Cet article explore divers témoignages liés à la ville d'Armentières, dans le nord de la France. Des luttes pour l'accès à l'IVG aux engagements humanitaires d'un médecin retraité, en passant par le souvenir douloureux d'une victime du drame du Heysel, ces récits mettent en lumière des aspects importants de l'histoire et de la société.
L'orthogénie à Armentières : un pionnier face aux inégalités
Bertrand Riff, médecin généraliste lillois à la retraite et Cennois d’adoption, a marqué son époque par son engagement envers les causes humanitaires. Dès 1983, il prend la direction du service d’orthogénie (interruption volontaire de grossesse) à Armentières. Pour lui, c’est "le début du hors-piste" car la loi Weill ne s’appliquait pas aux étrangères. Il a bâti sa carrière sur le postulat d' "Accueillir toute l’humanité, sans exception".
Son action à Armentières révèle les lacunes de la loi française de l'époque, notamment en ce qui concerne l'accès à l'IVG pour les femmes étrangères. Il a embrassé bon nombre des causes contemporaines délicates. La France ne disposant pas des lois nécessaires pour les défendre, c’est tout naturellement qu’il s’est tourné vers la proche Belgique. Avec sa voix de bronze, son calme olympien inspirant spontanément la confiance, Bertrand Riff est venu au Communal expliquer ses luttes. Une "causerie", dialogue informel et convivial, à l’image de l’intervenant.
Un médecin engagé : au-delà de l'IVG
L'engagement de Bertrand Riff ne s'est pas limité à l'orthogénie. En 1986, ce généraliste atypique s’installe dans l’une des premières "Maisons Dispersées de Santé" fonctionnant avec kiné, infirmier, psychologue, orthophoniste, conseillère accueillante pour femmes battues ou trans, accueillante pour personnes trans. Il enchaîne avec le lourd combat de la PMA, réservée en France aux femmes mariées et hétérosexuelles. Là encore, il se tourne vers la Belgique qui, elle, a déjà "dépsychanalysé" le problème et lui permet de biaiser avec la désobéissance civique. Puis, il participe à la création de cinq lits médicalisés d’accueil pour LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres). Il s'est également investi dans d'autres causes, comme l'accompagnement des personnes LGBT.
Son combat actuel est celui de l’accompagnement des hommes et femmes demandant à mourir. Ce combat-là, toujours avec le même respect d’autrui, il le mène au sein de l’association "le Choix" (Citoyens pour une mort choisie). Là, Bertrand Riff est toujours fidèlement soutenu par sa charmante épouse, Michèle, qui fit une grande partie de sa carrière de médecin… au centre d’orthogénie d’Armentières. Mais, dans cette vie tumultueuse, il n’a miraculeusement rien perdu de son côté joyeux drille, ni de sa formation parallèle aux Beaux-Arts.
Lire aussi: Crèche municipale d'Armentières : comment s'inscrire ?
Le drame du Heysel : une Chapelloise se souvient
Le 29 mai 1985, le stade du Heysel à Bruxelles fut le théâtre d'une tragédie qui coûta la vie à 39 personnes lors de la finale de la Coupe des clubs champions entre la Juventus Turin et Liverpool. Parmi les victimes se trouvait le père de Rebecca Elsens, originaire de la Chapelle-d'Armentières.
Rebecca Elsens se rend en Belgique, ce jeudi, afin de rendre hommage à son père, décédé lors de ce qui restera l'une des plus grandes catastrophes du monde du football. "Il était en bas de la tribune quand cela a commencé à tomber", se souvient Rebecca Elsens pour France 3 Hauts-de-France. "Il a été écrasé. C'est important de ne pas oublier, de montrer que la bêtise humaine a engendré la mort. On ne devrait jamais mourir pour du sport", poursuit-elle. Le 29 mai 1985, son papa, facteur, quitte en effet la Chapelle-d'Armentières (Nord), afin d'assister à la rencontre au stade du Heysel. Rebecca Elsens a alors 14 ans. Devant les images de l'époque, elle se remémore ce qu'elle a vécu, en direct. Des souvenirs encrés à jamais dans sa mémoire. C'était peut-être viscéral, mais je me suis imaginé le pire tout de suite. Mais à l'époque, les téléphones portables n'existaient pas et internet encore moins. "Il a fallu attendre un moment avant d'être prévenus", raconte encore Rebecca Elsens. La mauvaise nouvelle finira par tomber. Jacques-François, le père de Rebecca Elsens, fait bel et bien partie des victimes.
Son témoignage poignant rappelle la douleur et le traumatisme causés par cette catastrophe, et l'importance de ne pas oublier les victimes.
Lire aussi: Tout savoir sur les assistantes maternelles à Armentières
Lire aussi: Services PMI La Chapelle-d'Armentières
tags: #ivg #armentieres #témoignage