire en sorte que les plus démunis bénéficient de cette prospérité. Une attention particulière est accordée aux facteurs responsables de la croissance équitable, tels que la bonne gouvernance, la réforme juridique, la consolidation de la démocratie et la lutte contre la corruption.
Historique de l’Aide Canadienne en Asie
Le Canada entretient des liens historiques avec l’Asie depuis le début du XIXe siècle, notamment par le biais de l’immigration et du commerce. La croissance de la population asiatique au Canada justifie une attention particulière à cette région.
Les Intérêts du Canada en Asie
Avant la Seconde Guerre mondiale, les activités du ministère des Affaires étrangères portaient sur la position nationale du Canada dans la communauté internationale. Après la guerre, le Canada a commencé à assumer un rôle de concertation dans les affaires internationales. L’aide étrangère du Canada a pris de l’expansion entre 1946 et 1951, avec des investissements importants dans la reconstruction d’après-guerre en Europe. Bien que le Canada ait également offert des prêts aux pays d’Extrême-Orient, son intérêt pour l’Asie était moins évident à cette époque.
Lester B. Pearson décrivait l’Asie comme un « livre fermé », soulignant ainsi son opacité pour le gouvernement canadien. Cependant, les intérêts potentiels liés à l’immigration, aux affaires et au commerce au Japon et en Chine ont forcé le Canada à formuler une politique cohérente sur l’Asie. Cette politique a pris forme lors de l’intervention du Canada dans le plan Colombo pour le développement économique coopératif de l’Asie du Sud et du Sud-Est établi en janvier 1950, visant à s’attaquer à la pauvreté dont semblaient profiter les mouvements politiques communistes d’Asie.
Les Espaces Ruraux et l’Activité Agricole dans le Monde
La population rurale est toujours importante à l’échelle mondiale, malgré la forte urbanisation, et l’agriculture reste un secteur clé. Les espaces agricoles connaissent des transformations importantes et les populations rurales évoluent.
Répartition des Ruraux dans le Monde
En 2018, la population rurale représente 45 % de la population totale, soit environ 3,4 milliards de personnes. Le pourcentage de ruraux est important dans les pays du Sud. De nombreux pays d’Afrique ou du Sud de l’Asie ont des pourcentages de population rurale supérieurs à 50 %. L’Asie du Sud est la région du monde la plus rurale, avec 66 % de la population totale. En Afrique subsaharienne, la population rurale représente encore 60 % de la population. La population rurale est moins nombreuse dans les pays du Nord, représentant 18 % de la population totale en Amérique du Nord et 24 % au sein de l’Union européenne.
La population rurale mondiale continue de progresser en nombre. Depuis 1960, la population rurale a plus que triplé en Afrique et a été multipliée par 2,5 en Asie du Sud. Cette augmentation s’explique surtout par un accroissement naturel très positif, avec une forte natalité.
L’Activité Agricole dans le Monde
On compte environ 1,3 milliard d’agriculteurs dans le monde en 2018. L’activité agricole reste très importante dans les pays du Sud. En Afrique et en Asie, la part de l’agriculture dans les emplois demeure encore très élevée. Dans les pays du Nord, il y a de moins en moins d’agriculteurs, mais l’agriculture reste une activité économique productive.
Dans les pays du Sud, l’activité agricole est importante. De nombreuses personnes travaillent dans ce secteur et le nombre de terres agricoles reste élevé. L’agriculture demeure la première source de ressources. Les espaces agricoles s’étendent sur de vastes espaces et mobilisent une main-d’œuvre nombreuse car les méthodes de production sont traditionnelles et peu mécanisées.
La population active agricole représente une part très réduite des emplois dans les pays d’Europe ou d’Amérique du Nord, même si le poids économique de l’agriculture reste important. Les pays du Nord ont relevé le défi alimentaire depuis longtemps et s’imposent comme des puissances agricoles à l’échelle mondiale, grâce aux technologies utilisées dans leurs exploitations.
Les Espaces Agricoles au Dynamisme Variable
Les espaces agricoles n’ont pas le même dynamisme. On note une division entre les espaces agricoles dans les pays riches du Nord et les espaces agricoles dans les pays pauvres du Sud.
Les Espaces Agricoles dans les Pays Riches du Nord
Dans les pays riches du Nord, l’agriculture est productiviste. Cette agriculture domine en Europe ou en Amérique du Nord, où se situent les grandes puissances agricoles mondiales. Elle se développe également au Japon, en Australie, dans les pays émergents. Les exploitations sont de moins en moins nombreuses (diminution de la main-d’œuvre agricole) mais de plus en plus vastes. Elles se caractérisent aujourd’hui par leur matériel très performant. L’utilisation de ces machines se développe en même temps que les exploitations se spécialisent sur une production, abandonnant la polyculture.
On assiste depuis quelques années à la revalorisation de systèmes agricoles plus soucieux de la protection de l’environnement. On parle d’agriculture durable. Pour relever le défi environnemental, les États subventionnent les petites exploitations familiales. Des législations plus strictes tentent d’encadrer l’utilisation des produits chimiques, de promouvoir l’agriculture extensive, de faciliter la conversion à l’agriculture biologique et de promouvoir les productions agricoles locales qui valorisent les terroirs.
Les Espaces Agricoles dans les Pays Pauvres du Sud
Dans les pays du Sud, souvent plus pauvres, l’agriculture est encore largement vivrière : elle sert à nourrir l’agriculteur et sa famille. L’agriculture vivrière est peu mécanisée. Une grande partie des travaux se font donc manuellement ou avec un outillage rudimentaire et mobilise de la main-d’œuvre. L’agriculture productiviste existe dans les pays du Sud même si elle reste encore limitée. Elle se développe dans les pays émergents comme la Chine ou l’Inde.
Seulement, cette agriculture ne parvient pas à mettre tous les habitants à l’abri de crises alimentaires. En 2016, 108 millions de personnes dans le monde vivaient en situation de crise alimentaire. La plupart sont localisées dans les pays du Sud et particulièrement en Afrique. Les raisons de ces crises alimentaires sont souvent la guerre et les catastrophes climatiques.
Les Liens Entre Villes et Campagnes
Dans le monde, on observe un rapprochement entre les espaces ruraux et les villes qui sont de plus en plus connectés.
Le Rapprochement Entre Espaces Ruraux et Villes
Les espaces ruraux sont souvent isolés des villes, mais le phénomène d’étalement des villes tend à les rapprocher. Certains espaces ruraux sont de plus en plus connectés aux villes par des mobilités humaines. Les territoires ruraux dans les pays développés sont souvent enclavés, isolés et éloignés des villes. L’augmentation de la population urbaine s’est accompagnée d’un étalement des espaces urbanisés sur le territoire. Les espaces ruraux en périphérie des villes sont ainsi devenus des espaces ruraux périurbains.
Baisse de l'aide publique au développement (APD)
D’après les prévisions de l’OCDE, l’APD devrait enregistrer une baisse comprise entre 9 % et 17 % en 2025, qui viendrait s’ajouter à la diminution de 9 % observée en 2024. Les perspectives au-delà de 2025 restent pour leur part très incertaines.
Cette baisse prévue est essentiellement due aux réductions annoncées par quatre grands fournisseurs d’APD. Pour la première fois en près de 30 ans, l’Allemagne, les États‑Unis, la France et le Royaume‑Uni ont tous diminué leur APD en 2024. Si les baisses annoncées se concrétisent en 2025, on assistera pour la première fois de l'histoire à une réduction simultanée, et sur deux années consécutives, de l’APD consentie par ces quatre pays.
En 2027, l’APD devrait retomber aux niveaux de 2020. Or, les besoins continuent de croître et ce sont les pays les plus pauvres et les services essentiels qui pâtiront le plus lourdement de ce recul.
En 2025, les pays les moins avancés (PMA) devraient subir une diminution comprise entre 13 % et 25 % de l'APD bilatérale nette fournie par les pays du CAD. Cette baisse pourrait atteindre entre 16 % et 28 % pour les pays d'Afrique subsaharienne.
Dans le domaine de la santé, l’APD bilatérale devrait afficher une baisse pouvant aller de 19 % à 33 % en 2025 par rapport à 2023, poursuivant ainsi la tendance à la baisse qui a fait suite aux niveaux élevés liés au soutien apporté face au COVID‑19. En 2025, l’APD allouée à la santé devrait chuter en dessous des niveaux antérieurs au COVID-19.
Les baisses anticipées des dotations aux organisations multilatérales pourraient entrainer une seconde vague de diminutions des apports aux pays les plus pauvres et aux services essentiels. En 2023, près de la moitié de l’APD allouée aux PMA a été acheminée via les canaux multilatéraux.
Si les tendances en matière d’affectation de l’aide observées ces dernières années se poursuivent, ce sont les PMA, les pays d'Afrique subsaharienne et le secteur de la santé qui devraient être particulièrement exposés à la diminution des financements concessionnels publics. Les projections n’ont toutefois rien d’inéluctable.
Onze membres du CAD de l’OCDE ont annoncé publiquement des réductions de leur APD pour la période 2025-27. Ensemble, ces pays comptaient pour près des trois quarts de l’APD totale en 2024, ce qui explique le choc brutal que ces annonces représentent pour la coopération internationale pour le développement. Quatre d’entre eux - Allemagne, États-Unis, France et Royaume Uni - représentaient près des deux tiers cumulés de l’APD totale au cours de la dernière décennie, près d’un quart pour les seuls États-Unis. 2024 a été la première année depuis 1995 où ces quatre fournisseurs ont tous simultanément diminué leurs budgets d’APD. Les nouvelles baisses annoncées signifient que pour la première fois de l'histoire, une baisse de l’APD nette de ces quatre fournisseurs pourrait être enregistrée en 2025, pour la deuxième année consécutive.
En dépit des augmentations de l’APD prévues par la Corée, l’Espagne et l’Irlande - et des engagements d'autres membres de maintenir leurs niveaux élevés existants d’APD (Danemark, à 0.7% du RNB, Norvège et Luxembourg, à 1 % chacun du RNB) ou d'atteindre des objectifs spécifiques en matière de ratio APD/RNB - l’APD devrait en 2027 retomber aux niveaux inférieurs à 2020.
L’APD joue des rôles différents dans la combinaison de financements dont dispose chaque pays bénéficiaire. Dans les PMA et dans certains pays d’Afrique subsaharienne, les financements concessionnels comme l’APD représentent la plus grande partie des apports financiers internationaux lorsque l'investissement direct étranger est faible et volatile, et que le coût élevé du capital entrave l'accès à d'autres sources.
En 2025, les États‑Unis ont annoncé une baisse considérable de leur aide étrangère.
L’APD bilatérale destinée aux PMA pourrait enregistrer une baisse comprise entre 13 % et 25 % en 2025, après avoir déjà reculé de 3 % en 2024 (données préliminaires). Pour les pays d’Afrique subsaharienne, la baisse devrait s’établir dans une fourchette de 16 % à 28 %, après un recul de 2 % en 2024. Dans le scénario de réduction la plus forte (réduction de 17 % de l’APD totale), ces pays pourraient perdre environ un quart de leur APD pour la seule année 2025.
D’après les projections, l’APD bilatérale fournie aux PMA et aux pays d’Afrique subsaharienne pour 2025 serait la plus basse depuis le milieu des années 2000. S’agissant des PMA, l’aide bilatérale diminue année après année depuis 2022 et devrait continuer de reculer.
Les principaux fournisseurs d’APD, aussi bien directe que transitant par des organisations multilatérales qu’ils financent, sont depuis toujours actifs dans les PMA et en Afrique subsaharienne. En outre, par comparaison aux autres apports financiers internationaux ciblant ces pays, l’APD y joue un rôle essentiel, puisqu’elle représente une part importante de leur RNB (1.6 % dans les PMA et 2.2 % dans les pays d’Afrique subsaharienne en moyenne en 2023) et du budget national.
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