Face à une rentabilité dégradée, un accroissement de la taille des cheptels et une moindre disponibilité de la main-d’œuvre, le suivi de la reproduction des bovins allaitants est devenu un enjeu crucial pour les éleveurs français. Cet article explore les tendances actuelles de l'insémination artificielle (IA) dans les élevages allaitants français, en mettant en lumière les défis rencontrés, les stratégies gagnantes et les perspectives d'avenir.
Performances de Reproduction et Résilience des Élevages Allaitants
L’Idele et France Conseil élevage se sont penchés sur les données de Reproscope et Bovins Croissance afin de caractériser les performances de reproduction actuelles des principales races allaitantes en France et de cibler les stratégies gagnantes dans la conduite de la reproduction. À travers les données de performances de reproduction, les élevages allaitants peuvent être classés en trois groupes traduisant leur résilience.
Une des stratégies gagnantes dans la conduite de la reproduction est d’identifier clairement ses périodes de vêlage. Sur l’exemple de la race aubrac, parmi les élevages robustes, 62 % d’entre eux regroupent au moins 80 % de leurs vêlages sur trois mois consécutifs. Le fait de concentrer les vêlages induit des gains techniques importants, tant sur le taux de mortalité au sevrage que sur l’intervalle vêlage-vêlage (IVV) moyen du troupeau. Le temps de travail est optimisé et la maîtrise sanitaire est renforcée. Cette stratégie peut se traduire par une plus-value à la vente, grâce à des lots plus homogènes.
Sur les dernières campagnes 2018 et 2019, les races aubrac et salers affichent l’âge moyen au premier vêlage le plus précoce, à 35 mois de moyenne. Pour la charolaise et la limousine, il s’établit à 36 mois. La blonde d’Aquitaine est la plus tardive, avec un âge moyen de 38 mois. S’agissant du taux de mortalité au sevrage, les races rustiques passent sous la barre de 5 %, quand la charolaise et la blonde d’Aquitaine ont un taux supérieur à 9 %. Concernant l’IVV, les principales races à viande sont loin de l’objectif de 365 jours.
Évolution de l'Insémination Artificielle en France
L’insémination artificielle (IA) s’est développée en France à partir de la fin des années 1940, en particulier chez les bovins. Elle consiste à collecter la semence d’un reproducteur mâle, la conditionner, le plus souvent la congeler, puis la transporter et la mettre en place dans les voies génitales de la femelle. Elle permet le découplage entre production de sperme et insémination, ce qui évite le transport des reproducteurs, limite les risques sanitaires, favorise les échanges à plus grande distance et souvent entre pays. L’avantage majeur de l’IA bovine est la dilution de la semence qui permet de produire jusqu’à plusieurs centaines de doses par éjaculat de taureau. Le nombre de descendants par reproducteur peut ainsi être démultiplié, un taureau pouvant produire plusieurs dizaines de milliers de doses en quelques mois. L’impact considérable de l’insémination dans la diffusion du progrès génétique est rappelé par Boichard (2020). Chez les bovins laitiers, un éleveur pratiquant l’IA peut bénéficier d’un progrès génétique de l’ordre de 0,2 à 0,4 écart-type génétique par an, par la simple utilisation de taureaux d’insémination bien choisis, et sans considérer la sélection intratroupeau qu’il peut pratiquer.
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L'activité insémination animale bovine en France enregistre une legère hausse de +0,7% du volume d'inséminations mises en place par rapport à la campagne précédente. Malgré cela, le nombre de femelles mises à la reproductions par insémination continue de baisser (-0,7 % / campagne 2023). Le volume d'inséminations animales bovines en France présente une tendance à la baisse sur les 10 dernières années. Cette baisse s'est accentuée entre les campagnes 2018-2019 et 2021-2022. Depuis cette dernière, la baisse ralentie, les volumes tendent à se stabiliser. Toutefois, si l'on zoome sur les 3 486 000 inséminations premières mises en place, qui permet d'approcher le nombre de femelles mises à la reproduction par insémination, on constate que la baisse est ralentie mais continue.
Baisse de l'IA sur Femelles Allaitantes
Les inséminations animales sur femelles allaitantes connaissent une baisse de -2,6% entre 2019 et 2020. Cette année, 551 711 femelles de races allaitantes ont été inséminées dans 36 052 élevages. L'activité sur femelles allaitantes est en très légère baisse depuis plusieurs années : -1,2% sur 10 ans. Entre 2010 et 2015 le nombre de femelles allaitantes inséminées est plutôt stable autour de 622 000 inséminations premières. A partir de 2015 on note une baisse de plus en plus marquée. En effet, entre 2015 et 2020, le nombre de femelles inséminées baisse de -12% (- 72 200 IAP). Cette année encore, entre 2019 et 2020, on constate une baisse de -2,6%, soit 21 000 femelles allaitantes inséminées en moins. Ce retrait est à mettre en relation avec les contextes de changements climatiques et économiques que connaissent la filière et la décapitalisation observée notamment au sein du troupeau allaitant. La filière de production de viande bovine dispose aujourd’hui d’outils génétiques performants permettant d’évaluer les reproducteurs bovins allaitants, de les sélectionner sur leurs aptitudes bouchères et leur qualités maternelles en ferme et en station (contrôle individuel ou sur descendance). Le panel de caractères traités (naissance, sevrage, post-sevrage, reproduction, aptitudes bouchères) permet d’élaborer des objectifs de sélection adaptés aux orientations raciales, aux contraintes de la filière et de l’élevage.
La faible pénétration de l’insémination animale reste un facteur limitant.
L'Insémination par l'Éleveur (IPE) : Une Alternative en Progression
L'insémination par l'éleveur (IPE) continue de gagner du terrain : 16% des inséminations totales sont mises en place par l'éleveur lui-même sur la campagne 2023-2024 (+7 % / campagne précédente). C'est 5 600 élevages laitiers (11 % de ceux qui inséminent) et 2 400 élevages allaitants (7 % de ceux qui inséminent) qui enregistrent des inséminations IPE.
Au cours de la campagne 2024, 13 386 troupeaux allaitants ont réalisé au moins 10 IAP. Parmi ces élevages, 948 ont enregistré des inséminations IPE, soit 7% d'entre eux. Pour 74% des élevages avec IPE sur femelles allaitantes, la pratique de l'IPE est exclusive. Les départements avec le taux le plus élevé d'IAP IPE sont notamment le Maine-et-Loire, Haute-Vienne et Mayenne (20% IPE), sans compter le Doubs et les Pyrénées-Orientales où les volumes sont faibles.
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Chez les femelles allaitantes, l'utilisation est plus modeste : chez les plus grandes races, la Parthenaise atteint 10% IPE et la Charolaise 9%. A propos des taureaux de race laitière, on observe une augmentation de la part des doses de taureaux par race en faveur de l'IPE. Aujourd'hui 1/3 des doses de taureaux Rouge Scandinave (code race=44) sont mises en place par IPE, presque 1/4 pour les doses de taureaux Jersiais. Bientôt, si la tendance actuelle se poursuit, 1 IA sur 5 sera IPE pour les taureaux de race Brune et Prim'holstein.
Chez les taureaux de race allaitante on note notamment la part d'IPE forte chez les Angus (42%) et les Blanc Bleu (27%), majoritairement utilisés sur femelles laitières. La part de doses IPE mises en place chez les autres races évolue plus progressivement.
Pour assurer la traçabilité de la semence des reproducteurs, la réglementation demande que les entreprises de mise en place déclarent les IA dans le SIG dans un délai de deux semaines et les éleveurs inséminant au sein de leur troupeau dans un délai d'un mois. Pour l'ensemble des inséminations réalisées sur la campagne 2024 et enregistrées avant le 15/04/2024, le délai moyen est de 4 jours. Le délai moyen d'enregistrement dans le SIG des éleveurs IPE est de 14 jours, il tend à se réduire sur les dernières campagnes, mais une marge d'amélioration existe dans les départements où ces écarts sont les plus importants. En 2024, on constate que 15% des IA IPE sont déclarées hors-délai, c'est-à-dire au-delà des 30 jours réglementaires. Ce laps de temps correspond à un intervalle dans lequel une IA de retour aurait potentiellement pu être effectuée.
Choix des Taureaux et Amélioration Génétique
L’insémination est un mode de reproduction qui, au-delà de créer la génération future, permet aux éleveurs de répondre aux besoins d’amélioration génétique de leurs troupeaux.
Diversité des Races et Sélection des Taureaux
En race Blonde d’Aquitaine, les 5 taureaux les plus utilisés réalisent 26% des IAP en race pure. En race Charolaise, ces 10 taureaux représentent 28% des inséminations premières réalisées en race pure. La race Charolaise offre une forte diversité en choix de taureaux ce qui explique la diffusion d’un top 10 et non d’un top 5 qui ne couvrirait que 17% des IAP. Parmi ces 10 taureaux, on constate que la plupart sont relativement âgés, ils ont confirmé dans les élevages, présentent des coefficients de détermination (CD) élevés et répondent aux attentes de leurs utilisateurs. C’est le cas par exemple, pour GIONO et DANDY, qui présentent des niveaux génétiques bons à élevés sur l’ensemble des caractères, ainsi que des pedigrees originaux qui facilitent leurs utilisations. Les autres taureaux répondent soit à la demande des éleveurs sur les facilités de naissance, pour une utilisation sur génisses et/ou sur vaches, soit ils sont « originaux ». Souvent ils répondent à ces deux attentes. En race Limousine, les 5 taureaux les plus utilisés réalisent 22% des IAP en race pure. Pour cette race on observe dans ce top 5 que les taureaux utilisés possèdent également des index aptitudes bouchères pour la production de veaux sous la mère (4/5), et 3 taureaux qui ont un profil « renouvellement femelles ».
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Importance des Index et Objectifs de Sélection
Chaque année, l’agriculteur établit un plan d’accouplement rigoureux. Point de considérations sur la comptabilité amoureuse certes, mais une attention toute particulière est portée sur la compatibilité des index. « Chaque année, je fais ma petite tambouille avec le catalogue des taureaux en station, puis je les rentre dans Opti Gen (logiciel de gestion des accouplements) pour qu’il identifie les accouplements optimaux », explique l’agriculteur. « Et souvent, le logiciel lui donne raison », renchérit Flore Tacquet, technicienne pour Gènes Diffusion.
L’agriculteur mise sur la complémentarité des index. « Si une vache manque un peu de muscle, on travaille sur les index DM. S’il manque du lait, on regarde les index laitiers du taureau ». Ainsi, pas moins de 13 mâles différents ont été utilisés durant cette campagne. « Presque tout le catalogue y passe », sourit l’éleveur.
Résultats de la Sélection Génétique
La sélection paye. Ancien éleveur laitier, Antoine a arrêté de traire en 2006. Depuis il développe la génétique de son jeune troupeau. En dix ans, ses femelles ont gagné près de 10 points d’IVMAT pour atteindre un niveau moyen de 105 (contre 98 de moyenne au sein de la race en 2022). Les veaux nés sur la ferme ont gagné 7 points d’ISERV pour talonner les 104 de moyenne (101 de moyenne au sein de la race). Quand on est sélectionneur comme moi, c’est plus rentable de miser sur l’IA. Ça permet de faire évoluer rapidement son troupeau pour vendre des animaux d’un bon niveau.
Pratiques d'Insémination et Saison de Vêlage
La période de reproduction comporte trois phases. Durant les trois premières semaines (un cycle), il mise sur l’observation naturelle des chaleurs. Le combo caméra plus observation visuelle lui permet de détecter environ 80 % des chaleurs. Après ce délai, les vaches non-vues en chaleur suivent un protocole de synchronisation. Enfin, une vingtaine de jours après les dernières IA, l’éleveur guette les retours en chaleur pour inséminer les dernières vaches vides. Il mise également sur les échographies, 35 jours après l’insémination. L’éleveur présente un IVV de 372 jours (contre 403 en moyenne sur la race Blonde d’Aquitaine).
Répartition Spatiale et Périodicité de l'Activité d'Insémination
On réalise des inséminations sur femelles allaitantes dans tous les départements qui en détiennent à des degrés très divers. Globalement, l’activité est plus intense dans les départements Bretons, ceux du nord et de l’est de la France, éloignés des berceaux des races, notamment pour les races Charolaise et Limousine. On constate que les départements qui constituent le berceau de la race Limousine ont une utilisation faible, inférieure à 8 IAP/100 vaches allaitantes, à l’exception de la Corrèze (8 à 15 IAP/100 vaches). Dans les départements qui constituent l’aire du berceau Charolais, à l’exception de la Nièvre, l’indicateur est de 8 à 15 IAP/100 vaches sur les départements du Cher, de l’Allier et du Puy-de-Dôme.
Les IA sont réalisées préférentiellement entre les mois de novembre et de mars, avec un pic important sur une plage qui part du 15/10 au 01/02, période de reproduction des élevages qui pratiquent le vêlage d’automne. Si l’on se concentre sur les élevages en vêlages groupés, selon la saison de vêlages choisie, la reproduction par IA n’est pas équivalente. En effet, la proportion d’éleveurs pratiquant l’IA est supérieure chez les élevages ayant des vêlages d’automne (58%) et des vêlages d’hiver (44%).
Taux de Non-Retour et Impact des Conditions Climatiques
Sur l’ensemble des femelles allaitantes, on trouve 77% de taux de non-retour chez les génisses et 78% chez les vaches. Ces résultats de taux de non-retours 18-90j bien supérieurs à ceux des IA sur femelles laitières sont à tempérer. En élevage allaitant, le nombre de retours réalisés par IA est bien inférieur à l’élevage laitier car, pour garantir l’objectif prioritaire d’obtenir des vêlages groupés et de maitriser le budget consacré à la reproduction (frais de mise en place et paillettes), les retours avec un taureau de saillie naturelle sont privilégiés. Pour l’année 2020, les résultats se trouvent majoritairement au-dessus de la moyenne 2010-2019 hormis entre les mois de juillet à septembre. En effet l’été 2020 a été marqué par un temps chaud et sec accompagné d’un déficit hydrique. Des conditions climatiques qui ne sont pas adaptées à une bonne fertilité des femelles et endommagent la qualité des fourrages. La fin d’année civile est marquée par un dépassement des taux maximum mesurés entre 2010 et 2019.
Dans un contexte où les conditions climatiques ne cessent de se dégrader vers des sécheresses, il est nécessaire de se poser des questions sur la gestion de la reproduction des animaux d’élevage dans les années à venir. Des projets sont en cours, notamment CAICalor, dont l’un des objectifs est de mesurer l’impact du réchauffement climatique sur les performances de production et reproduction des bovins.
La Semence Sexée : Une Technologie en Développement
La production de semence et sa congélation puis l’insémination artificielle ne modifient pas ce sex-ratio des veaux, avec environ 51 % de mâles parmi les veaux nés de semence conventionnelle. En élevage laitier comme allaitant, où très majoritairement le cheptel femelle est en autorenouvellement, faire naître plus de femelles est pourtant d’intérêt majeur, afin d’accroître notamment les possibilités de sélection intratroupeau. Le conditionnement de la semence pour l’insémination implique différentes procédures de préparation et de contrôle et depuis longtemps, des recherches ont été entreprises pour dévier ce sex-ratio dans la direction désirée.
Principe et Procédé du Sexage de la Semence
Le principe est de séparer, par un traitement particulier, les spermatozoïdes portant un chromosome X et donnant une femelle, des spermatozoïdes portant un chromosome Y et donnant un mâle. Le procédé appliqué actuellement a été développé par des chercheurs de l’USDA dans les années 1990 sur différentes espèces de mammifères, puis breveté par la société XY Inc. Le procédé repose sur le tri de spermatozoïdes après traitement de la semence avec une substance, le Hoechst 33342, qui se fixe sur l’ADN. Ce produit est fluorescent quand il est éclairé par les UV et les spermatozoïdes traités, éclairés par un laser UV, sont d’autant plus fluorescents qu’ils contiennent plus d’ADN. Le chromosome X étant plus grand que le chromosome Y, les spermatozoïdes femelles ont plus d’ADN (4 %) que les spermatozoïdes mâles et sont légèrement plus fluorescents, et cette différence est utilisée pour séparer les deux types de spermatozoïdes.
En fonction du niveau de fluorescence détecté après éclairage par un laser, les spermatozoïdes sont chargés électriquement positivement ou négativement, et déviés dans l’une ou l’autre direction. Les spermatozoïdes morts, qui n’ont pas intégré de fluorophore Hoechst 33342, sont également éliminés. Les distributions de fluorescence mesurée lors du tri n’étant pas disjointes, on ne peut pas retenir les 50 % de spermatozoïdes du sexe choisi. Pour garantir un niveau de pureté suffisant, on ne retient donc que la partie de la distribution constituée en majorité de spermatozoïdes du sexe choisi. L’objectif fréquemment fixé est une précision de tri de 90 à 95 %.
Une tête de trieur actuel permet d’obtenir environ 6 000 spermatozoïdes triés par seconde, un débit qui permet la production de quelques centaines de doses par machine et par jour. Les doses produites avec le protocole usuel contiennent moins de spermatozoïdes que les doses conventionnelles (environ 2 millions vs 8 millions), ce qui résulte également d’un optimum économique du process. Les semences sexées usuelles garantissent 90 à 92 % de descendants du sexe demandé. L’essentiel des besoins concerne la production de doses femelles pour insémination dans les élevages commerciaux. Aujourd’hui, trois ateliers de sexage de la semence bovine fonctionnent en France. Propriétés de l’entreprise Sexing Technologies, ils sont installés dans trois centres d’insémination dans l’est (Roulans, 25), l’ouest (St Aubin du Cormier, 35) et plus récemment le nord de la France (Douai, 59). Il arrive que la semence de certains taureaux ne puisse pas être sexée. Ce phénomène est généralement dû à la présence d’un réarrangement chromosomique dans le génome du taureau.
Utilisation et Impact de la Semence Sexée
L’utilisation de la semence sexée a décollé à partir de 2010, après l’installation du premier laboratoire de sexage en France à Roulans (25). La pratique du sexage est très limitée en races allaitantes (quelques %) alors qu’elle est beaucoup plus développée en races laitières. Elle est beaucoup plus importante sur les génisses que sur les vaches, du fait de leur fertilité plus élevée et d’une certaine sécurisation des conditions de naissance. Elle est plus développée sur la première insémination que sur les retours, 76 % des IA sexées étant des IA premières.
Le surcoût affiché par les entreprises d’insémination varie entre 18 et 25 € par dose. L’intérêt majeur de la technique pour l’éleveur est évident et cette approche renouvelle considérablement la pratique de l’insémination et les stratégies de production de descendants. Elle permet de garantir le sexe du produit avec un haut niveau de fiabilité et donc de produire les génisses de renouvellement à partir de la partie du troupeau choisie par l’éleveur.
Fertilité et Intégrité du Génome
Le procédé de sexage correspond à une manipulation lourde et assez longue qui a des conséquences sur la fertilité. Dans un premier temps, la semence est traitée au Hoechst 33342 qui a une certaine cytotoxicité. Même si seuls les spermatozoïdes vivants sont conservés après la phase de tri, il est probable que ce produit altère la survie ultérieure des spermatozoïdes triés. Par ailleurs, le traitement d’un éjaculat dure plusieurs heures, un délai que ne subit pas une semence conventionnelle. En conséquence, compte tenu de son surcoût et d’un souhait de maintenir une bonne fertilité du troupeau, la semence sexée est utilisée préférentiellement dans les conditions de fertilité maximale. Elle est donc plutôt pratiquée à la première ou lors des deux premières inséminations, les IA ultérieures correspondant à des vaches nettement moins fertiles.
Des études ont été réalisées pour répondre à deux questions : i) le procédé de sexage respecte-t-il l’intégrité du génome du produit né ? En effet, le Hoechst 33342 se fixe sur l’ADN et pourrait donc induire des mutations de novo. Tirant profit des avancées des technologies de séquençage, des travaux de séquençage du génome ont été conduits en France en 2013-2014 dans le cadre du projet SexSeq financé par APIS-GENE pour répondre à la première question et rechercher les mutations de novo.
Croisement Allaitant et Diversification des Revenus
De nos jours, le croisement allaitant s'impose comme une solution efficace pour dégager davantage de revenu en élevage laitier, que ce soit avec la production de jeunes bovins ou de veaux de boucherie. Le croisement entre races allaitantes est peu pratiqué et reste stable à hauteur de 14% des IAP sur femelles allaitantes.
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