Le parcours de la procréation médicalement assistée (PMA) peut être long et éprouvant. Face aux échecs répétés, certains couples envisagent l'adoption comme une alternative, voire une voie complémentaire, pour réaliser leur désir de parentalité. Cet article explore le lien entre la PMA et l'adoption, les démarches à suivre et les enjeux émotionnels qui en découlent.
PMA et adoption : deux parcours distincts, un même objectif
La PMA et l'adoption sont deux voies différentes pour fonder une famille, mais elles partagent le même objectif : permettre à des personnes de devenir parents. La PMA est une solution médicale pour les couples ayant des difficultés à concevoir naturellement, tandis que l'adoption offre un foyer à un enfant qui en a besoin.
Il est important de noter que la démarche d'adoption n'est pas la même pour tous. Certains couples pensent à l'adoption dès le début, d'autres y viennent après des tentatives infructueuses de PMA. Dans tous les cas, il est essentiel d'être clair sur son projet parental et de faire preuve de détermination.
Le parcours de l'adoption après une PMA : un témoignage
Elaine, mère adoptive d'une petite fille née sous le secret, témoigne de son parcours. Après plusieurs années de tentatives de PMA infructueuses, elle et son mari ont décidé d'entamer une procédure d'adoption. Ils se sont mariés, ont écrit au conseil général et ont assisté à la réunion d'information obligatoire.
"C'est un moment éprouvant où les services de l’aide sociale à l’enfance (ASE) présentent la réalité de l’adoption et où certaines idées reçues volent en éclat," explique Elaine. Elle souligne également la baisse du nombre d'enfants proposés à l'adoption internationale et la priorité donnée à l'adoption dans le pays d'origine de l'enfant.
Lire aussi: Comprendre le retour de couches
Malgré ces obstacles, Elaine et son mari ont obtenu leur agrément pour l'adoption d'un enfant de moins de 3 ans. Ils ont entamé des démarches auprès d'organismes autorisés pour l'adoption (OAA) et ont finalement été contactés par la tutrice des pupilles de l'État pour accueillir une petite fille.
"Nous avions tant mis à distance l’espoir de ce moment que nous réalisons difficilement ce qui est en train de se passer," se souvient Elaine. "Des larmes, de joie enfin, et beaucoup d’émotion, beaucoup d’amour aussi autour de nous, soulagement collectif de ce parcours qui touche à sa fin et qui en a la plus belle des conclusions: notre fille!"
Les démarches à suivre pour adopter
La procédure d'adoption est encadrée par la loi et nécessite de suivre plusieurs étapes :
- Réunion d'information : La première étape consiste à assister à une réunion d'information organisée par les services de l'aide sociale à l'enfance (ASE) de votre département. Cette réunion permet de présenter la réalité de l'adoption et de répondre aux questions des futurs postulants.
- Demande d'agrément : Si vous souhaitez poursuivre la démarche, vous devez adresser une demande d'agrément au conseil général de votre département. L'agrément est une autorisation administrative qui atteste de votre capacité à accueillir un enfant adopté.
- Enquête sociale et évaluation psychologique : Après réception de votre demande, les services de l'ASE procèdent à une enquête sociale et à une évaluation psychologique pour évaluer votre situation familiale, votre projet d'adoption et votre aptitude à devenir parents adoptifs.
- Décision d'agrément : Au terme de l'enquête, le conseil général prend une décision d'agrément ou de refus. L'agrément est valable 5 ans.
- Démarches auprès d'organismes d'adoption : Une fois l'agrément obtenu, vous pouvez entamer des démarches auprès d'organismes autorisés pour l'adoption (OAA) ou auprès de l'Agence Française de l'Adoption (AFA) si vous souhaitez adopter à l'international.
- Attente et proposition d'adoption : L'attente peut être longue et il est important de se préparer à cette période. Lorsque votre profil correspond à un enfant en attente d'adoption, vous êtes contacté par l'organisme ou les services de l'ASE.
- Rencontre et période d'adaptation : Une période de rencontre et d'adaptation est organisée pour permettre à l'enfant et aux futurs parents de se connaître et de créer des liens.
- Jugement d'adoption : Si la période d'adaptation se déroule bien, une requête en adoption est déposée auprès du tribunal. Le jugement d'adoption prononce l'adoption et crée un lien de filiation entre l'enfant et ses parents adoptifs.
Les enjeux émotionnels de l'adoption après une PMA
Le parcours de la PMA est souvent marqué par des échecs et des déceptions, ce qui peut engendrer un sentiment de deuil de l'enfant biologique. L'adoption peut alors être perçue comme une alternative, mais il est important de faire le deuil de la grossesse et de se préparer à accueillir un enfant qui a déjà une histoire.
"À partir de ce moment, nous avons définitivement tourné la page de la médecine et fait le deuil de la grossesse pour pouvoir nous préparer au mieux à l’accueil d’un enfant en attente de parents," témoigne Elaine. "Clore ce chapitre de notre vie donne un nouveau souffle à notre couple qui a été mis à rude épreuve."
Lire aussi: Vaincre la fatigue après l'accouchement
Il est également essentiel de se renseigner sur l'adoption, de lire des témoignages et de rencontrer d'autres parents adoptifs pour mieux appréhender les enjeux et les spécificités de ce mode de parentalité. L'adoption vise en effet une mesure de protection de l'enfance et non de trouver un enfant pour combler ce désir de parentalité inassouvi.
La loi bioéthique et l'adoption : un nouveau cadre juridique
La loi bioéthique du 2 août 2021 a intégralement repensé l’assistance médicale à la procréation (AMP), en l'ouvrant aux couples de femmes et aux femmes non mariées. Cette loi a également créé un nouveau mode d’établissement de la filiation de l’enfant né d’une AMP dans un couple de femmes, dénommé reconnaissance conjointe anticipée.
Parallèlement, un mode transitoire d’établissement de la filiation a été créé pour l’enfant conçu dans les mêmes conditions avant le 2 août 2021, dénommé « reconnaissance conjointe », reposant sur le consentement des deux mères postérieurement à la naissance.
L'article 9 de la loi nº 2022-219 du 21 février 2022 dispose qu'à titre exceptionnel, pour une durée de trois ans à compter de la promulgation de la présente loi, lorsque, sans motif légitime, la mère inscrite dans l’acte de naissance de l’enfant refuse la reconnaissance conjointe, la femme qui n’a pas accouché peut demander à adopter l’enfant.
Ces dispositions permettent d’établir une filiation, a posteriori, à l’égard de la femme qui n’avait pas accouché de l’enfant, malgré l’opposition de la mère « légale » de l’enfant.
Lire aussi: Prestations CAF pour jeunes parents
Adoption de l'enfant du conjoint : une procédure spécifique
L'adoption de l'enfant du conjoint est une procédure spécifique qui permet de créer un lien de filiation entre un enfant et le conjoint de son parent biologique. Cette procédure est soumise à des conditions particulières, notamment l'absence de filiation établie à l'égard de l'autre conjoint et le consentement du parent biologique.
La loi n° 2022-219, du 21 février 2022, visant à réformer l'adoption a élargi l’accès à l’adoption de l’enfant d’un membre du couple par l’autre, au pacsé et concubin de l’autre parent.
tags: #addoption #apres #tentative #pma