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L'insémination porcine Duroc : Informations et perspectives

L'insémination artificielle (IA) est une technique de reproduction largement utilisée dans l'élevage porcin moderne. Elle permet d'améliorer la génétique des troupeaux, d'optimiser la production et de contrôler les maladies. Parmi les différentes races porcines utilisées en IA, le Duroc occupe une place de plus en plus importante, notamment pour ses qualités bouchères et sa robustesse. Cet article explore les aspects clés de l'insémination porcine Duroc, en abordant la sélection des verrats, les protocoles sanitaires, les avantages de cette race et les considérations pour son utilisation en élevage.

Sélection et quarantaine des verrats Duroc

La qualité de la semence utilisée en IA est primordiale pour assurer le succès de la reproduction et l'amélioration génétique du troupeau. Les centres d'insémination artificielle (CIA) jouent un rôle crucial dans la sélection et la préparation des doses de semence.

Critères de sélection

Les CIA commandent leurs verrats aux différents organismes de sélection (OS) en fonction de la demande des clients et des besoins de renouvellement du parc. Si de nombreux types génétiques sont présents dans les centres, les reproducteurs sont majoritairement de race Piétrain (75%). Cependant, le Duroc gagne du terrain et concurrence de plus en plus le Piétrain.

Danbred a fait évoluer son offre en lignée mâle pour qu’elle réponde mieux aux exigences des éleveurs. Le marché mondial réclame des carcasses à 60 de TMP (taux de muscle dans la carcasse). En France, les abatteurs veulent du 62 pour mieux valoriser la viande fraîche et les jambons cuits. C’est pourquoi ils approvisionnent désormais les CIA français avec des verrats améliorateurs sur le critère du classement des carcasses. Les derniers relevés de classement indiquent que cette stratégie est payante. Les valeurs moyennes de TMP de leurs clients sont comprises entre 61 et 61,5, ce qui correspond à la plus-value optimale de la grille de classement Uniporc. Cette stratégie de différenciation peut aussi s’appliquer à des verrats Duroc améliorateurs du pourcentage de gras intramusculaire.

Quarantaine et contrôles sanitaires

Les jeunes reproducteurs sélectionnés par les OS françaises restent 7 semaines en quarantaine. Des sérologies sont réalisées pour montrer qu’ils sont indemnes d’Aujesky, de pestes, de brucellose, de SDRP (syndrome dysgénésique et respiratoire porcin) et de DEP (diarrhée épidémique porcine). Les animaux importés (races pures, Duroc danois…) y séjournent 9 semaines, le temps d’effectuer quelques contrôles supplémentaires (contrôles spécifiques, plus contraignants que la réglementation, à l’initiative d'Yxia). Ils doivent montrer patte blanche en termes de DEP, de coronavirus et de SDRP (souches américaines et européennes). Lors de cette quarantaine, les jeunes verrats sont débourrés, leur semence est prélevée et agréée par le Laboratoire national de contrôle des reproducteurs. À l’issue de cette période, ils sont transportés par camion filtré vers l’un des centres du groupe (sous air filtré). Dans les CIA d’Yxia, 95 % des doses sont produites dans des bâtiments sous air filtré. De l’arrivée des verrats au transfert des doses en élevage, tout est sous contrôle sanitaire.

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Avantages de l'utilisation de la race Duroc en insémination

L'utilisation de la race Duroc en IA offre plusieurs avantages pour les éleveurs, notamment en termes de qualité de la viande, de performances d'élevage et de rusticité.

Qualité de la viande

Les verrats Duroc sont reconnus pour améliorer la qualité de la viande de leurs descendants. Les issus de Duroc Axiom se distinguent par une bonne qualité de viande fraîche. Le Duroc est notamment apprécié pour sa capacité à augmenter le persillage (gras intramusculaire) de la viande, ce qui améliore sa tendreté, sa jutosité et sa saveur. Danbred positionne aussi son verrat sur le marché du mâle entier, même si la firme génétique danoise n’a pas entrepris de sélection spécifique sur le risque de carcasses malodorantes comme c’est le cas de la plupart de ses concurrents européens. Un porc qui pousse vite, qui est maigre et qui est peu agressif a moins de risque de générer un problème d’odeur sexuelle à l’abattoir.

Performances d'élevage

Loïc Havez, le responsable technique et génétique Danbred en France, rappelle également l’apport du Duroc Danbred sur la qualité des porcelets : « entre deux et trois points de moins en taux de pertes sur nés vivants, un potentiel important de démarrage en post-sevrage et des croissances élevées en engraissement, jusqu’à +100 grammes de GMQ par rapport à un issu de Piétrain. » Il souligne cependant que ces animaux ne doivent pas être conduits de la même manière afin qu’ils expriment tout leur potentiel. « Leur capacité à obtenir de fortes croissances est liée à une meilleure valorisation de l’aliment. Mais c’est un animal un peu peureux, qu’il ne faut pas brusquer. Pour en tirer tout son potentiel, une approche animalière est indispensable. »

Rusticité et adaptation

La race Duroc est également appréciée pour sa rusticité et sa capacité d'adaptation à différents environnements d'élevage. En production porcine biologique, toutes les races ou les souches d’animaux sont autorisées. Cependant, il est généralement conseillé de miser sur la rusticité pour avoir des animaux capables de s’adapter aux conditions locales et de résister aux maladies. Les femelles 3 voies à base de Duroc peuvent être utilisées sans risque dans les conditions de l’élevage plein air biologique. Ces truies présentent l’avantage d’être moins prolifiques et plus maternelles que les truies témoins Large White x Landrace. Bien que très maternelles, ces truies ne sont pas plus agressives envers l’homme, notamment au moment des soins aux porcelets.

Stéphane et Stéphanie Kerleveo sont passés à la lignée mâle Duroc Danbred depuis deux ans après être passés à la truie Danbred l’année précédente. « Nous étions intéressés par les performances de croissance de cette génétique, associées à son côté rustique qui limite les problèmes sanitaires », explique Stéphane Kerleveo. Ces promesses ont vite été vérifiées par les premières GTE analysées par leur groupement Porc Armor Évolution : 944 grammes de GMQ corrigé en engraissement, un indice de consommation de 2,36, et un taux de pertes de 3 %. « Les passages grippaux sont moins prononcés. Nous n’avons quasiment plus d’entérotoxémies. »

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Différentes génétiques Duroc

Les Duroc lines tested in this project differed from the Pietrain NN control, each with its own specific performance traits. DanBred se démarquent par de bonnes performances d’élevage.

Considérations pour l'utilisation de l'insémination Duroc

Bien que l'utilisation de l'insémination Duroc présente de nombreux avantages, il est important de prendre en compte certaines considérations pour optimiser son efficacité et éviter les problèmes potentiels.

Gestion de l'alimentation

Il est essentiel d'adapter l'alimentation des porcs issus de verrats Duroc pour qu'ils expriment pleinement leur potentiel de croissance. La progression de la courbe est rapide, pour arriver à un plafond de 2,75 kilos en 42 jours. En fin d’engraissement, elle suit la forme d’une cloche pour descendre à 2,55 kilos par jour. Sur la base des résultats de GTE, Loïc Havez lui conseille de limiter cette décroissance aux derniers jours de présence. Nous constatons que la couverture de gras n’augmente pas significativement sur des carcasses plus lourdes.

Comportement animal

Le Duroc est un animal un peu peureux, qu’il ne faut pas brusquer. Pour en tirer tout son potentiel, une approche animalière est indispensable. Stéphane Kerleveo souligne le comportement particulier de la génétique Duroc par rapport au Piétrain. Il y a beaucoup d’interactions entre eux, notamment en post-sevrage. Cela peut parfois aboutir à des nécroses d’oreille, notamment après la transition 1er-2e âge. Les animaux sont plus calmes en engraissement, mais interagissent beaucoup avec les jouets placés dans les cases.

Choix de la génétique

En fonction de son marché (filière longue ou courte), de son système d’élevage (plein-air ou bâtiment) ou bien encore de ses résultats techniques, un éleveur peut être amené à changer de génétique en modifiant sa lignée femelle et/ou mâle (verrat). Ce choix ne doit pas être fait à la légère et doit être bien anticipé pour assurer la continuité de l’élevage pendant la transition.

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Associations et ressources

Voici des liens utiles pour découvrir les associations de génétiques et syndicats présents dans la filière porcine : L’Agence de la Sélection Porcine (ASP), organisme de représentation des professionnels de la génétique porcine, est amenée à traiter des dossiers techniques à la demande de ses adhérents ou du Ministère chargé de l’Agriculture. Depuis 2005, c’est l’Institut du Porc (IFIP) qui assure l’animation et/ou la maîtrise des travaux. Le Ligéral est l’association des livres généalogiques collectifs des races locales de porcs. Animé par l’Ifip, le Ligéral est l’organisme de sélection porcine qui a été agréé par le Ministère en charge de l’Agriculture pour tenir les livres généalogiques des six races locales porcines. Races de France fédère les Organismes de Sélection des différentes races de plusieurs filières animales. Retrouver de multiples informations sur les six races locales de porcs françaises, à savoir le Porc de Bayeux, le Porc Blanc de L’Ouest, le Cul Noir du Limousin, le Porc Basque, Gascon ou bien encore Nustrale.

tags: #insémination #porcine #duroc #informations

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