Loading...

Kétoprofène et colique néphrétique : efficacité, utilisation et alternatives

La colique néphrétique, une douleur lombaire intense souvent causée par un calcul urinaire, est une urgence symptomatique. Bien que le kétoprofène soit couramment utilisé pour soulager la douleur, son efficacité, ses risques et les alternatives doivent être pris en compte. Cet article explore en détail l'utilisation du kétoprofène dans le traitement de la colique néphrétique, en tenant compte des dernières recherches, des recommandations médicales et des expériences des patients.

Comprendre la colique néphrétique

La colique néphrétique n'est pas une maladie, mais plutôt un symptôme d'une douleur brutale plus ou moins intense, ressentie au niveau d’une fosse lombaire située au bas du dos. Cette douleur résulte d'une mise en tension du rein, souvent causée par un obstacle dans les voies urinaires, entraînant une augmentation de la pression dans les voies urinaires et dans le rein. La cause la plus fréquente est la présence de calculs, composés de calcium (oxalate de calcium dans environ 50 % des cas) ou d'acide urique, qui bloquent l'écoulement normal de l'urine.

Symptômes et diagnostic

Une crise de colique néphrétique se manifeste par une douleur sévère, violente et quasi brutale. La douleur est souvent décrite comme similaire aux maux ressentis lors d’un accouchement, avant la péridurale. Elle irradie généralement vers le bas-ventre et les organes génitaux externes. D'autres symptômes peuvent inclure des troubles digestifs, des signes urinaires (pollakiurie, dysurie ou gêne vésicale), de l'agitation et de l'anxiété.

Le diagnostic est souvent clinique, basé sur la description de la douleur par le patient et la présence éventuelle d'hématurie (sang dans les urines). Des examens complémentaires sont généralement effectués pour confirmer le diagnostic, identifier la cause et évaluer la gravité de la situation :

  • Test urinaire : Détecte la présence de sang et de signes d'infection. Un examen cytobactériologique des urines (ECBU) peut être envisagé en cas de suspicion d'infection urinaire.
  • Échographie des reins et de la vessie : Permet de visualiser les reins et les voies urinaires, et de détecter une dilatation des cavités rénales témoignant d'une obstruction.
  • Scanner de l’abdomen et de la région pelvienne : Examen le plus performant pour détecter les calculs, même de petite taille, et localiser précisément les obstacles potentiels dans les voies urinaires. Il permet également d'éliminer d'autres diagnostics.
  • Radiographie d'abdomen sans préparation (ASP) : Recherche un calcul radio-opaque.

Facteurs de risque

Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque de développer des calculs rénaux et, par conséquent, des coliques néphrétiques. Les trois quarts des calculs sont oxalo-calciques, composés de cristaux d’oxalate de calcium. Les facteurs de risque comprennent :

Lire aussi: Douleur post-partum : le rôle du kétoprofène

  • Faible volume des urines : Moins de 1 litre par 24 heures.
  • Apports excessifs en sels ou en protéines.
  • Surpoids, diabète, mauvais équilibre alimentaire (syndrome métabolique).

Le kétoprofène dans le traitement de la colique néphrétique

Le kétoprofène est un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) dérivé de l'acide aryl carboxylique, du groupe des propioniques. Il est couramment utilisé pour soulager la douleur associée à la colique néphrétique en raison de ses propriétés analgésiques et anti-inflammatoires.

Mode d'action

Le kétoprofène agit en inhibant la synthèse des prostaglandines, des substances qui contribuent à la douleur et à l'inflammation. En réduisant la production de prostaglandines, le kétoprofène peut aider à soulager la douleur et l'inflammation associées à la colique néphrétique.

Efficacité

En première intention, le kétoprofène est considéré comme aussi efficace et mieux toléré que la morphine pour soulager la douleur de la colique néphrétique. Il est souvent administré par voie injectable pour une action rapide et efficace.

Une étude menée sur un modèle de colique néphrétique lithiasique chez le rat éveillé a montré que le kétoprofène réduisait significativement le nombre de crises de coliques néphrétiques (p<0,01) et la durée des crises (réduction de 80 %, p<0,01). Cependant, l'efficacité antalgique du kétoprofène n'était pas statistiquement corrélée à une réduction des pressions pyéliques.

Effets secondaires et précautions

Comme tous les AINS, le kétoprofène peut entraîner des effets secondaires, notamment :

Lire aussi: Soulager les coliques de bébé

  • Troubles gastro-intestinaux : Nausées, vomissements, diarrhées, flatulences, constipation, dyspepsie, stomatite ulcérative, douleur abdominale, melaena, hématémèse, exacerbation d’une recto-colite ou d’une maladie de Crohn.
  • Effets cardiovasculaires : Œdème, hypertension, insuffisance cardiaque. Des études cliniques et des données épidémiologiques suggèrent que l’utilisation de certains AINS (surtout lorsqu’ils sont utilisés à doses élevées et sur une longue durée de traitement) peut être associée à une légère augmentation du risque d’événements thrombotiques artériels (par exemple, infarctus du myocarde ou accident vasculaire cérébral).
  • Effets rénaux : Les AINS, en inhibant l'action vasodilatatrice des prostaglandines rénales, sont susceptibles de provoquer une insuffisance rénale fonctionnelle par diminution de la filtration glomérulaire. Rétention hydro-sodée avec possibilité d’œdèmes, d'HTA ou de majoration d'HTA, d'aggravation d'insuffisance cardiaque. Hyperkaliémie favorisée par le diabète ou un traitement concomitant par des médicaments hyperkaliémiants.
  • Réactions allergiques : Antécédent de réactions d’hypersensibilité telles que bronchospasme, asthme, rhinite, urticaire ou autres réactions allergiques au kétoprofène à l’acide acétylsalicylique ou autres AINS. Des réactions anaphylactiques sévères rarement fatales ont été rapportées chez ces patients. Des cas d’érythème pigmenté fixe (EPF) ont été signalés avec le kétoprofène.
  • Autres effets : Vertiges, somnolence, convulsions, troubles visuels.

Contre-indications :

  • Grossesse (à partir du 6ème mois).
  • Antécédents d’ulcère gastro-duodénal en évolution ou de saignement gastro-intestinal.
  • Insuffisance rénale sévère.
  • Insuffisance hépatique sévère.
  • Insuffisance cardiaque sévère non contrôlée.

Précautions :

  • Le kétoprofène doit être utilisé avec prudence chez les patients présentant des antécédents d’ulcère gastro-duodénal, d’insuffisance rénale, d’insuffisance hépatique, d’insuffisance cardiaque, d’hypertension artérielle, d’asthme, de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (recto-colite ou maladie de Crohn).
  • Il est important de signaler à votre médecin tous les médicaments que vous prenez, car le kétoprofène peut interagir avec certains médicaments, notamment les anticoagulants, les antiagrégants plaquettaires, les diurétiques, les inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC), les antagonistes des récepteurs de l’angiotensine II (ARA II), le méthotrexate, la digoxine, le lithium.
  • L'utilisation d’AINS peut altérer la fertilité féminine et n’est pas recommandée chez les patientes souhaitant concevoir un enfant.

Expériences des patients

Les évaluations des patients sur l'utilisation du kétoprofène pour la colique néphrétique sont mitigées. Certains patients rapportent un soulagement efficace de la douleur, tandis que d'autres signalent des effets secondaires importants et un manque d'efficacité. Il est important de noter que les expériences individuelles peuvent varier et que le kétoprofène ne convient pas à tous les patients.

Alternatives au kétoprofène

Si le kétoprofène n'est pas efficace ou est contre-indiqué, d'autres options de traitement peuvent être envisagées :

  • Antalgiques : Paracétamol et/ou morphine. La morphine peut être prescrite en dehors du travail.
  • Antispasmodiques : Tels que le phloroglucinol, pour diminuer les nausées et les vomissements en cas d'injection de morphine. Leur utilisation pour combattre les spasmes douloureux au cours des crises de coliques néphrétiques est très répandue.
  • Tamsulosine : Selon certaines recommandations, la tamsulosine (hors AMM) à la dose de 0,4 mg par jour pendant 1 mois réduit le délai et augmente le taux d'expulsion des calculs distaux (position urétérale basse) de moins de 7 mm.
  • Traitements urologiques : En cas de besoin, une sonde urétérale double J est montée dans l'uretère. La lithotritie extracorporelle est contre-indiquée pendant la grossesse. Les calculs peuvent être éliminés ou fragmentés en passant par les voies naturelles (urétéroscopie) ou en faisant une petite incision de la peau (néphrolithotomie percutanée, pour les très gros calculs).

Prévention de la colique néphrétique

La prévention de la colique néphrétique passe par la prévention de la formation de calculs rénaux. Les mesures suivantes peuvent être utiles :

  • Boire abondamment : Ingurgiter entre 1,5 à 2 litres d’eau par jour.
  • Surveiller son alimentation : Éviter les apports excessifs en sels et en protéines.
  • Remèdes naturels : Certaines plantes et substances peuvent aider à prévenir la formation de calculs, comme l'aubier de tilleul, le vinaigre de cidre, le citron, le basilic et le céleri. Il est important de consulter un médecin avant d'utiliser ces remèdes, surtout en cas de grossesse ou d'allaitement.

Colique néphrétique et grossesse

La plupart des coliques néphrétiques pendant la grossesse surviennent aux 2e et 3e trimestres et sont dues à la migration de calculs préexistants. Le risque d'accouchement prématuré et de rupture prématurée des membranes justifie l'appel en urgence du gynécologue obstétricien.

Le traitement repose sur les antispasmodiques et la morphine. Les AINS (à partir du 6e mois de grossesse) et la lithotritie extracorporelle sont contre-indiqués. En cas de besoin, une sonde urétérale double J est montée dans l'uretère.

Lire aussi: Coliques du nourrisson et chou-fleur

La dextrorotation de l'utérus gravide au cours de la grossesse entraîne une compression, le plus souvent de l'uretère droit. Cette compression est responsable d'une hydronéphrose droite qui persistera jusqu'à l'accouchement et, parfois, de douleurs de colique néphrétique.

tags: #ketoprofene #colique #nephretique #efficacité

Articles populaires:

Share: