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L'analyse sanguine équine : Comprendre la lactate déshydrogénase (LDH) et autres marqueurs biochimiques

L’analyse sanguine équine est un outil diagnostique précieux en médecine vétérinaire. Elle offre une fenêtre sur la santé du cheval, permettant de détecter des anomalies invisibles à l’œil nu et d’intervenir rapidement si nécessaire. Bien plus qu’un simple examen, l’analyse sanguine équine est une fenêtre ouverte sur la santé de votre cheval. Réalisée par votre vétérinaire, cette investigation fournit des informations précieuses pour le suivi de la santé, le diagnostic de maladies, le contrôle de l’efficacité des traitements et même l’optimisation des performances sportives de votre compagnon équin. Cet article vise à démystifier les principaux paramètres analysés, en mettant un accent particulier sur la lactate déshydrogénase (LDH), tout en soulignant l’importance cruciale d’une interprétation professionnelle par votre vétérinaire.

Pourquoi réaliser une analyse sanguine chez le cheval ?

L’analyse sanguine est un outil polyvalent qui peut être utilisé dans de nombreuses situations :

  • Bilan de santé général : Les analyses sanguines régulières permettent de surveiller l’état de santé général de votre cheval et de détecter précocement d’éventuels problèmes. Un suivi annuel est recommandé, voire plus fréquent pour les chevaux âgés ou présentant des problèmes de santé chroniques.
  • Recherche d’une cause d’un symptôme : Face à des symptômes inquiétants (fièvre, perte d’appétit, boiterie, coliques, etc.), une analyse sanguine peut aider à identifier la cause sous-jacente. Elle permet d’évaluer l’inflammation, la fonction organique et la présence d’infections.
  • Suivi de traitements médicamenteux : Certains médicaments peuvent avoir des effets secondaires sur les organes internes. Les analyses sanguines permettent de surveiller ces effets et d’ajuster les doses si nécessaire. Le suivi thérapeutique de certains médicaments, comme les antibiotiques et les anti-inflammatoires, permet de s’assurer que les concentrations sont adéquates et d’éviter une toxicité.
  • Évaluation de l’aptitude au travail : Avant une compétition ou un programme d’entraînement intensif, une analyse sanguine peut évaluer la condition physique du cheval et identifier d’éventuels problèmes de santé qui pourraient affecter ses performances.
  • Confirmation d’une suspicion de maladie infectieuse : En cas de suspicion de maladie contagieuse, une analyse sanguine peut confirmer le diagnostic et permettre de prendre les mesures nécessaires pour protéger les autres chevaux. Par exemple, une sérologie pour la piroplasmose peut être effectuée.

Comment se déroule une analyse sanguine ?

L’examen hématologique est généralement réalisé par un vétérinaire ou un technicien vétérinaire qualifié. Le processus implique plusieurs étapes clés pour assurer la sécurité du cheval et la fiabilité des résultats :

  1. Préparation du cheval : Il est important de rassurer le cheval et de le maintenir calme pendant l’examen. Une contention douce peut être nécessaire pour éviter les mouvements brusques.
  2. Choix du site de prélèvement : La veine jugulaire, située dans l’encolure, est le site de prélèvement le plus courant. D’autres veines peuvent être utilisées dans certains cas.
  3. Technique de prélèvement : Le vétérinaire utilise du matériel stérile pour prélever le sang et minimise le risque d’infection. Le respect des règles d’hygiène est essentiel pour éviter toute contamination de l’échantillon et garantir la fiabilité des résultats.
  4. Types de tubes utilisés : Différents types de tubes sont utilisés en fonction des analyses à effectuer. Les additifs présents dans les tubes (EDTA, héparine) permettent de préserver les cellules sanguines et les composants chimiques.

Facteurs influençant les résultats

Plusieurs facteurs peuvent influencer les résultats d’un examen hématologique. Il est important de les prendre en compte lors de l’interprétation des résultats :

  • Alimentation : Un repas riche en glucides peut augmenter la glycémie, tandis qu’un repas riche en graisses peut augmenter les triglycérides.
  • Exercice : L’exercice intense peut augmenter les enzymes musculaires (CK, AST) et le lactate.
  • Stress : Le stress peut augmenter le cortisol et le nombre de globules blancs.
  • Heure de la journée : Certaines hormones, comme le cortisol, présentent des variations diurnes.
  • Âge et race du cheval : Les valeurs de référence peuvent varier en fonction de l’âge et de la race du cheval. Les poulains ont des valeurs différentes des adultes.
  • Médicaments : Certains médicaments peuvent modifier les résultats de l’examen. Il est donc important d’informer le vétérinaire des traitements en cours.

Les principaux paramètres analysés

L’analyse sanguine équine comprend deux grandes catégories d’analyses : l’hématologie et la biochimie.

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Hématologie

L’hématologie est l’étude des cellules sanguines : globules rouges, globules blancs et plaquettes. L’analyse hématologique fournit des informations précieuses sur l’état de la moelle osseuse et la présence d’infections ou d’inflammations. Elle consiste généralement en une numération formule sanguine ou NFS.

  • Globules blancs (GB) ou leucocytes : Utilisés pour déterminer la présence d’une infection ou d’une inflammation (augmentation de leur taux). Une augmentation des globules blancs (leucocytes) liée à une augmentation des neutrophiles (neutrophilie) suggère une infection bactérienne. Néanmoins, lors d’infection sévère, les globules blancs peuvent d’abord être diminués aux analyses (neutropénie) avant d’augmenter dans les jours suivants.
    • Granulocytes neutrophiles : Les principales cellules blanches impliquées pour détruire les bactéries.
    • Lymphocytes : Tendent à augmenter en cas d’infection virale chronique. Une lymphocytose peut également être observée en post-effort ou lors de stress. Enfin, une augmentation massive des lymphocytes suggère une atteinte tumorale de type lymphome. Quand le nombre de lymphocytes est supérieur au nombre de neutrophiles, on parle d’inversion de formule et cela suggère une infection virale.
    • Monocytes : Augmentation en cas d’inflammation chronique.
    • Éosinophiles : Impliqués dans les réactions allergiques et la lutte contre les parasites. Une augmentation (éosinophilie) peut suggérer une allergie ou une infestation parasitaire. Augmentation en cas d’allergie, de parasitisme. L'évaluation de la population des cellules polynucléaires éosinophiles, paramètres sensibles chez les équidés, possède une valeur prédictive positive élevée (parasitisme ou entérite granulomateuse).
    • Basophiles : Rôle moins clair, souvent associés à des réactions allergiques.
  • Globules rouges (GR) : La population cellulaire principale dans le sang. Les globules rouges (GR) sont les cellules les plus nombreuses du sang (plusieurs milliards par millilitre) et sont responsables du transport de l’oxygène des poumons vers les organes, notamment les muscles.
    • Hémoglobinémie (Hb) : La concentration d’hémoglobine dans le sang. L’hémoglobine est le pigment contenu dans les globules rouges qui permet le transport de l’oxygène. Indicateur de la capacité de transport de l’oxygène.
    • Hématocrite (HCT) : Une estimation du volume occupé par les globules rouges dans le sang, en pourcentage. L’hématocrite (HCT) est une estimation du volume occupé par les globules rouges dans le sang, en pourcentage. Elle est utilisée pour évaluer l’état d’hydratation du cheval et pour estimer la quantité de globules rouges. Proportion de globules rouges dans le sang. L’essentiel de ces cellules est la population des globules rouges. L’hématocrite est utilisé pour évaluer la déshydratation et l’anémie. Le cheval a la particularité de disposer d’une réserve de globules rouges dans la rate, qu’il libère lors de stress ou d’effort, provoquant une augmentation marquée de l’hématocrite pouvant aller jusqu’à 60-65%. C’est pourquoi une prise de sang réalisée sur un cheval stressé ou après un effort montrera des résultats d’hématocrite bien supérieurs aux résultats obtenus sur le même cheval au repos et il faut en tenir compte dans l’interprétation des résultats.
    • Indices érythrocytaires (MCV, MCH, MCHC) : Caractérisation des globules rouges, aide au diagnostic des étiologies d’anémie. Le MCV (Volume Globulaire Moyen) se situe entre 35 et 58 fL. Le volume globulaire moyen (VGM), l’hémoglobine globulaire moyenne (HbGM) et la concentration corpusculaire moyenne en hémoglobine (CCMH) aident à classifier les anémies. Un VGM bas (anémie microcytaire) suggère une carence en fer, tandis qu’un VGM élevé (anémie macrocytaire) peut indiquer une maladie hépatique ou une réponse à une toxine. Ces indices, combinés à l’examen microscopique du sang (frottis sanguin), permettent un diagnostic plus précis.
  • Plaquettes : Une diminution (thrombopénie) peut indiquer des troubles de la coagulation. Une augmentation (thrombocytose) peut être due à une inflammation ou à un stress. Les plaquettes (PLT) sont des petites cellules du sang qui ont un rôle primordial dans la coagulation. Elles peuvent être diminuées en cas d’infection bactérienne. Il peut arriver que les plaquettes forment des amas qui faussent leur comptage. En cas de valeur anormalement basse, il est donc recommandé de un faire un dosage de contrôle sur du sang recueilli dans un tube citraté (bleu) qui empêche la formation d’amas.

Lors de la recherche spécifique d'une inflammation, on peut avoir des paramètres comme le fibrinogène ou la CRP (Protéine C Réactive). Ces deux paramètres augmentent lors de celle-ci. En temps normale, leur résultat doit être proche de 0. Le fibrinogène est une protéine de la phase aigüe de l’inflammation. Elle reflète une inflammation active dans l’organisme (avec ou sans infection) sans toutefois indiquer sa localisation.

Biochimie

La biochimie consiste à analyser les enzymes, les métabolites et les électrolytes présents dans le sang. Ces analyses permettent d’évaluer la fonction des organes internes, le métabolisme et l’équilibre électrolytique. Les paramètres biochimiques mesurés dans le bilan sanguin du cheval peuvent varier d’un laboratoire à l’autre mais devraient toujours permettre d’évaluer le foie, les muscles, le fonctionnement rénal et le statut inflammatoire.

  • AST (Aspartate aminotransférase) et ALT (Alanine aminotransférase): Augmentation en cas de lésions hépatiques ou musculaires. Les valeurs normales de l’AST se situent entre 200 et 400 U/L [Ref: Jones, C.D. (2018). Equine Clinical Pathology. Saunders.] . Les enzymes hépatiques sont libérées dans le sang en cas de lésion hépatique. Des taux élevés peuvent indiquer une hépatite, une cirrhose, une cholestase (obstruction des voies biliaires) ou une intoxication. L’AST (aspartate aminotransférase) et l’ALT (alanine aminotransférase) sont particulièrement sensibles aux lésions hépatocytaires. Des valeurs élevées de GGT (gamma-glutamyltransférase) et ALP (phosphatase alcaline) suggèrent plutôt une cholestase. Les valeurs normales de l’AST varient selon le laboratoire, mais se situent généralement entre 100 et 300 UI/L chez le cheval. Une augmentation significative peut indiquer des problèmes hépatiques importants. Les CK (créatine kinase) et GOT (glutamic oxaloacetic transferase, également appelée ASAT pour aspartate amino transferase) sont des enzymes présentes dans les cellules musculaires et libérées dans la circulation sanguine lors de dommage du muscle (par exemple, lors d’une myosite). Elles augmentent à des moments et selon des vitesses différentes ce qui permet de dater et de suivre l’évolution d’une atteinte musculaire. La GOT est également présente dans les cellules du foie et est libérée dans la circulation sanguine en cas de dommage hépatique. L’interprétation d’une augmentation de GOT doit donc se faire en rapport avec les valeurs des autres marqueurs musculaires (CK) et hépatiques (GGT) afin de déterminer son origine, musculaire ou hépatique.
  • GGT (Gamma-glutamyl transférase): Augmentation en cas d’atteintes biliaires. Les valeurs normales de GGT se situent entre 5 et 40 U/L [Ref: Smith, A.B. (2020). Veterinary Hematology. Wiley-Blackwell.] .
  • Bilirubine : Augmentation en cas de problèmes hépatiques, ictère (jaunisse). La bilirubine est un des produits de dégradation de l’hémoglobine (pigment des globules rouges) généré par le foie. Une augmentation de la bilirubine signale en général un phénomène de destruction massive des globules rouges (par exemple, la piroplasmose). Une période de jeûne à également pour effet d’augmenter la bilirubine dans le sang (par exemple, un cheval en colique qui arrête de manger ou un cheval mis à jeun en prévision d’une gastroscopie). La bilirubine, produit de la dégradation de l’hémoglobine, augmente en cas de problème hépatique (difficulté d’élimination) ou d’anémie hémolytique (destruction excessive des globules rouges). Un taux élevé peut entraîner un ictère (jaunisse).
  • CK (Créatine kinase): Augmentation en cas de lésions musculaires, coup de sang, rhabdomyolyse. Les valeurs normales de CK se situent entre 100 et 300 U/L [Ref: Jones, C.D. (2018). Equine Clinical Pathology. Saunders.] . La créatine kinase (CK) et la lactate déshydrogénase (LDH) sont libérées dans le sang lors de lésions musculaires. Des taux élevés suggèrent une myopathie (maladie musculaire), une rhabdomyolyse (destruction du tissu musculaire) ou un effort physique intense. Une CK élevée est un indicateur sensible des lésions musculaires squelettiques. Des valeurs normales de CK chez le cheval sont en dessous de 200 UI/L. L’augmentation significative de cette valeur nécessite une attention particulière. La CK atteint sa concentration sanguine maximale 4 à 6 heures après l’atteinte musculaire et revient dans les normes en 3 à 4 jours.
  • LDH (Lactate déshydrogénase): Augmentation en cas de lésions musculaires, hépatiques, hémolyse. La créatine kinase (CK) et la lactate déshydrogénase (LDH) sont libérées dans le sang lors de lésions musculaires. Des taux élevés suggèrent une myopathie (maladie musculaire), une rhabdomyolyse (destruction du tissu musculaire) ou un effort physique intense. Parmi les déshydrogénases, la lactate déshydrogénase (LDH) est peu coûteuse et facile à doser en routine, mais elle souffre, pour son interprétation, d'une impossibilité de distinguer les différents isomères musculaires et hépatiques.
  • Urée et Créatinine: Augmentation en cas d’insuffisance rénale. Les valeurs normales de créatinine sont environ de 0.8 à 1.8 mg/dL [Ref: Smith, A.B. (2020). Veterinary Hematology. Wiley-Blackwell.] . Ces marqueurs permettent d’évaluer la fonction rénale. Des taux élevés indiquent une insuffisance rénale, une déshydratation ou une obstruction des voies urinaires. Une créatinine supérieure à 1,5 mg/dL suggère une atteinte rénale significative. La valeur normale de la créatinine chez le cheval est inférieure à 1,5 mg/dL. L’urée est le produit final de la dégradation des protéines, et est éliminée passivement par les reins. La norme pour les chevaux se situe entre 0.3 et 0.6 g/l. L’urée devient toxique lorsqu’elle dépasse 3 g/l. La créatinine est le produit de dégradation de la créatine des muscles lors de leur fonctionnement. Son élimination est liée au bon fonctionnement des reins. La créatinine est un produit normal du turn-over musculaire, éliminé par le rein. Une augmentation de la créatinine signale un dysfonctionnement rénal.
  • Glucose: Augmentation en cas de diabète, stress, endocrinopathie métabolique équine (EME). Les valeurs normales de glucose se situent entre 70 et 110 mg/dL [Ref: Jones, C.D. (2018). Equine Clinical Pathology. Saunders.] . Le taux de glucose reflète la régulation du métabolisme glucidique. Un taux élevé (hyperglycémie) peut indiquer un diabète. Un taux bas (hypoglycémie) peut être lié à un jeûne prolongé, à un problème hépatique ou à une maladie métabolique. Une glycémie à jeun normale chez le cheval se situe généralement entre 70 et 100 mg/dL.
  • Électrolytes (Sodium (Na), Potassium (K) et Chlorure (Cl)): Essentiels à de nombreuses fonctions corporelles. Leurs variations peuvent indiquer une déshydratation, des problèmes rénaux ou des coliques. [Ref: Jones, C.D. (2018). Equine Clinical Pathology. Protéines totales : Variations en cas de déshydratation, inflammation. Les valeurs normales de protéines totales sont environ de 6.0 à 8.0 g/dL [Ref: Smith, A.B. (2020). Veterinary Hematology. Wiley-Blackwell.] . Les déséquilibres électrolytiques peuvent résulter de déshydratation, de diarrhées, de vomissements ou de maladies rénales. Le sodium, le potassium et le chlore sont des électrolytes majeurs impliqués dans l’équilibre hydrique et la fonction neuromusculaire.
  • Protéines totales : Responsables de la pression du sang. Comme l’hématocrite, elles peuvent varier selon la déshydratation. Elles augmentent de manière naturelle avec l’âge. Un phénomène inflammatoire ancien peut aussi provoquer une augmentation. Les protéines totales reflètent l’état nutritionnel et la fonction hépatique et rénale. Des valeurs normales des protéines totales sont comprises entre 6 et 8 g/dL.
    • Albumine : Diminution en cas de dysfonctionnement hépatique, malnutrition, inflammation. L’albumine est une protéine fabriquée par le foie et présente en grande quantité dans le sang. Elle a un rôle primordial dans le transport de nombreuses molécules dans la circulation sanguine et elle est également responsable de la pression osmotique du sang. L’albumine, synthétisée par le foie, diminue en cas d’insuffisance hépatique, de maladie inflammatoire chronique ou de malnutrition. L’albumine étant la plus petite des protéines du sang, c’est elle qui est perdue en premier lors de « fuite » de protéines. En cas de diminution de l’albumine (hypoalbuminémie), une perte de protéines doit donc être recherchée, principalement au niveau des intestins (parasitisme digestif sévère, maladie inflammatoire de l’intestin, etc.) ou des reins.
    • Globulines : Augmentation en cas d’immunité, inflammation. Les globulines sont constituées en grande partie par les anticorps (immunoglobulines) dont la concentration dans le sang augmente de façon anormale avec l’âge et l’exposition aux agents pathogènes potentiels (fonctionnement normal du système immunitaire). En revanche, une augmentation sévère non corrélée à l’âge du cheval indique un processus infectieux. Les globulines sont des protéines du système immunitaire; leur augmentation peut indiquer une infection ou une maladie inflammatoire.
    • Ratio Albumine/Globulines (A/G) : Évaluation globale de la santé.

Les Triglycérides, un type de lipide, peuvent augmenter en cas de syndrome métabolique ou de lipémie (chez les poneys et ânes). [Ref: Jones, C.D. (2018). Equine Clinical Pathology.

Analyses spécifiques complémentaires

En plus des analyses hématologiques et biochimiques de base, d’autres analyses plus spécifiques peuvent être réalisées en fonction des besoins. Ces analyses permettent d’affiner le diagnostic et de cibler le traitement.

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  • Dosage des hormones: Le dosage d’hormones comme le Cortisol (pour évaluer le stress ou le syndrome de Cushing), l’ACTH (spécifique au syndrome de Cushing), l’Insuline (pour le syndrome métabolique équin) et la T4 (pour la thyroïde) peut aider à diagnostiquer des problèmes endocriniens.
  • Dosage des médicaments: Le suivi thérapeutique de certains médicaments, comme les antibiotiques et les anti-inflammatoires, permet de s’assurer que les concentrations sont adéquates et d’éviter une toxicité.
  • Recherche d’agents infectieux: L’utilisation de la PCR (Polymerase Chain Reaction) pour détecter les virus et bactéries, ainsi que la sérologie (recherche d’anticorps) pour les maladies infectieuses comme la piroplasmose, sont des outils importants pour identifier les causes d’infections. Les tests sérologiques détectent les anticorps spécifiques à certaines maladies infectieuses (tétanos, grippe équine, anémie infectieuse équine, herpèsvirus équins, etc.). Ils aident à diagnostiquer les infections et à suivre leur évolution. La sensibilité et la spécificité varient selon le test et la maladie. Un résultat positif ne signifie pas toujours une infection active, car des anticorps peuvent persister après la guérison.
  • Gaz du sang: L’analyse des gaz du sang permet d’évaluer la fonction respiratoire et l’équilibre acido-basique. C’est un examen crucial dans les cas de détresse respiratoire ou de coliques sévères.

Interprétation des résultats

L’interprétation des résultats d’une analyse sanguine ne se limite pas à la simple comparaison avec les valeurs de référence. Il est essentiel de comprendre les limites de ces valeurs et de les interpréter en fonction des signes cliniques observés chez le cheval. L’interprétation fine des résultats d’un bilan sanguin nécessite de connaître l’âge du cheval, son niveau d’activité, ses antécédents, et doit tenir compte des observations faites lors de l’examen clinique. Il apparaît également que l’augmentation d’un paramètre peut avoir plusieurs causes et doit être interprétée au regard des autres paramètres sanguins.

Valeurs de référence

Les valeurs de référence sont des fourchettes de valeurs considérées comme normales pour une population donnée. Elles sont déterminées statistiquement et peuvent varier en fonction du laboratoire (en raison des méthodes d’analyse différentes), de l’âge, de la race et du statut physiologique du cheval (gestation, lactation, etc.). Il est donc crucial de se référer aux valeurs fournies par le laboratoire qui a réalisé l’analyse. N’oubliez pas que ces valeurs ne sont qu’un indicateur et que l’état général de votre cheval est tout aussi important. Les valeurs normales varient d’un laboratoire à l’autre et sont établies en fonction des appareils de mesure utilisés. Les valeurs normales peuvent également varier en fonction de la race et de l’activité du cheval. Il convient de tenir compte de ces variations dans l’interprétation des résultats. Afin d’obtenir des résultats d’analyse fiables, il est essentiel de respecter les règles de prélèvements (moment de la prise de sang, type de tube) et d’acheminement (délai, température ambiante ou froid) des échantillons.

Anomalies

Une anomalie est une valeur qui sort de la fourchette de référence. Il est important de noter que toutes les anomalies ne sont pas nécessairement synonymes de maladie. Certaines peuvent être dues à des facteurs physiologiques, à des erreurs de prélèvement ou à des variations individuelles. L’interprétation des anomalies doit donc être prudente et contextualisée.

Importance du contexte clinique

L’interprétation des résultats doit toujours être réalisée en fonction des signes cliniques présentés par le cheval. Par exemple, une anémie associée à de la fatigue et un souffle cardiaque peut suggérer une pathologie cardiaque. À l’inverse, une anémie isolée peut être due à un saignement occulte ou à une carence nutritionnelle. Une démarche diagnostique rigoureuse est donc essentielle pour établir un diagnostic précis. L’historique du cheval, son environnement et son mode de vie sont des éléments clés à prendre en compte. Les résultats de l’examen doivent être interprétés en fonction des symptômes présentés par le cheval.

Faire confiance à votre vétérinaire

L’interprétation des résultats d’une analyse sanguine est complexe et nécessite une expertise médicale. Il est fortement déconseillé d’essayer d’interpréter les résultats soi-même, car cela peut conduire à des erreurs de diagnostic et à des traitements inappropriés. Faites confiance à votre vétérinaire pour une interprétation fiable et un plan de traitement adapté. La complexité des interactions entre les différents paramètres rend l’auto-interprétation hasardeuse. La connaissance de l’historique médical du cheval est indispensable pour une interprétation pertinente. Le risque d’interprétations erronées et d’automédication dangereuse est réel.

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Exemple d'interprétation

Un cheval de sport présente une baisse de performance inexpliquée. L’analyse sanguine révèle une élévation des enzymes musculaires (CK et AST). Plusieurs hypothèses sont possibles : coup de sang, surentraînement, myopathie nutritionnelle. L’examen clinique et l’historique du cheval sont essentiels pour affiner le diagnostic. Si le cheval a été soumis à un effort intense sans préparation adéquate, un coup de sang est probable. Si l’alimentation est déséquilibrée, une myopathie nutritionnelle doit être envisagée.

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