Loading...

Comprendre les Pleurs des Enfants : Analyse et Perspectives

Les pleurs des enfants sont un sujet complexe, souvent mal compris. Cet article explore les différentes facettes des pleurs infantiles, en analysant leurs causes, leurs significations et l'impact des réactions parentales. L'objectif est de fournir une compréhension approfondie de ce phénomène universel et d'offrir des pistes pour une approche parentale plus éclairée.

La Complexité des Pleurs Infantiles

Les pleurs des enfants ne sont pas toujours synonymes de tristesse. En réalité, ils constituent un moyen de communication essentiel pour exprimer une variété de besoins et d'émotions. Il est crucial de comprendre que ces pleurs peuvent être particulièrement désagréables pour les parents, car ils résonnent avec leur propre vécu et leurs expériences émotionnelles. Si, en tant qu’adulte, nous avons intégré une interdiction d’exprimer nos émotions ou avons subi une non-écoute de nos émotions dans notre enfance, l’écoute des pleurs des enfants pourra être « pénible ».

Les Différentes Causes des Pleurs

Les pleurs peuvent avoir de nombreuses causes, allant des besoins physiologiques aux émotions complexes :

  • Besoins Essentiels : Les pleurs peuvent signaler la faim, la soif ou un besoin d'attention.
  • Douleur : L'enfant peut pleurer pour exprimer une douleur physique, comme une poussée dentaire. « J’ai une douleur » : pour le soulager dans le cas des dents (surtout dans le cas des dents du fond la deuxième année), on peut frotter ses gencives ou lui donner un anneau de dentition refroidi. Pour les autres douleurs, une écoute active et des soins sécurisent parents et enfants.
  • Fatigue : La fatigue est une autre cause fréquente de pleurs. « Je suis fatigué » : des phrases empathiques (« je vois que tu es fatigué » et des exercices d’apaisement (comme une respiration coeur à coeur) et des routines l’aideront à répondre au mieux à sa fatigue.
  • Besoin d'Autonomie : Entre 2 et 3 ans, les enfants ont soif d’autonomie et ont besoin de s’affirmer. « Je veux faire tout seul ».
  • Manque d'Attention : Les pleurs peuvent également indiquer un manque d'attention. « J’ai besoin qu’on s’occupe de moi » : les pleurs peuvent être un moyen de signifier un manque d’attention.
  • Frustration : « Je veux ça » : pour répondre aux envies des enfants, l’imagination fonctionne très bien.
  • Angoisse de Séparation : La séparation et l'angoisse qui en découle sont des sources de grande tristesse pour les enfants. « Je suis triste qu’on se sépare » : l’angoisse de la séparation et la séparation en elle-même sont des sources de grande tristesse pour les enfants.

La Chimie des Larmes

Le Dr William Frey, biochimiste au centre médical Saint-Paul-Ramsey du Minnesota, a analysé la composition chimique des larmes. Il a ainsi découvert que celles versées pour des raisons émotionnelles sont différentes de celles occasionnées par un quelconque irritant (comme une pelure d’oignon). Cela confirme le fait que les pleurs sont des décharges émotionnelles qui contribuent à notre équilibre mental et physique.

L'Impact des Réactions Parentales

La manière dont les parents réagissent aux pleurs de leurs enfants a un impact profond sur leur développement émotionnel et social. Il est essentiel d'adopter une approche empathique et compréhensive.

Lire aussi: Astuces chambre deux enfants

L'Importance de l'Empathie

Habituellement, quand nous voulons apaiser l’angoisse d’un enfant qui a chuté ou qui se met en colère, nous utilisons des phrases du type : “ne pleure pas”, “il faut être courageux-se”, “les hommes ne pleurent pas”, “tu crois que c’est en pleurant que les choses vont aller mieux ?”, etc. Avons-nous pris le temps de penser aux conséquences de ces phrases ? Nous ne disons pas seulement NON à la conduite, nous disons également NON à l’enfant et à ses émotions. Nous leur apprenons à les réprimer au lieu de les exprimer et cela a sans aucun doute de graves répercussions sur son développement et sur celui de la société.

Il n’y a rien d’étrange à ce que nous éduquions les enfants de cette façon car nous reproduisons le message éducatif que nous avons reçu, pour la grande majorité d’entre nous. C’est pour cela, en ce sens, que la même chose se produit quand nous utilisons ces phrases pour les adultes : pourquoi ne pas pleurer si quelque chose nous fait mal ? Les larmes sont un mécanisme naturel qui doit être utilisé.

Si nous voulons que nos enfants comprennent leurs émotions et puissent en faire l’expérience, nous devons ôter certaines phrases de nos discours et de nos habitudes qui peuvent servir d’exemple. Cela est, sans aucun doute, contraire à notre habitude de bloquer des pensées, des émotions et des comportements. Il faut les aider à identifier les causes de leurs pleurs et à canaliser leurs émotions, en favorisant leur capacité de régulation. Ce dernier point est important car, normalement, leurs pleurs sont provoqués par une gêne qui rompt leur tranquillité.

Heureusement, la nature est sage et a lutté contre le modèle éducatif dominant pour permettre à la tristesse d’être l’émotion la plus empathique. Notre esprit et notre cerveau ont une prédisposition spéciale pour gérer la tristesse, pour faire preuve d’empathie avec elle et pour favoriser la consolation de ceux qui sont en face de nous quand nous nous sentons dans cet état.

Il apparaît que des années d’éducation avec un modèle incorrect nous ont fait réprimer des émotions négatives mais saines, uniquement pour valider socialement et individuellement la version la plus tranquille de nous-mêmes. Nous devons apprendre aux enfants que la tristesse a beaucoup de causes, qu’il s’agit d’une réponse naturelle face à quelque chose qui nous dérange et qui peut être canalisé. Nous devons offrir des modèles d’auto-régulation adéquats et favoriser la capacité de réflexion que le mal-être nous offre.

Lire aussi: Choisir le lit superposé idéal

Quand nous leur indiquons de réprimer leurs émotions avec des phrases du style “ne pleure pas”, nous favorisons un affrontement basé sur la peur et la négation du message que les pleurs offrent. Mais qu’il s’agisse d’une émotion dérangeant et négative ne signifie pas qu’elle soit mauvaise. Ainsi, en plus de chercher à comprendre, nous avons l’obligation de les aider à soulager cette émotion et à sortir de ce cercle. Sur ce point, il faut faire attention au degré de gêne des pleurs et, pour cela, il faut faire face à une attente et à une règle éducative ferme : ne pas permettre les excès de colère.

En ce qui concerne ce point, il faut souligner que chez les enfants, surtout entre 2 et 6 ans, les colères sont fréquentes et surtout importantes. Y faire face nous place face à une perspective que nous ne pouvons sous-estimer, en prenant en compte son moment évolutif avec ses besoins et ses forces.

Dans ces cas-là, nous pouvons devenir fous/folles, mais il est essentiel et important que nos mots transmettent le message de “oui aux sentiments et oui à l’enfant, non à la mauvaise conduite”. Attention, nous pouvons valider les émotions et les sentiments en nous plaçant au même niveau de compréhension que l’enfant et en favorisant l’introspection.

Nous savons que les émotions ne se dévoilent pas en exclusivité mais sont extrêmement complexes. Par exemple, nous devons leur enseigner progressivement qu’être triste n’est pas incompatible avec le fait d’être en colère ou d’avoir honte. Ils intégreront cette idée petit à petit en grandissant et en développant leurs pensées.

Pour conclure, nous pouvons dire que, peu importe d’où viennent les larmes, favoriser l’analyse de l’enfant et mettre des mots sur l’origine de son mal-être va permettre une meilleure régulation ainsi qu’une meilleure réflexivité à un moment où ses pensées sont complètement désordonnées et “ne répondent pas” de manière adéquate.

Lire aussi: "Promenons-nous dans les bois": Analyse d'une chanson enfantine

Les Erreurs d'Éducation à Éviter

Certaines pratiques éducatives peuvent entraver le développement émotionnel de l'enfant et favoriser un comportement égoïste et irrespectueux.

Ne pas Exprimer ses Véritables Sentiments

Comme je l'ai expliqué précédemment, le cerveau d'un enfant doit d'abord pouvoir enregistrer l'éventail des sentiments existants. ► Quelles sont les expressions et les gestes qu'utilisent les gens qui éprouvent ces sentiments et comment réagit-on de façon appropriée lorsque l'on est récepteur de ces sentiments? Je travaille avec des enfants atteints de troubles du comportement, bien souvent incapables de déterminer l'état émotionnel de leur interlocuteur : ils ne remarquent pas quand leurs actions provoquent la colère des autres. Ils ne sont pas capables de lire les expressions sur le visage ou la posture de l'autre. Puisqu'ils ne reconnaissent pas ces signaux, ils continuent souvent jusqu'à ce que l'autre explose. C'est alors qu'ils prennent conscience de ses sentiments. Ils interprètent l'explosion comme un signal, mais c'est souvent une surprise pour eux. À l'école, nous devons donc leur enseigner pas à pas à décoder les expressions et les gestes des personnes de leur entourage. Par exemple, le fait que les sourcils froncés sont souvent un signe d'énervement et les larmes, symptomatiques de la tristesse. Normalement, c'est là le rôle des parents ou des éducateurs, quand l'enfant est encore très petit. Ils lui enseignent à se mettre à la place d'un autre, le comprendre, voire adopter son point de vue. Les enfants doivent apprendre à gérer les sentiments.

Ne pas Tolérer la Déception

Pour pouvoir faire face à la vie, les enfants doivent apprendre la résilience, apprendre à encaisser les coups durs et les surmonter pour en sortir plus forts. Les conditions neuronales de la résilience se trouvent dans le cerveau humain, mais elles aussi doivent être développées. Le développement de la résilience repose principalement sur la capacité d'autocontrôle et d'intégration en société.

Si, depuis tout petit, un enfant apprend qu'il peut obtenir et réussir ce qu'il veut par lui-même, il grandit avec cette idée et développe une véritable conscience de soi. Si les personnes auxquelles il est attaché lui font sentir qu'elles le pensent, elles aussi, capable de réussir des choses, l'effet s'en trouve décuplé.

Pour le cerveau de l'enfant, il est beaucoup plus marquant de sentir l'adulte agripper avec anxiété l'enfant en pleine escalade que de l'entendre dire: "Tu peux le faire." L'enfant retiendrait alors surtout le sentiment mitigé de ne pouvoir réussir l'escalade qu'avec une aide extérieure. Il est donc crucial de les laisser, dès le début, essuyer des échecs. Même les bébés, qui geignent parce qu'ils ne savent pas ramper vers l'avant pour atteindre le jouet qu'ils convoitent, n'ont pas besoin d'aide, tant qu'ils ne se mettent pas à pleurer. La frustration qu'ils éprouvent constitue les prémices de leur motivation à se surpasser et apprendre de nouvelles choses. Si les grandes personnes se montrent trop précautionneuses, elles leur coupent les ailes au lieu de les aider à surmonter les obstacles.

Les enfants doivent également apprendre à surmonter les difficultés émotionnelles, ce qui est souvent difficile à supporter pour nous, parents. Supposons qu'au moment de l'éplucher, une banane se brise et que l'enfant pique une colère en exigeant qu'on reconstitue le fruit. En tant que parent, on peut être tentés de faire apparaître, comme par magie, une nouvelle banane, plutôt que d'assister au gros chagrin de l'enfant pendant une demi-heure. Idem lorsqu'un jouet se casse ou se perd. Dans une tentative de consoler l'enfant, on entend souvent les parents promettre de racheter le jouet. Je peux très bien le comprendre. Moi aussi, j'ai longtemps agi ainsi. Je ne pouvais tout simplement pas supporter de voir mes filles aussi tristes. Si un serre-tête favori se casse pendant une séance de jeu, j'en achetais vite un nouveau. Si une des filles était invitée à dormir chez une amie, j'autorisais l'autre, comme lot de consolation, à regarder un film dans l'après-midi. Je ne compte plus le nombre de bananes, de biscuits et de saucisses brisés que j'ai remplacés au cours d'une année! Alors que je sais fort bien que ce n'est pas la meilleure manière de faire. J'aurais mieux fait de les consoler et de les accompagner dans leur tristesse, plutôt que d'éponger rapidement la déception. Parce qu'en agissant ainsi, j'ai contribué à affaiblir toujours un peu plus la capacité de leur cerveau à supporter la frustration.

Prenons l'exemple d'un père, qui serait très pris par son emploi et qui, par conséquent, ne pourrait accompagner son fils à la pêche comme il l'avait promis. Pour le consoler, il lui offre une nouvelle canne à pêche. Un cadeau coûteux qui n'est d'aucune aide à l'enfant. Certes, la canne à pêche est belle et chère, mais le père suggère ainsi au cerveau du fils qu'il est inutile de surmonter la déception et la douleur, et qu'il suffit de détourner son attention. Si, au contraire, le père s'assoit un soir pour expliquer la situation à son fils, s'il supporte les larmes et la colère de celui-ci, s'il offre son épaule pour pleurer puis réconforte l'enfant, le cerveau de l'enfant s'en trouve renforcé. À l'avenir, dans une situation décevante, l'enfant ne craquera pas. Il pourra maîtriser sa déception, parce que, grâce à une personne de référence, son cerveau a déjà enduré la déc…

L'Importance de la Cohérence

Il est donc très important, une fois adulte, de réagir avec naturel quand les sentiments bouillonnent en nous. En tant que grande personne, même si l'on est en colère, il est inutile de lancer d'une voix enjouée: "Oh, ben ça, c'était pas gentil, Constantin!" en affichant un grand sourire. C'est contre-productif dans la mesure où le cerveau de l'enfant n'est alors pas en état d'enregistrer correctement les sentiments en jeu chez l'interlocuteur quand il cogne, fait preuve d'insolence ou même quand il fait quelque chose de bien. Pour éprouver de l'empathie, et agir avec empathie, il est absolument essentiel d'enregistrer correctement le lien action-réaction. C'est important. Sinon, l'évaluation du danger ne peut pas fonctionner correctement. Dans le cerveau, le centre de contrôle décide en quelques secondes si on a intérêt à rendre le coup ou si l'on risque de causer trop de dégâts à soi-même ou à l'autre. Pour évaluer le danger, le cerveau a besoin d'informations fiables (ce qui ne veut pas dire que l'adulte doive rendre le coup pour que l'enfant "apprenne"!) Globalement: vous avez tout intérêt à exprimer les sentiments que vous éprouvez à l'aide d'un répertoire expressif et gestuel riche pour favoriser le développement de l'empathie et le travail du cortex préfrontal chez l'enfant.

Gérer les Colères Parentales

Ici, je voudrais tout de même ajouter un mot d'avertissement: le "pétage de plomb" de la part des parents n'est pas franchement naturel. Selon moi, le mot "naturel" est trop souvent mal interprété par des parents qui justifient leur poussée de colère incontrôlée par "Ah, moi, je suis comme ça. Quand j'ai quelque chose à dire, je le dis." Eh bien non, en fait. Surtout pas. Vos enfants ont peut-être déclenché une crise incontrôlée de cris, de beuglements et d'explosions. Mais ils ne sont pas la véritable cause de vos sentiments extrêmes. Ils ne doivent donc pas en subir les conséquences. Selon les spécialistes, une telle explosion incontrôlée de la part du parent est une réaction dont l'élément déclencheur, le moment et le lieu ont été déplacés et qui devrait en réalité avoir eu lieu durant sa propre enfance mais n'a pas pu être vécue à l'époque. La question de savoir si c'est une vérité absolue peut faire l'objet de débat. Néanmoins, elle ne revêt pas une importance primordiale dans le cas qui nous occupe. Ce qu'il importe de garder à l'esprit, c'est que l'enfant n'est pas responsable des sentiments des parents. Ceux-ci relèvent de notre propre responsabilité. Renoncer à cette responsabilité et reporter la faute sur l'enfant n'est pas un comportement adulte.

Les Particularités des Enfants Précoces

Il est important de noter que les enfants précoces peuvent présenter des particularités en ce qui concerne leurs émotions et leur manière de les exprimer.

Caractéristiques Émotionnelles

L’enfant précoce est fréquemment hypersensible. Il ne supporte pas l’injustice qui lui semble illogique, que ce soit à son encontre ou vis-à-vis des autres. Il fait souvent preuve d’altruisme. Les enfants précoces surprennent par le décalage entre leurs remarques pertinentes et les maladresses dont ils font preuve dans certaines activités. Dans les situations d’urgence, l’enfant précoce fait généralement preuve de beaucoup de sang-froid. Il cède rarement à la panique car son esprit de synthèse évalue rapidement la situation. Il s’en veut souvent, à posteriori, de ne pas être intervenu alors qu’il estime qu’il aurait dû le faire. Dès qu’un sujet l’ennuie, l’enfant précoce s’évade par la pensée. Il se crée alors des univers à lui où il s’évade quand il en ressent le besoin. Il donne alors l’impression qu’il est attentif, mais son esprit est ailleurs. L’ami imaginaire joue aussi un grand rôle dans cet spect des choses. Fréquent et précoce, le recours à l’humour permet à l’EIP d’adopter une position distanciée par rapport aux évènements. L’enfant précoce voit rapidement les failles d’une personne, même adulte, ou d’une démonstration, même complexe, et n’hésite donc pas à les dénoncer.

Difficultés Sociales

L’enfant précoce est rarement celui autour duquel les groupes se forment. Il perçoit sa différence comme un défaut et a du mal à s’insérer socialement. Ne voulant pas se faire remarquer, il peut aller jusqu’à s’automutiler psychologiquement et jouer un rôle de composition, même très jeune (dès les premières années de maternelle).

Les Pleurs des Bébés : Communication et Besoins

Qui n’a jamais été désemparé ou exaspéré des pleurs d’un bébé ? Tous nouveaux parents (particulièrement eux), bien que complètement en adoration devant la petite chose fragile en pleurs qu’ils ont engendrée, se trouvent bien souvent désarmés ! Pourquoi ces pleurs ? Que faire ? De quoi s’agit-il en fait ? de faim, de soif, d’inconfort au sens large, de colère, de peur, de simple désir de communiquer, d’un besoin irrépressible de capter l’attention ? Et tous les enfants pleurent-ils de la même façon ? Que se passe-t-il si on réprouve ces instincts ? Poussons le bouchon un peu plus loin ! Existe-t-il des bébés qui ne pleurent pratiquement pas ? La réponse est « oui, il y en a » : Des anthropologues se sont intéressés à quelques tribus africaines de chasseurs_cueilleurs du Bostwana ( la tribu !Kung par exemple) dont les bébés ne pleurent jamais.

L'Influence de la Langue Maternelle

Voici le titre d’un paragraphe issu d’un article plus général « Bébé apprend …avant sa naissance » paru dans le magazine « Le Monde de l’Intelligence » d’avril-mai 2013. Bref, on y apprend que « dans les jours qui suivent leur naissance, les bébés ne pleurent pas de la même façon selon que leur mangue maternelle est le français ou l’allemand ». Les conclusions sont issues d’une étude franco-allemande de 2009 qui a permis d’observer 60 nouveaux-nés (30 français et 30 allemands) de parents parlant une seule langue. Il apparaît qu’en français, on pleure avec des sons de plus en plus aigus ; au contraire des pleurs allemands qui finissent plus grave comme la mélodie de la langue. La reconnaissance et la reproduction des caractéristiques prosodiques (mélodie, intensité, rythme) d’une langue constitue une première étape importante dans l’acquisition du langage.

D’autres études apportent également la preuve que cette sensibilité s’acquiert bien en amont des premiers mots prononcés : dès le dernier trimestre de la grossesse. En effet, les aspects phonétiques subissent une forte distorsion au-travers du ventre de la mère alors que les caractéristiques prosodiques d’une langue sont préservées. Cela montre aussi que contrairement à ce qui avait été supposé, les pleurs d’un nourrisson ne sont pas restreints par leur activité respiratoire (les fameux pleurs qui « font les poumons »)…sinon tous les bébés pleureraient avec la même modulation, sans être capables de reproduire les mélodies de leur langue. Des résultats là aussi intéressants pour des futurs parents, qui veulent communiquer au plus vite avec leur enfant !

L'Importance de la Réponse Adulte

Lorsqu’un bébé se réveille, pleure, appelle, la tendance naturelle actuelle des professionnels est de se précipiter pour le lever, répondant en cela au nom du sacro-saint : « on ne laisse surtout pas un bébé pleurer ». Ainsi, séance tenante, les professionnels cessent les activités en cours avec d’autres enfants, quittent les univers ludiques dans lesquels ils font office de phare et port d’attache de ceux qu’ils accompagnent, afin de « sauver » ce bébé qui pleure dans son lit. Ils laissent les autres (parfois nombreux), seuls, pour un enfant seul qui pleure dans la chambre. A ce moment-là tout se désorganise. Les enfants ne jouent plus, ils s’agressent éventuellement, pleurent à leur tour. La belle harmonie des enfants jouant tranquillement autour d’un adulte attentif à leurs actions disparait aussitôt, et le professionnel doit revenir en urgence tenter de calmer tout ce monde. C’est un gros effort à fournir. Cela en vaut-il la peine et n’est-il pas possible de faire autrement ?

Si nous arrivons à comprendre comment cela se passe du point du vue du bébé nous pouvons alors laisser de côté à la fois le dogme qui consiste à penser qu’un bébé ne doit pas pleurer et particulièrement pas dans son lit. Les bébés expriment leur malaise (faim, froid, douleur, solitude, etc.) par leurs pleurs. C’est pour eux une stratégie de survie face à leur grande dépendance à ceux qui prennent soin d’eux. Pour autant, pour un professionnel, l’enjeu ne devrait pas être de faire cesser les pleurs d’un petit au plus vite, mais de comprendre ce qui se passe pour lui. Lorsque le bébé pleure, il active une sorte d’alarme de détresse, signifiant « cela ne va pas pour moi ». Ce signal ne s’éteint généralement qu’à l’arrivée de l’adulte venu répondre à sa détresse. L’important pour l’enfant est qu’il apprenne, par la répétition des situations, qu’il va être « sauvé ». Mais le laps de temps (raisonnable évidement) entre ses pleurs et son « sauvetage », importe peu. Et, plus important, c’est cet écart entre son ressenti de malaise et l’arrivée de celui ou celle qui est en mesure d’éteindre son signal d’alarme, qui lui permet de comprendre qu’il n’est pas seul. A force d’intervention, cette personne devient pour lui une figure potentielle d’attachement.

Lorsque les bébés étaient « abandonnés » dans leur lit ou que l’on considérait qu’ils pleuraient pour se faire les poumons, nous ne savions pas encore que cela occasionnait chez eux un stress délétère. A force ils s’épuisaient et comprenaient qu’ils ne pouvaient pas compter sur l’adulte. Cette période est heureusement terminée. Mais il s’agit aujourd’hui de mettre le curseur au bon niveau. Si l’enfant n’a pas le temps de pleurer car nous agissons dès ses premiers cris, alors comment fait-il pour comprendre et apprendre que nous sommes là pour le « sauver » ? Il n’en a pas le temps. Actuellement, les professionnels ont tendance à tout faire pour éviter que les bébés pleurent, cela devient alors l’objectif de la journée. Or, les petits pleurent de plus en plus, ont du mal à dormir et à se calmer. En fait, les bébés apprennent le monde dans lequel il leur est donné d’évoluer. Si le laps de temps est trop court entre leurs pleurs et l’intervention de l’adulte, ils n’ont pas le temps de comprendre ce qui se passe. S’ils sentent que le comportement de l’adulte est de faire cesser leurs pleurs, ils se conforment à la demande et pleurent de plus belle. Si, au contraire l’adulte prend le temps, rassure et cherche plutôt les raisons des pleurs que la méthode pour les faire cesser, alors les bébés pleurent moins et uniquement avec raison.

Ainsi, lorsqu’un bébé pleure dans son lit, il convient de ne pas désorganiser l’univers ludique dans lequel le professionnel assure l’accompagnement des enfants, et d’attendre que sa collègue, celle qui n’est à aucun univers ludique, soit en mesure d’aller prendre soin de lui, même si cela se fait après le change de la couche d’un autre enfant. Il n’y a pas lieu de se précipiter et dans les 10 ou 15 minutes suivantes nous sommes certains qu’un professionnel de l’équipe sera en mesure de répondre à l’appel de l’enfant….A moins qu’il se soit rendormis entre temps ? En effet, les petits pleurent fréquemment entre deux phases de sommeil et parfois cela leur sert à se rendormir. Encore une fois si nous ne leur laissons pas cette possibilité, ils ne peuvent pas l’expérimenter et savoir qu’ils en sont capables. Le propos n’est pas ici de dire qu’il faut laisser les enfants pleurer, mais bien d’insister sur le fait de ne pas désorganiser le fonctionnement de la crèche pour intervenir trop tôt auprès d’un enfant qui pleure. Un travail d’équipe se met alors en œuvre pour savoir qui fait quoi et pouvoir compter sur les collègues. Ce travail permet en plus de ne pas éprouver la culpabilité éventuelle du « mauvais professionnel » qui laisse l’enfant pleurer. Le fond : apprendre à connaitre l’enfant et chercher les raisons de ses pleurs, et la forme : organiser le fonctionnement de la crèche pour permettre des interventions raisonnées sans déséquilibre, mais en toute fluidité, sont ici liés. Le projet pédagogique : l’affaire de tous.

tags: #les #enfants #cool #ne #pleurent #pas

Articles populaires:

Share: