Introduction
L'histoire de Florian Cattouillart est celle d'une vocation, d'un parcours atypique et d'un engagement profond envers le monde de la petite enfance. Baigné dans cet univers dès son plus jeune âge grâce à son père, éducateur de jeunes enfants (EJE), Florian a su tracer son propre chemin, enrichi par des expériences variées et une passion communicative. Cet article explore son parcours, de ses débuts hésitants à son épanouissement actuel en tant que référent technique et futur EJE, sans oublier son implication dans la communication gestuelle pour bébés.
Un Héritage Familial : L'Influence du Père EJE
Chez les Cattouillart, la petite enfance est une affaire de famille. Le père de Florian était EJE et a dirigé des structures à Nantes et Montpellier. Florian se souvient : « Le soir, quand il rentrait du travail, il me racontait ce qu’il faisait à la crèche ». Cette immersion précoce dans le quotidien d'une crèche a sans doute semé les graines d'une future vocation. Sa compagne est également EJE.
Un Parcours Initial Divergent
Pourtant, Florian ne s'engage pas immédiatement dans la voie tracée par son père. Après un Bac pro Services (accueil, assistance, conseil), c'est sa rencontre avec sa future compagne, elle-même en école d'EJE, qui le décide à franchir le pas. En 2010, il obtient son CAP Petite Enfance par correspondance avec une très bonne moyenne et se lance dans le secteur.
Expériences en Crèches : Diversité et Révélation
Florian fait ses premières armes dans une crèche d’une soixantaine de berceaux du groupe LPCR, près de Montpellier, où il découvre différentes pédagogies (Montessori, Pikler…). Il y reste plusieurs années puis demande une rupture conventionnelle. « Cette période de chômage d’un an a été bénéfique. Elle m’a permis de rebondir, de savoir quel professionnel de la petite enfance j’étais et ce sur quoi je voulais tendre », confie Florian.
Son parcours est ensuite marqué par des expériences dans des crèches de tailles variées. C'est finalement au sein d'une micro-crèche à Jacou (34) qu'il trouve sa voie. « La micro-crèche, ça me correspond. J’apprécie l’environnement multi-âge. Les enfants se nourrissent entre eux. Et même s’ils n’ont pas tous les mêmes besoins, tout s’imbrique bien », souligne-t-il. Cette révélation le conforte dans son désir d'évoluer vers le métier d'éducateur de jeunes enfants.
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La VAE d'EJE : Persévérance et Soutien
Fort de cette conviction, Florian se lance dans une VAE (Validation des Acquis de l'Expérience) d'EJE. Une première tentative est avortée face à l'ampleur du travail. « Je n’avais pas assez mûri ce projet de VAE et, en voyant la masse de travail pour le livret 2, je me suis dit que cela allait être trop pour moi, je me suis découragé », explique-t-il.
Mais sa détermination est plus forte. Il retente l'aventure et dépose à nouveau le livret 1. Puis s’attelle au livret 2. A l’automne dernier, il passe l’oral et valide 2 blocs sur 8. « La complexité n’est pas dans l’écriture du livret 2, cela m’a pris entre 4 et 5 mois, mais l’oral. J’y suis allé avec beaucoup de détermination mais j’ai été déstabilisé par le jury. Je ne me suis pas senti à l’aise. Je vais donc repasser l’oral et cette fois-ci, je me préparerai mieux », indique-t-il plus motivé que jamais. Il peut compter sur le soutien de sa compagne et de leurs deux filles.
Référent Technique chez Baby Eveil : Un Épanouissement Professionnel
En 2022, alors à fond sur sa VAE, Florian a vent d’un poste de référent technique chez Baby Eveil, un réseau de micro-crèches, implanté dans l’agglomération de Montpellier, dans lequel exerce sa compagne en tant que directrice pédagogique. Rapidement embauché, il est pleinement satisfait de son nouveau travail. « Ce poste correspond totalement à mes attentes. Moi qui me sentais à l’étroit dans mon poste de CAP PE, j’ai enfin l’impression d’avoir enfilé le bon costume. Je suis totalement en accord avec moi-même, avec mes valeurs pédagogiques et aussi en phase avec les valeurs de l’entreprise qui sont très pikleriennes. La pédagogie d’Emmi Pikler me parle à 100% donc je suis vraiment très content », conclut le futur EJE visiblement épanoui.
[Information ajoutée] Florian Cattouillart a obtenu son diplôme d’EJE par la VAE en décembre 2024.
Parlons Autrement : La Communication Gestuelle pour Bébés
L'engagement de Florian ne s'arrête pas là. Parallèlement à son travail en crèche, il s'investit dans la communication gestuelle pour bébés. Avec son entreprise "Parlons autrement", il anime des ateliers pour les professionnels et les parents, afin de faciliter les échanges avec les tout-petits avant même qu'ils ne sachent parler.
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L'Expérience Personnelle : Un Déclic
Florian a été formé à la langue des signes pour bébés en 2014, dans la crèche dans laquelle il travaillait. Passionné par ce mode de communication, il a commencé à s’entrainer à signer avec sa petite fille, de 10 mois à l’époque. Une nuit, elle pleurait beaucoup. Avec ma femme, on ne savait pas pourquoi, mais c'était impossible de l'arrêter, on s'est levés une vingtaine de fois. Et puis, tout à coup, elle a fait le signe de l'eau avec son doigt. Je lui ai donc apporté à boire.
Les Bénéfices de la Communication Gestuelle
Parler le « bébé signe » permet de diminuer les frustrations de l’enfant comme des parents. Cela n’empêche pas le bébé de pleurer, mais cela évite les pleurs inutiles et les incompréhensions de la part des adultes. « Signer, ça ne sauve pas des vies, mais ça nous avait sauvé une nuit. »
Les deux filles de Florian, assises chacune sur un genou de leur papa, ne peuvent s’empêcher de signer en l’écoutant parler de langue des signes pour bébé. Elles sont aujourd’hui âgées de 4 et 8 ans et parlent très bien, mais leurs connaissances en « bébé signe » sont restées. L'autre jour, j'ai voulu leur faire observer un oiseau dans le jardin, il ne fallait pas faire de bruit. Je leur ai donc fait le signe "chut", puis celui de "l'oiseau".
Un Outil Temporaire pour Faciliter la Communication
En général, l’enfant commence à parler à partir de ses 18 mois. Néanmoins, il peut signer à partir de ses 8 mois. Dans une phrase, je vais signer un seul mot simple comme "papa", "maman" ou "gâteau". Chez les petits, les émotions, comme la joie, la colère, la peur, sont très marquées. Dès leurs premiers mois, les bébés peuvent signer des mots comme « eau », comme le font ici Florian et ses filles. Selon lui, le secret de l’apprentissage est de savoir s’adapter à son public, que ce soit en termes de répétition, ou de vocabulaire nécessaire.
« 20 mots suffisent au bébé », estime-t-il. Il a alors mis en place des familles de mots à apprendre, comme la nourriture, les vêtements et la vie quotidienne… mais aussi des jeux et comptines, « pour rendre l’apprentissage ludique ».
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« Voir un enfant communiquer en signant, observer qu’à la fin de l’atelier il est capable de comprendre les signes, c’est une victoire. J’ai rencontré une centaine d’enfants et tous sont réceptifs à la langue des signes. »
La Langue des Signes Française (LSF)
La Langue des Signes Française (LSF) est une langue à part entière. Elle a pourtant été interdite pendant plus d'un siècle : la première école pour enfants sourds a été créée en 1760. Presqu'un siècle plus tard, en 1970, a lieu le "réveil sourd", période durant laquelle les sourds et malentendants militent pour la reconnaissance de la langue. Ce n'est qu'en 2005 que la Langue des Signes Française est reconnue comme une langue à part entière.
Le Bébé Signe : Un Tremplin, Pas un Obstacle au Langage
« On pourrait penser que ça retarde le langage, mais souvent c’est même le contraire, parce qu’en s’exprimant avec les signes dès le plus jeune âge, l’enfant prend goût à la communication », insiste Florian.
L’objectif du « bébé signe » n’est pas de parler la Langue des Signes Française (LSF) sur le plus long terme, mais de proposer un outil qui va être utile à l’enfant, entre ses 8 mois et ses 4 ans.
« Je compare ça à l’idée de marcher à quatre pattes. Quand on grandit, on bouge d’abord à quatre pattes, puis, petit à petit, cela disparait et on marche sur nos deux jambes.
Devenir Formateur en Communication Gestuelle
Florian fait partie des formateurs autodidactes. Le papa anime des ateliers pour les professionnels ou particuliers, à domicile ou en visio. J'ai obtenu un Master universitaire d'interprète. Dans ce genre de structure, elle raconte que tout un programme d’apprentissage est mis à disposition des élèves en formation.
D’autres organismes comme Bébé Fais Moi Signe organisent des formations pour devenir animateur ou formateur en bébé signe. Signes 2 mains accompagne aussi des futurs Formateurs Petite Enfance spécialisés en communication gestuelle associée à la parole.
Un Rêve : Créer une École
Le passionné rêve de créer une école « pour pouvoir enseigner cette langue des signes pour bébé, à un maximum de professionnels de la petite enfance. » Pour l’instant, il anime des ateliers auprès des professionnels de la petite enfance, en contact avec des enfants de 0 à 8/10 ans.
La Crèche : Un Lieu d'Histoire et de Débats
La crèche, au-delà de son rôle d'accueil des jeunes enfants, est un lieu chargé d'histoire et de significations. Au cœur des débats sur la laïcité, elle est aussi une longue histoire de mises en scène et de réinterprétations de la naissance du Christ.
Le débat rebondit à chaque hiver : a-t-on le droit d'installer des crèches dans les mairies, ou est-ce contraire à la laïcité ? Mais d'où vient la crèche ? Il s'agit en réalité d'une invention médiévale, et, pour être plus précis, d'une invention attribuée à François d'Assise (futur saint). Selon la tradition hagiographique, François aurait été très impressionné par sa visite de la Basilique de la Nativité à Bethléem, au cours de la cinquième croisade. Revenu en Occident, il aurait souhaité recréer la même émotion, le même rapport au sacré. Et il aurait donc mis en place la première crèche, à Greccio, en 1223 ; il s'agit alors d'une crèche vivante, comme on en trouve encore parfois aujourd'hui, avec un vrai bœuf et un vrai âne. L'intérêt est avant tout pédagogique : les habitants du village de Greccio peuvent ainsi faire l'expérience du mystère de la Nativité en ayant l'impression d'être eux-mêmes des personnages du récit biblique.
Qu'il s'agisse ou non d'une légende, ce qui est sûr, c'est que ce sont les Franciscains qui diffusent la pratique de la crèche dans toute la chrétienté occidentale. Dès 1252 apparaît une crèche monumentale : des personnages sculptés en bois, qu'on peut admirer toute l'année. La plus ancienne que l'on conserve date de 1288 et se trouve dans la basilique Sainte Marie Majeure de Rome. Quant aux crèches miniatures, il faut attendre le XVIe siècle pour les voir apparaître ; c'est un autre ordre religieux, en l'occurrence les Jésuites, qui en assureront le succès et la diffusion. Enfin, les santons (ce qui veut dire « petits saints » en provençal) apparaissent au début du XIXe siècle.
Mais pourquoi cette apparition soudaine d'un nouveau rite ? Pourquoi, au début du XIIIe siècle, cette volonté de montrer le sacré, de l'incarner dans des animaux ou des personnes vivantes ? Il faut noter tout d'abord que la dévotion, qui n'est jamais une chose figée, tend à l'époque à se recentrer sur la figure du Christ incarné : le Christ dans son corps d'homme, qui a vécu, a souffert et est mort pour les hommes. Cette époque est marquée par un profond renouvellement dans la façon dont on pense le rapport des laïcs au sacré et à l'Église. L'apparition des premières hérésies, l'émergence d'une riche bourgeoisie urbaine, la naissance des universités : tout cela pousse l'Église à donner de plus en plus de place aux laïcs. En 1199, on canonise ainsi Homebon de Crémone, un tailleur de pierre, marié, et laïc : c'est la promotion d'un nouveau modèle de saint, qui contribue à affirmer que désormais, on n'a plus besoin de rentrer dans l'Église pour faire son salut. De même, les prédicateurs prêchent de plus en plus en langue vulgaire, et les Ordres Mendiants s'en feront une spécialité. Ce mouvement d'ouverture aux laïcs, c'est ce qu'André Vauchez a appelé le « tournant pastoral ». C'est ce qui explique, en grande partie, l'apparition et la diffusion de la crèche : ce rite parle au peuple, puisqu'il leur montre des réalités de tous les jours - un bœuf, un âne, une mangeoire - pour leur parler d'un mystère sacré. De plus, les crèches vivantes donnent un rôle actif aux laïcs : il faut choisir qui fera Joseph, qui fera Marie, quelle famille sera choisie pour que son bébé soit le Christ. Et, précisément, c'est à cette époque que se multiplient les spectacles religieux (ce qu'on appellera plus tard les mystères). Dans les églises d'abord, puis dans les rues, on joue, dans les langues locales, des scènes de la vie du Christ. On joue le divin, littéralement. Et ce jeu est très sérieux : l'acteur qui joue Hérode ou le Diable est parfois pris à parti par la foule déchaînée, qui « y croit ».
Mais il y a encore une autre dimension derrière l'invention de la crèche. Vous l'avez sûrement remarqué (et sinon, allez fouiller dans vos santons, ou dans ceux de vos grands-parents pour les jeunes lecteurs) : tous les personnages de la crèche sont pauvrement vêtus - sauf les rois mages, évidemment. Le Christ lui-même est nu, ou pudiquement enveloppé dans un drap. Or la pauvreté du Christ est au cœur de la dévotion des Franciscains : ils sont des Mendiants, ils doivent être pauvres, n'ont rien le droit de posséder en propre - c'est ce qui les pousse à prêter les livres. Ainsi considérée, la crèche devient donc le symbole d'une critique sociale, qui fait des pauvres et des gens simples les véritables fidèles du Christ - alors qu'au contraire, les rois mages seront récupérés par les riches et les puissants comme les Médicis.
L'Art de la Crèche : La Passion de Florian Pernin
À Éclassan, Florian Pernin, artisan carreleur et gérant de salle, partage une passion dévorante : les crèches. À l’entrée, sur la gauche de la crèche, les ailes d’un moulin à vent miniature tournent ainsi que les deux meules. En face une distillerie et son alambic en cuivre brillent de mille feux. Des santons y évoluent. Plus bas, c’est un champ de lavandes et ses cueilleuses qui s’éclairent sous le soleil de la fenêtre du séjour. Et ce n’est pas fini. Comment ne pas être émerveillé, même si l’on n’est pas sensible à Noël et la Nativité, par ce qu’a réalisé Florian Pernin.
« Ma grand-mère, faisait une toute petite crèche, la passion m’a pris à l’âge de 12 ou 13 ans. On écoutait la Pastorale des santons de Provence à la maison. J’ai été élevé dans la foi. À la fin, la crèche chez mes parents mesurait 2 m2. Aujourd’hui, chez moi, elle atteint les 8 m2. Cette année, je me suis mis à la fabrication de mes végétaux comme ces deux oliviers que j’expose… (trois jours de travail). Je rassemble des brindilles de bois que je coule dans le plâtre, puis je sculpte les nervures et reliefs des troncs et je peins. L’univers créchiste est un peu fou. J’aimerais bien réaliser une crèche de 20 m2 l’an prochain dans ma salle au Domaine Girodier et l’ouvrir au public. Pour fabriquer les feuillages j’utilise un flocage plastifié et teint dans la masse. J’utilise une machine électro-statique pour coller les feuillages sur les branches. Pour les lavandes, je découpe des poils de balayette et je les assemble avec du fil de fer fin, puis je peins les tiges à la bombe.
Florian Pernin gère deux sociétés, et il passe ainsi une grande partie de son temps libre à réaliser ces merveilles.
Les Défis de la Petite Enfance : L'Histoire d'Aurélie et Florian
La vie des Morbihannais Aurélie et Florian a basculé le 4 février 2019 quand leur bébé de huit mois a été hospitalisé pour un syndrome du bébé secoué.
Le 4 février 2019 était un lundi. Aurélie et Florian ne l’oublieront jamais. Ce jour-là, leur vie a basculé. Leur bébé de huit mois a terminé en soins intensifs après un syndrome du bébé secoué. Quatre ans plus tard, leur petit bonhomme va bien. Le couple a quitté Les Essarts en Vendée où s’est joué le drame. Retour aux sources, dans le pays de Vannes (Morbihan). Tout sourire, leur fils débarque dans la cuisine pour un petit coucou. Retour aussi sec vers son dessin animé. Le couple est occupé avec la petite dernière. Bientôt neuf mois et un appétit débordant. Son âge leur rappelle parfois le calvaire vécu en Vendée et la prochaine échéance du procès. Il aura lieu dans quelques mois. Quatre femmes ont été mises en examen et comparaîtront dans le box des prévenues. Toutes devront répondre des faits de non-assistance à personne en danger. Le couple est prêt pour cette nouvelle étape. La dernière avant de « tirer un trait sur cette histoire ».
Aurélie et Florian veulent surtout témoigner « pour faire passer un message de prévention. Quand on confie son enfant à quelqu’un, on lui parle des biberons, des siestes, des repas. Jamais des pleurs. » Ni de quoi faire en cas de crise. « On veut alerter car il n’y a pas de profil type pour le syndrome du bébé secoué. Aurélie arrive à en parler sans larmes. Elle s’en étonne elle-même en reprenant le fil de l’histoire à ses débuts. Pour son premier enfant, le couple avait fait le choix de la crèche municipale. « C’était une grande crèche avec deux équipes », se souviennent-ils.
Vient l’heure de la reprise en tant infirmière au sein d’un Centre médico-psychologique. « Je me rappelle encore du premier jour où je l’ai déposé. Il avait trois mois. Les mois passent. Un rythme s’installe. Jusqu’à ce terrible lundi. « Je suis entrée. J’ai vu à travers le hublot qu’il était dans les bras d’une membre du personnel qui le portait face au monde. Il était tout pâle. » Aurélie s’approche et s’étonne. « Je n’ai pas pu établir de contact visuel avec lui. C’était palpable. Il se passait quelque chose. Je l’ai pris dans mes bras. On lui répond qu’il est tombé. « Le personnel m’a conseillé d’appeler mon médecin traitant, détaille la maman. Personne n’avait contacté les urgences. » Au même moment, son fils lui vomit dessus. « Je suis sortie dans le hall pour appeler le Samu. C’était horrible. J’ai cette image avec mon fils dans les bras et le téléphone à la main. On me regarde à travers le hublot, mais personne ne vient m’aider. » Son fils revomit. « J’ai géré la situation d’urgence jusqu’à l’arrivée des pompiers, se souvient l’infirmière qui a immédiatement identifié les signes d’un traumatisme crânien. Le Samu emmène son bébé à l’hôpital pour un scanner cérébral. Il est hospitalisé en soins intensifs. « Le médecin nous a annoncé que notre fils présentait deux hématomes sous-duraux au niveau frontal. Cela laissait penser qu’il était victime de blessures infligées.
Leur petit bonhomme enchaîne deux IRM, deux scanners et une scintigraphie osseuse. « Dès le lendemain, il allait mieux. Il n’y a pas eu besoin de drainage des hématomes. Après dix jours, il y avait une résorption partielle. Les imageries étaient catastrophiques et lui était là. Il récupérait. » Pour le plus grand soulagement de ses parents. « J’ai une photo de lui perfusé dès le lendemain. Il sourit. C’est notre bébé miracle, notre résilient.
Un protocole spécifique pour les enfants victimes de violences est mis en place. Un signalement au procureur de la République est fait. Le début d’un autre calvaire pour Aurélie et Florian. Ils sont auditionnés par la gendarmerie. « Nous avons eu des questions difficiles, mais moins dures qu’avec les services sociaux. Ces derniers ont été d’une extrême violence. » L’information préoccupante sur les parents dure plusieurs mois. « Nous coller cette étiquette fut l’une des pires choses. » Jusqu’à juillet 2020. Le retour à la maison est une autre épreuve pour la famille. « J’ai arrêté de travailler, explique Aurélie. Dès qu’il tombait, on était flippé. Cette année-là, on s’est complètement oubliés. Le foyer reprend pied peu à peu. Les parents voient grandir leur enfant, la tête pleine d’interrogations pour son avenir. « Il a marché à un an. On s’est dit « Au moins, il marche ». » Mais quand il met plus de temps à parler… « On a dramatisé. La dernière IRM cérébrale remonte à novembre 2022. La résorption des hématomes est totale. Le neurochirurgien qui le suivait à Angers s’est lui aussi montré rassurant. « Aujourd’hui, notre fils rayonne. »
Congé parental, maison à la campagne. Malgré tout, Aurélie évoque des « flash-back de cette femme qui [la] regarde à travers le hublot ». Elle espère que le procès lui apportera « des réponses ». Son mari est plus mitigé. « Je ne sais pas à quoi m’attendre. » Leur seule certitude ? « Cette histoire a bouleversé nos vies. Nous ne sommes plus les mêmes parents.
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