De nombreuses femmes, et même quelques hommes, considèrent le placenta comme un ingrédient miracle. La pratique de la consommation du placenta, connue sous le nom de placentophagie, a émergé dans les années 1970 aux États-Unis et a gagné en popularité, notamment grâce à l'adhésion de célébrités comme Kim Kardashian. Cet article examine les raisons de cet engouement, les différentes méthodes de consommation, les risques potentiels et la situation juridique en France.
L'ascension de la placentophagie : Une tendance propulsée par les stars
La placentophagie a été popularisée par des célébrités telles que Katie Holmes et Tom Cruise, qui ont avoué avoir consommé le placenta après la naissance de leur fille, Suri, en 2006. Depuis, la tendance s'est répandue, avec des personnalités comme Kim Kardashian qui a consommé son placenta en gélules après la naissance de son fils Saint et en a fait la promotion sur Instagram. Mayim Bialik, l'actrice de Big Bang Theory, fait également partie des adeptes.
L'attrait pour cette pratique est alimenté par l'idée que le placenta offre de nombreux avantages pour la santé des jeunes mères.
Pourquoi cette idée ? Les motivations derrière la placentophagie
La quasi-totalité des mammifères non humains consomment leur placenta après la naissance. Certaines femmes affirment ressentir un besoin instinctif de consommer leur placenta, car il représente le lien direct avec leur enfant. D'autres y voient un moyen de lutter contre la fatigue et la dépression post-partum.
La consommation du placenta est perçue par ses adeptes comme un moyen de :
Lire aussi: Comprendre la rétention de fragments placentaires
- Prévenir la dépression post-partum : Le placenta est réputé pour aider à prévenir la dépression post-partum, qui survient juste après la naissance du bébé.
- Favoriser la production de lait maternel : Il est également censé favoriser la production de lait maternel.
- Mieux récupérer après l'accouchement : Enfin, il aiderait à mieux récupérer après un accouchement.
- Regain d’énergie et une « peau de bébé »
Pour rendre la consommation plus facile, la plupart des adeptes optent pour la prise de gélules de placenta déshydraté. D'autres explorent des méthodes culinaires plus créatives, comme l'incorporation du placenta dans des smoothies, des steaks, des lasagnes ou même des chocolats.
Les risques potentiels de la placentophagie
Malgré l'enthousiasme entourant la placentophagie, aucune étude scientifique ne prouve ses bienfaits. Au contraire, des organisations de santé mettent en garde contre les risques potentiels.
En 2015, la revue Archives of women's mental health soulignait l'absence de règles concernant la conservation et la préparation du placenta, ce qui peut entraîner des risques de contamination bactérienne si la chaîne du froid n'est pas respectée.
Le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies américain (CDC) a également tiré la sonnette d'alarme concernant le processus d'encapsulation. Le CDC s'appuie notamment sur un cas survenu dans l'Oregon, où un nourrisson a développé une grave infection respiratoire causée par des capsules de placenta séché contaminées par des bactéries, que sa mère consommait depuis l'accouchement. La mère en question est tombée malade en avalant des gélules de placenta déshydraté et, via l'allaitement, a transmis à son bébé l'infection.
Une étude publiée en 2018 dans l'American Journal of Obstetrics and Gynecology conclut qu'il n'existe aucune preuve scientifique d'un quelconque bénéfice clinique de la placentophagie chez l'humain, et qu'aucun nutriment ni aucune hormone placentaire n'est conservé en quantité suffisante après l'encapsulation placentaire pour être potentiellement utile à la mère après l'accouchement.
Lire aussi: Placenta : examen post-partum
Les risques potentiels associés à la placentophagie comprennent :
- Infections bactériennes : Le placenta peut être contaminé par des bactéries, telles que le streptocoque B, qui peuvent causer des infections graves chez la mère et le nourrisson.
- Infections virales : L'encapsulation ne permet pas d'éliminer le risque d'infection, pour la femme et le nouveau-né.
- Manque de réglementation : Il n'existe pas de normes ou de règles encadrant le processus de transformation du placenta en un produit consommable.
La situation juridique en France
En France, contrairement aux pays anglo-saxons, les sages-femmes ont l'interdiction formelle de récupérer et de donner le placenta des patientes. Le placenta est considéré comme un déchet médical et est éliminé par incinération ou prétraitement par désinfection.
Depuis une circulaire de 2012, le placenta est juridiquement considéré comme un déchet médical, conformément à l'article R.1335-1 du Code de santé publique. Il ne peut être conservé qu'à des fins scientifiques ou thérapeutiques, et toujours après consentement écrit de la mère. Le placenta n’appartient ni à la mère, ni au père, ni à l’enfant.
La loi française vise à éviter les risques bactériologiques et à prévenir toute dérive commerciale. Lorsqu’il est expulsé, le placenta passe par le vagin, qui abrite « des milliards de microbes ».
Certaines femmes choisissent de contourner la loi en accouchant à domicile, sans assistance médicale, souvent accompagnées d'une doula. Cependant, les experts mettent en garde contre les risques d'hémorragie et la nécessité d'une assistance médicale en cas de complications.
Lire aussi: Césarienne Programmée
Alternatives à la placentophagie
Pour profiter des mêmes apports nutritionnels vantés par les adeptes de la placentophagie, les experts recommandent une alimentation équilibrée, riche en poissons gras, légumes verts, fruits, noix et graines, ainsi qu'un repos suffisant.
tags: #Kim #Kardashian #placenta #bienfaits #et #risques