L'allaitement maternel est un choix important et personnel pour chaque nouvelle maman. Le lait maternel est l'aliment idéal pour le nourrisson, offrant une multitude de bienfaits pour sa santé et sa croissance. Cet article explore en détail la composition du lait maternel, ses avantages pour le bébé et la mère, ainsi que les recommandations nutritionnelles pour une allaitement réussi.
Introduction
Le lait maternel est bien plus qu'une simple source de nutrition. Il s'agit d'un fluide biologique complexe, dont la composition évolue constamment pour s'adapter aux besoins spécifiques du bébé à chaque étape de son développement. Il est donc essentiel de comprendre ce qui compose le lait maternel et comment il contribue à la santé du nourrisson.
Composition du Lait Maternel : Un Cocktail Nutritif Sur Mesure
Le lait maternel est une source complète de nutriments essentiels, comprenant :
- Eau : Constituant principal (85 à 90%), elle assure l'hydratation du bébé.
- Lipides : Représentant 35 à 40 g/L, ils sont cruciaux pour la maturation cérébrale et rétinienne. La teneur et le type de lipides varient en fonction de l'alimentation de la mère. Il est donc essentiel que la maman ait un régime alimentaire équilibré pendant la période d’allaitement.
- Glucides : Fournissant 40% des calories nécessaires au bébé, ils incluent :
- Le lactose (70 g/L), un glucide essentiel.
- Les oligosaccharides (5 à 15 g/L), qui favorisent l'installation de la flore intestinale et agissent comme agents anti-infectieux et anti-inflammatoires.
- Protéines : La teneur varie entre 8 et 12 g/L pour s'adapter aux besoins du bébé. Les protéines du lait de femme sont aussi très spécifiques.
- Vitamines : Le lait maternel est riche en vitamines, mais contient peu de vitamine K et de vitamine D, nécessitant une supplémentation pour le bébé.
- Sels minéraux et oligo-éléments : Présents en quantité adaptée aux capacités d'élimination rénale du bébé (2 g/L). Le lait maternel en contient.
Les Trois Phases du Lait Maternel
La composition du lait maternel évolue en trois phases distinctes :
Le colostrum : Surnommé "or liquide", il est produit en petites quantités juste après la naissance. Il est riche en protéines, lipides, anticorps et nutriments essentiels. Son odeur attire naturellement le nouveau-né vers le sein de sa mère, favorisant ainsi le réflexe de l’allaitement maternel. Le colostrum est le lait maternel spécifique pour les nouveau-nés. Il apparaît parfois dès la grossesse, à partir du 5ème ou 6ème mois. Mais il est surtout sécrété au moment de l’accouchement. Le colostrum est différent du lait car il est très concentré en protéines, lipides et anticorps.
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Le lait de transition : Produit pendant les deux premières semaines après l'accouchement, il marque la transition entre le colostrum et le lait mature. La composition du lait de transition va alors évoluer progressivement. La composition du lait maternel va ainsi se « normaliser » pour satisfaire les besoins nutritionnels du nouveau-né en constante évolution, et ce, dès l’accouchement.
Le lait mature : Il s'agit du lait produit à partir de la troisième semaine. Le lait maternel est loin d’être une substance figée. Sa composition évolue considérablement lors des premières semaines de vie du nouveau-né. Il contient tous les éléments indispensables pour assurer la croissance et le développement physique et cognitif du nouveau-né. La teneur en protéines du lait maternel mature est remarquablement faible, entre 0,8 et 1,0 g/100mL, démontrant une excellente absorption et une parfaite adéquation du profil en acides aminés avec les besoins du nourrisson.
Les Bénéfices Inestimables du Lait Maternel
Pour le Bébé
- Nutrition optimale : Le lait maternel est parfaitement adapté aux besoins nutritionnels du bébé à chaque étape de son développement. La composition du lait maternel se modifie au fil de la journée, selon les besoins et l’âge du bébé.
- Protection immunitaire : Il contient des anticorps et des agents anti-infectieux qui renforcent le système immunitaire du bébé et le protègent contre les infections. Les bébés nourris au lait maternel sont moins souvent et moins gravement malades (cela vaut tout le temps de l’allaitement et jusqu’à 3 mois après son arrêt). Plus la durée de votre allaitement sera prolongée, plus votre bébé sera protégé contre les infections.
- Prévention des allergies : L'allaitement exclusif pendant au moins 3 mois peut réduire la fréquence de certaines allergies chez les enfants à risque.
- Développement optimal : Les lipides et les glucides présents dans le lait maternel contribuent au développement cérébral et nerveux du bébé.
- Facilité de digestion : Les protéines du lait maternel sont plus faciles à digérer que celles du lait de vache.
Pour la Mère
- Facilitation des suites de couches : L'allaitement provoque des contractions utérines qui réduisent le risque d'hémorragie après l'accouchement et aident l'utérus à retrouver sa taille normale plus rapidement.
- Retour des règles retardé : La prolactine, hormone sécrétée pendant la tétée, retarde le retour des règles.
- Perte de poids facilitée : L'allaitement augmente les dépenses énergétiques et aide à retrouver le poids initial plus facilement.
- Protection contre les cancers : L'allaitement long (entre 6 et 12 mois minimum) diminue le risque de cancer du sein et des ovaires.
- Prévention de l'ostéoporose : L'ocytocine, hormone libérée pendant l'allaitement, joue un rôle dans la protection contre l'ostéoporose.
Recommandations Alimentaires pour une Mère Allaitante
Le rôle de l'alimentation Accompagner le développement du bébé Lors de l’allaitement, le régime alimentaire de la mère doit être adapté pour limiter l’apport des substances néfastes pour le nourrisson.
Aliments à Limiter
- Caféine, théophylline et théobromine : Ces substances passent dans le lait maternel et peuvent perturber le sommeil et le développement du nourrisson. Nous vous recommandons : 2 à 3 tasses standards de café par jour maximum. de consommer maximum 1 L de thé par jour. d'opter pour le café décaféiné ou le thé décaféiné. de limiter les aliments à base de chocolat : 10 carrés de chocolat noir ou au lait au maximum par semaine (environ 50 g). d'éviter les boissons énergisantes, barres énergisantes, boissons aux colas, poudre de guarana, maté, etc.
- Acides gras trans : Ils peuvent réduire la lipidémie du lait maternel et augmenter les risques d'eczéma chez l'enfant. Nous vous recommandons : de privilégier la cuisine maison. de privilégier les matières grasses « naturelles » : les huiles végétales pressées à froid, le beurre, la crème fraîche, etc. d’éviter les margarines hydrogénées. d'éviter les produits ultra-transformés.
- Phytoœstrogènes : Ils peuvent diminuer l'absorption de l'iode et affecter le développement thyroïdien du nourrisson. Nous vous recommandons : un produit à base de soja au maximum par jour (l’huile végétale de soja ne contient pas de pytoœstrogène, elle n'est pas concernée par ces restrictions). en cas de consommation régulière de produits à base de soja, il est préférable d’augmenter ses apports en iode en consommant des produits de la mer, des algues marines et du sel iodé.
- Phytostérols : Ils peuvent interférer avec l'absorption d'autres nutriments, comme le bêta-carotène. Nous vous recommandons : de privilégier le beurre pour les tartinades. de privilégier la cuisson à l’huile végétale.
- Mercure : Il peut perturber le développement du cerveau et du système nerveux de l'enfant. Nous vous recommandons : d’éviter l’espadon, le marlin, le siki, la lamproie et le requin. de consommer maximum 150 g par semaine des poissons prédateurs sauvages : lotte (ou baudroie), loup-bar, bonite, thon (frais ou congelé), saumon, sabre, raie, anguille, empereur, grenadier, flétan, brochet et dorade. de consommer maximum 1 fois tous les 2 mois les poissons d’eau douce fortement bioaccumulateurs : anguille, barbeau, brème, carpe et silure. de consommer maximum 300 g par semaine des conserves de thon blanc (germon ou albacore). de varier l’origine, les lieux de pêches et les modes d’approvisionnement (sauvage ou élevage).
- Alcool : L’alcool passe dans le lait maternel 30 à 60 minutes après sa consommation. L’organisme immature du nouveau-né est incapable de métaboliser l’alcool, ce qui trouble son développement. La consommation d’alcool diminue également la lactation. Nous vous recommandons : de ne pas consommer d’alcool. de ne pas consommer de préparations culinaires contenant de l’alcool : chocolat à base d’alcool (chocolat liqueur), coq au vin, baba au rhum, poire poché au vin, bananes flambées, tiramisu original (à base de liqueur), sauce béarnaise, crêpes (suzettes, à la bière ou au rhum), forêt noire, fondue savoyarde, certains cakes aux fruits, etc. pour vos plats déglacés à l’alcool, laissez mijoter au minimum 2 h votre préparation pour laisser s’évaporer l’alcool : boeuf bourguignon, pot au feu, blanquette de veau, poulet basquaise, veau braisé, poisson braisé, etc.
- Aliments aux goûts forts : Certains aliments peuvent modifier le goût du lait et provoquer un refus du bébé. À vous d’observer votre bébé, afin de trouver une possible corrélation entre un aliment et le refus soudain du lait maternel. Voici une liste des aliments potentiellement désagréables pour les bébés : l’ail, les choux, les choux-fleurs, les agrumes, les asperges, les brocolis, les artichauts, les oignons crus, le piment, le cumin, la menthe, les viandes faisandées, l’anis, etc.
Aliments à Privilégier
- Eau : Les besoins hydriques augmentent de 500 mL à 1 L par jour. Nous vous recommandons : de boire minimum 2 L d’eau tout au long de la journée. d'opter pour les tisanes pour aider à couvrir les besoins hydriques. L’anis, le fenouil et le fenugrec, le cumin et le carvi sont des plantes galactogènes : elles stimulent la production de lait maternel. il est possible d’optimiser ses apports en calcium en utilisant des eaux minérales sources de calcium : Hépar®, Courmayeur®, Contrex®, Salvetat®, Vittel®, etc.
- Oméga-3 : Essentiels pour la maturation neurologique du nouveau-né.
- Calcium : Pour préserver l'intégrité du squelette de la mère.
- Vitamine D : Pour améliorer l'absorption du calcium.
- Vitamine A : Indispensable à la croissance du nourrisson.
- Vitamine B9 : Pour le développement du système nerveux du nouveau-né.
- Aliments à indice glycémique modéré à faible : Pour maintenir une glycémie stable et prévenir la fatigue.
- Sardine et maquereau : Ils contribuent donc à rééquilibrer le rapport oméga-3/oméga-6. Cet atout améliorerait la qualité des lipides du lait maternel. de la vitamine D : ils contiennent en moyenne 5 µg de vitamine D pour 100 g. Ils comblent plus d’un tiers des besoins de la femme allaitante à eux seuls. de l’iode : avec leurs 35 µg d’iode dans 100 g de maquereau ou de sardine, ils participent aux apports d’iode. L’iode participe au fonctionnement de la thyroïde. Les besoins en iode augmentent chez la femme allaitante. Les quantités de mercure qu’ils contiennent sont faibles. L’organisme arrive à gérer le peu de mercure qu’ils transportent. de plus, ils contribuent aux besoins de calcium et de vitamine B9. Les quantités sont faibles, mais notables. Nous vous recommandons de consommer au minimum un plat à base de maquereau ou de sardine par semaine.
- Produits laitiers : Eau : le lait est composé à plus de 85 % d’eau. Il participe à la couverture des besoins hydriques. Calcium : les produits laitiers sont les aliments les plus riches en calcium. De plus, ce calcium est bien absorbé, car le rapport phosphocalcique est légèrement supérieur à 1, c’est-à-dire que le phosphore ne fait pas concurrence au calcium lors de l’absorption. Vitamine D : les produits laitiers apportent de la vitamine D. La vitamine D améliore l’absorption du calcium. Vitamine A : on retrouve des apports intéressant en rétinol. Les fromages sont plus riches, avec 90 µg de rétinol pour une portion (30 g), 37 µg de rétinol pour 1 yaourt (125 g) et 35 µg pour 100 mL de lait. Probiotiques : les fromages et les laits fermentés (yaourt, lait ribot, kéfir, lassi, etc.) sont ensemencés par des bactéries lactiques. Ces bactéries peuvent appartenir aux genres Bifidobacterium ou Lactobacille. En nutrition, ces bactéries sont nommées probiotiques : des microorganismes vivants exerçant des effets positifs sur notre santé. Des études affirment que la prise de probiotiques chez la femme enceinte ou allaitante aident à prévenir et traiter les maladies atopiques. Si vous ne consommez pas de produit laitier, il est possible de consommer les boissons végétales (lait d’amande, boissons au riz, boissons au soja, boissons à l’avoine, etc.). Bien qu’ils apportent moins de calcium et sont dépourvus de vitamine D et de vitamine A, ils contiennent plus d’AGPI. Nous vous recommandons : de consommer 2 à 4 produits laitiers par jour. de privilégier les fromages de saison. Ils contiennent plus de vitamine A grâce au pâturage des vaches, brebis, chèvres ou juments. d'éviter les laits écrémés. L’écrémage du lait supprime les vitamines liposolubles, tel que les vitamines A et D. de varier l'origine du lait : brebis, vache, chèvre, bufflonne…
- Fruits et légumes : Ils regorgent de nombreux nutriments nécessaires au bon déroulement de l’allaitement : Eau : en majorité composée d’eau (80 à 90 %), ils aident à couvrir les besoins hydriques.
Conseils Pratiques pour un Allaitement Réussi
- Mise au sein précoce : Allaiter dans l'heure qui suit la naissance favorise la production de lait et le lien mère-enfant.
- Rythme d'allaitement adapté : Allaiter bébé à la demande, en adaptant les rythmes de tétée à ses besoins.
- Positionnement correct : S'assurer d'une bonne prise du sein pour éviter les douleurs et les crevasses.
- Soutien professionnel : Ne pas hésiter à consulter une sage-femme, une consultante en lactation ou une association de soutien à l'allaitement pour obtenir de l'aide et des conseils.
- Information : S'informer sur l'allaitement dès la grossesse et rejoindre un groupe de mamans qui allaitent pour échanger et partager des expériences.
- Tirer son lait : Il est tout à fait possible de tirer son lait maternel et de le conserver au réfrigérateur (48h maximum) ou au congélateur (4 mois maximum). Pour réchauffer le lait maternel, vous pouvez utiliser un chauffe biberon ! Si vous n’en avez pas, vous pouvez le réchauffer à la casserole, mais attention de ne pas le faire brûler, celui-ci ne doit pas excéder 40°. L’idéal est de le faire chauffer à la température du corps (37°).
Allaitement et Vie Quotidienne
- Allaitement et travail : Selon le Code du travail, vous avez le droit à une heure par jour pour allaiter votre enfant. Si votre bébé est gardé tout près de votre lieu de travail, vous pouvez éventuellement aller le retrouver pour lui donner le sein dans la journée. Sinon, vous tirez votre lait sur votre lieu de travail, dans une pièce isolée, vous le mettez au réfrigérateur et vous le ramenez chez vous le soir dans une glacière. Il sera donné le lendemain à votre bébé par l’assistante maternelle, les employés de la crèche ou la mamie selon le mode de garde que vous avez choisi. D’ailleurs, avant de reprendre le travail, vous pouvez commencer à tirer votre lait pour faire des stocks au congélateur.
- Allaiter en public : Ne craignez pas d’allaiter à l’extérieur car en réalité, c’est très facile de dissimuler la tête de l’enfant et le sein sous un petit châle. Au contraire, il faut sortir et ne pas rester tout le temps chez soi avec son bébé, c’est mauvais pour le moral ! Il est aussi indispensable de prendre un bol d’air frais tous les jours pour avoir une activité physique et pour satisfaire le besoin d’exploration de votre bébé.
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