Loading...

IVG : Mon Corps, Mon Droit – Un Droit Fondamental en France

Introduction

L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est un droit fondamental pour chaque femme, inscrit dans la loi française depuis 1977. Cette liberté est au cœur des débats sur la santé des femmes et l'égalité des sexes. En France, environ 230 000 IVG sont pratiquées chaque année. Bien que le nombre d'IVG soit relativement stable depuis une dizaine d'années, des efforts constants sont déployés pour améliorer l'accès à ce droit et garantir que chaque femme puisse faire un choix éclairé concernant sa santé reproductive.

L'IVG en chiffres

En 2023, on a dénombré 243 623 IVG réalisées en France, incluant l'hexagone et les départements et régions d'outre-mer (DROM). Parmi les jeunes femmes, 28,2 % de celles âgées de 20 à 24 ans et 29,9 % de celles âgées de 25 à 29 ans ont eu recours à l'IVG, marquant une augmentation par rapport à 2022. Plus de 143 000 IVG ont été pratiquées au sein d'établissements de santé, dont 49 673 IVG instrumentales et 91 332 IVG médicamenteuses.

Des disparités territoriales persistent, avec des taux de recours à l'IVG variant de 12,4 ‰ en Pays de la Loire à 23,3 ‰ en Provence-Alpes-Côte d'Azur. Dans les DROM, ces taux varient de 19,4 ‰ à Mayotte à 48,9 ‰ en Guyane.

Un droit menacé à l'échelle mondiale

En 2023, 753 millions de femmes dans le monde, soit 40 % des femmes en âge de procréer, n'ont toujours pas accès à l'IVG ou ne peuvent y recourir que sous certaines conditions, notamment lorsque leur vie est en danger ou pour des raisons de santé. Face à ces défis, la France s'engage à défendre et à promouvoir ce droit à l'échelle internationale.

Évolution législative et mesures de simplification

Depuis 2012, de nombreuses mesures ont été mises en place pour renforcer l'offre d'IVG et faciliter le parcours des femmes. La loi du 26 janvier 2016 a permis de mettre en œuvre plusieurs mesures importantes :

Lire aussi: Prévention du mélasma

  • Suppression du délai de réflexion : Le délai de réflexion obligatoire entre l'information et le consentement à l'IVG a été supprimé.
  • Remboursement intégral : Depuis le 1er avril 2016, l'IVG et tous les actes médicaux associés (examens de biologie, consultation de recueil du consentement, échographies) sont remboursés à 100 % par l'assurance-maladie.
  • Élargissement des compétences des sages-femmes : Les sages-femmes sont autorisées à pratiquer les IVG médicamenteuses en ville et en établissement de santé.
  • IVG instrumentales en centres de santé : Les IVG instrumentales sont possibles dans les centres de santé, sous réserve du respect du cahier des charges établi par la Haute Autorité de Santé.
  • Flexibilité pour les praticiens : Afin de faciliter le recrutement de praticiens contractuels réalisant des IVG, des contrats comportant une quotité de travail inférieure à 4 demi-journées par semaine peuvent être conclus.

La loi du 2 mars 2022 a également allongé le délai légal pour recourir à l’IVG, le faisant passer de 12 à 14 semaines de grossesse. Cette loi a également instauré plusieurs mesures significatives pour renforcer l’accès à ce droit fondamental :

  • Elle permet désormais aux sages-femmes de pratiquer des IVG chirurgicales dans les hôpitaux.
  • Elle pérennise les mesures mises en place pendant la crise sanitaire, telles que l’allongement du délai pour l’IVG médicamenteuse en ville, qui passe de 5 à 7 semaines de grossesse.
  • Elle consacre la possibilité pour les médecins et les sages-femmes de réaliser à distance les consultations liées à l’IVG ;
  • Elle supprime le délai de réflexion de deux jours imposés après l’entretien psychosocial pour confirmer une demande d’avortement ;
  • Elle précise dans le Code de la santé publique qu’un pharmacien refusant de délivrer une contraception d’urgence enfreint ses obligations professionnelles.

Programme national et plans régionaux d'accès à l'IVG

En janvier 2015, un programme national pour améliorer l'accès à l'IVG a été annoncé, articulé autour de trois axes principaux :

  1. Mieux informer les femmes sur leurs droits.
  2. Simplifier et améliorer le parcours des femmes souhaitant interrompre leur grossesse.
  3. Garantir une offre diversifiée sur tout le territoire.

Dans cette optique, les Agences Régionales de Santé (ARS) élaborent des plans régionaux d'accès à l'IVG, visant à mieux informer les femmes, améliorer leur parcours, permettre un accès à une offre diversifiée, et porter une attention particulière aux situations spécifiques rencontrées par les femmes en situation de précarité.

Campagne de communication et numéro d'information

Une campagne de communication spécifique, intitulée « IVG, mon corps, mon choix, mon droit », a été lancée en septembre 2015. Elle a été saluée pour son utilité, sa clarté et sa nécessité. Pour permettre à chaque femme de bénéficier d'une information objective, le gouvernement a mis en place un numéro d'information anonyme et gratuit (0800 08 11 11), géré par le Mouvement Français du Planning Familial, soutenu par le ministère des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes. Ce numéro a vocation à apporter une information claire, exacte et sans jugement sur l'IVG, la sexualité et la contraception.

Le site gouvernemental www.ivg.gouv.fr fournit également une information complète sur l'IVG (méthodes, réglementation, lieux d'information) et propose des vidéos de professionnels répondant aux questions les plus fréquentes.

Lire aussi: Fausse couche : le corps et l'esprit

Rôle des Espaces Vie Affective, Relationnelle et Sexuelle (EVARS)

Les Espaces Vie Affective, Relationnelle et Sexuelle (EVARS) sont des lieux d’information, d’écoute et de prévention dédiés à la vie affective, relationnelle et sexuelle. Leur approche bienveillante garantit un service anonyme et gratuit, sans actes médicaux, accessible sur tout le territoire, y compris en outre-mer. Les EVARS jouent également un rôle essentiel dans l’accompagnement des femmes (et de leur partenaire) envisageant une interruption volontaire de grossesse (IVG) ou y ayant recours. Ils assurent les entretiens psychosociaux pré-IVG (obligatoires pour les mineures) ou post-IVG permettant d’apporter un soutien individualisé dans un cadre respectueux et sans jugement.

Le Planning Familial a aussi mis en place des services d’écoute et d’accompagnement en santé sexuelle. Ses équipes, présentes sur l’ensemble du territoire, informent et conseillent les personnes sur des thématiques telles que l’éducation à la sexualité, la contraception, l’interruption volontaire de grossesse (IVG), le droit des femmes, ainsi que la lutte contre toutes les formes de violences et de discriminations.

Défis et perspectives

Malgré les avancées significatives, des défis persistent. Les écarts territoriaux dans l'accès à l'IVG montrent qu'il est nécessaire de renforcer l'offre dans certaines régions. De plus, il est essentiel de lutter contre les informations biaisées et les sites internet qui véhiculent des informations erronées sur l'avortement.

Le Plan interministériel pour l’égalité entre les femmes et les hommes « Toutes et Tous Égaux 2023-2027 » a pour objectif de renforcer l'accès à l'IVG pour toutes les femmes et de leur garantir le libre choix de la méthode d'IVG qui leur convient. Pour ce faire, il prévoit de généraliser la pratique de l’IVG par les sages-femmes et d’améliorer la prise en charge des IVG dans les établissements de santé. En 2023, 1 208 sages-femmes ont réalisé une IVG soit une augmentation de 693 par rapport à 2022.

Lire aussi: Victimes du Vésuve

tags: #ivg #mon #corps #mon #droit #informations

Articles populaires:

Share: