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L'Avortement du Porte-Avions Verdun : Histoire et Impact sur la Stratégie Navale Française

Introduction

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, la France, bien que victorieuse, est confrontée à une situation économique difficile et à des impératifs de reconstruction. Dans ce contexte, la Marine nationale, qui a pourtant joué un rôle crucial dans la maîtrise des mers et le maintien des communications maritimes, subit des restrictions budgétaires drastiques. La défense des côtes devient une priorité, mais les moyens alloués sont limités, ce qui conduit à des choix stratégiques complexes et parfois contradictoires. L'étude du projet avorté du porte-avions Verdun permet de comprendre les enjeux de cette période charnière et les orientations prises par la Marine française.

Le Contexte Budgétaire et la Réorganisation de la Marine

La fin de la Première Guerre mondiale marque le début d'une période de restrictions budgétaires pour la Marine française. La Chambre des députés, soucieuse de réduire les dépenses publiques, exige une réforme en profondeur de l'état-major général (EMG) et des économies dans divers domaines, tels que la suppression d'arsenaux et d'établissements métallurgiques. Face à ces contraintes, la Marine doit repenser son organisation et ses priorités.

Georges Leygues, ministre de la Marine, initie une réforme du Conseil supérieur de la Marine (CSM) en réduisant sa section permanente. Son successeur, Adolphe Landry, approfondit cette réforme en prévoyant une coopération accrue avec le ministère de la Guerre. Le décret du 14 mars 1920 rappelle les deux rôles de la Marine : la guerre sur mer et la défense du littoral. Le CSM, présidé par le ministre de la Marine, est composé du CEMG et de six vice-amiraux. Des officiers généraux de l'Armée y siègent également, assurant ainsi une coordination interarmées.

L'objectif principal de la réforme de l'EMG est de le transformer en un organe de réflexion et de direction, chargé de préparer la guerre et de décharger ses bureaux des tâches courantes. L'EMG est divisé en plusieurs bureaux, dont le cinquième bureau (EMG5), chargé de la défense du littoral, est rattaché à l'EMG3.

La Stratégie Navale Française et la Défense des Côtes

Les premières réunions du CSM consacrées à l'avenir de la Marine se tiennent en mars 1920. Elles aboutissent à une note secrète, rédigée par le vice-amiral Amet, qui définit la liberté des communications maritimes en Méditerranée occidentale comme l'objectif principal de la stratégie navale française. Cette stratégie prend en compte les menaces potentielles, notamment celles venant d'Italie, et met l'accent sur la sécurité des passages entre la Corse et la métropole, ainsi qu'entre la Sardaigne et la Sicile.

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La Marine est consciente de la vulnérabilité des ports aux attaques aériennes, rendue possible par le développement des porte-avions. Elle réfléchit donc aux moyens de renforcer la défense de ses installations vitales contre les raids aériens. La défense du littoral est également considérée comme essentielle, et l'amiral Amet met en garde contre des conclusions hâtives tirées de l'attaque manquée des Dardanelles.

Il est primordial que le littoral soit défendu par la maîtrise de la mer et par ses propres moyens, sans entraver les mouvements de la flotte. Toute région dont le littoral peut être attaqué par l'ennemi doit trouver dans les ressources militaires et industrielles de son arrière-pays les moyens de sa défense, ceci étant particulièrement vrai en cas de rupture des communications avec la métropole pour la Corse, l'Algérie et la Tunisie.

Le Programme d'Armement du Littoral et le Rôle de l'Artillerie Côtière

Le premier projet de programme d'armement du littoral en artillerie est achevé en juillet 1920. Ce document de référence, préparé par l'EMG1, précise les objectifs de la nouvelle artillerie de côte : interdire à l'ennemi l'attaque des bases et arsenaux, les blocus et embouteillages, les débarquements et la capture de bases d'opérations rapprochées. L'artillerie de côte est considérée comme le rempart ultime de la défense du littoral, dans l'hypothèse où les éléments flottants n'ont pu empêcher l'ennemi de préparer et entreprendre une de ces opérations.

L'EMG estime que l'artillerie de côte doit être équivalente à celle des bâtiments de combat modernes. Il préconise une large part d'artillerie mobile, notamment pour l'artillerie principale (calibre supérieur à 16 cm), et la constitution, dans chaque région maritime, d'une réserve générale d'artillerie mobile de grande et moyenne portée. La « base » de l'artillerie de côte demeure toutefois fixe, cette permanence étant seule à pouvoir garantir l'ouverture immédiate du feu en cas d'attaque. Elle est constituée par du matériel provenant des bâtiments déclassés de la flotte, notamment des tourelles de ces bâtiments. Il est également prévu de conserver des batteries de mortiers pour interdire à l'ennemi les rades et mouillages.

La mobilité est également préconisée pour l'artillerie secondaire, non pas assurée par les seules voies ferrées, mais surtout par routes. Le calibre choisi est donc un compromis entre la puissance de tir et la « légèreté » du matériel. La Marine s'intéresse particulièrement au nouveau canon de 155 GPF (« Grande Puissance Filloux »), pièce la plus moderne de l'armée française, dont elle a pu apprécier les performances sur les fronts terrestres. L'artillerie légère (calibre inférieur à 120 mm), prévue fixe pour la défense des filets, des passes, des entrées de ports et contre les coups de main, est destinée à lutter contre des bâtiments rapides et à assurer le tir contre avions.

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Le Cas du 5e Arrondissement Maritime (Toulon)

Le 5e arrondissement maritime (Toulon) est particulièrement concerné par le programme d'armement du littoral, en raison de la menace italienne. Le littoral méditerranéen de la métropole possède de « nombreux points du plus haut intérêt », dont ceux « à l'est du Rhône sont à portée d'attaques aériennes contre lesquelles ils doivent être défendus » et qui sont vulnérables à des attaques brusquées nécessitant l'action rapide d'ouvrages fixes. L'EMG reconnaît que la géographie du littoral méditerranéen se prête peu au déploiement de batteries mobiles.

Les installations fixes projetées doivent donc se concentrer, par ordre décroissant d'importance, autour de Toulon, Marseille, Nice-Villefranche, la Corse et Port-Vendres-Cette. Toulon revêt une importance capitale en raison de son arsenal et de sa rade, tout comme la rade d'Hyères, zone de concentration de la flotte et point favorable à des débarquements hostiles. Pour cette seule zone, le programme de 1920 prévoit cinq batteries d'artillerie principale à Sicié, Cépet, Giens, Porquerolles et Bénat, directement flanquées par six batteries d'artillerie secondaire mobiles à Cépet, Porquerolles et Bénat. Quatre batteries d'artilleries secondaires fixes sont également prévues, complétant ainsi le dispositif de défense.

L'Aviation Militaire Française Pendant la Première Guerre Mondiale

Aussi ingrate à l’égard de sa Marine qu’après la guerre franco-prussienne de 1870, la France la sacrifie à nouveau sur l’autel de la victoire de 1918.

Durant la Première Guerre mondiale, l'aviation militaire française connaît un essor considérable, passant d'un rôle marginal à une arme essentielle. Les aviateurs français se distinguent par leur courage et leur ingéniosité, et l'aviation joue un rôle déterminant dans la reconnaissance, le réglage d'artillerie, le bombardement et la chasse.

Plusieurs facteurs contribuent à cette évolution :

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  • L'amélioration des technologies aéronautiques : Les avions deviennent plus performants, plus rapides et plus maniables. De nouveaux types d'appareils sont développés, tels que les bombardiers et les chasseurs.
  • L'organisation de l'aviation militaire : L'aviation militaire est structurée en escadrilles, puis en groupes de combat, ce qui permet une meilleure coordination des opérations.
  • L'émergence d'As de l'aviation : Des pilotes talentueux, tels que Georges Guynemer et René Fonck, deviennent des héros nationaux et contribuent à populariser l'aviation.

L'aviation militaire française joue un rôle important dans plusieurs batailles de la Première Guerre mondiale, notamment à Verdun, où elle subit de lourdes pertes mais contribue à la défense du territoire.

Le Breguet XIV : Un Avion de Légende

Le Breguet XIV est un avion de bombardement et de reconnaissance français, produit à partir de 1917. Il est considéré comme l'un des meilleurs avions de la Première Guerre mondiale, grâce à sa robustesse, sa fiabilité et ses performances.

Le Breguet XIV est utilisé par de nombreuses escadrilles françaises sur le front occidental, ainsi qu'en Macédoine, en Serbie et en Grèce. Il est également exporté vers plusieurs pays après la guerre.

Cet avion est un symbole de l'aviation française pendant la Première Guerre mondiale et contribue à la victoire des Alliés.

Les Projets de Bombardement Stratégique et le Rôle de l'Aviation en 1918

En 1918, l'aviation militaire française est en pleine expansion et joue un rôle de plus en plus important dans la conduite de la guerre. Des projets de bombardement stratégique sont élaborés, visant à frapper les centres industriels et les infrastructures allemandes.

L'aviation est également utilisée en masse lors des offensives alliées, pour appuyer les troupes au sol et harceler les lignes ennemies. Les appareils de chasse et de bombardement de jour appartiennent aux groupements « Ménard » et « Féquant » (du nom des chefs de chaque dispositif), les bombardiers de nuit à « Chabert » et « Villomé ».

L'aviation militaire française contribue ainsi à la victoire finale des Alliés en novembre 1918.

Les Restrictions Budgétaires et la Défense des Côtes

Aussi ingrate à l’égard de sa Marine qu’après la guerre franco-prussienne de 1870, la France la sacrifie à nouveau sur l’autel de la victoire de 1918.

Les efforts des marins sur les fronts terrestres, leur contribution à l’action de l’artillerie et, surtout, leur rôle primordial dans la maîtrise des mers et le maintien des communications maritimes ne sont pas reconnus par la Patrie, qui n’a d’yeux que pour ses soldats. Cette ingratitude se concrétise par des restrictions budgétaires entreprises dès la fin de 1919 par la commission du Budget de la Chambre.

Le 2 janvier 1920, le ministre de la Marine, Georges Leygues, adresse à l’ensemble des établissements de la Marine les demandes de la Chambre visant à réduire le coût de fonctionnement d’un Département qui a pris une importance majeure au cours de la guerre et a vu ses effectifs croître massivement. La Chambre estime que l’EMG doit se réformer en profondeur, afin de gagner en efficacité, et qu’existent des domaines dans lesquels des économies pourraient être réalisées : suppression d’arsenaux, d’établissements métallurgiques (Ruelle, Indret et Guérigny) ou du laboratoire central de l’Artillerie navale, recours à la production de l’industrie privée, simplification de la comptabilité, etc.

Dans un contexte de restrictions budgétaires, la Marine française doit faire des choix difficiles et renoncer à certains projets ambitieux. La défense des côtes devient une priorité, mais les moyens alloués sont limités, ce qui conduit à privilégier l'artillerie côtière et à renoncer, du moins temporairement, à la construction de nouveaux bâtiments de guerre, dont le porte-avions Verdun.

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