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Louis-Étienne Jousserandot: Un Juriste Écrivain et Son Impact sur la Culture Franc-Comtoise

Introduction

Louis-Étienne Jousserandot, figure du XIXe siècle, oscille entre une carrière juridique et une vocation littéraire. Son œuvre, marquée par un intérêt pour l'histoire et les traditions de la Franche-Comté, témoigne de l'effervescence culturelle de l'époque romantique et de l'émergence d'un sentiment identitaire régional. Cet article explore les différentes facettes de sa vie et de son œuvre, en mettant en lumière son apport à la construction du mythe de Lacuzon, héros de la guerre de Dix Ans.

Une Formation Juridique et une Tentation Littéraire

Petit-fils de Pierre-Étienne et fils du docteur Louis-Nicolas, Louis-Étienne Jousserandot entreprend des études de droit à Dijon avant de devenir avocat à Besançon, puis à Paris, en 1838. Partagé entre le droit et les lettres, il s'adonne à l'écriture de pièces de théâtre et de romans. Parmi ses œuvres, on trouve Lord Surrey, présenté au théâtre de la Gaîté en 1838, Enrique de Sicile, un roman historique régionaliste en deux tomes, Le Diamant de la Vouivre en 1843, Le Capitaine Lacuzon en 1844, ainsi qu'une comédie en un acte et en vers, Les Collaborateurs, jouée pour la première fois au théâtre du Vaudeville à Paris, le 2 mars 1847. Cette dernière pièce dépeint la vie bohème des écrivains de l'époque romantique, mettant en scène, à la manière de Boileau, le personnage du plagiaire.

Le Diamant de la Vouivre: Un Roman Historique Régionaliste

Le Diamant de la Vouivre mérite une attention particulière, car il marque une étape importante dans la constitution et la diffusion des récits historiques et légendaires autour du capitaine Prost, dit « Lacuzon », de Longchaumois, héros de la guerre de Dix Ans en Franche-Comté (1634-1644). Le roman transporte le lecteur dans les paysages pittoresques et sauvages du Jura: les ruines de Binans, les cascades du Hérisson, le lac de Chalain, le pic de l’Aigle, les gorges de la Bienne, Saint-Claude et son abbaye millénaire.

L'œuvre s'inscrit dans le contexte du goût romantique pour le culte de la petite patrie, de ses beautés et de son passé, ainsi que pour les excursions et le tourisme. On y retrouve l'influence de la poésie et du roman écossais, de Macpherson à Walter Scott, qui ont contribué à faire de la Franche-Comté l'Écosse de la France.

Dans son roman, Jousserandot met en scène le cardinal de Richelieu au siège de Bletterans, et Lacuzon réussit même à enlever son Éminence rouge, permettant ainsi la paix. Bien que romanesque, ce récit s'inscrit dans une mythologie franc-comtoise en construction.

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Il est légitime de s'interroger sur les sources historiques utilisées par Jousserandot. Il semble qu'il se soit inspiré des travaux de Désiré Monnier, présentés en 1837 à la Société d'émulation du Jura, ainsi que de l'ouvrage de Charles Nodier, Du culte des esprits dans la Séquanie.

Une Affaire de Plagiat en 1863

Vingt ans plus tard, sous le Second Empire, Jousserandot intente un procès pour contrefaçon à Xavier de Montépin (1823-1902), auteur à succès du Médecin des Pauvres. Jousserandot accuse Montépin de plagiat dans Le Figaro. Montépin réplique par une plainte en diffamation.

Une lecture parallèle des deux romans révèle un plagiat considérable, du premier au dernier chapitre du Médecin des Pauvres. Montépin reprend les personnages, l'intrigue et même des passages entiers du Diamant de la Vouivre. Seules quelques scènes fantastiques sont élaguées, et les dialogues sont étirés.

Le tribunal renvoie les plaignants dos à dos, invoquant les termes de la lettre au Figaro et la bonne foi de Montépin. Il est probable que le passé politique de Jousserandot ait également pesé sur le jugement.

Cette affaire de plagiat illustre l'évolution du goût littéraire et des publics sous le Second Empire, ainsi que le développement de la « littérature industrielle ». Elle soulève également la question de l'originalité et de la contrefaçon, qui sont aujourd'hui perçues plus sévèrement.

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La Révolution de Février 1848: L'Entrée en République

Louis-Étienne Jousserandot a 35 ans lors de la révolution de février 1848. Républicain de la veille, il a collaboré au journal républicain modéré Le Patriote jurassien.

Après la proclamation du suffrage universel (masculin), Jousserandot s'adresse aux électeurs dans le premier numéro du Républicain du Jura, en mars 1848. Il y appelle à l'avènement de toutes les libertés, au partage égal de tous les droits et à l'abolition de tous les privilèges.

Cependant, il s'alarme de la peur de la guerre civile et des appels pour un régime d'ordre. Il fait l'éloge du peuple parisien et appelle à l'union et à la concorde.

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