Introduction
Maître Isabelle Steyer est une figure emblématique du Barreau de Paris, reconnue pour son engagement indéfectible envers la défense des droits des femmes et des enfants victimes de violences. Forte de plus de 20 ans d'expérience, elle a consacré sa carrière à lutter contre les violences physiques, psychologiques et sexuelles, devenant une voix influente dans le paysage juridique français. Son parcours est marqué par une profonde humanité, une rigueur implacable et une détermination sans faille à faire entendre la voix des plus vulnérables.
Parcours et Spécialisation
Isabelle Steyer est avocate au Barreau de Paris depuis plus de 20 ans. Elle s'est spécialisée dans le droit des femmes et des enfants victimes de violences physiques, psychologiques ou sexuelles. Son cabinet est guidé par des valeurs fortes : rigueur, écoute, disponibilité et combativité.
Un engagement militant
Avocate militante, elle a participé à l’élaboration de lois améliorant la protection, des femmes et des enfants victimes de viols et de violences de toutes sortes. Elle est intervenue en tant que partie civile dans les plus grands procès pénaux français (Guy Georges, Michel Fourniret, l'affaire d'Outreau,…).
Une vocation née de l'observation
La vocation d'Isabelle Steyer est née dans un lieu inattendu : la boutique de lingerie de sa mère à Antibes. Enfant, elle faisait ses devoirs dans l'arrière-boutique, transformée en un véritable confessionnal. Les clientes, des femmes de tous horizons, se confiaient, dévoilant parfois des blessures physiques et émotionnelles cachées sous leurs vêtements. Ces scènes ont profondément marqué la jeune Isabelle, la sensibilisant aux violences indicibles subies par les femmes, même celles issues de milieux privilégiés.
« Ma mère avait une boutique de dessous féminins, à Antibes, sur la Côte d’Azur. Et quand je rentrais de l’école, je faisais mes devoirs dans l’arrière-boutique. C’était le confessionnal. Cette boutique était très courue, les femmes arrivaient bijoutées, elles venaient de partout. Elles se déshabillaient. Et là, de ma petite cachette, je découvrais parfois des horreurs, je voyais des bleus sur leurs corps (…) Ces femmes, des bourgeoises, vivaient des choses indicibles. Dans ces cabines d’essayage, elles se racontaient. C’était fort. »
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Défense des victimes : un combat quotidien
Isabelle Steyer a dédié sa vie à la défense des victimes de viols, de violences et de meurtres conjugaux. Elle assiste depuis près de trente ans les femmes battues, violées, harcelées, menacées, et les enfants maltraités et traumatisés. Son approche se distingue par sa subtilité et sa capacité à comprendre les enjeux spécifiques de chaque affaire. Elle est du côté des victimes, contrastant avec certains pénalistes qui défendent les auteurs de féminicides.
« Les viols, incestes et féminicides peuplent son quotidien d’avocate. Dans les prétoires, elle est plutôt côté « victime ». Isabelle Steyer assiste depuis vingt-neuf ans les femmes battues, violées, harcelées, menacées, et les enfants maltraités et traumatisés. Sa voix calme et courtoise tranche avec le ton viril et péremptoire de certains pénalistes au verbe haut qui défendent, avec d'autant plus de pugnacité que la tâche est complexe, les auteurs de « féminicides ». »
Affaires emblématiques
Elle est intervenue en tant que partie civile dans les plus grands procès pénaux français, tels que les affaires Guy Georges, Michel Fourniret et Outreau. Ces expériences l'ont confrontée aux aspects les plus sombres de la nature humaine et ont renforcé sa détermination à lutter contre l'impunité des agresseurs.
« Les scènes de crime, cette Antiboise de naissance et de cœur en connaît les plus sordides recoins. Elle a assisté des parties civiles dans les procès Fourniret, Guy Georges et Outreau, « autant de féminicides avant l'heure commis dans l'espace public », commente-t-elle. »
Un regard critique sur le système judiciaire
Isabelle Steyer ne se contente pas de défendre les victimes devant les tribunaux. Elle dénonce également les dysfonctionnements du système judiciaire et l'inadaptation de la réponse pénale face à la gravité de certaines situations. Elle pointe du doigt l'inertie coupable des services de police et les pannes de la justice, qui peuvent avoir des conséquences dramatiques.
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L'affaire Nathalie Debaillie
Le dossier de Nathalie Debaillie, enlevée et tuée par son ex-compagnon malgré ses plaintes répétées, illustre ces dysfonctionnements. Isabelle Steyer a saisi le ministère de l'Intérieur, qui a finalement reconnu une faute des services de police.
« Cette femme de 45 ans s'était présentée quatre fois au commissariat de police de Lille pour dénoncer les graves menaces dont elle faisait l'objet et décrire le scénario de son assassinat. L'auteur disait qu'il allait l'enlever avec trois Roms et la mettre dans un coffre de fourgonnette, et c'est ce qu'il a fait ! La victime avait même montré à la police la photo de la pierre tombale qu'il lui avait envoyée… »
L'affaire Isabelle Thomas
Dans l'affaire Isabelle Thomas, abattue avec ses parents par son ex-compagnon, Isabelle Steyer a obtenu la condamnation de l'État pour faute lourde, en raison de l'incapacité des services de police à retrouver l'auteur alors qu'il violait son contrôle judiciaire.
« Dans l'affaire retentissante d'Isabelle Thomas, abattue avec ses parents sur la place du marché de Grande-Synthe par son ex-compagnon Patrick Lemoine, elle obtiendra, en 2020, la condamnation de l'État pour faute lourde, en l'occurrence l'incapacité des services de police de retrouver l'auteur au moment où celui-ci violait son contrôle judiciaire. Le tribunal judiciaire a jugé que la faute des services de police avait « mis Patrick Lemoine en position de commettre les trois assassinats ». »
Le féminicide d'Éléonore
Le meurtre d'Éléonore, premier féminicide de l'année 2022, met en lumière les failles de l'institution judiciaire. Malgré les plaintes de la victime pour violences graves, aucune mesure de protection n'avait été mise en place.
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« Cette jeune militaire avait déposé une plainte à la suite de deux épisodes de violences graves de son ex-compagnon auprès de la gendarmerie de Lorient en août 2021. L'affaire devait être jugée en janvier 2022. Entre-temps, la victime n'a fait l'objet d'aucune mesure de protection alors même que l'homme qu'elle accusait avait été révoqué de l'armée pour alcoolisme et violences à l'égard de ses collègues et avait été condamné pour conduite en état d'ivresse, raconte Me Steyer. »
Propositions pour une meilleure protection des victimes
Face à ces constats, Isabelle Steyer milite pour une meilleure prévention des violences et une aggravation des peines. Elle plaide pour un renforcement des effectifs de police et de justice, ainsi que pour la création d'un pôle spécialisé dans les affaires de violences conjugales et intrafamiliales, composé d'un procureur, d'un juge des enfants et d'un juge aux affaires familiales. Elle appelle également à la mise en place d'un baromètre de la dangerosité et à une utilisation plus systématique du « Téléphone grand danger » et du bracelet anti-rapprochement.
« Comme en matière d'antiterrorisme ou d'infractions financières, il faudrait selon elle créer un pôle composé d'un procureur, d'un juge des enfants et d'un juge aux affaires familiales spécialisés. L'avocate appelle également de ses vœux la mise en place d'un baromètre de la dangerosité et une utilisation plus systématique du « Téléphone grand danger » et du bracelet anti-rapprochements. »
Un engagement pro bono
L'engagement d'Isabelle Steyer ne se limite pas à son activité rémunérée. Elle consacre également une part importante de son temps à des dossiers pro bono, défendant gratuitement des personnes vulnérables qui n'ont pas les moyens de se payer un avocat.
« Engagée et courageuse, Isabelle Steyer a aussi la défense généreuse. 20 % de ses dossiers le sont en « pro bono ». Le cabinet a, l'année dernière, défendu aux assises de Lyon la famille de Bernadette Reby, broyée contre un mur par la voiture de son mari. Il assiste aussi gratuitement des étudiantes agressées sexuellement par leurs professeurs et des femmes violées par leurs médecins. »
"Fin du Silence" : Un podcast pour briser l'omerta
Isabelle Steyer a lancé un podcast intitulé "Fin du Silence", dans lequel elle partage les coulisses des affaires qu'elle a défendues, les batailles judiciaires menées et les obstacles surmontés pour que justice soit rendue. Ce podcast s'adresse à toutes et à tous, car ensemble, nous avons le pouvoir de briser le silence et de contribuer à la lutte contre les violences faites aux femmes.
« À travers Fin du Silence, je vous emmène dans les coulisses des affaires que j’ai défendues, les batailles judiciaires menées et les obstacles surmontés pour que justice soit enfin rendue. Ce podcast s’adresse à toutes et à tous, car ensemble, nous avons le pouvoir de briser le silence et de contribuer à la lutte contre les violences faites aux femmes. »
Reconnaissance et Hommages
Le travail d'Isabelle Steyer est salué par ses pairs et par les victimes qu'elle défend. Elle est reconnue pour son professionnalisme, son humanité et sa détermination à faire reculer les violences contre les personnes les plus vulnérables.
« Maître Steyer est une avocate et une femme d'un professionnalisme qui n'a d'égal que son humanité. Elle maîtrise ses dossiers dans leurs moindres détails et accompagne ses clients dans l'écoute et la bienveillance », témoigne Clémence. « Elle se bat pour faire reculer les violences contre les personnes les plus vulnérables. Je l'ai vue à l'œuvre pendant des mois, elle se bat sans relâche dans un milieu parfois (souvent même) hostile et qui ne fait pas de cadeau », complète Melina.
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