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Clonage, Embryon et Éthique : Définitions et Enjeux Contemporains

Certains événements scientifiques marquent l'histoire, tant au niveau individuel que collectif. L'annonce de la naissance de la brebis Dolly en 1997 a eu un impact mondial immédiat. Pour la première fois, l'humanité avait réussi à manipuler le vivant pour créer un mammifère sans reproduction sexuée, c'est-à-dire sans fécondation d'un ovule par un spermatozoïde. Cette avancée scientifique a suscité des inquiétudes quant à son application à l'espèce humaine.

Définition du Clonage

Le clonage est un processus biologique qui vise à créer un organisme génétiquement identique à un autre. Il est basé sur la reproduction asexuée d'une cellule ou d'un individu, sans l'intervention de gamètes. Le clonage est un procédé de reproduction asexuée puisqu'il n'y a plus de rencontre entre les deux cellules sexuelles, l'ovule et le spermatozoïde.

Le mot clonage est utilisé ici pour désigner la technique de transfert d'un noyau d'une cellule différenciée dans un ovule énucléé.

Techniques de Clonage

Il existe plusieurs types de clonage, mais la technique la plus connue est le transfert de noyau de cellule somatique (TNCS). Cette technique consiste à transférer le noyau d'une cellule somatique adulte dans un ovule énucléé, c'est-à-dire un ovule dont le noyau a été retiré. L'ovule ainsi modifié est ensuite stimulé pour qu'il se divise et se développe, créant ainsi un embryon cloné.

Dès les années 1950, plusieurs chercheurs avaient développé la technique du transfert de noyau qu'ils appliquaient aux amphibiens utilisés comme vertébrés modèles. En 1986, le Danois Steen Willadsen avait obtenu, déjà chez la brebis, un développement complet, mais à partir de noyaux d'embryons au stade huit cellules transplantés dans le cytoplasme d'un ovule non fécondé énucléé, c'est-à-dire dont on a retiré le noyau.

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Applications du Clonage

Dans la nature, certains organismes comme les bactéries ou les plantes se reproduisent par clonage. En laboratoire, le clonage animal a été rendu célèbre par la brebis Dolly (1996). Aujourd'hui, des animaux clonés ont été obtenus à partir de noyaux de cellules adultes chez une douzaine de mammifères. C'est la même technique que celle utilisée pour la brebis Dolly qui est mise en œuvre, avec quelques variantes. Toutefois, le nombre de clones obtenus à ce jour reste encore limité : une dizaine seulement chez des espèces comme le lapin, le rat, le chat, le chien ou le cheval ; quelques centaines chez le mouton, la chèvre ou… la souris ; mais près d'un millier chez le porc et de 3 000 chez les bovins.

Le clonage animal est une technique de reproduction assistée asexuée qui permet de créer des individus génétiquement presque identiques à un original, avec jusqu’à 99,99 % de similarité dans leur ADN nucléaire. Elle repose sur le transfert nucléaire de cellules somatiques, une procédure consistant à remplacer le noyau d’un ovocyte par celui d’une cellule de l’animal à cloner. L’embryon résultant est implanté dans une femelle receveuse, qui mènera la gestation. Actuellement, cette technique a été appliquée avec succès à diverses espèces, comme les chiens, les chats, les chevaux, les chameaux, les vaches et les moutons, entre autres.

Définition de l'Embryon

L’embryon peut être vu comme un organisme en voie de développement : au sens figuré, c’est ce qui commence d’être mais qui n’est pas achevé. Si une définition du terme « embryon » existe, le droit français n’est pourtant pas clair quant à son statut : l’embryon n’est pas reconnu comme ayant une personnalité juridique toutefois, cela ne veut pas dire qu’il ne dispose pas de protection ou de droits, l’embryon étant une personne en devenir.

Un embryon est un organisme en développement, issu de la fécondation d'un ovule par un spermatozoïde. L'embryon humain est protégé par la loi, mais son statut juridique est complexe et fait l'objet de débats éthiques.

Les cellules souches embryonnaires, voire les tissus qui en seraient issus pourraient être utilisés pour « réparer » un tissu malade chez le donneur de noyau, sans risque de rejet par le système immunitaire. L'autorisation ou l'interdiction du clonage à finalités thérapeutiques fait toujours l'objet de discussions très vives, et de nombreuses instances de par le monde se sont emparées de cette question.

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Clonage Non Reproductif ou Thérapeutique

Le clonage dit non reproductif, encore appelé thérapeutique ou plutôt à visée thérapeutique, consiste à transférer le noyau d’une cellule somatique adulte dans un ovule énucléé avec pour objectif d’engendrer des cellules souches embryonnaires dont la culture in vitro pourrait fournir des lignées de cellules différenciées ou de tissus susceptibles d’être utilisés, notamment par greffes, dans le but de traiter une maladie.

À aucun moment n’est envisagée l’implantation dans un utérus, ce qui exclut toute possibilité de grossesse et donc de naissance d’un enfant. Autrement dit, cette technique n’est pas une technique de procréation mais un moyen de fabriquer des lignées de cellules ou des tissus génétiquement identiques à l’individu chez qui a été prélevée la cellule adulte d’où provient le noyau utilisé.

C’est pourquoi, afin de ne pas confondre cette technique avec celle qui consisterait à faire naître des enfants, à la manière de la brebis Dolly et d’autres mammifères « clonés », il est préférable de ne pas parler ici de clonage mais plutôt de transfert de noyau somatique.

Enjeux Éthiques et Légaux

Le clonage humain, bien qu’envisagé sur le plan technique, reste hautement controversé et interdit dans la plupart des pays, y compris en France, où la loi de bioéthique prohibe la création d’embryons par clonage à des fins de reproduction, de recherche, industrielles, commerciales ou thérapeutiques (articles L. 2151-1 à 4 du Code de la santé publique).

Dès l'annonce médiatique de la naissance de la brebis Dolly, les présidents des États-Unis et de la France de l'époque, Bill Clinton et Jacques Chirac, ont tout de suite proposé qu'un interdit universel du clonage reproductif humain soit édicté. Le débat sur le clonage fut donc d'abord un débat éthique.

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En France, pour en clarifier les enjeux, le Comité consultatif national d'éthique, dans un avis rendu le 22 avril 1997 en réponse à la demande du président de la République, souligna la nécessité d'une distinction entre le clonage reproductif, aboutissant à la naissance d'êtres humains, et le clonage non reproductif visant « la production d'embryons dont le développement serait arrêté à un stade plus ou moins précoce pour obtenir des cellules immunocompatibles à des fins de thérapie cellulaire ». Ainsi, deux mois à peine après l'annonce de la naissance de la brebis Dolly, la question du clonage humain à des fins reproductives ou à des fins thérapeutiques était posée par une des rares instances nationales d'éthique alors en place dans le monde.

Le clonage à finalité reproductive implique la transplantation de l'embryon et son développement in utero. Aujourd'hui, cette pratique est interdite chez l'homme dans quasiment tous les pays, même si cet interdit n'est pas toujours formellement énoncé. Le clonage à finalités thérapeutiques vise à utiliser le potentiel de développement que retrouve le noyau d'une cellule adulte au contact du cytoplasme d'un ovule pour isoler in vitro, très tôt au début de la vie de l'embryon, des lignées de cellules souches embryonnaires de même constitution génétique que l'organisme dont elles sont issues.

Positions Internationales

Si la France reste réticente et catégorique sur le sujet du clonage, des modifications génétiques ou encore de la création d’embryons à des fins de recherches, ce n’est pas une universalité puisque d’autres pays ont adopté des positions divergentes : nous pouvons citer la Chine et les États-Unis qui autorisent, par exemple, la modification génétique en intervenant sur le génome. Aussi, la Belgique, le Royaume-Uni, la Suède ou encore la Russie autorisent la création d’embryons à des fins de recherches.

Alternatives et Perspectives

Une alternative consisterait à recourir à des cellules souches adultes, cellules que l'on commence à savoir isoler à partir de différents tissus, par exemple le sang, la peau, le muscle ou le tissu nerveux. Une autre alternative consisterait à induire directement la dédifférenciation de cellules différenciées adultes en les exposant à des facteurs présents dans les cellules souches embryonnaires. En d'autres termes, on pourrait reprogrammer le noyau de ces cellules sans recourir au clonage.

Plusieurs de ces facteurs de reprogrammation ont été isolés ces dernières années. Cette voie de recherche a beaucoup progressé depuis un an avec les travaux de Shinya Yamanaka et ses collègues de l'Université de Kyoto sur des fibroblastes. Ce sont des cellules banales et abondantes, présentes dans de nombreux tissus de l'organisme et faciles à obtenir. Cette approche pourrait rendre obsolète le recours aux cellules souches embryonnaires humaines, dont l'utilisation soulève des questions éthiques, et aux cellules souches adultes, rares et souvent difficiles à isoler.

Par conséquent, la distinction entre clonage thérapeutique et clonage reproductif qui s'est imposée dans le débat éthique pourrait perdre de sa pertinence dans un avenir proche.

Les Clones Ne Sont Pas Des Copies Conformes

Le clone et l'animal donneur ont bien le même ensemble de gènes nucléaires. Ils sont donc génétiquement très proches, mais ils ne sont pas pour autant génétiquement identiques. En effet, contrairement aux vrais jumeaux, l'adn mitochondrial transmis par la mère (l'ovocyte receveur, dans le cas du clonage) est différent d'un clone à l'autre : il est issu du cytoplasme de chacun des ovules que l'on doit utiliser pour reprogrammer l'activité du noyau de chacune des cellules adultes donneuses.

Qui plus est, hormis les différences génétiques dues à cette différence d'adn mitochondrial, les clones ne peuvent pas être des copies conformes, car le génome ne détermine pas toutes les caractéristiques d'un individu : les facteurs épigénétiques et environnementaux participent au développement de tout organisme vivant. Les facteurs épigénétiques induisent des modifications dans le fonctionnement des gènes sans perturber les séquences d'adn elles-mêmes, et leurs effets se transmettent aux cellules-filles (contrairement aux facteurs environnementaux).

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