L'imagerie par résonance magnétique (IRM) est une technique d'imagerie médicale précieuse, mais elle peut être une source d'anxiété pour les enfants et leurs parents. Cet article vise à fournir des informations complètes et des conseils pratiques pour préparer et accompagner au mieux un enfant devant subir une IRM.
Qu'est-ce qu'une IRM et Pourquoi est-elle Nécessaire ?
L'IRM, ou Imagerie par Résonance Magnétique, est un examen qui utilise les propriétés magnétiques des protons de l'eau contenue dans les tissus pour créer des images détaillées des organes et des structures internes du corps. Contrairement au scanner, l'IRM n'utilise pas de rayons X et n'est donc pas irradiante. C'est un avantage important, car les enfants sont particulièrement sensibles aux risques liés aux rayonnements ionisants. L'IRM permet d'observer les tissus mous, comme le cerveau ou les muscles, mais aussi les articulations et les os.
Le scanner pédiatrique, quant à lui, permet une analyse fine de la corticale osseuse, c’est-à-dire la partie externe de l’os, en 2D et 3D.
L'IRM est utilisée en complément d'autres examens pour diagnostiquer certaines anomalies ou pathologies au niveau du cerveau, de la colonne vertébrale ou des articulations. Elle offre une précision des images supérieure à d'autres techniques d'imagerie médicale et est sans danger d'irradiation pour l'organisme.
Préparation de l'Enfant : La Clé d'une Expérience Réussie
Expliquer l'Examen
Informer votre enfant est très important : s’il a bien compris la nécessité et le déroulement de l’examen, il coopère plus facilement. Il est essentiel de bien préparer l’enfant avant l’examen. Expliquez-lui pourquoi l'IRM est nécessaire et ce qui va se passer pendant l'examen. Utilisez des mots simples et adaptés à son âge. Vous pouvez lui dire que l'IRM prend des photos de l'intérieur de son corps pour aider les médecins à comprendre ce qui se passe.
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Simulation et Jeux de Rôle
Pour rassurer les jeunes enfants et réduire tant que possible les sédations, certains services sont équipés d’un simulateur d’IRM en forme de fusée, afin d'appréhender l’examen de manière ludique, sous la forme d’un jeu. « L’enfant peut monter tout seul dans l’appareil qui reproduit les mêmes bruits que lors de l’examen réel, explique la spécialiste. Pour préparer au mieux les enfants à cet examen, plusieurs services d’imagerie médicale d’hôpitaux pédiatriques (d'abord à Lyon, puis à Robert Debré à Paris, à Nice…) ont mis en place des maquettes de l’appareil IRM pour expliquer à l’enfant son déroulement : l’enfant peut s’allonger, écouter les différents bruits de la machine, s’entraîner à ne pas bouger en étant filmé et voir ensuite sur un écran s’il a réussi à rester immobile ou non. Vous pouvez aussi “jouer à l’IRM” avec lui (grâce à des figurines par exemple) et l’entraîner à faire la « statue ».
Gérer l'Attente
Après vous être présentés à l’accueil de l’IRM, vous êtes dirigés vers la salle d’attente. Prévoyez des activités calmes pour l'occuper, comme des livres, des jeux ou des coloriages. Si une injection est nécessaire et que l'enfant a peur de la douleur, une crème anesthésiante peut lui être appliquée par ses parents, une heure avant, sur l'endroit où devra être fait la piqûre. Au besoin nous lui conseillons d’aller aux toilettes, car c’est un examen relativement long.
Le Jour de l'Examen
Pour le confort de votre enfant, mettez-lui des vêtements faciles à enlever. Vous pouvez entrer dans la cabine de déshabillage avec votre enfant pour l'aider à retirer les vêtements gênant le déroulement de l’examen. L’infirmière donne la prémédication. L’enfant est installé sur le brancard d’IRM après avoir retiré ses vêtements ainsi que tous les objets métalliques qu’il pourrait porter (bijoux, montre, lunettes, prothèses auditives et dentaires…). L’infirmière pose la perfusion si c’est le mode d’induction qui a été retenu en consultation d’anesthésie. Si, au contraire, il a été prévu une induction inhalatoire, nous commençons par demander à l’enfant de respirer avec le masque facial. Votre enfant est invité à s'allonger sur la table d’examen. Expliquez-lui qu'il doit rester immobile pendant l'examen pour que les images soient claires.
Le Déroulement de l'IRM : À Quoi S'Attendre ?
L'Environnement de l'IRM
L’appareil d'IRM se compose d’un lit mobile qui coulisse dans un tunnel étroit à l’intérieur duquel se trouve un puissant électro-aimant. La salle d'examen est généralement fraîche pour le bon fonctionnement des appareils. Le lit sur lequel est installé votre enfant se déplace dans un tunnel assez étroit, ce qui peut être angoissant. Il est important de garder un contact par la parole avec l’enfant tout au long de l’examen pour le distraire ou le rassurer.
Le Bruit
L’IRM n’est pas douloureuse, mais fait en revanche beaucoup de bruit », précise le Pr Catherine Adamsbaum. Pendant la fabrication des images, votre enfant entendra un bruit de martèlement plus ou moins fort et plus ou moins rapide. Pour l’atténuer, nous lui proposons des bouchons d’oreille. Expliquez à votre enfant que l'appareil fait du bruit, comme un marteau ou un tambour. Certains centres proposent des casques pour écouter de la musique ou des histoires pendant l'examen.
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L'Importance de l'Immobilité
Les deux examens nécessitent une immobilité parfaite sur un temps assez long : jusqu’à 10 minutes pour un scanner et entre 20 minutes et une heure pour une IRM. Il est difficile pour un enfant de ne pas bouger pendant de longues minutes, même quand on l’a bien installé. Pour les nourrissons de moins de 6 mois, l’examen sera réalisé sans sédation médicamenteuse, l’enfant doit être à jeun depuis son dernier repas.
La Présence Parentale
Dans le cadre d’une IRM, le parent est invité à accompagner son enfant en salle d’examen pour le rassurer. En tant qu'adulte accompagnant, vous pouvez rester auprès de votre enfant. Pour un scanner, la manœuvre demande plus de précautions en raison des rayons X envoyés par la machine. Le parent devra porter un vêtement de protection spécial s’il souhaite accompagner son enfant. La salle d’examen n’est pas autorisée aux femmes enceintes.
Sédation et Anesthésie : Quand Sont-Elles Nécessaires ?
Avant 5 ou 6 ans, l’enfant est trop jeune pour comprendre le déroulement de l’examen et rester immobile. Dans certains cas, une sédation ou une anesthésie générale peut être nécessaire pour assurer la réussite de l'examen.
- Sédation : soit d’une sédation (appelée aussi prémédication), c’est à dire qu’il est un peu “endormi” grâce à un médicament (donné en sirop, en suppositoire ou par une piqûre) dans le but de le calmer ou de faciliter son endormissement. Après l’âge de 6 à 8 mois, et avant l’âge de 3 ans, si les techniques utilisées chez le bébé ne fonctionnent pas, un sédatif peut être donné à l’enfant pour l’apaiser et faciliter son endormissement.
- Anesthésie Générale : soit d’une anesthésie générale. A l’Hôpital Américain de Paris, le protocole d’anesthésie pour les enfants autistes, comporte l’administration de clonidine, de propofol et/ou de sevoflurane. Pour la sécurité de votre enfant pendant l’examen, nous utilisons un dispositif de contrôle des voies aériennes (masque laryngé ou sonde trachéale) et nous assistons sa ventilation. La nouvelle salle d’IRM de l’Hôpital Américain de Paris est équipée d’un respirateur amagnétique. Les effets des médicaments anesthésiques disparaissent en quelques dizaines de minutes. Néanmoins la récupération complète des fonctions supérieures peut prendre plusieurs heures. Après son passage en salle de réveil, votre enfant est encore surveillé en salle de repos, le temps qu’il boive, mange et retrouve son niveau d’activité habituel. Un accompagnant adulte devra être présent en plus du conducteur si vous avez prévu de rentrer à domicile avec votre véhicule personnel. De retour à domicile, votre enfant peut se sentir fatigué et prendre quelques heures de sommeil réparateur, ou à l’inverse être temporairement plus actif que d’habitude.
L’équipe d’anesthésie de l’Hôpital Américain de Paris applique les principes de l’ABA (Applied Behavioral Analysis). Notre objectif est d’amener votre enfant à la perte de conscience sans déranger sa routine, sans jamais le forcer ni le brusquer. Votre enfant est ensuite conduit dans l’anneau d’IRM. Les électrodes et les fils de surveillance sont branchés sur le moniteur de l’IRM, le circuit de ventilation est raccordé au respirateur amagnétique, sous la surveillance du médecin anesthésiste présent dans la salle d’IRM pendant toute la durée de l’examen. A la fin de la séquence d’acquisition, votre enfant toujours endormi et allongé sur son brancard est conduit en salle de réveil. Dès qu’il reprend contact avec nous, vous êtes appelé pour le rejoindre. Il doit conserver les électrodes et les fils de surveillance ainsi que la perfusion jusqu’à son transfert en salle de repos. Nous remettons à sa disposition sa tablette ou son jouet préféré.
Lorsqu’une sédation est prévue chez l’enfant de moins de 5 ans, il doit être à jeun durant les quatre heures précédant l’examen (ni boire ni manger).
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Risques Liés à la Sédation
Les risques liés à la sédation sont également faibles. Ralentissement respiratoire passager. Réveil tardif car la susceptibilité aux sédatifs utilisés est variable d’un sujet à l’autre.
Contre-indications et Sécurité
Grâce à un questionnaire nous vérifions que votre enfant n’a pas de matériel métallique dans le corps (voir la liste de ces matériels dans les contre-indications), car certains d’entre eux peuvent gêner la réalisation de l’examen, se dérégler ou être dangereux pour votre enfant quand ils sont soumis aux champs magnétiques de l’appareil. Les contre-indications et risques sont peu nombreux et liés essentiellement à l’utilisation d’un champ magnétique. Les patients porteurs d’un pace-maker (il faut noter que depuis quelques années il existe des pace-makers qui permettent de passer une IRM - pace-maker IRM compatibles-. Par mesure de précaution, pour les patients chez lesquels ont été implantés chirurgicalement du matériel ferro-magnétique (prothèses articulaires en particulier) ou du matériel type stents vasculaires, les bonnes pratiques indiquent de ne pas faire d’IRM dans les 3 semaines qui suivent cette implantation.
Allergie au Gadolinium
L’allergie au produit de contraste utilisé en IRM (le Gadolinium) est beaucoup plus rare que l’allergie à l’iode.
Le Principe de Précaution
Les mêmes contre-indication s’appliquent à la personne qui va accompagner l’enfant dans la machine avec une attention particulière pour les mamans concernant le risque de grossesse.
Après l'IRM : Accompagner et Rassurer
Même si l’examen s’est déroulé sans heurts, il est souhaitable d’en parler avec son enfant. Le but : recueillir son ressenti, apaiser ses craintes et répondre à ses questions. C’est ce qu’a fait Julien avec son fils Gabriel, 3 ans : « Je ne voulais pas qu’il garde un souvenir traumatisant de cette journée. Il n’a pas répondu à mes questions sur le moment, mais à notre retour à la maison, il m’a demandé de “jouer à l’IRM” avec lui, ce que j’ai fait avec humour. Parlez ensemble de ce qui vient de se passer ; expliquez une fois de plus pourquoi l‘examen était nécessaire.
Surveillance Post-Anesthésie
De retour à domicile, après avoir surmonté avec courage l’épreuve de l’IRM sous anesthésie, votre enfant peut se sentir fatigué et prendre quelques heures de sommeil réparateur, ou à l’inverse être temporairement plus actif que d’habitude.
Les Risques Liés aux Rayonnements Ionisants et la Radioprotection
Les enfants sont une population particulièrement sensible aux rayonnements ionisants qui induisent un sur-risque carcinologique faible mais statistiquement significatif. Les actes les plus fréquents chez les enfants concernaient très majoritairement la radiologie conventionnelle et dentaire (environ 56 % et 41 %, respectivement). La proportion d’enfants ayant bénéficié d’au moins un acte diagnostique en 2015 (c’est-à-dire les enfants « exposés ») était de 31 %.
Depuis 2012, plusieurs études de cohorte d’enfants exposés au scanner ont été publiées, et certaines ont montré des risques augmentés de leucémie et de tumeurs cérébrales en fonction de la dose reçue. Une augmentation significative du risque de leucémie et de tumeur cérébrale en fonction de la dose reçue a été observée, même après exclusion des enfants ayant un facteur de prédisposition au cancer étudié.
Compte tenu des risques estimés dans ces études, pour 10 000 enfants ayant reçu un examen scanner délivrant une dose au cerveau estimée à 38 mGy (dose moyenne dans cette étude pour un scanner de la tête) ou une dose à la moelle osseuse estimée à 8 mGy (cette dose pouvant varier selon la partie du corps irradiée par les rayons X), on s’attend à observer 1 cas de tumeur cérébrale maligne attribuable à l’exposition aux rayonnements ionisants dans la période de 5 à 15 ans suivant l’examen et 1,4 cas d’hémopathie maligne dans la période de 2 à 12 ans suivant l’examen.
Les Principes de Radioprotection
Les trois grands principes de la radioprotection sont la justification, l’optimisation et la limitation.
- Justification : Le principe de justification est d’évaluer le rapport bénéfice/risque de l’exposition d’un patient aux rayonnements ionisants.
- Optimisation : L’optimisation des doses délivrées revient aux professionnels de santé qui réalisent les actes. Cette optimisation repose sur le principe ALARA (As low as reasonably achievable).
- Limitation : Dans le domaine médical, la limitation ne s’applique pas au patient pour des raisons évidentes, mais elle concerne le personnel.
Information et Consentement
Dans ce domaine comme pour tout acte médical, il est important d’informer et d’éclairer le patient ou ses représentants légaux afin d’obtenir son consentement.