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Maya Harris : Un Pilier Discret dans l'Ascension de Kamala Harris

Loin des feux de la rampe, Maya Harris œuvre depuis des années pour soutenir la carrière politique de sa sœur Kamala. Âgée de 57 ans, cette avocate a derrière elle une riche expérience, acquise notamment auprès d'Hillary Clinton.

Une Présence Indéfectible dans l'Ombre

"Nous avons besoin de ce leadership dans ce moment historique." Le 22 août, Maya Harris a offert une ovation à sa sœur Kamala lors de la convention démocrate, un moment inédit pour cette femme de 57 ans, habituée à rester dans l'ombre des arcanes du pouvoir. Avocate, militante, conseillère politique, la cadette de Kamala Harris a plusieurs cordes à son arc. Avec sa sœur, la complicité s'est nouée très tôt.

Enfance et Éducation : Les Racines d'un Engagement

Les deux filles ont grandi à Oakland, dans la Californie progressiste des années 1960, aux côtés de parents immigrés. Leur père était professeur d'économie et leur mère, décédée en 2009, était chercheuse spécialiste du cancer du sein. Kamala Harris a grandi à Oakland, fière de la lutte pour les droits civiques de ses parents immigrés. À neuf ans, les deux sœurs quittent la Californie pour Montréal, après la séparation de leurs parents. Le changement est radical : "L'idée de quitter la Californie ensoleillée en février, au milieu de l'année scolaire, pour une ville étrangère francophone couverte de 3,6 mètres de neige était affligeante", avait raconté Kamala Harris dans ses mémoires.

Un autre événement va souder la famille : la grossesse de Maya, qui devient mère à 17 ans. Un épisode dont le clan Harris parle très peu, mais qui va rapprocher un peu plus les deux sœurs. La découverte prématurée de la maternité ne sera pas un frein à la carrière de Maya, qui fait ses études à l'université Howard, fondée à Washington pour accueillir les étudiants afro-américains en pleine ségrégation. La jeune femme rejoint l'association d'étudiantes noires "Alpha Kappa Alpha", avant une rapide ascension professionnelle. Elle sera diplômée de Stanford à 29 ans, devenant la plus jeune doyenne d'une faculté de droit aux États-Unis.

Parcours Professionnel : Droit, Militantisme et Politique

Avocate, professeur de droit à San Francisco, Maya Harris est sur tous les fronts. Elle rejoint également l’American Civil Liberties Union (ACLU) de Californie du Nord, où elle se spécialise dans la défense des minorités et des droits civiques. En marge de sa carrière juridique, Maya Harris s'immisce en politique en 2003, pour aider sa sœur qui vise un poste de procureure à San Francisco.

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Le véritable déclic se fait en 2016, quand Hillary Clinton l'embauche pour sa campagne présidentielle. La défaite du camp démocrate ne l'empêche pas de rempiler en 2019, cette fois-ci pour Kamala, qui se lance dans la course aux primaires démocrates. "Elle s'est montrée trop présente, elle ne laissait pas s'exprimer les autres membres de l'équipe de campagne", a expliqué Alexis Buisson, auteur d'une biographie de Kamala Harris.

Un Rôle Clé dans la Carrière de Kamala Harris

Maya Harris est perçue comme un phénomène discret, agissant comme une directrice de campagne hors pair. Présente au côté de Kamala Harris depuis près de 30 ans, Maya Harris est vue par les spécialistes américains comme un véritable atout pour la candidate démocrate à la Maison Blanche.

Depuis le début de sa campagne présidentielle, Kamala Harris peut compter sur le soutien sans faille de sa petite sœur, Maya Harris, que le grand public a (re-) découvert lors de la Convention nationale démocrate, le 22 août. Très complices durant leur enfance, les deux sœurs se sont encore plus rapprochées après la grossesse de Maya Harris à seulement 17 ans, alors qu’elle était encore étudiante.

Au fil des années, Maya Harris s’est imposée comme une fervente défenseuse de la justice sociale et une véritable militante pour les droits des minorités. Elle est surtout connue aux États-Unis pour son rôle dans l'American Civil Liberties Union (ACLU), une association ayant pour mission de préserver les libertés individuelles. Après plusieurs années en tant que vice-présidente de la Fondation Ford, une organisation philanthropique, Maya Harris a été nommée conseillère politique d’Hillary Clinton durant sa campagne présidentielle. Un rôle qui lui était déjà quelque peu familier puisque Maya Harris s’était déjà imposée comme l’un des plus importants soutiens de Kamala Harris lors de sa victorieuse campagne pour le poste de procureure de San Francisco, en 2003.

En 2024, si elle n'a aucun poste officiel dans l'organigramme de la campagne, Maya Harris reste néanmoins présente. La presse américaine la surnomme la "Bobby Kennedy de Kamala", en rapport à la relation entre Robert F. Kennedy et son frère John F. Dans cette même interview, Maya Harris a assuré qu’elle « soutiendrait toujours » sa grande sœur, soulignant que « Kamala accepte volontiers les conseils, pas seulement de [s]a part, mais de toute personne qu’elle rencontre et qui a une expérience et un point de vue qu’elle n’a peut-être pas ». Convaincue que la candidate démocrate peut l’emporter face à Donald Trump, Maya Harris a poursuivi : « Kamala n’a peur de rien, elle est implacable, elle est dure, elle est courageuse. Elle est vraiment comme ça depuis que nous sommes enfants. Elle n’a jamais reculé devant un défi. »

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Un Parcours Personnel Marqué par la Résilience

Mais avant d’obtenir ce statut, Maya Harris a connu un parcours très long : sœur de Kamala Harris et fille d’une chercheuse d’origine indienne et d’un enseignant émérite originaire de Jamaïque, Maya Harris a donné naissance à sa fille, Meena Harris, alors qu’elle n’avait que 17 ans. Bien qu’étant mère seule, Maya Harris a pourtant poursuivi avec succès ses études, décrochant un premier diplôme à l’université de Californie à Berkeley, puis un second diplôme en droit, en 1992. C’est avec ce dernier que sa carrière liée au droit a débuté dans l’État de Californie, au sein de différents cabinets d’avocats. À 29 ans, elle devient la seule femme noire à être nommée doyenne d’une faculté de droit dans le pays, ainsi que l’une des plus jeunes.

Une Stratège Politique Influente

Après plusieurs années au sein de facultés prestigieuses, dont Harvard, Maya Harris se fait remarquer par la publication, en 2014, d’un rapport intitulé «Les femmes de couleur : une force croissante dans l'électorat américain», mettant en avant l’influence des femmes de couleurs dans les résultats électoraux aux États-Unis. Sollicitée deux ans plus tard par Hillary Clinton pour la campagne présidentielle de 2016, Maya Harris fait ses premiers pas dans le monde de la politique en devenant l’une des principales conseillères de la candidate démocrate. En plus de ce statut, elle a également joué un rôle d’entremetteuse entre Hillary Clinton et les élus progressistes du camp démocrate. C’est ce réseau construit lors de cette campagne, conclue par un échec face à Donald Trump, qu’elle apporte une première fois à sa sœur, lors de la candidature de cette dernière aux primaires démocrates de 2019. Mais faute de fonds suffisants, malgré le licenciement controversé d’assistants, Maya et Kamala Harris ont été contraintes à jeter l’éponge.

Après plusieurs années sans implication dans le monde politique, Maya Harris a effectué un retour discret, mais immédiat, au côté de sa sœur, dès sa nomination en tant que nouvelle candidate démocrate pour l’élection présidentielle de 2024. Surnommée la «Bobby Kennedy de Kamala», en référence à la relation entre les frères Kennedy, Maya Harris est cette fois-ci présente dans le camp de sa sœur sans être la directrice de campagne de cette dernière.

Les Parents de Kamala et Maya Harris : Un Héritage d'Engagement

Dans la vie politique de Kamala Harris, ses parents jouent un rôle de premier plan : la candidate démocrate ne cesse de rappeler le souvenir de sa mère, Shyamala Gopalan Harris (décédée en 2009), à laquelle elle a dédié son discours de remerciement lorsqu'elle est devenue la vice-présidente des États-Unis en 2020, ainsi que son discours d'investiture par la Convention nationale démocrate (DNC) : « Le chemin qui m'a menée ici (…) a été inattendu. Mais les drôles de chemins improbables ne sont pas inconnus dans ma famille. Ma mère, Shyamala Harris, a eu le sien. Elle me manque tous les jours, surtout aujourd'hui. Et je sais qu'elle me regarde et qu'elle sourit. » Son père, Donald Harris, a quant à lui décidé il y a bien longtemps de ne jouer aucun rôle dans la carrière politique de sa fille. La dernière fois qu'il était intervenu, c'était en 2019, pour reprocher à sa fille une blague qui associait la Jamaïque et la marijuana pendant une émission de radio.

C'est plutôt par l'entremise de Donald Trump qu'on entend parler de ce dernier. Lors du débat qui les opposait, le candidat républicain avait accusé Kamala Harris d'être « marxiste » parce que son père était un « économiste marxiste ». Si son père reconnait l'influence de Marx sur sa propre vision de l'économie, le dépeindre ainsi est plus que mensonger. Aujourd'hui retraité de l'université de Stanford, Donald Harris a rencontré Shyamala Gopalan à Berkeley, dans les années 1960, en plein mouvement des droits civiques. Lui étant d'origine jamaïcaine et elle d'origine indienne, tous deux nés en 1938, ils ont pour point commun d'être nés sujets coloniaux du Royaume-Uni.

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Coup de Foudre sur le Campus de Berkeley

C'est en 1962, soit l'année même de l'indépendance de la Jamaïque, que Donald Harris arrive sur le campus de Berkeley grâce à une bourse du gouvernement colonial, pour y effectuer un doctorat en science économique. Shyamala est quant à elle une étudiante en sciences qui a été forcée de quitter son pays pour poursuivre ses études - à l'époque l'Inde ne propose pas encore de diplômes plus élevés pour les femmes. Elle s'inscrit donc à master en endocrinologie à Berkeley (une matière dans laquelle elle obtiendra ensuite un doctorat). Elle change de continent pour suivre son rêve : « Elle l'a fait toute seule, a expliqué son frère à la BBC. À la maison, personne n'était au courant. » Elle finit par obtenir la bénédiction de sa famille, mais le voyage la confronte à un véritable choc culturel. Cette femme toujours vêtue d'un sari et de sandales, qui avait été primée dans un concours de chant traditionnel, trouve une oreille attentive à sa condition minoritaire chez l'AAA (Association afro-américaine), une des plus influentes organisations dans les luttes pour les droits civiques (l'un de ses créateurs à Berkeley, Donald Hover, sera ensuite le mentor des fondateurs des Black Panthers, qui eux, étaient marxistes).

C'est au cours des assemblées de l'association que les deux étudiants étrangers raconteront leur expérience de sujets coloniaux. Harris pour faire part des relations de pouvoir issues de l'esclavage dans son pays natal et Gopalan pour parler de son statut de fille d'un fonctionnaire ayant servi les deux régimes, l'Inde coloniale et l'Inde indépendante. La conversation se poursuit et rapidement, ils se mettent en couple. « Mon père, écrit Kamala Harris dans son autobiographie, a été le premier petit ami de ma mère. » Une relation qu'elle décrira devant la convention démocrate de 2020 comme une image de l'Amérique : « Deux personnes qui se soulèvent pour la justice, dans le mouvement des années 1960. »

Un Divorce et des Vies Séparées

Rapidement, le couple se marie, puis donne naissance à son premier enfant, Kamala, en 1964. Sa mère termine alors son doctorat tandis que son père décroche un premier poste d'enseignant dans une université de l'Illinois. Maya, la sœur de Kamala, naît en 1967, peu avant la rupture du couple. Séparés pendant cinq ans, les parents se partagent la garde des filles jusqu'au divorce en 1972, une période évoquée avec nostalgie par Donald Harris dans une lettre ouverte publiée sur le site Jamaica Global, publication de la diaspora jamaïcaine. Il raconte comment il fait visiter son île natale à ses deux filles et dépeint la jeune Kamala comme une enfant intrépide et aventureuse, à laquelle il essaie de transmettre ses propres leçons de vie : « Je voulais leur apprendre qu'il n'y a pas de limite à ce que l'on peut faire lorsqu'on travaille dur et qu'on y croit, et qu'il est important de ne pas perdre de vue tous ceux qui ont été laissés de côté par le système d'injustice, par la violence ou les privilèges. » Un héritage sur lequel la vice-présidente revient dans son autobiographie : « Mon père voulait que je sois libre. Il regardait ma mère et disait : “Laisse-la courir, Shyamala”, puis il se tournait vers moi et me disait : “Cours, Kamala, cours aussi vite que tu peux”. Et je m'enfuyais, avec le sentiment de pouvoir faire tout ce que je voulais. »

Donald Harris a souvent regretté que les tribunaux l'aient privé de la garde de ses filles. « Pour la justice californienne, un homme caribéen ne peut pas être un bon père », dénonce-t-il. Après le divorce, les relations entre Donald et Shyamala se tendent, ils ne se parlent pas pendant des années, même si les deux filles vont chez leur père le week-end et les jours fériés, car leur père obtient un poste de titulaire à l'Université de Stanford, et que leur mère poursuit son chemin au sein de l'université de Californie, devenant une spécialiste du cancer du sein. Donald et Shyamala ne se revirent qu'à peu de reprises. Et Shyamala s'imposa comme une figure tutélaire dans la vie de leurs filles. Pour sa cérémonie de diplôme, Kamala Harris invite ses deux parents, craignant que sa mère refuse de se trouver dans la même pièce que son ex-mari. Mais l'endocrinologue fait une entrée digne d'une star de cinéma, « dans une robe rouge pétante, avec des talons ». La vice-présidente est revenue sur le divorce de ses parents : « Je me dis souvent que s'ils avaient été un peu plus âgés, un peu plus mûrs, écrit-elle dans son autobiographie, ils auraient pu sauver leur couple. Mais ils étaient tellement jeunes. » On peut pourtant voir l'influence de son père dans son choix d'étudier les sciences politiques et l'économie.

L'Héritage de Shyamala Gopalan Harris

« Ma mère, Shyamala, est arrivée seule aux États-Unis à l'âge de 19 ans. Shyamala n'aura pas vécu assez longtemps pour voir les plus grands triomphes de sa fille : elle est décédée d'un cancer du côlon en février 2009, trois mois après que Kamala a annoncé qu'elle se présentait au poste de procureur général de Californie, premier pas de sa brillante carrière politique. Un parcours exemplaire qui allait la hisser au sommet étape après étape (procureur, sénatrice, vice-présidente, candidate à la présidence), rappelant à chaque fois le souvenir de sa mère. Fille d’immigrés, Kamala Harris a gravi les échelons de la scène politique californienne avant d’acquérir une notoriété nationale, boostée par ses coups de griffe acerbes contre l’administration Trump. Depuis ses débuts, elle empile les titres de « première » en accédant à des postes de prestige.

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