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La Question des Embryons Congelés : Définition, Techniques et Implications Éthiques

Introduction

La congélation des embryons, également connue sous le nom de cryoconservation, est une technique de plus en plus prisée dans le domaine de la gynécologie et de la médecine reproductive. Elle offre des perspectives prometteuses pour de nombreuses personnes souhaitant concevoir, tout en soulevant des questions éthiques et pratiques complexes. Cet article explorera en détail la définition de la congélation des embryons, les techniques utilisées, ses avantages et inconvénients, ainsi que les enjeux éthiques et juridiques qui l'entourent.

Définition et Principes de la Congélation Embryonnaire

La congélation des embryons est une technique de préservation qui consiste à stopper le développement cellulaire à des températures très basses. En gynécologie, cette méthode est devenue un outil incontournable, permettant de conserver des embryons pour des cycles de fécondation in vitro (FIV) ultérieurs.

Imaginez un réfrigérateur géant qui, plutôt que de conserver des aliments, préserve les possibilités de vie. Cette technique repose sur des principes scientifiques complexes dans lesquels l’eau à l’intérieur des cellules est remplacée par des cryoprotecteurs, évitant ainsi la formation de cristaux de glace nocifs qui pourraient endommager les cellules embryonnaires.

Pour la cryoconservation des embryons, on emploie de l’azote liquide parce qu’il est nécessaire de les soumettre à des températures très basses comme -196 ºC. Cette température arrête toute activité biologique en maintenant intacte leur physiologie. Pourtant, pendant la congélation, des cristaux de glace peuvent se faire et ils peuvent nuire aux cellules. Pour éviter ce dommage et préserver les échantillons indéfiniment, on emploie des cryoprotecteurs, des substances qui remplissent la fonction d’un antigel. Ces embryons sont identifiés par un code et ils sont congelés et stockés dans une citerne d’azote en registrant leur emplacement et facilitant leur localisation.

Évolution des Techniques de Congélation

Le développement de la congélation des embryons a été marqué par des avancées scientifiques majeures. Au début des années 1980, les premiers embryons humains ont été congelés avec succès, mais les taux de survie étaient relativement faibles. À cette époque, la science était encore en phase exploratoire, et chaque embryon congelé était une promesse fragile.

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Au fil des décennies, des recherches approfondies ont permis de perfectionner les techniques de cryoconservation. Par exemple, l’introduction de la vitrification dans les années 2000 a révolutionné le domaine. Cette méthode rapide de congélation évite la formation de cristaux de glace et a considérablement amélioré les résultats de survie des embryons.

La vitrification embryonnaire est une technique de congélation ultrarapide qui se base sur l’emploi des grandes concentrations de cryoprotecteur et des vitesses de refroidissement excessivement élevées qui évitent la formation de cristaux.

Grâce au progrès des techniques de congélation, les différences entre les embryons frais et congelés sont très peu nombreuses, bien que les résultats obtenus par le transfert d’embryons congelés soient légèrement inférieurs aux résultats avec des embryons frais.

Rôle et Importance dans la Médecine Reproductive

La congélation des embryons joue un rôle central dans les traitements modernes de la médecine reproductive. Elle offre aux couples et aux individus une flexibilité inestimable.

Par exemple, une femme souhaitant retarder sa maternité pour des raisons professionnelles ou personnelles peut décider de congeler ses ovules ou embryons, lui permettant ainsi de préserver ses chances de grossesse à un moment ultérieur. De plus, cette technique est cruciale pour les patients devant subir des traitements médicaux pouvant affecter leur fertilité, comme la chimiothérapie. En conservant des embryons, ces patients se donnent la possibilité de fonder une famille après des traitements difficiles.

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Statistiquement, l’utilisation de la congélation d’embryons a conduit à des taux de réussite de grossesse plus élevés dans les cycles de FIV, rendant ce processus non seulement une option pratique, mais une nécessité pour de nombreux couples.

Indications et Utilisations Courantes

La congélation des embryons est de plus en plus courante en raison de l’augmentation des cas de préservation de la fertilité. Les femmes souhaitant retarder leur maternité, souvent en raison de carrières professionnelles ou de raisons personnelles, se tournent vers cette technique. Par exemple, une étude menée par le National Institutes of Health a révélé que près de 40 % des femmes qui choisissent de congeler leurs embryons le font pour cette raison. Cela leur permet de conserver l’option de fonder une famille à un moment ultérieur, tout en tenant compte du déclin potentiel de leur fertilité avec l’âge.

La congélation des embryons est également une option thérapeutique pour les couples confrontés à l’infertilité. Dans certains cas, les traitements de fertilité, tels que la fécondation in vitro (FIV), peuvent nécessiter la création d’embryons supplémentaires. Ces embryons peuvent être congelés pour une utilisation ultérieure, ce qui offre une seconde chance aux couples ayant déjà rencontré des difficultés. Par exemple, des études révèlent que 60 à 70 % des embryons congelés peuvent survivre après décongélation, offrant ainsi une opportunité précieuse pour ceux qui espèrent concevoir.

La congélation des embryons peut également être un outil crucial pour des patients devant subir des traitements médicaux susceptibles d’affecter leur fertilité. Par exemple, les femmes atteintes de cancer peuvent avoir besoin de traitements tels que la chimiothérapie ou la radiothérapie, qui peuvent endommager leurs ovaires et réduire leur capacité à concevoir. En prélevant des ovules et en les fécondant avant le début des traitements, puis en congelant les embryons, ces femmes s’assurent qu’elles auront des options reproductives après leur guérison. Cette approche proactive ressemble à une assurance santé, où l’on se prépare à l’imprévisible en protégeant ses chances de maternité face aux défis médicaux.

Le Processus de Congélation des Embryons

Le processus de congélation des embryons débute par une étape cruciale : la collecte des ovocytes. Cette procédure, généralement réalisée lors d’une stimulation ovarienne, permet de récupérer plusieurs ovocytes matures. Les femmes reçoivent des traitements hormonaux pour stimuler leurs ovaires, ce qui entraîne la maturation de plusieurs ovocytes. Une fois cette étape accomplie, une intervention chirurgicale de prélèvement, souvent pratiquée sous anesthésie, permet de collecter ces ovocytes.

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Après la récolte, les ovocytes sont fécondés par des spermatozoïdes dans un laboratoire, donnant ainsi naissance à des embryons.

Après la fécondation, les embryons sont placés dans un environnement contrôlé pour leur développement. Cette période de culture embryonnaire peut durer de trois à cinq jours, selon le stade de développement souhaité pour la congélation. Pendant cette phase, les embryologistes surveillent attentivement la qualité et la division cellulaire des embryons, utilisant des équipements de pointe pour s’assurer que chaque embryon se développe correctement. Ce moment est crucial car il détermine la viabilité future des embryons congelés. Des études montrent qu’environ 30 à 50 % des embryons atteignent le stade de blastocyste, ce qui optimise les chances de réussite lors des futures tentatives de transfert.

Une fois les embryons atteints le stade désiré, ils peuvent être congelés grâce à une technique appelée vitrification. Ce processus rapide de congélation permet de réduire au minimum la formation de cristaux de glace, qui pourraient endommager les cellules embryonnaires. En termes d’analogie, cela peut être comparé à la congélation rapide d’un aliment pour préserver sa texture et sa saveur. Les embryons sont plongés dans un liquide cryoprotecteur avant d’être soumis à des températures extrêmement basses, souvent inférieures à -196°C. Ce stockage permet de conserver les embryons pendant de nombreuses années, offrant ainsi aux couples et aux individus la flexibilité de décider du moment idéal pour tenter une grossesse.

Traitement avec des Embryons Congelés

Le traitement avec des embryons congelés est simple, confortable et économique. Il ne précise pas besoin d’injections tous les jours ni des contrôles échographiques multiples. Les deux méthodes de préparation endométriale les plus utilisées sont le cycle artificiel (avec un traitement hormonal) et le cycle naturel.

Le cycle artificiel démarre avec la menstruation et se base sur l’administration d’œstrogènes par voie orale ou transdermique (sous forme de patchs ou de gel) pendant une période d’environ deux semaines avant le transfert. Le médecin peut parfois également conseiller l’administration d’une injection unique avant le début du traitement. En cas de réponse appropriée au traitement, des ovules de progestérone vaginale (parfois sous-cutanée également) seront ajoutés et le cryotransfert pourra avoir lieu après l’exposition utérine à la progestérone pendant le nombre de jours équivalant à ceux du développement de l’embryon qui sera utilisé. Une analyse sera effectuée le jour du cryotransfert ou les jours antérieurs pour vérifier les niveaux de progestérone en sang.

La préparation de l’endomètre dans le cycle naturel est possible grâce aux hormones (œstrogènes et progestérone) produites par le follicule ovarien en croissance. Par conséquent, la réalisation de ce traitement requiert fondamentalement d’avoir des cycles menstruels réguliers. Il sera nécessaire de contrôler le cycle ovarien par une ou plusieurs échographies jusqu’à la détection du follicule qui va ovuler. L’ovulation est provoquée grâce à une injection unique de HCG. Le cryotransfert a lieu une semaine après l’ovulation. Un traitement de soutien sera appliqué quelques jours avant le cryotransfert, en ajoutant des ovules de progestérone vaginale à faibles doses, qui seront maintenues au cours du premier trimestre. Ce traitement a l’avantage de comporter très peu de médicaments.

La technique du transfert embryonnaire est identique à celle utilisée pour les embryons frais et ne nécessite aucune préparation différente et ne produit aucune gêne supplémentaire. Les recommandations postérieures sont également identiques.

Probabilités de Succès

Grâce au progrès des techniques de congélation, les différences entre les embryons frais et congelés sont très peu nombreuses, bien que les résultats obtenus par le transfert d’embryons congelés soient légèrement inférieurs aux résultats avec des embryons frais.

Avantages et Inconvénients de la Congélation Embryonnaire

La congélation des embryons offre plusieurs avantages significatifs pour les couples qui souhaitent avoir des enfants. Tout d’abord, elle permet de préserver la fertilité dans des situations où la grossesse pourrait être compromise, comme chez les femmes atteintes de maladies nécessitant des traitements comme une chimiothérapie, qui peuvent endommager les ovaires. En conservant des embryons, ces femmes peuvent envisager de fonder une famille plus tard, lorsqu’elles sont à nouveau en bonne santé.

De plus, la congélation des embryons permet de maximiser les chances de succès lors des cycles de fécondation in vitro (FIV). En disposant de plusieurs embryons congelés, les couples ont la possibilité de sélectionner les plus viables pour un transfert ultérieur, augmentant ainsi les probabilités de conception.

Inconvénients et Risques Potentiels

Malgré les nombreux avantages, la congélation des embryons comporte également des inconvénients. L’un des principaux risques est la perte d’embryons lors du processus de congélation ou de dégel. En effet, une étude a révélé que jusqu’à 10 % des embryons congelés peuvent être perdus, ce qui peut être dévastateur pour des couples qui attendent avec impatience de commencer une famille.

De plus, la congélation peut engendrer des coûts financiers importants, non seulement liés à la procédure de congélation elle-même, mais aussi aux frais de stockage à long terme, qui peuvent s’accumuler au fil des ans. Pour certaines familles, ce facteur économique peut devenir un poids considérable, les poussant à renoncer à leurs projets de congélation.

La congélation des embryons peut également avoir des implications psychologiques pour les couples concernés. La décision de congeler des embryons est souvent chargée d’émotions, et certains couples peuvent ressentir un mélange d’espoir et d’anxiété. L’incertitude quant à l’avenir et la pression de devoir prendre des décisions concernant des embryons peuvent créer une tension émotionnelle. De plus, la perspective de devoir éventuellement faire face à des questions éthiques ou légales concernant l’utilisation des embryons congelés peut engendrer un stress supplémentaire. Une étude menée auprès de couples ayant recours à la FIV a révélé que près de 60 % des participants ressentaient un stress significatif lié à la gestion de leurs embryons congelés.

Enjeux Éthiques et Juridiques

L’arrêt LePage de la Cour suprême soulève par ailleurs la grave question des embryons surnuméraires et de leur statut. Sachant le risque d’obtenir des embryons de qualité insuffisante, et la probabilité élevée de fausse couche après l’implantation d’un embryon fécondé in vitro, il est courant de créer un grand nombre d’embryons pour multiplier les chances de succès. Les embryons inutilisés peuvent être conservés pour une tentative ultérieure de procréation, remis à d’autres couples, détruits, ou donnés pour la recherche, ce qui implique leur destruction et les questions éthiques afférentes. En attendant, ils s’accumulent dans les centres de conservation où ils peuvent rester pendant des années. En France, les embryons congelés étaient plus de 285 000 en décembre 2021, soit l’équivalent de la population d’une ville comme Bordeaux ou Strasbourg.

Pourtant, si leur statut juridique est discuté, leur appartenance à l’espèce humaine ne l’est pas, ce qui devrait entraîner la « reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables » selon les termes de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

Le Statut de l'Embryon : Un Débat Continu

Le statut de l’embryon et du fœtus fait encore largement l’objet de débats au sein des sciences sociales et reste à ce jour non tranché tant dans les domaines éthique, philosophique ou encore juridique. C’est d’ailleurs l’une des questions les plus sensibles de l’actualité et l’une des plus controversées en droit contemporain, suscitant de vastes polémiques. Ces réflexions sont certes relancées par l’émergence de nouvelles techniques, mais l’être prénatal est depuis longtemps un moyen de penser la condition humaine et la notion de personne. Une multitude de propriétés, comme la conscience de soi ou encore l’autonomie, fait encore de nos jours débat pour dater et marquer, entre autres, l’apparition d’une personne.

Ainsi, dans le domaine du droit, nous avons assisté en France à l’avènement de l’être prénatal comme une entité légale distincte, bénéficiaire d’un statut juridique qui, en l’absence de consensus, est toutefois marqué d’une certaine indétermination. L’embryon est donc une sorte d’« entité flottante », un être ambigu qui fait figure d’hybride face à la traditionnelle distinction entre les choses et les personnes au regard d’un droit ne connaissant pas dans ce domaine de catégorie intermédiaire. C’est pour cette raison que cet inclassable embryon a été désigné par le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) comme une « personne humaine potentielle », notion discutée et ambiguë, mais que le Comité a néanmoins maintenue en tant que concept éthique. Il est donc à ce titre protégé non pas parce qu’il est une personne, mais parce qu’il peut en devenir une.

La Décision de la Cour Suprême d'Alabama

En février, la Cour suprême de l’Alabama a rendu un arrêt concernant des embryons congelés dans le cadre d’une procréation médicalement assistée (PMA) qui a suscité de nombreuses réactions. Le 16 février 2024, la Cour suprême d’Alabama a rendu, par huit voix contre une, un arrêt LePage et autres, autorisant trois couples à demander réparation pour la destruction de leurs embryons cryoconservés, sur le fondement de la loi de 1872 relative à la mort des enfants (Wrongful Death of a Minor Act). Ce faisant, la Cour a renversé la décision de première instance qui avait débouté les parents.

L’arrêt commence par situer le débat. Les parties et tous les juges conviennent que les enfants à naître sont des êtres humains génétiquement uniques, dont la vie commence à la conception et s’achève à la mort. Ils s’accordent aussi sur le fait qu’un enfant à naître est une « vie humaine », un « être humain », ou une « personne », non seulement dans le sens courant donné à ces termes, mais aussi au sens des lois de l’Alabama, quel que soit son stade de développement. Les défendeurs soutiennent que l’enfant à naître cesse d’être un « enfant », ou une « personne », s’il ne se trouve pas dans le sein de sa mère. Il appartient alors à la catégorie des « choses ». La Cour observe que ni la loi de 1872, ni la jurisprudence n’excluent les enfants « extra-utérins ». La jurisprudence considère qu’un enfant à naître est un « mineur » au sens de la loi de 1872. Les tribunaux devant interpréter les lois en donnant aux mots leur sens ordinaire, et généralement compris, la Cour cite les différents dictionnaires, qui définissent l’enfant (child) comme une personne à naître ou récemment née (an unborn or recently born person). Elle constate que l’enfant à naître a toujours été considéré, même en remontant jusqu’au XVIIIe siècle, comme une personne vivante titulaire de droits et d’intérêts. Il n’y a donc aucune raison de penser que le législateur de 1872 ait eu une autre intention.

Les défendeurs affirment que l’application de la loi de 1872 aux embryons congelés aurait des conséquences indésirables, en particulier l’augmentation du prix de la fécondation in vitro (FIV) en raison du coût d’assurance du stockage des embryons. La Cour, bien que sensible à cet argument, répond qu’elle doit appliquer la loi, pas juger de son opportunité. Subsidiairement, les défendeurs soulignent que les « enfants embryonnaires » (embryonic children) étaient traités comme des biens, faisant l’objet de contrats qui pouvaient prévoir leur destruction.

Le juge dissident Cook souscrit à la sacralité de la vie humaine dès son commencement, et au fait que tuer un enfant « non né » est un homicide suivant la loi de l’Alabama. Il estime toutefois que la séparation des pouvoirs exige que ce soit le législateur, et non le juge, qui mette à jour la loi en étendant son champ d’application au-delà de ce que le législateur de 1872 prévoyait. Il considère que le législateur ne visait que les enfants déjà nés, pas les enfants à naître et, évidemment, encore moins les embryons congelés. Le juge Cook souligne également que cet arrêt risque de mettre fin à la fécondation in vitro en Alabama, car personne ne prendra plus le risque de conserver des embryons par crainte de dommages et intérêts punitifs sur le fondement de la loi de 1872. Il compatit avec les parents qui n’auront plus cette chance d’avoir un enfant. Néanmoins, il reconnaît qu’il existe de puissants arguments politiques et moraux pour considérer comme souhaitable de mettre fin à la création d’embryons congelés.

La décision de la Cour suprême de l’Alabama est en cohérence avec le droit de cet Etat, qui protège l’enfant « non né » quel que soit le terme. Certes, la loi de 1872 ne pouvait pas envisager l’existence des embryons congelés, mais un embryon est un embryon quel que soit l’endroit où il se trouve.

Options pour les Embryons Congelés Non Utilisés

Face aux embryons congelés hors projet parental, la loi française prévoit quatre grandes options :

  • Garder les embryons en vue d'une éventuelle utilisation ultérieure.
  • Donner à la recherche, contribuant ainsi à l'avancement des connaissances scientifiques sur le développement embryonnaire et les causes de l'infertilité.
  • Donner en accueil à un autre couple, offrant ainsi une chance de parentalité à des personnes ne pouvant concevoir.
  • Détruire les embryons, une décision difficile mais parfois nécessaire pour les personnes qui ne souhaitent pas les conserver, les donner à la recherche ou à un autre couple.

La Recherche sur l'Embryon

La recherche sur l’embryon est autorisée en France depuis 2013, sous conditions et sous contrôle de l’Agence de biomédecine. Elle doit s’exercer dans le plus grand respect dû à l’embryon lui-même, aux couples donneurs et pour éviter des dérives.

Dans la loi, l’embryon n’a pas d’existence juridique. Seule la naissance d’un enfant confère un statut. Sur le plan éthique, la question du statut de l’embryon est une discussion sans fin qui est fortement influencée par les croyances et les convictions de chacun. Il semble raisonnable d’estimer que la perception que l’on peut avoir de l’embryon évolue en fonction de la destinée qui lui est promise. S’il s’inscrit dans un projet parental, alors il s’agit d’une personne potentielle comme l’évoquait le Comité consultatif national d’éthique il y a plus de 30 ans. En revanche, s’il n’y a plus de projet d’enfant, l’embryon ne sera jamais transféré dans l’utérus et ne donnera jamais naissance à une personne. Cela n’empêche pas de toujours traiter l’embryon avec le respect qui lui est dû compte tenu de son origine humaine, y compris quand son développement doit être interrompu ou quand il devient sujet/objet de recherche.

Types de Recherches Possibles

Il existe trois types de recherches, comme pour toutes les recherches biomédicales. La recherche fondamentale est destinée à comprendre le développement précoce de l’embryon et ses perturbations éventuelles. Certains travaux peuvent être effectués sur des modèles animaux mais, dès ce stade, il existe des différences entre la souris, le poisson zèbre et l’homme. La recherche sur des embryons humains est donc aussi nécessaire.

La recherche préclinique consiste quant à elle, à développer de nouvelles méthodologies et procédures pour une éventuelle utilisation ultérieure à visée thérapeutique. Il peut s’agir de corriger des mutations géniques comme l’ont montré plusieurs travaux expérimentaux récents utilisant CRISPR-Cas9. On peut aussi chercher à améliorer les techniques de procréation médicalement assistées (PMA), par exemple en testant de nouvelles conditions de culture embryonnaire ou en identifiant des marqueurs biologiques permettant de caractériser les embryons ayant les meilleures chances de se développer. Rappelons qu’aujourd’hui les chances de succès de la FIV varient entre 17% et 30%, ce qui est faible, et des dizaines de milliers d’embryons sont inutilement conçus et transférés chaque année en France.

Que ce soit pour les recherches fondamentales ou précliniques, les embryons ne sont pas transférés dans l’utérus et sont donc détruits. Ces recherches sont soumises à l’autorisation de l’Agence de la biomédecine (ABM).

Depuis 2015 la loi française permet en revanche que des embryons ayant fait l’objet d’une recherche à l’occasion d’une PMA soient transférés dans l’utérus, quand les conditions sont réunies. Ces recherches, assimilables aux recherches cliniques faites aux autres étapes de la vie, sont soumises à l’autorisation de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM).

Enfin, il est possible de prélever des cellules souches pluripotentes sur un embryon dans le but de mener des recherches fondamentales, précliniques ou cliniques, par exemple pour mettre au point de nouvelles méthodes de thérapie cellulaire. Mais dans ce cas, la finalité de la recherche n’est plus l’embryon lui-même.

Gestion des Embryons Destinés à la Recherche

Actuellement, les centres de PMA conservent les embryons destinés à la science. Ce n’est pas leur vocation. Les chercheurs manquent d’interlocuteurs et de données spécifiques pour avoir accès sereinement et de façon transparente aux embryons. Cela doit changer. Un centre dédié à la gestion de ces embryons pourrait par exemple être créé dans les principales grandes villes françaises. Cela permettrait de mieux caractériser les embryons et d’informer les donneurs sur les différents types de recherche envisagés afin qu’ils puissent s’exprimer sur celles auxquels ils consentent. On pourrait aussi souhaiter qu’une meilleure information soit donnée sur les résultats des recherches qui ont été réalisées.

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