Cet article explore l'histoire et l'évolution de la comédie musicale, un genre dramatique où le chant et la danse illustrent, accompagnent et campent la diégèse. Des premières tentatives d'institutionnalisation en France à l'influence des grands shows américains, nous examinerons les différents éléments qui ont façonné ce genre populaire et divertissant.
Les Origines : Opérette et Music-Hall
Au début du XXe siècle, la comédie musicale en France peine à s'imposer au regard des musical comedies anglo-saxonnes. On a souvent dénommé toute forme de théâtre musical au prisme du terme « comédie musicale », faute de mieux. L'opérette légère, avec des œuvres comme Phi-phi (1918), tente d'assouplir le genre en intégrant des rythmes nouveaux du « jazz band » et en parodiant l'opérette traditionnelle.
La musicalité est primordiale dans la classification générique des productions de cette première moitié de XXe siècle. Johnny mène la danse d’Ernst Kreneck est ainsi qualifié d’opéra moderne mais également d’« opéra jazz » dans son programme édité en 1925. Le style jazzy permet à Kreneck « d’envelopper des idées graves dans des formes gaies […] entraînantes, de simplifier la musique […] [de] la “populariser” selon sa propre expression ». La comédie musicale en France procède ainsi d’un assouplissement d’une forme académique antérieure par un mélange stylistique et une concentration du sujet.
L'arrivée de spectacles américains comme Show Boat au Théâtre du Châtelet montre clairement qu'il s'agit d'un musical que le système français traduit en des termes génériques, mais aussi avec des références culturelles à la française que le public peut comprendre. La frontière est alors ténue entre l’opérette et la revue, qui possèdent déjà leurs codes, mais qui pour l’une développe des récits dramatiques chantés de manière lyrique, et pour l’autre raconte des histoires par le biais de numéros spectaculaires où le morceau de bravoure chanté et l’exécution chorégraphique s’entrelacent. D’aucuns parlent de comédies musicales quand d’autres évoquent le terme « opérette légère » ou encore « revue ».
Rose-Marie : Un Tournant Décisif
En 1927, la comédie musicale Rose-Marie, traduite de l’œuvre d’Hammerstein II et Friml créée pour Broadway en 1924, est créée à Mogador. La presse qualifie l’œuvre d’ « opérette », d’ « opérette à grand spectacle ». Les catégories fluctuent au fil de la chronique : « C’est un somptueux spectacle de féérie, de roman magazine et de music-hall pour familles. Il ne s’agit point ici d’une opérette, ni même d’une comédie musicale ». Certains journalistes peinent même à qualifier le genre et l’on tourne autour d’une typologie vague : « prétexte constant à ballets, à costumes et à chants. Il est pour ce genre de spectacles le théâtre type ».
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Si la catégorie « opérette » est globalement utilisée par facilité (les spectacles étrangers sont « acclimatés à Paris ») et demeure opérante jusqu’à l’extinction du genre à partir du milieu des années 1970, la production de 1981 relance le débat. Nick Varlan le producteur de Rose-Marie en 1981 définit ainsi l’opérette : « Musique pimpante, les couleurs, les lumières, les décors somptueux, toute cette féérie qui dépayse et fait rêver ». Ces indicateurs sont alors appliqués à Rose-Marie, quand bien même certains traits esthétiques (mélodies et vocalités) se voient définir à l’instar de ce que l’opéra-rock a instauré dans le paysage culturel français depuis 1970 : Varlan parle de « renouveau du genre […]. Succédant aux œuvres d’inspiration viennoise, Rose-Marie traite d’un sujet typiquement canadien, donne une large place à la mise en scène, au caractère visuel de la représentation et s’appuie sur des airs écrits pour séduire le grand public, ce que l’on appelle aujourd’hui des « tubes ». Jacques Crépineau quant à lui tranche dans un article du 23 février 1981 intitulé « Ô toi Rose-Marie » (que le journal titre « opérette ») : « Une fois encore on ne manquera pas de dire et d’écrire un certain nombre d’âneries concernant la vieille querelle opérette comédie-musicale […] Rose-Marie qui ouvre le feu de cette saison est une comédie musicale ! […] En France on admet difficilement (hors opéra) que l’on puisse chanter et danser sur une trame tragique.
L'Influence Américaine et l'Opéra-Rock
Ce n’est qu’à partir du moment où l’opéra-rock et ses albums concept s’institutionnalisent en France dès 1971 que l’expression « comédie musicale » définit en les standardisant les productions opératiques comme La Révolution française, Starmania ou Les Misérables. Dès lors, toutes les œuvres médiatisées dans lesquelles les chansons pop d’un album construisent une forme dramatique sur scène, à l’instar d’un concert, deviennent des « comédies musicales ». La dénomination est sans nuance. L’influence des grands shows à l’américaine (West Side story, Jesus Christ Superstar, Hair…) y a largement contribué, non pas tant dans le type de production et le modèle économique, mais dans le style hyperspectaculaire.
Comédie musicale : Un hyper-théâtre populaire
Ne faudrait-il pas alors penser les spectacles français comme parodies du genre opératique ? Les spécialistes des arts lyriques classiques ont défendu le fait que la tragédie en musique au XVIIe siècle était - du fait d’un parallélisme inversé - une parodie, en « outrance et aveu » de la grande tragédie déclamée : « Toute tragédie en musique comporterait ainsi une dimension caricaturale par rapport à son modèle dramatique déclamé ». La comédie musicale porte en elle ce même rapport à l’opéra. On pourrait sans conteste la qualifier d’hyper-théâtre populaire issu d’un hyper-théâtre académique (l’opéra, voire l’opérette) où le burlesque et l’héroïcomique émergent par le principe d’une variation tonale et l’usage des airs populaires qui ne sont plus des arias mais des chansons.
Mary Poppins : Un Exemple de Comédie Musicale Familiale
Près de 55 ans après sa sortie au cinéma, Mary Poppins demeure une référence de la comédie musicale et un conte intemporel pour petits et grands. L’esprit novateur de la réalisation de Robert Stevenson, qui combine les prises de vue réelles et l’animation, fait de Mary Poppins un film symbole. Le film est l'adaptation d'un roman de Pamela Lyndon Travers. Il connut grâce au film un immense succès. C'est le dernier film supervisé par Walt Disney lui-même, qui meurt deux ans plus tard. On dit souvent d'ailleurs que c'est son film testamentaire.
Le film met en scène une nounou magicienne qui apporte de la joie et de l'aventure dans la vie d'une famille anglaise. Les chansons du film, composées par les frères Sherman, sont devenues des classiques, et la performance de Julie Andrews dans le rôle de Mary Poppins a été saluée par la critique. Duke Ellington a également contribué à la musique du film, en apportant une touche de jazz qui a contribué à son succès international.
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