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Le Gymiso et l'Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) : Informations Essentielles

Cet article vise à informer de manière complète et précise sur l'utilisation du Gymiso (misoprostol) dans le cadre de l'interruption volontaire de grossesse (IVG). Nous aborderons sa composition, son mécanisme d'action, le déroulement de l'IVG médicamenteuse, les risques potentiels, le cadre légal et les alternatives possibles.

Composition et Action du Misoprostol (Gymiso)

Le Gymiso est un médicament dont le principe actif est le misoprostol. Il se présente sous forme d'une dispersion à 1 % de misoprostol dans l'hypromellose. Le misoprostol est un analogue de synthèse de la prostaglandine E1. Aux doses recommandées, le misoprostol entraîne des contractions des fibres musculaires lisses du myomètre et un relâchement du col utérin. Après administration orale, le misoprostol est absorbé et rapidement métabolisé. Les concentrations plasmatiques du misoprostol acide, son métabolite de dégradation principal, atteignent un pic à la 30ème minute environ, avant de diminuer rapidement. Le misoprostol n'a pas d'interaction médicamenteuse connue.

Les prostaglandines sont des molécules sécrétées naturellement par l'organisme qui activent diverses voies de signalisation, en jouant un rôle important notamment dans l'ovulation, la fécondation et l'implantation. Les prostaglandines interviennent également au niveau du système nerveux central, pulmonaire, cardiovasculaire (régulent la pression artérielle et la formation de caillots) et agissent aussi sur les glandes endocrines.

L'IVG Médicamenteuse : Déroulement et Médicaments Impliqués

L'IVG médicamenteuse est une méthode d'interruption de grossesse qui implique la prise de deux médicaments : la mifépristone et le misoprostol (Gymiso ou MisoOne). En France, elle est autorisée jusqu'à 7 semaines de grossesse (9 semaines d'aménorrhée) en cabinet de ville, centre de planification ou centre de santé. Elle peut être pratiquée par un médecin ou une sage-femme justifiant d'une compétence professionnelle adaptée et dans le cadre d'une convention conclue avec un établissement de santé autorisé à pratiquer des IVG.

Les étapes clés de l'IVG médicamenteuse :

  1. Consultation initiale : L'âge de la grossesse doit être déterminé à partir de l'interrogatoire (date des dernières règles) et de l'examen clinique. Signature d’un formulaire de consentement par la femme et obtention des deux médicaments nécessaires à l’IVG : mifépristone (Mifégyne) et misoprostol (Gymiso ou MisoOne). La patiente devra être informée de la survenue de métrorragies prolongées (jusqu'à 12 jours après la prise de mifépristone) parfois abondantes.
  2. Prise de Mifépristone : La mifépristone, souvent appelée "pilule abortive", bloque l'action de la progestérone, une hormone essentielle au maintien de la grossesse.
  3. Prise de Misoprostol (Gymiso) : 36 à 48 heures après la mifépristone, le misoprostol est administré. Il provoque des contractions utérines et le relâchement du col de l'utérus, entraînant l'expulsion de l'embryon. Dans 60% des cas, cela se produit environ 4 heures après la prise du comprimé. On recommandera à la patiente de ne pas s'éloigner du centre prescripteur tant que l'expulsion complète n'aura pas été constatée. Les saignements qui apparaissent après la prise des comprimés ne témoignent pas systématiquement de l'expulsion totale de l'embryon ; ils ne doivent donc pas être perçus comme une preuve absolue de réussite de la procédure d'interruption de grossesse.
  4. Visite de contrôle obligatoire : Une visite de contrôle doit avoir lieu entre 14 et 21 jours après l’utilisation de mifépristone afin de vérifier cliniquement et/ou à l'aide d'une échographie utérine que l'interruption de la grossesse est complète. Ces vérifications sont absolument essentielles pour s’assurer que la grossesse est bien arrêtée et qu’il n’y a pas de complications. vérifier (grâce à l’examen clinique et éventuellement l’échographie et, en cas de doute, le dosage des bêta-HCG plasmatiques) que le fœtus a bien été expulsé et que l’utérus est vide lors de la visite de contrôle obligatoire, qui a lieu 2 à 3 semaines après l’IVG. La vérification du taux d’hormone béta HCG à travers un test urinaire ou une prise de sang. Durant cette échange, si vous en ressentez le besoin, vous pouvez confier vos ressentis à votre médecin ou sage-femme. Dans certains cas, cette visite de contrôle n’est pas réalisée.

Risques et Effets Secondaires Potentiels du Misoprostol

Comme tout médicament, le misoprostol peut entraîner des effets secondaires. Les plus fréquents sont :

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  • Métrorragies prolongées (jusqu'à 12 jours après la prise de mifépristone) parfois abondantes. En raison de métrorragies abondantes nécessitant un curetage hémostatique dans 0 à 14 % des cas lors de l'interruption médicale de grossesse, les patientes porteuses de troubles de la coagulation à type d'hypocoagulabilité ou anémiques doivent être particulièrement surveillées.
  • Troubles gastro-intestinaux : nausées, vomissements, diarrhées, douleurs abdominales.
  • Troubles généraux : céphalées, malaise et plus rarement frissons et fièvre.

Plus rarement, des effets indésirables graves peuvent survenir :

  • Des accidents cérébrovasculaires ou cardiovasculaires rares mais graves, potentiellement mortels (arrêt cardiaque, infarctus du myocarde, spasmes des artères coronaires, hypotension sévère et/ou accidents vasculaires cérébraux), ont été rapportés suite à une utilisation de misoprostol.
  • Des cas graves (incluant des cas fatals) de syndrome de choc toxique et de choc septique faisant suite à des infections par des pathogènes atypiques (Clostridium sordelii et perfringens, Klebsiella pneumoniae, Streptococcus groupe A), ont été rapportés après une interruption de grossesse médicamenteuse réalisée avec administration vaginale non autorisée de comprimés de misoprostol destinés à la voie orale. De très rares cas de choc toxique et de choc septique graves ou fatals (causés par Clostridium sordellii ou perfringens, Klebsiella pneumoniae, Streptococcus groupe A), pouvant être ou non accompagnés d’une fièvre ou d’autres symptômes évidents d’infection, ont été rapportés suite à une administration vaginale non autorisée de comprimés de misoprostol destinés à l’utilisation orale.
  • L’échec de l’interruption de grossesse (grossesse évolutive) a été associé à une augmentation par 3 du risque de malformations congénitales dans le cas de grossesses évolutives exposées à la mifépristone et au misoprostol ou au misoprostol seul, comparé au groupe contrôle (environ 2%). L’exposition du fœtus au misoprostol ou à la mifépristone a été associé à une augmentation du risque de syndrome de Moebius et/ou à la maladie des brides amniotiques et/ou à des anomalies du système nerveux central (voir section 4.6). si vous choisissez de poursuivre votre grossesse jusqu’à son terme, un suivi particulier du futur enfant devra être effectué. En effet, les médicaments utilisés dans l’IVG médicamenteuse sont tératogènes c’est-à-dire qu’ils peuvent provoquer des malformations graves chez les enfants exposés pendant la grossesse (au niveau des membres, de la face, du cerveau). si elle décide de poursuivre sa grossesse, informez-la du risque tératogène des médicaments utilisés. En effet, l’exposition prénatale au misoprostol ou à la mifépristone a été associée à une augmentation du risque malformatif multipliée par trois par rapport aux enfants dont les mères n’ont pas été exposées à l’une de ces molécules pendant la grossesse. Ces malformations graves peuvent notamment toucher les membres, la face, le cerveau.

Il est crucial de signaler tout effet indésirable suspecté après l'autorisation du médicament aux autorités compétentes pour une surveillance continue du rapport bénéfice/risque.

Contre-indications à l'Utilisation du Misoprostol

Les contre-indications du misoprostol sont les suivantes : une hypersensibilité au misoprostol ou à l'un des excipients du médicament, des antécédents d'allergie aux prostaglandines, une grossesse non confirmée par un examen biologique ou par échographie et une suspicion de grossesse extra-utérine.

Efficacité de l'IVG Médicamenteuse et Gestion des Échecs

L’IVG médicamenteuse est efficace dans 95% des cas. Un risque non négligeable de grossesse évolutive existe pour 1 % des cas d’interruption médicamenteuse de grossesse réalisée jusqu’au 49e jour d’aménorrhée et après une administration par voie orale. Ce risque rend la visite de contrôle obligatoire, afin de vérifier qu’une expulsion complète a eu lieu. Le risque d’échec de cette IVG médicamenteuse existe (5% des cas). Ce risque augmente quand le protocole n’est pas respecté (non-respect des doses ou du délai d’administration des médicaments) ou lorsque l’IVG est réalisée à un stade avancé de la grossesse.

Signes d'échec de l'IVG médicamenteuse :

  • Persistance des symptômes de grossesse.
  • Absence d'expulsion du sac gestationnel.
  • Saignements persistants et abondants.

Si l’avortement par voie médicamenteuse n’a pas fonctionné, une intervention chirurgicale est nécessaire. Une deuxième procédure d’interruption de grossesse doit être envisagée. La prise d’un médicament avant l’opération permet de dilater le col de l’utérus. Durant l’intervention, le médecin effectue une aspiration endo-utérine. Il va donc aspirer le contenu de votre utérus à l’aide d’un petit tube.

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Cadre Légal et Accessibilité du Misoprostol

En France, le droit à l’avortement existe depuis 1975. Le misoprostol, médicament de la liste 1 des substances vénéneuses, n'est disponible que sur ordonnance établie par un professionnel de santé habilité. Hors établissements de santé : prescription réservée aux médecins, sages-femmes et centres habilités, conformément à l’article L.

Dans le cadre d'une IVG, la délivrance de Gymiso® et de Misoone® par les pharmacies d'officine est strictement encadrée et, sauf dérogations relatives au contexte sanitaire lié au Covid 19 et aux cas de téléconsultations, ce médicament est remis directement au professionnel de santé encadrant l'interruption volontaire de grossesse et non à la patiente directement.

Seuls les médecins, les sages-femmes, les centres de planification ou d'éducation familiale et les centres de santé ayant conclu une convention avec un établissement de santé peuvent s'approvisionner en médicaments nécessaires à la réalisation d'une interruption volontaire de grossesse par voie médicamenteuse (article R.2212-16 du CSP).

Une pharmacie d'officine peut dispenser les médicaments nécessaires à la réalisation de l’IVG sur présentation d’une prescription établie par un médecin ou une sage-femme lors d’une téléconsultation de la patiente (articles R2212-14-1 et R2212-16 CSP).

Pénuries de Misoprostol : Un Enjeu d'Accès à l'Avortement

Depuis plusieurs semaines, la France connaît des pénuries de misoprostol, une molécule utilisée pour les avortements médicamenteux. Ce médicament intervient dans 76% des IVG, selon les derniers chiffres de la Drees. Ces pénuries font craindre une limitation de l’accès à l’avortement. Le Gymiso et le MisoOne, des médicaments à base de misoprostol, manquent à l’appel dans les pharmacies lilloises et dans certaines officines parisiennes.

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Ces tensions sont suivies de très près par l’Agence nationale de sécurité du médicament.

Alternatives à l'IVG Médicamenteuse

Il existe une alternative à l'IVG médicamenteuse : l'IVG chirurgicale. Cette méthode consiste en une aspiration du contenu utérin par un médecin. Le choix entre les deux méthodes dépend des préférences de la patiente, de son état de santé et du terme de la grossesse.

Rôle des Professionnels de Santé et Prévention des IVG

Quel est le rôle des médecins généralistes et des sages-femmes dans ces IVG médicamenteuses ? vérifier (grâce à l’examen clinique et éventuellement l’échographie et, en cas de doute, le dosage des bêta-HCG plasmatiques) que le fœtus a bien été expulsé et que l’utérus est vide lors de la visite de contrôle obligatoire, qui a lieu 2 à 3 semaines après l’IVG.

Comment pourrait-on prévenir certaines de ces IVG ? Il faut développer l’information des femmes à qui l’on ne parle pas assez de contraception. La femme peut débuter une nouvelle grossesse dès que l’interruption de grossesse a été réalisée.

Le Misoprostol dans la Prise en Charge des Fausses Couches

Les spécialités Mifégyne 200 mg ® et 600 mg ®, Gymiso 200µg ® et Misoone 400µg ® font l’objet d’un cadre de prescription compassionnelle (CPC) effective ​depuis le 1er mars 2018 et dont l’indication est la prise en charge des fausses couches précoces du premier trimestre (avant 14 SA) en cas de grossesses arrêtées.​ Dans le cadre de cette CPC, ces 2 médicaments sont accessibles pour tous les médecins (contrairement à l'indication IVG qui est réservée aux médecins ou sage-femmes ayant conclu une convention avec un établissement de soins), sur présentation d'une ​commande à usage professionnel portant les mentions « usage professionnel » et "prescription au titre d'un accès compassionnel en dehors du cadre d'une autorisation de mise sur le marché" .​

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