Âgée de 37 ans, Lucie Castets est une haute fonctionnaire française dont le nom a surgi sur la scène politique en 2024. Candidate surprise du Nouveau Front populaire (NFP) au poste de Première ministre, elle était jusqu'alors relativement inconnue du grand public. France Bleu dresse son portrait.
Jeunesse et engagement politique
Lucie Castets est née le 3 mars 1987 à Caen, où sa famille réside toujours. C'est dans le Calvados qu'elle a commencé à militer au sein du Parti socialiste (PS), intégrant d'abord la section de Caen rive droite. Dans les années 2010, elle a participé à un think tank se revendiquant "social-réformiste", appelé "Point d'ancrage". En 2015, à l'âge de 28 ans, elle figurait sur la liste socialiste aux élections régionales, en position non éligible.
Proche du courant "Besoin de gauche" porté par l'ex-ministre socialiste des Finances Pierre Moscovici, Lucie Castets s'est impliquée dans des causes telles que le mariage pour tous, l'égalité hommes-femmes, et une meilleure redistribution des finances mondiales. Sportive pratiquant la course à pied et le football, elle est également membre du bureau de l'Observatoire national de l'extrême droite, aux côtés de personnalités comme Thomas Portes et Caroline Fiat (La France Insoumise) et Marine Tondelier (Europe Écologie Les Verts).
Gilles Derville, conseiller régional socialiste de Normandie, témoigne de son engagement politique : "Elle a un profil tout à fait intéressant, c'est une femme engagée à gauche, une militante… C'est une femme et promouvoir les femmes au plus haut niveau de responsabilités, c'est un devoir, je dirais. Et c'est une femme encore jeune donc pleine d'énergie qu'il faut à un poste de responsabilité comme celui-là." Il souligne également sa double casquette de militante et de figure engagée dans la société civile, notamment pour la justice fiscale et la défense des services publics.
Un parcours professionnel au service de l'État
Diplômée de Sciences Po Paris et de l'ENA (promotion 2012-2013), Lucie Castets a débuté sa carrière à la Banque Mondiale, où elle s'est concentrée sur la lutte contre la criminalité financière. Elle a ensuite intégré la Direction générale du Trésor, occupant divers postes, dont adjointe au chef de bureau Marchés et produits d’assurance et chef de bureau Crédit export et garanties à l’international. Elle a également été maître de conférences en économie à Sciences Po Paris de 2014 à 2017.
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De 2018 à 2020, elle a géré les affaires internationales du service de renseignement français Tracfin, placé sous l’autorité du Ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique. Tracfin est chargé de lutter contre les circuits financiers clandestins, le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
En 2020, Lucie Castets rejoint la Ville de Paris comme conseillère au cabinet de la maire Anne Hidalgo, en charge du budget et de la finance verte, poste qu'elle occupera pendant trois ans. En 2022, elle est brièvement professeure associée et coresponsable de la préparation aux concours administratifs à l’université Paris-Dauphine. Depuis octobre 2023, elle occupe le poste de directrice des finances et des achats de la ville de Paris.
En parallèle, elle s'engage dans la réflexion sur les services publics en France, ce qui la conduit à co-fonder le collectif "Nos Services Publics", dont elle devient l'une des co-porte-paroles. Ce collectif milite pour une meilleure gestion et valorisation des services publics.
Arnaud Bontemps, cofondateur de "Nos Services publics", souligne son parcours professionnel : "Elle a un parcours professionnel au service de l'État et des collectivités territoriales remarquable, avec des engagements forts sur la justice fiscale, la lutte contre l'évasion fiscale… C'est une personne très engagée sur l'école, l'hôpital, la justice sociale."
Candidate du Nouveau Front populaire
Le 23 juillet 2024, après la dissolution de l'Assemblée nationale et les élections législatives anticipées, Lucie Castets est désignée candidate du Nouveau Front populaire au poste de Première ministre. Sa candidature est perçue comme une alternative face à Emmanuel Macron.
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Contactée par le NFP, elle a accepté "avec détermination et responsabilité" cette proposition. Elle a défini ses grandes priorités comme l'abrogation de la réforme des retraites, une réforme fiscale pour une juste contribution de chacun, l'amélioration du pouvoir d'achat par la revalorisation des salaires et des minima sociaux, et la fin de la régression des services publics.
Lors de sa première prise de parole dans un média audiovisuel sur France Inter, elle a appelé le chef de l'État à "prendre ses responsabilités" en la nommant à Matignon, assurant "être prête" à endosser ce rôle.
Réactions et perspectives
La nomination potentielle de Lucie Castets a suscité diverses réactions. Certains louent son profil de technicienne compétente et son engagement pour les services publics. D'autres, comme un élu PS, estiment que le NFP a préféré "les compétences à la notoriété". Christian Grolier, secrétaire général de Force Ouvrière-Fonction publique, se montre mesuré, attendant de juger sur pièce cette candidate si elle devenait Première ministre.
Cependant, Emmanuel Macron a fermé la porte à sa nomination. L'avenir politique de Lucie Castets reste incertain. Après avoir été écartée de Matignon, elle s'est lancée dans de nouveaux projets. Des rumeurs évoquent un potentiel retour dans le jeu politique, peut-être à l'occasion d'élections législatives partielles à Grenoble.
Vie privée et engagements personnels
Lucie Castets s’est récemment confiée sur sa vie privée, notamment à propos de sa bisexualité. Cette confidence a suscité des réactions diverses.
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