Introduction
Les berceuses, ces chants doux et mélodieux que les mères fredonnent à leurs enfants, sont bien plus que de simples mélodies. Elles sont un héritage culturel, un lien émotionnel fort entre la mère et l'enfant, et un reflet des sociétés et des époques. Cet article explore l'histoire des berceuses, en particulier dans le contexte des années 1930, en se penchant sur leur transmission, leur évolution et leur signification culturelle.
La Transmission Orale et Écrite des Berceuses
Les berceuses, comme les contes, appartiennent à une tradition orale caractéristique d’une culture dite « populaire », désignant en fait le mode de vie et de pensée des sociétés traditionnelles, essentiellement rurales. Transmises à l’oral de générations en générations puis figées par écrit, les chansons pour enfants font partie de notre patrimoine culturel. La transmission orale des contes et des chansons permet leur perpétuelle transformation. En les fixant par écrit, on les fige.
Dès le début du 18e siècle, en Grande-Bretagne, des livres s’inspirent du répertoire de l’oralité, agrémentés de gravures. Un siècle plus tard, des artistes comme Charles H. Bennett et Edmund Evans jouent avec ce répertoire, créant des livres pour enfants légers et accessibles. En France, à partir des années 1870, P.-J. Stahl confie à Froelich l’illustration de la collection de Rondes et chansons de l’enfance.
L'Évolution des Chansons pour Enfants
S’adressant à tous les âges et aux deux sexes, les contes ont fini par s’intégrer dans une culture enfantine qui les a remodelés à son usage et transformés en livres pour enfants, avec des illustrations et des mises en scène éditoriales. La même chose se produit pour les chansons, mais avec un décalage chronologique. Alors que le processus s’est amorcé dès la fin du XVII siècle pour les contes, il ne se met en marche qu’au XIX siècle pour les chansons.
L’histoire de cette « acculturation » qui fait entrer certaines chansons populaires dans la culture enfantine et dans les livres pour enfants au prix d’un certain nombre de transformations, est une histoire complexe, en partie parce que le mot « chanson » désigne des textes accompagnés de musique, de natures très différentes, de la berceuse à la comptine, de la formulette rythmée à la ronde et à la chanson proprement dite.
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Les premières éditions de chansons enfantines sont publiées dans des recueils de jeux d’enfants. En 1846, Dumersan publie le premier recueil français de Chansons et rondes enfantines. Au même moment, des professeurs de musique publient des recueils pour les enfants.
Les Berceuses dans les Années 1930
Dans les pays francophones, les recueils de formes brèves de l’enfance s’adressent d’abord aux adultes. En Belgique, en Suisse, en France ou au Québec, la seconde moitié du 19e siècle est ainsi propice à la publication de florilèges du répertoire alors peu valorisé de formulettes, devinettes et chansons. Chez l’éditeur Mame, dans un format à l’italienne qui a fait ses preuves, ce sont encore des chansons qui sont illustrées par Marie-Madeleine Franc-Nohain dans les années 1930, puis, vingt ans plus tard, par Élisabeth Ivanovsky.
Les années 1930 sont une période de changements sociaux et économiques importants. La Grande Dépression a un impact profond sur les familles, et les berceuses peuvent avoir servi de réconfort et d'espoir dans ces temps difficiles. Les illustrations des livres de chansons de cette époque reflètent souvent les préoccupations et les valeurs de la société, mettant en scène des enfants malicieux et des héros célèbres.
L'Influence des Artistes et des Éditeurs
Des artistes comme Walter Crane, Randolph Caldecott et Kate Greenaway ont utilisé des chansons connues comme un matériau qui permet de travailler la forme du livre en toute liberté. Boutet de Monvel a bouleversé l’illustration de livres pour enfants, utilisant la ligne claire et le symbolisme des couleurs. Il met la musique en images, en représentant des situations musicales ou en la transposant graphiquement avec « des rythmes et des variations plastiques homologues aux rythmes et aux variations musicales ».
Mères et Fils: Une Relation Spéciale
Les rapports des mères à leur génie de fils ont toujours été passionnés, fusionnels, aimants ou au contraire, tourmentés et âpres. Les figures maternelles restent centrales dans les écrits des fils, plus ou moin explicitement. Que les "fils-auteurs" condamnent ou célèbrent leur mère. Des fils racontent leur mère. Ils sont nés au Maghreb, dans des cultures, des langues, des religions différentes. De 1930 à 1990, plus d'un demi-siècle d'histoire et de cultures du Maghreb à travers des portraits de mères.
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Les deux lectures auxquelles je faisais allusion sont "Madame Rimbaud" de Françoise Lalande (image simplifiée de la mère du poète, castratrice, alors que la réalité fut plus complexe) et amour plein et immense de Madame Péguy, découverte dans le très bel ouvrage de Jean-Luc Seigle "Le cheval Péguy".
Les Berceuses Latines de Giovanni Pontano
Au Quattrocento, le latin était une langue parlée, dans les écoles et les universités, les académies savantes, les milieux ecclésiastiques et pontificaux - mais pas dans les foyers, pas par les mères, pas par les nourrices ni auprès des berceaux. Les berceuses de Pontano sont incluses dans un recueil de poèmes De amore coniugali, recueil qui, de façon assez originale pour son temps, chante son amour pour sa femme légitime ainsi que sa vie de famille.
Au fil des douze berceuses, nous faisons connaissance avec tout le petit monde qui peuple alors le logis des Pontano : les deux parents, les trois filles aînées, la nourrice à domicile, le bébé, et même deux chiens. Les berceuses encouragent l’enfant à dormir, mais aussi à bien prendre le sein, ou les deux à la fois.
L'Abandon Maternel: Une Réalité Douloureuse
Dans la réalité, l’arrivée d’un nouveau-né n’est pas toujours synonyme de joie. Et même s’il est bien accueilli, il peut être source de difficultés ou les accentuer. Des mères n’élèvent pas leur petit, l’abandonnent et le confient à d’autres. L’abandon d’un enfant est vilipendé par la société, mais pour les mères, c’est aussi une façon d’éviter que leur enfant et elles-mêmes ne soient rejetés, mis au ban.
Longtemps, l’Histoire a été celle des hommes, et qui plus est, essentiellement celle des « Grands de ce monde ». Les femmes en ont longtemps été les oubliées. Les mères qui abandonnent transgressent le rôle séculaire dévolu aux femmes : élever ses enfants. Ce sont des personnes pour qui le silence est prégnant, voire impératif. Souvent, il y a une conjonction de silence : le silence des femmes elles-mêmes, le silence de la famille, le silence de la société.
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Winnicott et la Relation Mère-Enfant
Winnicott insiste sur la nécessité pour la mère de prendre en compte l’environnement du nourrisson et qu’elle avait compris le rôle que la mère joue au tout début. Il va au confort du nouveau-né. Winnicott dit que le bébé unifie sa vie psychique et son corps.
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