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Composition du lait maternel : un guide complet

Le lait maternel est l'aliment idéal pour le nourrisson, sa composition évoluant pour répondre aux besoins spécifiques de l'enfant au fur et à mesure de sa croissance. Cet article explore en détail la composition du lait maternel, de ses premiers stades (colostrum) à sa forme mature, en mettant en lumière les éléments nutritifs essentiels et leurs rôles.

Que contient le lait maternel ?

Le lait maternel est un liquide biologique complexe composé principalement d'eau (85 à 90%). Il contient également des lipides, des glucides, des protéines, des vitamines et des sels minéraux.

Lipides

Les lipides représentent environ 35 à 40 g/L du lait maternel. Ils sont facilement digestibles et absorbés par le nourrisson. Ces lipides jouent un rôle primordial dans la maturation cérébrale et rétinienne. La composition des lipides varie en fonction de l'alimentation de la mère, soulignant l'importance d'une alimentation équilibrée pendant l'allaitement. Il est donc déconseillé de suivre un régime draconien pendant cette période. Le lait de femme contient des acides gras poly-insaturés (AGPI), acides gras essentiels mais aussi leurs homologues supérieurs, en particulier acide arachidonique (AA : 0,46 g/100 g d’acides gras) dans la série linoléique (n-6) et acide docosahexaénoïque (DHA : 0,25 g/100 g d’acides gras) dans la série _-linolénique (n-3). Cette teneur dépend des apports alimentaires en acides gras n-6 et n-3 de la femme allaitante (Heird, 2000).

Glucides

Les glucides fournissent environ 40% des calories nécessaires au bébé. Le lactose (70 g/L) est le principal glucide du lait maternel. Le lait maternel contient également des oligosaccharides (environ 5 à 15 g/L) qui favorisent le développement du microbiote intestinal du bébé.

Protéines et substances azotées

La teneur en protéines du lait de femme, comprise entre 8 et 12 g/L, est nettement inférieure à celle des autres mammifères. Néanmoins, elle est parfaitement adaptée aux besoins du nourrisson en raison d’une excellente absorption et d’une parfaite adéquation du profil de ses acides aminés. Les protéines du lait de femme sont aussi très spécifiques ; même les caséines, qui ne représentent que 40 % des protéines (contre 80 % dans le lait de vache) sont différentes. Les caséines du lait de femme forment des micelles beaucoup plus petites que celles du lait de vache. Il s’agit surtout de la caséine - dont l’hydrolyse conduit à des peptides (caséomorphines) à propriétés opioïdes et de la caséine - hautement glycosylée, dont la fraction C terminale a des effets bifidogènes. Ce pourcentage élevé de protéines solubles et les micelles de caséine de petite taille expliquent la coagulation plus fine du lait de femme dans l’estomac du nourrisson, contribuant à une vidange gastrique plus rapide. La teneur en protéines du lait maternel mature est remarquablement faible, entre 0,8 et 1,0 g/100mL, démontrant une excellente absorption et une parfaite adéquation du profil en acides aminés avec les besoins du nourrisson. Les protéines du lait maternel sont aussi très spécifiques ; les caséines, qui ne représentent que 40% des protéines du lait maternel (contre 80% dans le lait de vache) sont différentes : elles forment des micelles plus petites que celles du lait de vache. Les protéines qui ne précipitent pas avec les caséines, appelées protéines solubles, représentent 60% des protéines du lait maternel. Parmi les protéines solubles du lait maternel, certaines ont des rôles fonctionnels essentiels et que l’on ne retrouve pas dans le lait de vache commercialisé, comme les immunoglobulines, la lactoferrine, des enzymes, des facteurs de croissance.

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Vitamines et sels minéraux

Le lait maternel contient des vitamines et des sels minéraux essentiels, mais il est relativement pauvre en vitamine K (antihémorragique) et en vitamine D (essentielle à la synthèse des os). C'est pourquoi une supplémentation en ces vitamines est souvent recommandée pour le bébé. La teneur relativement faible en azote et en sels minéraux (2,50 g/L) permet de limiter la charge osmolaire rénale à des valeurs assez faibles (93 mOsm/L), alors qu’elle est beaucoup plus élevée pour le lait de vache (308 mOsm/L).

Les oligosaccharides du lait maternel : des composants essentiels

Les oligosaccharides du lait maternel sont peu digérés dans l'intestin grêle et se retrouvent principalement dans le colon, où ils jouent un rôle prébiotique important. Ils favorisent l'installation de la flore intestinale du nourrisson, limitant ainsi les troubles digestifs tels que les coliques et les diarrhées. De plus, ils favorisent la production d'acides gras à courtes chaînes, essentiels au développement du système neurologique du bébé. Les oligosaccharides agissent également comme agents anti-infectieux et anti-inflammatoires.

Le colostrum, le lait de la naissance

Le colostrum, également appelé "premier lait", est un liquide produit par les glandes mammaires au moment de l'accouchement. Il est particulièrement riche en nutriments, en oligo-éléments et en anticorps, offrant une protection immunitaire essentielle au nouveau-né. Bien que produit en petites quantités, le colostrum est un concentré d'énergie et de protection. Sa couleur jaunâtre caractéristique et son odeur attirent naturellement le nouveau-né vers le sein de sa mère, favorisant ainsi l'allaitement.

Entre colostrum et lait mature : le lait de transition

Entre le colostrum et le lait mature, il existe une phase de transition. Le lait de transition est produit pendant les deux premières semaines de vie du bébé. Sa composition évolue progressivement pour s'adapter aux besoins nutritionnels croissants du nouveau-né. La composition du lait maternel va ainsi se « normaliser » pour satisfaire les besoins nutritionnels du nouveau-né en constante évolution, et ce, dès l’accouchement.

Le lait mature, l’équilibre parfait

Le lait mature est le lait produit après la phase de transition. Sa composition est stable et adaptée aux besoins du bébé en pleine croissance. Il contient tous les éléments indispensables pour assurer le développement physique et cognitif du nouveau-né. La composition du lait maternel est loin d’être une substance figée. Sa composition évolue considérablement lors des premières semaines de vie du nouveau-né. Si l’on se réfère à sa définition, le lait mature est celui qui va permettre au bébé de grandir. Il contiendra alors tous les éléments indispensables pour assurer la croissance et le développement physique et cognitif du nouveau-né. Et cela tombe bien, car la première poussée de croissance forte du bébé survient vers la 3e semaine environ ! C’est pour cette capacité à s’adapter aux besoins de l’enfant que le lait maternel constitue le mode d’alimentation recommandé par les pédiatres dans les premières semaines après la naissance.

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La composition du lait mature est atteinte très rapidement, 4 à 5 jours après le début de l’allaitement (Hamosh, 2001 ; Jensen, 1995 ; Neville, 2001; Picciano, 2001a et 2001b ; Salle, 1993).

Lait maternel et cholestérol

La cholestérolémie est d’ailleurs plus élevée chez le nourrisson au sein. Il faut rappeler le rôle du cholestérol dans la structure des membranes, comme précurseur hormonal et dans le développement cérébral. Le lait maternel est riche en cholestérol, alors que le lait de vache en contient 3 à 4 fois moins.

Lait maternel : un aliment évolutif

Durant les trois premiers jours de l’allaitement, le lait de femme, alors appelé colostrum, a une composition différente du lait mature. Tous ces éléments contribuent à protéger le nouveau-né qui est particulièrement vulnérable aux infections. En quelques jours, la composition rejoint celle du lait mature. Le lait des femmes qui accouchent prématurément est plus riche en AGPI ( Acides gras polyinsaturés), ce qui correspond aux besoins plus élevés des prématurés en ces AGPI pour la maturation cérébrale. En cours de têtée, la composition du lait change et s’enrichit en graisses et en micelles de caséine.

Laits infantiles : une alternative ?

Le lait maternel reste le meilleur choix pour alimenter son bébé. Cependant si vous ne voulez pas, ou ne pouvez pas allaiter votre enfant, vous avez à votre disposition un vaste choix de laits infantiles à proposer à votre enfant au biberon. Ces substituts du lait maternel sont appelés couramment « laits 1er âge » et réglementairement « préparations pour nourrissons« . Il est difficile de s’y retrouver car de nombreuses marques sont proposées tant en pharmacie qu’en grande distribution. Ils présentent cependant des caractéristiques particulières. Les laits 1er âge sont destinés à l’alimentation des enfants de la naissance jusqu’à la diversification alimentaire, soit de 0 à 4-6 mois. Une réglementation européenne spécifie les différentes obligations de composition des préparations pour nourrissons et de suite (laits 1er et 2e âges). Les laits 1er âge sont élaborés pour répondre, à eux seuls, aux besoins nutritionnels des bébés pendant les premiers mois de leur vie jusqu’à l’introduction d’une alimentation complémentaire appropriée. Il est recommandé de demander conseil à votre médecin avant d’utiliser un lait 1er âge. En effet, l’offre est abondante : il existe 96 références sur le marché français de laits 1er âge standard (hors laits thérapeutiques). A la naissance, l’allaitement maternel exclusif est recommandé. Si vous ne souhaitez ou ne pouvez pas allaiter, un lait 1er âge sous forme de mini-biberon 1er âge (ou nourette) vous sera proposé. Pensez à signaler si des allergies sont connues dans votre famille, cela déterminera le choix d’un lait particulier. Jusqu’à environ 4 à 6 mois, l’alimentation de votre enfant est exclusivement lactée. A partir de 4 à 6 mois, vous introduirez d’autres aliments permettant peu à peu la diversification alimentaire. Les fabricants font évoluer leur composition régulièrement pour tenter de se rapprocher de la composition et des qualités du lait maternel. Ils sont généralement fabriqués à partir de lait de vache qui subit différents ajustements et transformations pour satisfaire les besoins des bébés et leurs capacités digestives. Les laits ont des teneurs différentes en protéines, glucides, lipides, fer, minéraux, vitamines, tout en respectant les limites autorisées par la réglementation pour chaque nutriment. Pour choisir un lait infantile adapté à votre bébé, il s’agit avant tout d’en parler avec votre médecin. Cependant, tous les laits du marché sont strictement contrôlés et doivent répondre aux critères de composition de la règlementation européenne. les laits pour troubles fonctionnels : ils sont proposés pour tenter d’améliorer de légers troubles digestifs (régurgitations, constipation, satiété insatisfaite, coliques, etc.). Il existe 2 sortes principales de protéines: la caséine et les protéines solubles. Dans le lait de vache il y a 80% de caséine alors que dans le lait maternel il n’y en a que 40%. Dans les laits infantiles ce pourcentage va de 30% à 90%. Lors de sa digestion dans l’estomac, la caséine a l’aspect du fromage blanc, alors que les protéines solubles sont liquides. la dose totale de protéines indiquée en g / 100ml. -soit de pourcentage de caséine ; celui-ci est obtenu en divisant la quantité de caséine par la quantité de protéines, et en multipliant le résultat obtenu par 100. Elle est composée de lactose et de dextrine maltose. Le pourcentage de lactose peut aller de 0% à 100% du total des glucides. L’augmentation du pourcentage de lactose permet d’accélérer le transit. Dans la fraction glucidique il peut y avoir de l’amidon. La caroube peut être ajoutée dans le but d’épaissir le lait pour limiter les régurgitations. -> Pour obtenir le pourcentage de lactose vous divisez la quantité de lactose par la quantité de glucides et vous multipliez le résultat par 100. Tous les laits 1er âge mis sur le marché permettent de nourrir correctement un nourrisson, qu’ils soient vendus en pharmacie ou en grande distribution. Un ajout d’acides gras polyinsaturés à longue chaîne (AGPI-LC) est conseillé. Critères d’extraction : Protéines <= 1,34 g/100 ml, AGPI-LC avec ARA et DHA à un taux > 14 mg/100 ml avec un taux d’ARA au moins égal à celui du DHA, Sodium <= 24 mg/100 ml. Les laits anti-régurgitations : fréquentes jusqu’à 1 an. Les régurgitations peuvent être en partie limitées par un lait enrichi en caséine, et épaissi par de l’amidon à une dose inférieure à 2g/100ml. Les laits AR (anti-régurgitations) font partie des laits thérapeutiques. Les laits contre les coliques : après avoir déterminé avec votre médecin les causes des pleurs de votre bébé, une modification de composition du lait (comme la réduction du taux de lactose dans la fraction glucidique), peut permettre d’aider votre enfant en réduisant les symptômes intestinaux. Attention toutefois à ne pas changer sans cesse de lait infantile ! Les laits contre la constipation : si votre enfant a moins d’une selle tous les 2 jours, il se peut qu’il ait des problèmes de constipation. Les boissons végétales appelés abusivement “laits” (d’amande, de noisette, d’avoine, de châtaigne, de soja, de coco, de riz, etc.) ne sont pas conformes à la réglementation des laits 1er âge, et ne sont pas adaptés à l’alimentation d’un petit enfant. Leur utilisation peut entraîner des carences à un moment important du développement de l’enfant. Les laits d’origine animale (chèvre, brebis, jument, ânesse, etc.) ne sont pas conformes à la réglementation des laits 1er âge et ne sont pas adaptés à l’alimentation d’un petit enfant. Si un enfant est exclusivement alimenté au biberon, il vous faudra plus d’une boîte de 400 g par semaine.

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