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L'Afrique, Berceau de l'Humanité : Mythes et Réalités

Introduction

L'idée que l'Afrique est le berceau de l'humanité est profondément ancrée dans la conscience collective. Cependant, les découvertes paléontologiques et génétiques récentes complexifient ce récit, remettant en question une vision trop simpliste de nos origines. Ce documentaire explore les multiples facettes de cette question, en s'appuyant sur les recherches les plus récentes et les témoignages de spécialistes du monde entier.

L'Afrique : Un Berceau Contesté

Depuis longtemps, l’Afrique est considérée comme le berceau de l’humanité. Mais, cette conception est remise en cause par plusieurs découvertes. Si cet indice du commencement de notre histoire évolutive a disparu, une molaire découverte en Bulgarie permet de dater l’espèce concernée à 7 millions d’années avant notre ère et, plus précisément, à l’époque où la lignée des chimpanzés et celle de l’homme ont divergé. Le berceau de l’humanité serait-il donc européen ?

Des découvertes européennes troublantes

En Crète, un paléontologue a mis au jour en 2002 des empreintes de pas fossilisées caractéristiques d’une marche bipède, datant d’il y a environ six millions d’années, soit trois millions d’années de plus que tous les fossiles africains exhumés à ce jour… En 2011, Madelaine Böhme et son équipe ont nourri cette hypothèse, avec la découverte de fossiles d’animaux, provenant du sud de l’Allemagne, qui ont permis d’identifier une nouvelle espèce de grands singes, les Danuvius guggenmosi. Hybrides, ils annoncent la bipédie de l’homme, tout en se rattachant au mode de vie des grands singes quadrupèdes qui vivaient dans les arbres : le fameux chaînon manquant ? Autant d’éléments qui mettent à mal le scénario présumé de nos origines…

L'Homo Sapiens : Une Émergence Complexe

Il y a 200 000 ans, quelques milliers d'Homo sapiens vivaient regroupés en Afrique. Comment leur expansion planétaire a-t-elle été possible ? Les plus anciens membres de l’espèce Homo sapiens ont été découverts en Afrique de l’Ouest. Des recherches nouvelles suggèrent pourtant que les hommes modernes seraient apparus simultanément dans plusieurs régions… Le berceau africain où apparaît l’Homme moderne il y a 200.000 ans dans plusieurs régions (contrairement à ce qu’on pensait au départ), et où il s’est mélangé avec d’autres…

Little Foot : Un Témoin Essentiel de l'Évolution

C’est l’histoire d’un fossile… D’un squelette d’australopithèque découvert à quelques dizaines de kilomètres de Johannesburg, dans une région baptisée « The Cradle of Humankind », le berceau de l’humanité… Avec Laurent Bruxelles, géomorphologue à l’Inrap, au CNRS, à l’Institut français d'Afrique du Sud (IFAS) et Directeur de la mission française Human Origins in Namibia (MEAE).

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Nom scientifique : STW 573Surnom : Little FootOrigine : sud du continent africainAge : depuis peu, estimé à 3,67 millions d’annéesSexe : fémininSigne particulier : lui manque quelques orteils et ses deux rotules

C’est l’histoire d’un fossile… L’histoire d’un squelette d’australopithèque découvert à 40 kilomètres au nord-ouest de Johannesburg, dans une région baptisée par l'Unesco "the Cradle of Humankind", le berceau de l’humanité. L’histoire, du fond de la grotte de Sterkfontein à l’ « Hominid Vault » de l’Université du Witwatersrand, d’une découverte majeure pour la paléoanthropologie, riche d’un immense potentiel, et sur laquelle se penchent aujourd’hui des chercheurs de nombreuses disciplines.

L'importance de Little Foot

Ron J. Clarke, paléoanthropologue, découvreur de Little Foot : Little foot est l’arrière-arrière-arrière-grand-mère de chacun de nous. Ou plutôt notre arrière-arrière-arrière grand tante : elle est sans doute issue d’une branche connexe de la lignée humaine, ce n’est pas forcément notre ancêtre direct. Mais ce qui est important pour moi, c’est ce qu’elle nous enseigne sur nos ancêtres qui vivaient il y a plus de 3 millions d’années et que nous ignorions auparavant parce que c’est la première fois que nous disposons d’un squelette complet. On peut ainsi mesurer la longueur des bras et celle des jambes et prouver que leurs jambes étaient plus longues que les bras, donc avec des proportions humaines. On peut dire aussi beaucoup de choses parce que nous avons un crâne entier avec toute la dentition, les mandibules. Et comme nous disposons de ce crâne et du squelette correspondant, pour la première fois, on peut lier les ossements de n’importe quel membre à un type de crâne particulier et ainsi identifier l’espèce à laquelle il appartient. Désormais nous pouvons identifier toute l’espèce animale. »

Ron J. Clarke : « Quand je regarde Little Foot, je vois un squelette complet, unique, comme personne n’en avait découvert auparavant. Little Foot est un représentant des australopithèques que nous avons retrouvés dans la région, mais il diffère de la plupart des autres. Dans une très longue histoire humaine que nous avons pu documenter, Little Foot ne constitue qu’une pièce du puzzle. Donc même s’il peut nous apporter un nombre considérable sur l’évolution, il n’éclaire qu’une fraction minuscule de notre histoire. En étant le plus vieux specimen retrouvé, il ouvre un pan entier de nouvelles recherches. Pour chaque question à laquelle Little Foot permet de répondre, il y a une centaine de nouvelles interrogations.

"Du berceau à l'Université : sur les traces de Little Foot"

De gauche à droite Laurent Bruxelles, Ron J. Clarke et Amélie Beaudet "Du berceau à l'Université : sur les traces de Little Foot", un documentaire de Victor Macé de Lépinay réalisé par Anne Fleury, avec les témoignages d’Amélie Beaudet, chercheuse en paléobiologie à l’Université du Witwatersrand (Johannesburg), de Laurent Bruxelles, géoarchéologue, membre de l'Inrap et chercheur à l’Institut français d’Afrique du Sud (IFAS Recherche), de Ronald J. Clarke, paléoanthropologue, découvreur de Little Foot, de Dominic Stratford, directeur des fouilles de la grotte de Sterkfontein et d'Abel Molopole, membre de l'équipe de Ron Clarke. Un documentaire réalisé grâce au soutien de l’Institut Français et de l’IFAS Recherche.

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L'Afrique du Sud : Un Musée à Ciel Ouvert de l'Humanité

L’Afrique du Sud, berceau de l’humanité, renferme les secrets de l’origine du genre humain. C’est là qu’a été découvert Little Foot, le plus ancien fossile d’hominidé datant de 3,7 millions d’années. En traversant une route qui nous mène du nord au sud du pays, de la banlieue de Johannesburg à la ville du Cap, nous partons à la rencontre des peuples qui se sont succédés sur ces terres. Des premiers hominidés apparus dans les cavernes de Sterkfontein, aux Hipsters métissés de la « Rainbow Nation » du Cap, en passant par les peuples de chasseurs-cueilleurs et les premiers colons blancs.

Le Grand Rift Africain : Un Carrefour Temporel

Gestion des ressources, résilience face aux catastrophes naturelles, croissance économique et inégalités éducatives persistantes… Le Grand Rift africain concentre bon nombre des enjeux actuels et futurs. Détails avec Sandrine Prat, paléoanthropologue, coautrice d'un ouvrage qui vient de paraître aux Editions du Cherche Midi.

Dans l'ouvrage qui vient de paraître1, que vous avez codirigé avec Jean-Renaud Boisserie2 et Christel Tiberi3, vous affirmez que le Grand Rift africain se situe « à la confluence des temps ».

Une singularité géologique

Sandrine Prat4 . Elle tient à la singularité géologique de la région. Celle-ci s’étend sur 4 000 km, depuis la dépression de l’Afar, au nord de l’Éthiopie, la zone la plus ancienne du Rift, jusqu’au golfe du Mozambique, au sud de la Tanzanie, la zone la plus récente. Sous l’effet de la géodynamique interne, l’est du continent africain se fracture depuis déjà 25 millions d’années. La lente poussée d’une immense bulle de matière chaude, remontant du noyau terrestre, sous-tend, par en-dessous, les vallées, hauts plateaux et grands lacs caractéristiques du territoire. De ces bouleversements sismiques et volcaniques est née une déchirure : le Rift d’Afrique orientale. La région se fissure en trois axes distincts : le rift éthiopien au nord, la branche occidentale, de l’Ouganda au Burundi, et la branche orientale, entre le Kenya et la Tanzanie. Le rift, dont la topographie marquée est visible à l’échelle du continent, sillonne 16 pays d’Afrique orientale. À gauche, en blanc sur la carte les régions explorées dans le livre. À droite, une image satellite colorisée de la région.

Compte tenu de cette configuration particulière, le Grand Rift évolue dans le temps, ce qu’on peut d’ailleurs voir à travers les couches géologiques qui se révèlent le long des failles. S. P. Les particularités géologiques de ce territoire en ont fait une étonnante fabrique de diversités, tant environnementales, paysagères, écosystémiques que culturelles et sociales, qui génèrent autant d’enjeux cruciaux pour l’avenir du monde. Dans la dépression de l’Afar, le paysage est partout façonné par d’importantes émissions de lave, comme ici au lac de lave permanent de l’Erta Ale, le plus actif des volcans d'Éthiopie.

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Un observatoire du passé, du présent et du futur

Cohabitent également des économies en pleine croissance, à l’instar du Kenya et de l’Éthiopie depuis une trentaine d’années - en témoigne l’accroissement rapide de leurs nombres d’universités, respectivement multiplié par deux et par cinq entre 1990 et 2023, et d’autres en proie à des crises alimentaires récurrentes, comme la Somalie. De même cohabitent des régimes politiques totalitaires, tel l’Érythrée, des démocraties, à l’image du Kenya et des sociétés sans État, comme les Mursi du sud-ouest éthiopien.

S. P. Plutôt que d’un laboratoire, je parlerai d’observatoire, car le Rift recèle des données aussi bien sur le passé, le présent que le futur. Dans la longue occupation humaine de la région, on peut par exemple trouver de quoi nourrir les problématiques qu’on rencontre de nos jours. Ainsi, les recherches paléoanthropologiques ont mis en évidence que les populations humaines préhistoriques ont su s’adapter, dès 2,8 millions d’années, à des environnements de plus en plus variés et changeants et aux changements climatiques globaux, comme une aridification croissante des écosystèmes, sans compter les phénomènes volcaniques récurrents. Les cendres volcaniques indurées (qui se sont solidifiées, Ndlr) du site de Laetoli dans le parc du Ngorongoro (Tanzanie), qui ont préservé des empreintes d’Australopithèques datées de 3,5 millions d’années, témoignent de cette adaptation ancienne aux phénomènes volcaniques. De même, on retrouve dans tout le Rift des outils faits à base d’obsidienne, ce verre volcanique noir et tranchant dépourvu de cristaux.

Des défis environnementaux et sociétaux

Cette mâchoire inférieure (ou mandibule) d’hippopotame est impressionnante, avec des incisives en épieu de plus de 20 centimètres de long, de redoutables canines. L’individu, découvert dans la formation de Shungura, aurait 1,7 million d’années et sa masse est estimée à 1,5 tonne environ. D’autres problèmes, qui commencent à émerger en Europe, se posent depuis longtemps de manière critique en Afrique orientale. Les populations ont ainsi mis en œuvre différentes infrastructures pour exploiter la ressource hydrique. Certaines immenses, tels les barrages éthiopiens sur l’Omo et sur le Nil - dont la construction n’est pas sans susciter des tensions avec les pays en amont (Kenya, Soudan, Égypte) ; d’autres à une échelle plus petite, à l’image des systèmes de gestion et de récupération de l’eau partagés par les communautés que sont les puits, les oasis et les canaux d’irrigation ; enfin, certaines font appel à de nouvelles technologies, comme la récupération par condensation en relation avec la géothermie naturelle.

Vu la multitude des angles d’approche du Rift possibles, ma collègue Christel Tiberi évoque d’ailleurs un « “géo-bio-éco-socio-système”, c’est-à-dire une structure géologique active, interagissant avec son environnement biologique, sociétal et écologique ». Le Rift apparaît comme un espace particulièrement sensible en termes de réponse à la crise environnementale globale. À l’heure de ces changements, quelles leçons les recherches en Afrique orientale peuvent-elles nous apporter ?

S. P. Le Rift africain concentre tous les enjeux - environnementaux, politiques, économiques, sanitaires et éducatifs. Il est l’hôte d’une biodiversité en prise, depuis bien longtemps, avec les changements anthropiques. Une cueilleuse ramasse des roses « Baby face » dans une serre de l’un des plus grands exportateurs de fleurs du Kenya, près du lac Naivasha, au nord-ouest de Nairobi. C’est la géothermie qui fournit chaleur et électricité. Cependant, toutes ces recherches ne peuvent se maintenir que si elles bénéficient de financements publics sur le temps long et qu’elles alimentent une co-construction scientifique avec les pays du Rift, variable selon les États, c’est-à-dire la formation d’étudiants sur place et la collaboration avec les scientifiques locaux.

Colloque « Le Grand Rift africain : à la confluence des temps », organisé par le CNRS et le Collège de France, 17 et 18 novembre 2023, Collège de France, Paris.

La Recherche d'Origines : Un Voyage Personnel

Synopsis (FR) : Depuis longtemps, Benita Jacques s’est toujours posée des questions relatives à ses origines et auxquelles elle n’a jamais aucune réponse émanant de ses parents. Aujourd’hui, la jeune mère de famille montréalaise veut apporter des réponses à ses enfants qui lui posent les mêmes questions. Ainsi, elle décide donc de partir en Afrique, à la recherche de ses origines. Son périple l’emmène en Afrique de l’Ouest et son parcours débute par le musée des civilisations noires à Dakar au Sénégal qui abrite l’exposition: « l’Afrique, berceau de l’humanité et des civilisations modernes ». Elle cherche à savoir quels étaient les modes de vie de ses ancêtres qui vivaient sur le continent avant la déportation. Pour reconstituer l’histoire, elle va à la rencontre de personnes ressources qui ont effectué des recherches et écrivent des ouvrages de références sur l’Afrique.

Synopsis (EN): For a long time, Benita Jacques has always had questions about her origins to which she never got any answers from her parents. Today, the young mother from Montreal wants to bring answers to her children who ask her the same questions that she herself could not have. So, she decided to leave for Africa, in search of her origins. Her journey took her to West Africa and began at the Museum of Black Civilizations in Dakar, Senegal, which hosts the exhibition: “Africa, Cradle of Humanity and Modern Civilizations”. She tries to find out what was the lifestyles of her ancestors who lived on the continent before the deportation. In order to reconstruct history, she meets with resource persons who have researched and written reference books on Africa.

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