La relation avec la mère de sa copine est un sujet délicat qui peut avoir des conséquences importantes sur la vie de couple. En effet, la famille de l'un ou l'autre partenaire a un véritable pouvoir sur les relations, avec des rituels qui s'installent au fil du temps et auxquels il est difficile de se soustraire. Cet article explore les différentes facettes de cette relation, ses enjeux, ses conséquences et les pistes pour l'apaiser.
L'influence maternelle : un lien unique et parfois étouffant
La mère est la première femme dans la vie d'un homme, et elle modèle inconsciemment sa future vie amoureuse. Ce lien unique peut être source de bien-être et de sécurité, mais il peut aussi devenir étouffant si la mère est trop fusionnelle ou possessive.
Certaines mères, emprisonnées dans la toile qu'elles tissent, ne parviennent pas à laisser leurs filles trouver leur identité. Les limites entre elles sont gommées au point de ne constituer qu'un seul et même individu. Elles donnent la vie, l'amour, élèvent, transmettent le savoir et les valeurs, servant de modèles. Ce qui unit une mère à sa fille est un lien unique au monde.
Il est parfois difficile de distinguer la bienveillance maternelle de la fusion pathologique et toxique dont certaines mères font preuve. Dire que sa mère est trop fusionnelle ne revient-il pas à critiquer le fait qu'elle vous aime trop ? C'est très culpabilisant d'accuser sa mère de trop d'amour quand tant d'autres souffrent du manque d'amour justement.
Ces mères fusionnelles et toxiques ont souffert elles-mêmes de la relation à leur propre mère : soit elles ont eu des mères peu aimantes, soit également étouffantes. D'un côté, elles tentent de réparer leurs blessures, d'un autre, elles reproduisent un schéma familier. C'est un peu de soi, de son passé, de cette petite fille enfouie au fond de la femme qu'elle est devenue que la mère voit sous les traits de sa fille. Une sorte de clone miniature en quelque sorte.
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Certaines mères considèrent leur fille comme le prolongement d'elles-mêmes et non pas comme un individu à part entière. Elles utilisent alors cette enfant comme un pansement aux blessures de leur propre passé. En prétendant « soigner » l'enfant, elle ne soigne personne d'autre qu'elle-même, et crée ainsi un lien de victime et de sauveur entre elle et sa fille, alors même qu'elle l'a elle-même placée dans cette position de victime. Ainsi la fille devient éternellement redevable à sa mère.
Les mères toxiques : différents profils et conséquences
Il existe différents profils de mères toxiques, chacune ayant des conséquences spécifiques sur la vie de leur fille :
- La maman victime : elle joue la victime dont il faut prendre soin, demandant à sa fille de jouer le rôle de sauveuse.
- La maman étouffante : elle aime trop sa fille, ne met pas de limites et lui dit qu'elle est sa raison de vivre, ce qui peut entraîner une confusion entre amour et codépendance.
- La maman qui a besoin d'être maternée : elle réclame à sa fille l'amour dont elle a manqué lorsqu'elle était enfant, faisant peser une lourde responsabilité sur ses épaules.
- La maman contrôlante : elle est convaincue de savoir mieux que sa fille ce qu'elle ressent, ce dont elle a besoin, qui elle est, privant ainsi la fille de sa propre voie.
- La maman narcissique : elle veut être perçue comme supérieure aux autres et utilise souvent ses enfants et leurs réussites pour renvoyer l'image qu'elle est une bonne mère.
- La maman indifférente : elle est mal à l'aise avec la proximité émotionnelle et physique, insensible aux besoins de sa fille qui apprend à être transparente et à ne pas exprimer ses émotions.
- La maman imprévisible : elle passe de la mère gentille et complice à la mère impitoyable en un claquement de doigts, créant un climat d'hypervigilance chez sa fille.
Ces relations toxiques peuvent avoir des conséquences terribles sur la vie des filles, affectant leur estime de soi, leur autonomie, leur capacité à construire des relations saines et leur bien-être émotionnel.
La mère fusionnelle toxique refuse de voir grandir son enfant. Elle l'infantilise littéralement jusqu'à très tard, afin de le garder le plus longtemps possible sous son aile, pour ne pas le voir prendre son envol. Elle-même ayant peu de confiance en elle, elle a besoin de s'attacher les êtres qui lui sont chers le plus longtemps possible. En considérant son enfant comme son bébé, elle crée un lien de dépendance très fort. Elle sape ainsi à son tour la confiance en lui de son enfant, son autonomie, son ambition. L'enfant, quel que soit son âge ne peut agir sans le regard de maman, sans son accord, et quoi qu'il fasse, il a l'impression de ne jamais faire assez bien pour la satisfaire. La mère fusionnelle toxique ne s'arrête pas là afin de rendre son enfant plus dépendant encore, elle lui adresse également des reproches, pointant du doigt son incapacité et le fait qu'elle est obligée de faire les choses à sa place.
Ces mères fusionnelles et toxiques occupent tout l'espace. Elles ne supportent pas l'idée que quiconque d'autre qu'elles puissent graviter autour de leur enfant, elles sont d'une jalousie maladive, ce qui sont à elles sont à elles et à nul autre, et elles considèrent que leur enfant leur appartient. Du coup, afin de ne laisser de place à personne d'autre, elles tentent d'interpréter tous les rôles : confidente, amie, femme de ménage, baby-sitter pour les petits-enfants, cuisinière…
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Les beaux-parents : une source de conflit fréquente
Les beaux-parents, et en particulier la belle-mère, sont une source de conflit assez répandue dans les couples. Les problèmes naissent souvent de critiques, d'une méconnaissance ou d'une défiance des deux côtés. Cette inimitié s'accompagne de froideurs ou d'hostilités dans les rapports, notamment lors des réunions de famille, ce qui se répercute ensuite en disputes au sein du couple.
Il arrive aussi que le lien familial entre l'un des partenaires et sa famille de sang soit si fort qu'il s'immisce en permanence dans l'intimité du couple. L'influence de la famille tend alors à s'imposer dans les choix de vie du couple, ce qui peut être pénible car ces choix peuvent porter sur des domaines aussi importants que le mode de vie, les finances, l'éducation des enfants ou la religion.
Dans la majorité des cas, les problèmes semblent plus imputables à un difficile apprivoisement de la belle-famille qu'à une réelle incompatibilité. Les cas de rejet complet, doublés d'une réelle hostilité de la belle-famille, sont rares. Ils s'observent plus souvent dans des milieux refermés sur leurs traditions et fonctionnant sur un mode clanique.
Gérer les problèmes de couple causés par les beaux-parents
Une relation difficile avec la belle-famille entraîne inévitablement une zone de friction dans un couple. Il existe des points importants sur lesquels un couple peut jouer pour améliorer la relation :
- Occuper sa place dans le couple et la famille : Il est normal qu'une mère reste une mère et qu'une femme soit une épouse. Ce qui est anormal, c'est que ces deux femmes se disputent l'amour d'un même homme comme si elles étaient rivales, alors que la place de chacune est distincte. Il importe de prendre une juste distance, afin de bien comprendre quels sont les droits et places de chacun dans le couple et dans la famille.
- Toujours faire passer le couple avant les beaux-parents : La bonne réaction est toujours de faire passer son partenaire et son couple en premier, en le priorisant par rapport à sa famille de sang. Cela passe notamment par la communication : mieux se parler et mieux s'écouter sont deux éléments clés.
- Faire respecter son territoire : Une juste évaluation de la place de chacun dans la sphère familiale passe aussi par le fait d'instaurer des limites pour protéger l'intimité du couple. Ces limites peuvent être spatiales, comme quand le domicile conjugal sert d'annexe au domicile des beaux-parents.
- Préserver son autonomie : L'enjeu pour le couple est de prendre toutes les décisions importantes qui le concernent dans l'intérêt de ses propres besoins et de ceux de ses enfants.
- Garder le respect et éviter les conflits : En cas de désaccord au sein du couple vis-à-vis des beaux-parents, attaquer frontalement son conjoint aboutit à le "couper en deux". Les attachements à sa famille de sang demeurent importants, même à l'âge adulte.
- Poser des bases claires avant d'avoir des enfants : Il est préférable de clarifier la situation sur la place et le rôle de chacun dans la famille avant d'avoir des enfants.
Solutions et pistes pour s'en sortir
Face à une relation toxique avec sa mère ou à des conflits avec sa belle-famille, il est important de prendre des mesures pour se protéger et préserver son couple. Voici quelques pistes à explorer :
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- Prendre conscience de la toxicité de la relation : C'est la première étape, souvent difficile, mais indispensable pour pouvoir agir.
- Se déconditionner : Remettre en question les schémas familiaux et les injonctions parentales.
- Vivre le processus d'individuation : Prendre son indépendance et devenir un individu à part entière, même à l'âge adulte.
- Comprendre que le besoin d'attachement et d'authenticité ne sont pas en compétition : On peut être soi-même tout en restant en lien avec l'autre.
- Acquérir la maturité émotionnelle : Apprendre à identifier ses propres besoins et à les exprimer.
- Apprendre à dire non et à poser des limites : Accepter de décevoir l'autre, ce qui est très inconfortable.
- Faire face à la réaction maternelle : Accepter de se sentir parfois coupable, d'autant plus si l'on a été conditionnée à cette culpabilité.
- Faire le deuil de la maman dont on aurait eu besoin : Accepter que l'amour maternel idéal ne viendra pas.
- Consulter un professionnel : Un psychologue, un thérapeute de couple ou un conseiller conjugal peuvent apporter un soutien précieux pour comprendre les dynamiques en jeu et trouver des solutions adaptées.
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