Introduction
La pauvreté, fléau persistant de nos sociétés, suscite des débats passionnés quant à ses causes et ses solutions. Le communisme, en tant qu'idéologie prônant l'égalité et la justice sociale, est souvent perçu comme une alternative au capitalisme, système économique accusé d'engendrer et d'entretenir la pauvreté. Cet article se propose d'explorer la complexité de cette relation, en analysant les liens entre pauvreté et communisme, tant sur le plan théorique que pratique.
La Pauvreté : Une Réalité Persistante dans un Monde Capitaliste
Les images de files d’attente d’étudiants devant les associations d’aide alimentaire, fortement médiatisées pendant la pandémie, restent gravées dans les mémoires et témoignent d'une réalité préoccupante. Les difficultés de logement pour les étudiants, certains allant même jusqu’à loger dans des campings, mettent en lumière les défis auxquels est confrontée une partie de la jeunesse. Au-delà des étudiants, le phénomène des jeunes travailleurs pauvres est lui aussi important. Les chiffres de l’INSEE de 2019 sont clairs : 1,2 million de personnes travaillent et vivent sous le seuil de pauvreté. Derrière ces chiffres, c’est toute une génération qui est marquée, une jeunesse qui saute des repas (1 étudiant sur 2), qui refuse des soins faute de moyen (5,3 % des 18-39 ans), une jeunesse qui ne part pas en vacances (10 % des enfants).
La pauvreté est intrinsèque au capitalisme. Les séquences médiatiques vont et viennent, la pauvreté, elle, reste. Il ne s’agit pas pour autant d’une fatalité. Des choix politiques peuvent l’atténuer, d’autres la renforcer. Les offensives de la droite et du gouvernement sont diverses sur le sujet. Certains dispositifs touchant particulièrement les jeunes les maintiennent volontairement dans la pauvreté. La lutte contre les contrats précaires fait partie de l’ADN du Mouvement Jeunes Communistes de France. Travaux d’Utilité Collective (TUC), Contrat Première Embauche, Services civiques, nombreux sont les dispositifs qui ont été combattus. Ces contrats précaires touchent 30 % des jeunes en 2023, soit deux fois plus qu’il y a 40 ans. Ce chiffre tombe à 22 % pour les jeunes diplômés. Quoi qu’il en soit, c’est un phénomène massif. 2 CDD sur 3 sont occupés par des moins de 30 ans, 1 jeune sur 3 occupe toujours un CDD trois ans après avoir intégré le marché du travail. Cette normalisation du CDD dans la jeunesse empêche toute une génération de se projeter dans un avenir stable, dans la sphère privée comme professionnelle. La durée moyenne d’un CDD est de 46 jours. Au-delà, quand on sait que l’on va quitter son travail au bout d’un mois et demi, comment se projeter au travail ? S’émanciper au travail, c’est s’y sentir à l’aise, apprendre des méthodes de travail, se les approprier, avoir un avis et agir sur celles-ci. En 46 jours, il est impossible de s’approprier son travail. Par ailleurs, toute une partie de notre génération s’est habituée aux CDD. Ne pas s’épanouir, ne pas s’émanciper, galérer au travail est devenu une évidence pour les gens de mon âge.
Le gouvernement se vante de lutter contre le chômage et prétend faire de la jeunesse sa priorité. Il ment. Le plan « 1 jeune 1 solution » octroie une aide financière pour les entreprises qui embauchent des jeunes, sans regarder le type de contrat proposé. L’État verse aujourd’hui 1000 euros à une entreprise qui fait signer un CDD de 3 mois à une jeune. Cette multiplication des CDD, couplée aux récentes réformes de l’assurance chômage, crée de la pauvreté chez les jeunes. Au passage, ces réformes reposent sur cette idée absurde que réduire les droits des chômeurs permettra de lutter contre le chômage. Le gouvernement pourra réduire l’indemnisation des chômeurs si la « conjoncture économique est favorable ». Les chômeurs seront également contraints d’accepter n’importe quelle offre d’emploi jugée décente, au détriment de leurs aspirations. Cette réforme est donc une machine à pauvreté, une machine à aliénation. Refusant de voir le potentiel et l’opportunité que représente la jeunesse, le patronat préfère la voir comme la variable d’ajustement d’un capitalisme en crise. C’est dans ce cadre que les libéraux ont créé tout un tas de dispositifs pour, soi-disant, permettre aux jeunes d’accéder au marché du travail.
Les Dispositifs d'Aide à l'Emploi : Des Pièges à Pauvreté ?
Arrêtons-nous d’abord sur le plus récent, le service civique. Le principe est de proposer aux jeunes de 16 à 25 ans de réaliser une mission de 6 mois à 1 an dans une association ou un service public. Concrètement, il s’agit de travailler entre 24 et 35 h par semaine pour une indemnisation d’à peine 610 euros, largement en dessous du seuil de pauvreté, évidemment sans cotiser. Fiches de mission qui ressemblent comme deux gouttes d’eau à des fiches de poste, CV et lettre de motivation requis, horaires fixes… Il s’agit clairement de travail déguisé. Comble de la situation, le plus grand pourvoyeur de service civique est l’Éducation nationale, qui propose des missions correspondant à de réels besoins, comme l’aide au devoir, la surveillance d’élèves, ou l’animation d’ateliers sportifs et culturels.
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Faute d’emplois à la sortie de leurs études, de nombreux jeunes multiplient aussi les stages. En dessous de 2 mois de stage, ceux-ci ne reçoivent aucune rémunération. Au-delà, le stagiaire peut espérer avoir une rémunération minimale de 4,05 euros par heure de stage, correspondant à 15 % du plafond horaire de la sécurité sociale, soit un peu plus de 500 euros par mois. Tout comme les services civiques, les propositions de stages que nous pouvons trouver sur des sites d’entreprises correspondent en tout point à des offres d’emploi. En cherchant au hasard un stage sur internet, on tombe très vite sur le site de TotalEnergies. Je cite. Description du stage : Poste d’expertise rattaché au sein d’une équipe d’analyse de marché chargée d’estimer le mix énergétique mondial et de donner une vision intégrée et cohérente servant à la transition énergétique de TotalEnergies. Profil souhaité : jeune diplômé. Compétences requises : Savoir gérer et organiser de la volumétrie de données chiffrées, connaissance du langage VBA, connaître les différentes énergies. Une première expérience dans le secteur de l’automobile serait appréciée.
Enfin, regardons la question de l’apprentissage, dispositif également spécifique aux jeunes. En dessous de 25 ans, la rémunération varie entre 27 et 53 % du SMIC, notamment selon l’âge du jeune. Passé 25 ans, les apprentis peuvent prétendre toucher le SMIC. En apprentissage, nous apprenons un métier certes, mais nous travaillons dans le même temps. L’apprenti bénéficie d’ailleurs des mêmes droits que les autres salariés de l’entreprise. Pourquoi ce dispositif maintient-il alors dans la pauvreté avec de si faibles rémunérations ? Au passage, un contrat d’apprentissage sur quatre est rompu avant son terme et seulement 25 % des apprentis signent un CDI à la fin du contrat. Ne jurer que par l’apprentissage comme le fait Emmanuel Macron mérite peut être une discussion ! Notons enfin que c’est bien souvent l’État qui finance ces faibles rémunérations puisqu’il verse 6000 euros aux patrons par apprenti, soit l’intégralité du salaire d’un apprenti mineur.
La Pauvreté Étudiante : Un Obstacle à la Réussite
La pauvreté de la jeunesse se manifeste aussi dans les établissements scolaires, notamment au collège et au lycée. Ici, elle dépend des revenus des parents. Le vieux rêve d’école gratuite du XIXe siècle n’est pas encore réalisé. Le collège coûte en moyenne, par an, 890 euros, le lycée général 1160 euros, le lycée professionnel 1290. Trois postes de dépenses sont particulièrement coûteux. D’abord les frais de cantine et d’internat, ensuite le prix du matériel, et pour finir, le coût des transports. Dans ce contexte, la réforme du lycée professionnel risque d’avoir un effet pervers et cynique.
La dernière rentrée universitaire a été marquée par une hausse du coût de la vie étudiante. L’étude annuelle de l’UNEF en révèle une hausse de 6,5 %. Les plus fortes hausses sont concentrées sur l’énergie et l’alimentation. Depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir, le prix de la vie étudiante a augmenté de 25,5 %. Pour subvenir à ses besoins, un étudiant sur deux est contraint de se salarier. Nous savons que c’est la première cause d’échec dans l’enseignement supérieur. En vivant avec des revenus issus des bourses ou de boulots à temps partiel, être sous le seuil de pauvreté est devenu la norme pour une bonne partie des étudiants. Sur la question étudiante, une des revendications des Jeunes Communistes et de notre branche étudiante l’Union des Étudiants Communistes est la mise en place d’un revenu étudiant.
Le Communisme : Une Solution Illusoire ?
À la Libération, le projet des communistes, particulièrement celui du régime des retraites, a permis de sortir de la grande pauvreté les « vieux » qui ne pouvaient plus travailler, et dont la survie dépendait de la solidarité familiale. Il s’agissait de la catégorie d’âge la plus pauvre du pays. La mise en place du système de retraite a transformé la solidarité familiale en solidarité nationale. Faisons la même chose pour les étudiants. Pour relever les nombreux défis que nous avons devant nous, nous avons besoin d’avoir la jeunesse la mieux formée possible. Ce revenu étudiant permettrait de lier une forme de contrat social entre la nation et la jeunesse. Parmi l’ensemble des richesses produites, une petite partie doit financer un droit à la formation, comme une partie finance aujourd’hui un droit au repos avec le système de retraite. Dans la même veine, la scolarité devrait enfin être totalement gratuite. Sur le matériel, adoptons un principe : si un matériel scolaire est indispensable à la réussite des élèves, alors il doit être gratuit. Pour le moment, de telles mesures reposent sur la volonté politique, bien inégalitaire, des collectivités locales. La restauration scolaire, l’internat et les transports devraient aussi être gratuits, car essentiels pour que les élèves puissent étudier.
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Dernier levier non négligeable pour sortir la jeunesse de la pauvreté : conquérir la dignité au travail. Par travail digne, nous entendons évidemment un travail que nous avons choisi, nous entendons également un travail qui permette de vivre correctement. Les salaires sont extrêmement bas, particulièrement ceux des jeunes, pourtant c’est nous qui créons la richesse. Le capital doit arrêter d’accaparer les fruits de ce que nous produisons. Dans le même temps, la stabilité de l’emploi doit devenir la norme. Nous entendons beaucoup que notre génération ne serait plus intéressée par le CDI. En réalité, par soif de découverte, par curiosité, par volonté de voir différents horizons, notre génération ne veut pas passer toute sa vie dans un même emploi, une même routine. Ce n’est pas la même chose ! Ce que nous voulons, c’est pouvoir passer plus facilement d’une expérience professionnelle à une autre, en passant s’il le faut par la case formation. Nous voulons apprendre et vivre de nouvelles expériences tout au long de notre vie.
La situation des jeunes travailleurs privés d’emploi doit aussi nous préoccuper. En 2022 le taux de chômage chez les jeunes était de 17,3 %. Quel gâchis ! Nous avons des besoins énormes pour relever le défi du vieillissement de la population, pour réindustrialiser la France, pour construire des services publics efficaces, pour réussir la transition énergétique… Avoir de l’ambition est nécessaire. Fin des contrats précaires, augmentations des salaires, créations d’emploi, revenu étudiant… Ces revendications sont applicables immédiatement, à une seule condition : s’attaquer au capital, créer le rapport de force dans le pays qui fera plier le patronat. Impulser cette dynamique est nécessaire, nous pouvons mobiliser notre génération qui ne se reconnaît pas dans le projet de société qui nous est offert, qui a conscience que le capitalisme n’a pas d’avenir.
Capitalisme et Précarité : Un Système à Bout de Souffle ?
Le capitalisme n’a jamais autant mis à mal l’avenir de la jeunesse. Les crises sanitaires et économiques viennent tristement le démontrer. La jeunesse est au cœur du dernier rapport de l’Observatoire des inégalités sur la précarité. En seulement dix ans, le nombre de jeunes vivant sous le seuil de pauvreté a doublé. Comme bien souvent, cette hausse de la précarité est précédée par une hausse du chômage. Occupant les postes les plus précaires (CDD, intérim, temps partiel…), les jeunes font office de variable d’ajustement pour le capital. Non seulement ils sont mis en concurrence avec leurs aînés pour tirer l’ensemble des salaires vers le bas, mais en période de crise économique, ce sont aussi les premiers à perdre leur emploi. Ainsi, au dernier trimestre 2020, près de 25 % des jeunes étaient au chômage. En réponse, le gouvernement a mis en place un plan d’urgence pour la jeunesse. Ce plan n’offre comme seules perspectives que des petits boulots payés une misère. L’exécutif vient une nouvelle fois fragiliser le parcours des jeunes. Ce sont toujours les mêmes politiques libérales à la manœuvre. En diminuant le « coût de la main-d’œuvre », le gouvernement se plie au chantage à l’emploi orchestré par le Medef. Afin d’endiguer la crise économique, l’exécutif fait le choix d’accélérer les mêmes politiques libérales qui nous ont menés droit dans le mur.
Si la situation pour l’emploi des jeunes est catastrophique, celle des jeunes en formation l’est tout autant. Afin de réduire les dépenses publiques, le gouvernement a fait le choix de mettre en place des politiques austéritaires et libérales dans l’enseignement. Les jeunes sont ainsi sélectionnés et mis en concurrence les uns avec les autres et la fracture sociale entre les établissements n’a jamais été aussi forte. Pour les étudiants, le constat est le même. Les politiques de massification de l’enseignement supérieur ont apporté avec elles l’espoir d’une possible ascension sociale pour des millions de jeunes vis-à-vis de la situation de leurs parents. Pourtant, force est de constater que la réalité est bien différente. L’origine sociale reste déterminante et le système éducatif est un outil de reproduction sociale au service de la classe dominante. Malgré la massification, de nombreux jeunes n’ont toujours pas encore accès à l’enseignement supérieur. Ainsi, le nombre d’enfants d’ouvriers reste bien faible comparé au reste de la population. Cette massification ne s’est pas accompagnée de moyens suffisants pour permettre à chaque jeune de poursuivre les études de leur choix ; bien au contraire. Avec les réformes libérales de ces dernières années, les étudiants mais aussi les formations et les établissements sont mis en concurrence les uns avec les autres. De plus, un étudiant sur deux est obligé de se salarier pour financer ses études. Le salariat étudiant est aujourd’hui la première cause d’échec à l’université. Le système de bourse est insuffisant et incapable de répondre aux besoins des étudiants. La précarité vient directement mettre en péril l’avenir de millions de jeunes. Ce système élitiste, basé sur la méritocratie, constitue une violence symbolique d’autant plus forte pour les enfants des classes populaires. Ainsi, les besoins et aspirations des jeunes n’ont jamais été aussi mis à mal par le système capitaliste. Dans leurs quêtes de profits à tout prix, les capitalistes n’arrivent plus à masquer les contradictions de leur système et les jeunes en sont des victimes collatérales.
La Jeunesse : L'Avenir du Communisme ?
Face à ce constat, de plus en plus de jeunes se sentent isolés et désemparés face à un système qui compromet leur avenir. Notre rôle en tant qu’organisation communiste est de faire prendre conscience à ces jeunes qu’ils ne sont pas des cas isolés. Les problèmes qu’ils rencontrent quotidiennement ne sont pas le fruit du hasard mais sont le fruit d’un système. Les jeunes et étudiants communistes se donnent pour objectif de porter un nouvel espoir à ces jeunes en leur faisant prendre conscience que le capitalisme compromet leur avenir. La bourgeoisie est assise sur une bombe à retardement, elle n’a que faire des besoins et aspirations de la jeunesse. Pourtant, c’est bien notre génération, celle qui est oubliée, voire humiliée, qui est porteuse d’espoir. La jeunesse est une force créatrice qui aspire au changement, et ce changement nous l’obtiendrons par la force de notre engagement, par nos revendications et notre organisation. Étant donné que la violence du capitalisme n’a jamais été autant d’actualité, le communisme est plus que jamais une nécessité.
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Le Communisme et la Pauvreté : Un Bilan Contrasté
L’histoire moderne prouve le contraire. L’URSS, l’Europe de l’Est, Cuba, le Cambodge ont connu le communisme. Bilan globalement négatif : appauvrissement, famines, pénuries. Et ne parlons pas des libertés entravées, du goulag ou des camps de rééducation. La Chine a connu la croissance quand elle a tourné le dos au communisme économique. L’exemple des Corée est instructif : même peuple, même culture. Le Nord communiste végète. Le Sud capitaliste prospère.
En France, le mot « solidarité » a révélé des pièges. Ainsi des allocations conditionnées au revenu. Imaginons une personne qui touche le revenu de solidarité active (RSA). Les aides seront supprimées quand elle trouvera un emploi. Prendre aux riches, donner aux pauvres : la solution ? Les loyers des HLM sont indexés sur le revenu. Mieux vaut un salaire qui entre dans les quotas que de déménager dans le parc locatif privé. Le système incite à rester modeste. Et que penser des emplois aidés qui ne débouchent jamais sur un CDI ? La gauche additionne les trappes à pauvreté. Elle promet l’émancipation. Elle produit l’asservissement. L’école de la République nivelle par le bas. Elle refuse la hiérarchie, le mérite ou la sélection. L’égalitarisme est la règle. L’école est devenue une usine à diplômes sans valeur. Ascenseur social ? En panne ! Place au guichet social. Il faut que les pauvres restent pauvres. Les « sans-dents », comme les avait appelés François Hollande, laissant échapper le mépris dans lequel il tient ceux qui votent pour lui. « La France est le seul pays où le communisme a réussi », dit un jour Mikhaïl Gorbatchev.
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