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L'insémination artificielle : indications et procédure

L'insémination artificielle (IA) est une technique d'assistance médicale à la procréation (AMP) qui consiste à introduire des spermatozoïdes dans l'utérus d'une femme pour faciliter la fécondation. C'est une méthode plus ancienne et plus simple à mettre en œuvre que d'autres techniques d'AMP comme la fécondation in vitro (FIV). Elle est souvent proposée après un bilan de fertilité complet.

Indications de l'insémination artificielle

L'insémination artificielle est une option pour différents types de personnes et de couples :

  • Couples hétérosexuels : Elle peut être envisagée lorsque l'homme présente une légère altération de la qualité du sperme (nombre et/ou mobilité des spermatozoïdes), lorsque la femme souffre de troubles de l'ovulation ou d'altération de la glaire cervicale, ou en cas d'infertilité inexpliquée.
  • Femmes célibataires et couples de femmes : L'insémination artificielle avec sperme de donneur (IAD) est une option pour les femmes qui souhaitent une grossesse sans partenaire masculin.
  • En cas de maladies génétiques de l’homme pour lesquelles d’autres traitements ont échoué, comme le diagnostic génétique préimplantatoire (DPI) préalable, ou parce qu’il n’est pas accepté par les patients pour des raisons personnelles.
  • En cas d’échecs de traitements préalables avec d’autres techniques de reproduction assistée (fécondation in vitro avec micro-injection spermatique ou ICSI) pour un facteur masculin très sévère.

Cependant, pour que l'insémination artificielle soit envisagée, il est essentiel que la femme ait des trompes perméables, une réserve ovarienne suffisante et de qualité et qu'il n'y ait pas d'obstructions tubaires bilatérales. Dans le cas contraire, une autre technique de PMA devra être envisagée : Fécondation In Vitro avec ou sans ICSI (Intra Cytoplasmic Sperm Injection).

Déroulement de l'insémination artificielle

Le processus d'insémination artificielle se déroule en plusieurs étapes :

  1. Stimulation ovarienne : À partir du 2ème ou du 3ème jour du cycle menstruel, la femme reçoit quotidiennement pendant 10 à 12 jours un traitement hormonal par injection sous-cutanée afin de stimuler le développement d'un à trois follicules. Le but est d'optimiser l'ovulation et de multiplier les chances de fécondation.
  2. Surveillance folliculaire : À partir du 10ème jour du cycle, les effets de la stimulation sont suivis toutes les 24 à 48 heures par des prises de sang (dosages hormonaux d'E2 et de LH) et des échographies pour surveiller la maturation des follicules. Les dosages d’ E2 et de LH peuvent être effectués dans un laboratoire Novelab. Faire la prise de sang avant 9h30 pour un résultat avant 12h. L'ovulation est déclenchée par une injection d'hormone hCG lorsque les follicules ont atteint la taille adéquate (18-20 mm). Les autres traitements sont stoppés.
  3. Préparation du sperme : Le sperme utilisé peut être celui du conjoint (IAC) ou celui d'un donneur (IAD). Dans le cas d'une IAC, le sperme du conjoint est recueilli par masturbation au laboratoire, 2 heures avant l'insémination. Le laboratoire réalise la préparation de sperme qui consiste en une sélection-concentration des spermatozoïdes mobiles. Cette préparation du sperme en laboratoire consiste à recréer les modifications naturelles observées lorsque les spermatozoïdes traversent la glaire cervicale lors d’un rapport sexuel. S'il s'agit d'un don de sperme, les paillettes sont décongelées.
  4. Insémination : L'insémination est réalisée au moment de l'ovulation. Elle est réalisée par le Gynécologue par voie vaginale directement dans la cavité utérine à l’aide d’une sonde souple fournie par le laboratoire avec la préparation. L’insémination est un geste rapide, généralement indolore et qui nécessite un repos allongé de seulement quelques minutes. Le médecin dépose les spermatozoïdes à l'intérieur de l'utérus par les voies naturelles grâce à un cathéter très fin. Les spermatozoïdes mobiles remontent naturellement vers les trompes à la rencontre de l'ovocyte. La femme peut alors rentrer chez elle et il ne reste plus qu'à attendre 14 jours avant de faire un test de grossesse.

Avant de débuter les inséminations, un entretien entre le couple et le biologiste doit avoir lieu. Le couple doit fournir certains documents :

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  • Une pièce d’identité pour chaque membre du couple.
  • Les résultats des sérologies HIV, Hépatites B et C, Syphilis +/- HTLV1 des 2 membres du couple datant de moins de 6 mois avant la première tentative d’insémination puis à renouveler chaque fois que le délai entre la tentative et les dernières sérologies est supérieur à 12 mois.

Chances de réussite et risques

En moyenne, le taux de réussite de l'insémination artificielle par cycle de traitement est de 12%. Généralement, entre 3 et 6 cycles de traitements sont proposés. De très nombreux paramètres jouent un rôle sur les chances de réussite, notamment l’âge, l’état de la réserve ovarienne, le profil médical et le nombre de tentatives. Il faut laisser au moins un cycle de repos entre chaque tentative.

L'insémination artificielle comporte certains risques et effets secondaires :

  • Effets secondaires liés à la stimulation ovarienne : En cours de traitement, il est fréquent que les femmes ressentent plusieurs effets indésirables mais sans gravité (bouffées de chaleur, douleurs abdominales, nausées, vomissements, …). Des crampes abdominales modérées sont communes après la stimulation ovarienne. Elles sont liées à l’augmentation de taille et de sensibilité des ovaires, et peuvent persister 2-3 jours après l’insémination. En revanche, inquiétez-vous de douleurs abdominales importantes, de ballonnements avec prise de poids, ou de fièvre.
  • Saignements vaginaux : De petits saignements vaginaux pendant quelques heures peuvent suivre l'insémination.
  • Grossesse multiple : Risque de grossesse multiple associé à une stimulation trop forte de l’ovulation. Celui-ci est néanmoins considérablement minimisé par un monitoring adéquat de la stimulation (dosage hormonaux et échographies) permettant de reporter une insémination en cas d’hyperstimulation.
  • Syndrome d'hyperstimulation ovarienne (SHO) : Certaines complications peuvent conduire à une hospitalisation, c’est le cas du syndrome d'hyperstimulation ovarienne (SHO).

Le repos est généralement inutile et n’augmente pas les chances de grossesse.

Après chaque tentative, les résultats de l’insémination, le déroulement de la grossesse éventuelle et de l’accouchement (grossesse multiple, terme de la grossesse…) doivent impérativement être communiqués au biologiste.

L'AMP en France

L’assistance médicale à la procréation (AMP), ou procréation médicalement assistée (PMA), consiste à manipuler un ovule et/ou un spermatozoïde pour favoriser l’obtention d’une grossesse. Elle permet de palier certaines difficultés à concevoir, sans nécessairement traiter la cause de l’infertilité. En France, en 2015, 3,1% des enfants sont nés grâce à une AMP, soit une naissance sur 32 environ. La recherche vise à améliorer les techniques utilisées, de manière à augmenter les chances de succès de grossesse.

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En application de la loi de bioéthique française, les pratiques d’AMP font l’objet d’un suivi par l’Agence de la biomédecine. L’AMP s’adresse à des couples en âge de procréer chez lesquels une infertilité a été reconnue par un professionnel de santé. Le médecin peut avoir décelé une cause d’infertilité ou avoir simplement constaté l’absence de conception malgré des tentatives répétées sans contraception. Seuls les couples hétérosexuels peuvent avoir recours à l’AMP en France, mais la situation pourrait évoluer : en juin 2017, le Comité consultatif national d’éthique s’est prononcé sur l’ouverture de la procréation médicalement assistée aux couples de femmes et aux femmes célibataires.

L’assurance maladie prend en charge à 100 % les frais liés à une AMP, dans la limite de six inséminations artificielles et quatre fécondations in vitro, jusqu’à obtention d’une grossesse échographique, et à condition que l’âge de la femme ne dépasse pas 43 ans.

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