Le fer est un minéral essentiel au bon fonctionnement de l'organisme, jouant un rôle crucial dans le transport de l'oxygène et le développement du système nerveux central. Chez le nourrisson, les besoins en fer sont particulièrement importants en raison de la croissance rapide et du développement des organes. Cet article explore la question du fer dans le lait maternel, en abordant son importance, sa teneur, l'évolution des besoins du nourrisson et les recommandations en matière de supplémentation.
Importance du fer pour le nourrisson
Le fer est un oligo-élément indispensable à la vie. Il permet de transporter l’oxygène que l’on respire dans toutes les cellules de notre organisme, via les globules rouges. Il sert aussi à stocker cet oxygène. Ce minéral est nécessaire pour chacun d’entre nous, évidemment.
Jusqu’à environ 6 mois de vie, le bébé n’aura pas besoin de consommer du fer grâce aux réserves constituées pendant le dernier trimestre de la grossesse de sa maman. Ce stock finit néanmoins par diminuer progressivement, et c’est pour cela qu’à partir d’environ 6 mois, il va devenir important d’intégrer à son alimentation des aliments riches en fer. Dans certains cas, notamment pour les bébés nés prématurés, les réserves de fer n’ont pas eu le temps de s’accumuler suffisamment durant la grossesse, et s’épuisent donc plus vite.
Les deux types de fer
Avant d’aller plus loin, nous allons tout de suite distinguer les deux types de fer qui existent. Le fer héminique est présent uniquement dans les produits d’origine animale. Le fer non héminique est aussi présent dans les aliments d’origine animale. En revanche, contrairement à son copain, il s’invite aussi dans les aliments d’origine végétale. Il y en a aussi dans les produits laitiers par exemple. Moins facilement absorbé par notre corps (5-15%), il n’en demeure pas moins important. Et surtout, il existe un secret pour maximiser son absorption : la vitamine C.
Teneur en fer du lait maternel et besoins du nourrisson
Le lait maternel est considéré comme l'aliment idéal pour le nourrisson durant les premiers mois de sa vie. Il fournit tous les nutriments essentiels à sa croissance et à son développement, notamment des protéines, des lipides, des glucides, des vitamines et des minéraux. Cependant, la teneur en fer du lait maternel est relativement faible, environ 0,3 mg/L, soit 8 fois moins qu'une formule laitière classique.
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Malgré cette faible concentration, le fer présent dans le lait maternel est très bien assimilé par l'enfant, avec un taux d'absorption d'environ 50 %, contre moins de 12 % pour le fer des laits infantiles. Cette haute biodisponibilité est en partie due à la présence de lactoferrine, une protéine qui se lie au fer et facilite son absorption par les cellules intestinales du nourrisson.
Les besoins en fer du nourrisson évoluent avec l'âge. Jusqu'à environ 6 mois, les réserves de fer constituées pendant la grossesse suffisent généralement à couvrir ses besoins. Cependant, à partir de 6 mois, ces réserves s'épuisent progressivement et il devient nécessaire d'introduire des aliments riches en fer dans son alimentation.
Entre 6 et 12 mois, l'enfant devra absorber 11mg de fer par jour pour être sûr de couvrir tous ses besoins, soit autant qu’un homme de plus de 18 ans ! Entre 1 et 6 ans, les besoins en fer baissent de plus de moitié, il devient donc plus facile d’apporter à l’enfant tout ce dont il a besoin.
Allaitement maternel exclusif et supplémentation en fer
L’allaitement maternel exclusif est recommandé par les autorités de santé et devrait être encouragé chez toutes les mères qui en expriment le souhait. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande un allaitement exclusif au sein pendant les 6 premiers mois de la vie, car c'est le mode d'alimentation le plus approprié pour le nourrisson, lui assurant une croissance et un développement optimaux.
Cependant, même si l'allaitement maternel est le meilleur choix pour le nourrisson, il peut être nécessaire de supplémenter son alimentation en fer à partir de 4 à 6 mois, en particulier si l'allaitement est prolongé. En effet, le lait maternel, bien qu'il soit très bien assimilé par l'enfant, a une faible teneur en fer, et les réserves du nourrisson s'épuisent progressivement.
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Il est important de noter que les bébés allaités ont besoin d’un apport de fer supplémentaire après 4 mois, car le lait maternel seul ne suffit plus à combler leurs besoins. À la différence d’un lait infantile 2e âge, le lait maternel n’en contient pas suffisamment pour cette étape de la diversification.
Sources de fer pour le nourrisson
Pour répondre aux besoins en fer du nourrisson à partir de 6 mois, il est important d'introduire des aliments riches en fer dans son alimentation. Voici quelques sources de fer recommandées :
- La viande et la volaille : Les recommandations sont de 10gr par jour par année d’âge en cours.
- Les fruits de mer
- Les légumineuses (haricots secs, pois, lentilles), que tu peux intégrer dès 4 mois dans l’alimentation de ton bébé.
- Le chocolat noir 70% ou la poudre de cacao non sucré
- Les formules infantiles : utilisées jusqu’à l’âge de 3 ans, leur efficacité dans la prévention du déficit en fer est démontrée.
Il est également possible de supplémenter l'alimentation du nourrisson en fer par le biais de compléments alimentaires, sur avis médical.
Il est important de noter que l'absorption du fer non héminique (d'origine végétale) est moins efficace que celle du fer héminique (d'origine animale). Pour améliorer l'absorption du fer non héminique, il est recommandé de l'associer à des aliments riches en vitamine C, comme les fruits et légumes frais.
Lait infantile enrichi en fer : avantages et inconvénients
Les laits infantiles sont enrichis en vitamines et minéraux selon la réglementation européenne, et ils sont tous enrichis en fer. Ils rendent d’immenses services lorsque la maman ne souhaite pas ou ne peut pas allaiter. Ils sont conseillés jusqu’aux 3 ans de l’enfant pour éviter une carence en fer, si la maman n’allaite pas (ou plus).
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Une étude a mis en place par des chercheurs du Michigan aux Etats-Unis. Ils ont suivi 473 enfants qui avaient participé à une étude 10 ans plus tôt dans laquelle ils avaient reçu de l'âge de 6 mois à 1 an, soit un lait infantile à teneur faible en fer (2,3 mg/L) soit un lait enrichi en fer (12.7 mg/L). Résultat: toutes les mesures effectuées ont été plus faibles chez les enfants ayant reçu la formule enrichie en fer.
Les chercheurs concluent: "Le développement à long terme des enfants qui ont un taux de fer circulant dans le sang élevé et qui ont reçu un lait infantile enrichi en fer peut être altéré. La dose optimale de fer pour les laits infantiles nécessite de nouvelles recherches."
Conseils pour une alimentation riche en fer chez le nourrisson
Voici quelques conseils pour garantir un apport suffisant en fer chez le nourrisson :
- Privilégier l'allaitement maternel exclusif pendant les 6 premiers mois de vie, si possible.
- Introduire des aliments riches en fer dans l'alimentation du nourrisson à partir de 6 mois, en commençant par de petites quantités et en augmentant progressivement les portions.
- Associer les aliments riches en fer non héminique à des aliments riches en vitamine C pour améliorer leur absorption.
- Éviter de donner du lait de vache au nourrisson avant l'âge de 1 an, car il est pauvre en fer et peut inhiber son absorption.
- Consulter un professionnel de santé pour évaluer les besoins en fer du nourrisson et déterminer si une supplémentation est nécessaire.
Idées reçues sur l’alimentation pendant l’allaitement
Il existe de nombreuses idées reçues en matière de nutrition au cours de l’allaitement pouvant décourager certaines femmes. En réalité, sauf dans certaines situations individuelles à risque, une femme qui allaite son enfant n’a pas à se soumettre à un régime alimentaire spécifique. Il est conseillé de suivre les principes d’une nutrition saine, variée et équilibrée au quotidien, en se référant aux repères de consommation du PNNS.
La production de lait augmente les besoins en calcium de la mère. Cependant cette augmentation est compensée par une réduction des pertes urinaires en calcium et par une augmentation transitoire de la résorption osseuse pendant les 3 à 6 premiers mois.
Concernant les lipides, la teneur du lait maternel en acides gras, notamment polyinsaturés, est fortement influencée par l’alimentation. Le lait maternel représente la seule source exogène de DHA pour le nourrisson exclusivement nourri au sein. Il est donc essentiel de suivre les repères du PNNS en termes de consommation de poisson, soit au moins deux fois par semaine, dont aumoins une fois du poisson gras.
Enfin, il est important de rappeler à vos patientes que la consommation d’alcool est déconseillée durant la période de l’allaitement. Il est donc conseillé à la mère qui allaite de s’abstenir de boire de l’alcool.
Le rôle de la lactoferrine
La lactoferrine est une protéine présente en grande quantité dans le lait maternel, en particulier dans le colostrum. Elle a la capacité de se lier au fer et de faciliter son absorption par les cellules intestinales du nourrisson. La lactoferrine joue également un rôle antimicrobien en privant les bactéries pathogènes de fer, un élément essentiel à leur croissance.
Des études ont montré que l'ajout de lactoferrine aux aliments enrichis en fer améliore l'absorption du fer chez les nourrissons. La lactoferrine contribue également à réduire l'inflammation, ce qui peut améliorer l'absorption du fer en cas d'infection ou de maladie inflammatoire.
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