L'anxiété de séparation est une étape normale du développement de l'enfant, qui peut se manifester par des pleurs et de l'agitation lorsque vous vous éloignez de votre bébé. Cette phase, bien que parfois éprouvante pour les parents, est un signe que votre enfant grandit et prend conscience de son individualité. Cet article vous fournira des informations détaillées et des conseils pratiques pour comprendre et gérer au mieux l'anxiété de séparation de votre bébé.
Comprendre l'Angoisse de Séparation
Qu'est-ce que l'angoisse de séparation?
L'angoisse de séparation se manifeste par un sentiment d'anxiété et de détresse intense chez le bébé lorsqu'il est séparé de sa figure d'attachement principale, généralement sa mère, ou de toute personne qui s'occupe habituellement de lui. Votre enfant pleure dès que vous vous éloignez, panique à la vue d'un visage qu'il ne connaît pas ou peu.
Pourquoi cette angoisse survient-elle?
Cette angoisse est liée au développement cognitif et affectif de l'enfant. Elle survient lorsque le bébé commence à comprendre qu'il est une personne distincte de ses parents, mais qu'il n'a pas encore acquis la notion de "permanence de l'objet". Cela signifie qu'il ne comprend pas qu'une personne ou un objet continue d'exister même lorsqu'il ne le voit plus. Pour le nourrisson, quand il n’aperçoit plus ses parents dans son champ de vision, il pense donc qu’il ne les reverra plus, et s’imagine que leur départ est définitif. En ce sens, l’angoisse de séparation est directement liée à la peur de l’abandon.
Quand apparaît-elle?
Généralement, l’angoisse de séparation apparaît vers l’âge de 8 mois (5/6 mois chez certains bébés). Selon plusieurs professionnels de santé, le phénomène atteint une intensité maximale entre 10 et 18 mois, puis disparaît progressivement vers 2 ans. À cet âge-là, l’angoisse de séparation peut parfois aussi refaire surface lorsque des événements perturbent les habitudes de vie de l’enfant (déménagement, arrivée d’un petit frère, absence prolongée d’un parent).
Comment se manifeste-t-elle?
Les manifestations de l'angoisse de séparation peuvent varier d'un enfant à l'autre, mais les signes les plus courants sont les suivants :
Lire aussi: Tétine : guide complet
- Pleurs intenses et agitation lorsque vous vous éloignez.
- Difficulté à se calmer ou à s'endormir, surtout la nuit.
- Réveil nocturne alors qu’il faisait ses nuits, il se réveille de nouveau au milieu de la nuit et vous réclame pour se rendormir.
- Crainte des étrangers : A cinq mois il reconnaît les visages qui lui sont familiers et sourit beaucoup moins vite aux visages étrangers et à huit ou neuf mois, il manifeste carrément un désarroi vis à vis des visages qui lui sont étrangers. C’est pourquoi on appelle aussi cette angoisse « l’angoisse du visage de l’étranger ».
- Comportement "collant" : Votre bébé qui souriait à tout le monde pleure et s’agrippe à vous ? Il crie quand il ne vous voit plus ?
- Colère ou opposition envers d'autres personnes.
Stratégies pour Aider Votre Bébé à Surmonter son Angoisse
Préparation et Adaptation Progressive
- Familiarisation avec les personnes : Pour que la première séparation soit moins difficile à vivre, commencez par passer quelques moments de convivialité avec votre enfant et les personnes qui le garderont. S’il s’agit des grands-parents, habituez votre enfant à leur compagnie pour qu’il comprenne que ce sont des gens familiers. En effet, vers 6/8 mois, le nourrisson ressent ce que les professionnels de santé nomment la peur de l’étranger (un sentiment qui peut accroître l’angoisse de la séparation).
- Période d'adaptation : Si vous devez le confier à une assistante maternelle, proposez une période d’adaptation où vous serez présents (quelques heures si possible). Cela rassurera l’enfant. La plupart des crèches proposent d’ailleurs des périodes d’adaptation avec enfants et parents pour que la séparation se fasse plus facilement. Si vous faites venir une baby-sitter chez vous, vous pouvez aussi lui dire de venir 15 ou 20 minutes avant l’heure du départ pour jouer avec votre enfant pendant que vous vous préparez.
- Séparations courtes et progressives : Pour faciliter les choses, allez-y en douceur dans un premier temps. Les premières fois, confiez l’enfant une petite heure seulement (à la crèche, à la nounou ou aux grands-parents), puis allongez de manière progressive la durée des séparations.
Rassurer et Communiquer
- Bienveillance et confiance : Bien sûr, il est indispensable de prendre en compte la peur de votre enfant, et de le rassurer avec bienveillance, sans minimiser ce qu’il ressent. Mais vous devez aussi lui faire comprendre que vous avez confiance en la personne à qui vous le confiez, et que vous n’êtes vous-même pas angoissé. Il est donc important de ne pas vous éterniser lors des au revoir.
- Routines de séparation : Pour que votre enfant comprenne que les séparations ne sont pas définitives, essayez d’établir des routines de séparation. Faites-le garder aux mêmes horaires, par les mêmes personnes et au même endroit si possible.
- Expliquer votre programme : Pour rassurer votre enfant, vous pouvez lui dire ce que vous allez faire quand vous ne serez pas avec lui. Son angoisse étant liée à son incapacité à vous représenter quand il ne vous voit pas, expliquez-lui votre programme, si possible en lui parlant de lieux ou de personnes qu’il connaît déjà. Vous pouvez aussi lui décrire ce que vous ferez ensemble une fois que vous le récupérerez (« dès que je reviens, on part faire de la balançoire au parc ! », par exemple).
- Voix sereine: Le mieux est de le rassurer, en parlant d’une voix sereine de manière à lui transmettre votre sérénité. Expliquez-lui pourquoi vous le confiez, et à qui : à des personnes en qui vous avez confiance et qui vont bien s’occuper de lui. Dites lui que vous allez revenir en précisant quand (avec des repères qui sont significatifs pour lui : après le dodo, ce soir…).
- Au revoir ostensible: Ne profitez jamais d’un moment où il ne fait pas attention pour partir : il aurait le sentiment d’être abandonné. Au contraire, partez de façon ostensible en lui disant et faisant « au revoir ».
Objets Transitionnels et Jeux
- Objet transitionnel : Il peut aussi être conseillé de donner à votre petit bout un doudou, ou un objet qui a votre odeur, comme une écharpe, par exemple. Vous pouvez aussi prévoir un « objet transitionnel », comme un mouchoir imprégné de votre odeur et privilégiez les périodes de séparation courtes au début. Depuis sa naissance, votre enfant aura investi son doudou comme objet transitionnel de sécurité. En effet, celui-ci lui sert d’objet d’attachement lors de votre absence. Une pratique à avoir en tête et de pouvoir laisser votre odeur corporelle sur son doudou.
- Jeu de cache-cache : Pour l’aider à mieux vivre cette période, vous pouvez par exemple jouer à cache-cache avec lui. Le traditionnel jeu du « coucou-caché » (masquer son visage derrière ses mains avant de le faire réapparaître), lui permet d’apprendre que l'on peut se séparer en s'amusant, avec la certitude de se retrouver. Essayez d'en faire un jeu comme « coucou-caché ».
Rituels
- Rituel du coucher : Instaurez un rituel du coucher pour aider votre enfant à s’endormir sereinement. En procurant à votre bébé les soins dont il a besoin, vous représentez tout ce qui contribue à son bien-être : vous faites partie de lui.
- Routine du soir : Renforcer la routine du coucher : un rituel du soir prévisible et apaisant l’aidera à se sentir en sécurité (bain tiède, histoire, berceuse, câlin…). L’important, c’est que ces étapes soient répétées dans le même ordre chaque soir.
- Rituel de départ : Mettre en place un rituel de départ : un bisou spécial, un au revoir à la fenêtre, un petit geste rassurant qu’il associera à votre retour.
La Nuit
- Réponse aux pleurs nocturnes : Pour faire face à l’angoisse de séparation nocturne, vous pouvez rejoindre votre bébé pour le rassurer avec des mots doux et réconfortants.
- Habituer à être seul : Donnez-lui confiance, en l’habituant à être seul : laissez-le pleurer quelques minutes dans son lit, et ne le prenez pas tout de suite dans vos bras, sinon il ne comprendra pas qu’il ne risque rien à rester seul et continuera à pleurer.
- Rassurer la nuit: Si l’angoisse de séparation se manifeste la nuit, essayez de rassurer votre bébé. Lisez-lui une histoire, donnez-lui la tétée ou le biberon, faites-lui des câlins et instaurez cela comme un petit rituel avant de dormir.
- Réconforter sans intervenir systématiquement : si votre tout-petit pleure en pleine nuit, attendez quelques instants avant d’intervenir. S’il continue, allez le voir, posez-lui la main sur lui, murmurez-lui quelques mots réconfortants… sans forcément le prendre dans les bras immédiatement.
Conseils Supplémentaires
- Ne pas le forcer : Enfin, ne le forcez pas à aller dans les bras d’une personne s’il n’en a pas envie.
- Être attentif aux besoins : C’est une période où votre bébé a besoin de vous, notamment en présence d'inconnus. Rassurez-le, respectez son rythme et ses besoins.
- Valoriser l'autonomie : Votre tout-petit a besoin de se sentir en confiance pour explorer le monde autour de lui. Pour atténuer la peur de l’abandon chez un bébé, encouragez-le à jouer seul tout en restant à proximité. Par exemple, installez-le avec ses jouets pendant que vous cuisinez ou lisez : il pourra s’éloigner progressivement de vous, tout en sachant que vous êtes là.
- Être positif : Dites-lui au revoir dans un esprit positif. Votre bébé peut ressentir votre anxiété ou vos difficultés. Un au revoir à l’esprit positif suivi de retrouvailles heureuses peut être une importante leçon de vie.
- Ne pas partir quand il est vulnérable : Ne quittez pas votre bébé quand il a faim, qu'il est fatigué ou qu'il ne se sent pas bien, ou chaque fois que vous sentez qu'il a vraiment besoin de vous.
Angoisse de Séparation Persistante
Dans la plupart des cas, l’angoisse devient peu à peu moins intense, puis finit par disparaître vers l’âge de 2 ans (comme mentionné plus haut, elle peut revenir par moment, mais ne durera pas dans le temps). Toutefois, chez certains enfants, l’angoisse peut persister, y compris quand ils ont atteint l’âge de 3 ou 4 ans.
Quand consulter?
Si vous avez des interrogations sur les réactions de votre enfant au moment des séparations ? Si l’angoisse de séparation persiste, n’hésitez pas à en parler au pédiatre de votre enfant pour recevoir des conseils et l’aider à traverser cette phase. Demandez à votre médecin traitant des conseils sur l'angoisse de séparation si votre bébé continue à souffrir lorsqu'il est laissé à d'autres personnes.
Que faire?
Relativement rare, ce trouble peut faire suite à une simple angoisse de séparation, ou apparaître quelques années plus tard (vers 6, 7 ou 8 ans, mais aussi à l’adolescence sous d’autres formes). Si vous notez un comportement excessif, anormal et une anxiété qui persiste longtemps (plusieurs semaines après la rentrée), il peut être nécessaire de consulter un pédopsychiatre. Il pourra chercher l’origine de cette anxiété, vous conseiller pour aider votre enfant, et parler à votre enfant pour qu’il apprenne à mieux gérer la séparation.
Séparation Parentale et Angoisse de Séparation
Une séparation parentale peut être un bouleversement pour votre bébé. Même s’il est encore tout petit, il perçoit les changements dans son environnement et ressent vos émotions. Il est toutefois indispensable de garder une cohérence éducative, même à distance.
Conseils pour une séparation parentale harmonieuse
- Photo des parents : En premier lieu, il peut être judicieux de mettre la photo des parents dans la chambre de l’enfant. En effet, même si vous avez décidé de ne plus vivre ensemble, le petit bout qui est né de votre union doit pouvoir sentir l’amour qu’il y a eu entre vous pour sa conception.
- Doudou : Pensez ensuite à bien transmettre le doudou de bébé lors du changement de maison. Cela l’aidera à sentir une continuité dans son sentiment de sécurité et de stabilité. Ce petit objet familier agit comme un lien rassurant entre les deux foyers, en portant avec lui des odeurs et des sensations apaisantes.
- Rituels communs : Si possible, créez des rituels de séparation communs, apaisants et prévisibles, comme une petite chanson, un câlin ou un bisou. Cela aidera votre bébé à sentir une continuité dans la séparation vers le sommeil, par exemple. En répétant ces mêmes gestes ou mots dans les deux foyers, vous renforcez son sentiment de sécurité, car il sait à quoi s’attendre.
- Préparation au changement : Avant de changer de foyer, pensez à préparer votre bébé afin qu’il ne soit pas surpris. Cela rendra la transition plus facile. Vous pouvez, par exemple, lui parler de manière positive de la personne qui l’accueillera, en mettant l’accent sur les activités qu’il y fera ou les moments agréables à venir. Il est essentiel de ne pas laisser transparaître de tensions entre vous, pour le bien-être de l’enfant, car celui-ci est très sensible à l’atmosphère émotionnelle.
L'Importance du Temps pour Soi
Confier votre enfant à son coparent ou à tout autre mode de garde est une étape incontournable pour vous retrouver. Que cela soit après avoir pris du temps pour vous ou vous être rendu(e) au travail, vous serez très souvent impatient(e) de retrouver votre bébé.
Lire aussi: Je Veux Ma Tétine ! : Analyse
Préparation au retour
Lorsque au retour, vous revenez rechercher votre bébé, rendez-vous bien disponible. Montrez-lui de la joie et de l’enthousiasme de le retrouver, même si parfois, vous pouvez être soucieux. Pour cela, prenez toujours un temps de décompression en sortant du travail, avant de venir le chercher. Cette astuce vous aidera à déposer vos valises professionnelles et à arriver dans les meilleures dispositions.
Moments de retrouvailles
Souvenez-vous que ces moments de retrouvailles sont précieux pour renforcer le lien parent-enfant. Prenez le temps de lui accorder une attention pleine, sans distractions, afin qu’il sente que même après une séparation, vous êtes toujours là pour lui. Cela contribuera non seulement à apaiser ses angoisses liées à la séparation, mais aussi à renforcer sa confiance en lui et en vous.
Lire aussi: Exploration de l'œuvre d'Aurélie Saada
tags: #comment #gérer #l'anxiété #de #séparation #de