Le métronidazole est un antibiotique et un antiparasitaire de la famille des imidazolés, utilisé pour traiter diverses infections bactériennes et parasitaires. Cependant, son utilisation pendant l'allaitement suscite des interrogations en raison de son passage dans le lait maternel. Cet article examine la posologie du métronidazole, sa sécurité d'emploi pendant l'allaitement, et les alternatives possibles.
Composition et Indications du Métronidazole
Le métronidazole est un composé stable capable de pénétrer dans les micro-organismes. Il est indiqué dans le traitement de diverses infections, notamment :
- Infections du système nerveux central (par exemple, abcès cérébraux)
- Infections pulmonaires et pleurales (par exemple, pneumonie nécrosante)
- Infections des voies gastro-intestinales et de la région abdominale (par exemple, péritonite, abcès hépatiques)
- Infections gynécologiques (par exemple, endométrite, abcès tubo-ovarien)
- Infections des régions oreilles-nez-gorge et dents-bouche-mâchoire (par exemple, angine de Vincent)
- Infections osseuses et articulaires (par exemple, ostéomyélite)
Posologie du Métronidazole
La posologie du métronidazole varie en fonction de l'indication et de la gravité de l'infection. Chez l'adulte, la dose habituelle est de 20 à 30 mg par kg de poids corporel par jour, en dose unique ou fractionnée en doses de 7,5 mg par kg de poids corporel toutes les 8 heures. Dans certains cas, une dose de charge de 15 mg/kg de poids corporel peut être administrée au début du traitement. La durée du traitement dépend de son effet, mais elle ne doit généralement pas dépasser 7 jours.
Pour les enfants âgés de plus de 8 semaines à 12 ans, la dose quotidienne habituelle est de 20 à 30 mg/kg en une seule dose ou en plusieurs doses de 7,5 mg/kg administrées toutes les 8 heures. En fonction de la sévérité de l’infection, la dose quotidienne peut être augmentée pour passer à 40 mg/kg. Chez les nourrissons nés avant 40 semaines de grossesse, une accumulation de métronidazole peut se produire au cours de la première semaine de vie.
Métronidazole et Allaitement: Risques et Précautions
Le métronidazole est excrété dans le lait maternel à des concentrations proches des concentrations plasmatiques. Bien que les données sur les effets du métronidazole sur le nourrisson allaité soient limitées, il existe un risque potentiel d'effets indésirables.
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Recommandations:
- Interruption de l'allaitement: Étant donné que le métronidazole est sécrété dans le lait maternel, l'allaitement doit être interrompu au cours du traitement.
- Délai avant la reprise de l'allaitement: De même, après la fin du traitement par métronidazole, il convient d’attendre 2 à 3 jours supplémentaires avant de reprendre l'allaitement en raison de la demi-vie prolongée du métronidazole.
Justification des précautions:
- Passage dans le lait maternel: Le métronidazole passe dans le lait maternel à des concentrations proches des concentrations plasmatiques.
- Effets potentiels sur le nourrisson: Bien que les données soient limitées, l'exposition du nourrisson au métronidazole via le lait maternel pourrait potentiellement entraîner des effets indésirables tels que des troubles gastro-intestinaux, des réactions allergiques ou des effets neurologiques.
- Alternatives: Dans de nombreux cas, il existe des alternatives thérapeutiques au métronidazole qui sont compatibles avec l'allaitement.
Effets Indésirables Potentiels
Les effets indésirables sont principalement associés à une utilisation prolongée ou à des doses élevées. Les effets les plus fréquemment rencontrés incluent des nausées, des sensations gustatives anormales et un risque de neuropathie en cas de traitement à long terme. D'autres effets indésirables possibles incluent:
- Infections: Surinfections fongiques (par exemple, candidose).
- Troubles gastro-intestinaux: Vomissements, nausées, diarrhée, glossite et stomatite, éructation avec goût amer, pression épigastrique, goût métallique, langue chargée. Une diarrhée persistante sévère survenant au cours du traitement ou au cours des semaines suivantes peut être due à une colite pseudomembraneuse (dans la plupart des cas, provoquée par Clostridium difficile).
- Réactions allergiques: Réactions cutanées allergiques, par exemple, prurit, urticaire. Des réactions d'allergie, y compris des chocs anaphylactiques, peuvent survenir et mettre en jeu le pronostic vital.
- Troubles neurologiques: Des cas de crise convulsive, de myoclonie et de neuropathie périphérique, cette dernière étant principalement caractérisée par l'engourdissement ou la paresthésie d'une extrémité, ont été rapportés chez des patients traités par métronidazole. Des symptômes évocateurs d'encéphalopathie ou de syndrome cérébelleux (par exemple : ataxie, dysarthrie, troubles de la démarche, nystagmus, tremblements, vertiges, confusions, convulsions, neuropathies sensitives périphériques, céphalées) ont également été rapportés.
- Troubles hématologiques: Au cours du traitement par métronidazole, diminution des numérations des leucocytes et des plaquettes (granulocytopénie, agranulocytose, pancytopénie et thrombocytopénie).
- Autres: Urine de couleur foncée (due à un métabolite du métronidazole), arthralgie, myalgie, troubles de la vision. Des cas d’hépatotoxicité sévère/d’insuffisance hépatique aiguë, y compris des cas entraînant une issue fatale avec une survenue très rapide après l’initiation du traitement chez des patients atteints du syndrome de Cockayne, ont été rapportés.
Interactions Médicamenteuses
Le métronidazole peut interagir avec de nombreux médicaments, notamment :
- Amiodarone: Une prolongation de l'intervalle QT et des torsades de pointes ont été rapportées avec la co-administration de métronidazole et d'amiodarone.
- Busulfan: Sa co-administration avec le métronidazole peut augmenter significativement les concentrations plasmatiques du busulfan.
- Anticoagulants oraux: Un traitement concomitant avec le métronidazole peut potentialiser l'effet anticoagulant de ces dérivés et augmenter le risque de saignement en raison de la réduction de leur dégradation hépatique.
- Ciclosporine: Au cours d'un traitement simultané par ciclosporine et métronidazole, il existe un risque d’augmentation des concentrations sériques de ciclosporine.
- Disulfirame: Une administration simultanée de disulfirame peut provoquer des états de confusion voire des réactions psychotiques.
- Fluorouracile: Le métronidazole inhibe le métabolisme du fluorouracile administré simultanément.
- Lithium: Il convient de faire preuve de prudence lorsque le métronidazole est administré avec des sels de lithium.
- Phénytoïne: Le métronidazole inhibe le métabolisme de la phénytoïne, administrée simultanément. La concentration plasmatique de la phénytoïne est donc accrue.
- Tacrolimus: Sa co-administration avec le métronidazole peut augmenter les concentrations sériques du tacrolimus.
L'utilisation concomitante de métronidazole et d'alcool est déconseillée en raison du risque d'effet antabuse.
Alternatives Thérapeutiques Pendant l'Allaitement
Dans de nombreux cas, il existe des alternatives thérapeutiques au métronidazole qui sont compatibles avec l'allaitement. Le choix de l'alternative dépendra de l'indication et de la sensibilité du micro-organisme responsable de l'infection. Il est essentiel de consulter un médecin ou un pharmacien pour discuter des options thérapeutiques appropriées et évaluer les risques et les bénéfices de chaque option.
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