Les infections des voies basses transmissibles, souvent appelées infections sexuellement transmissibles (IST) ou maladies sexuellement transmissibles (MST), représentent un problème de santé publique majeur à l'échelle mondiale. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) rapporte quotidiennement plus d'un million de nouvelles infections. Ces infections, qu'elles soient d'origine virale, bactérienne ou parasitaire, peuvent affecter les organes génitaux, l'anus et la gorge. Cet article vise à fournir une vue d'ensemble des causes, des symptômes et des traitements des principales infections des voies basses transmissibles.
Comprendre les IST et les MST
Les termes IST et MST désignent la contamination par des agents pathogènes lors de rapports sexuels. L'OMS a privilégié le terme "infection" à celui de "maladie" depuis 2009, car le terme "infection" souligne qu'une personne peut être porteuse d'une infection sans pour autant présenter de symptômes. Cette distinction encourage le dépistage, même en l'absence de signes cliniques.
Prévention et dépistage
La prévention des IST repose principalement sur l'utilisation de préservatifs lors des rapports sexuels. La contamination par une IST peut fragiliser les muqueuses, augmentant ainsi le risque d'infection par d'autres agents pathogènes. Le dépistage précoce est essentiel pour réduire les complications potentielles. Il peut être réalisé par prise de sang à la recherche d'anticorps, analyse d'urine ou prélèvement local. Des centres gratuits d'information et de dépistage (CeGIDD) proposent des bilans IST confidentiels et anonymes.
Principales infections des voies basses
Chlamydia
La chlamydia est une infection bactérienne causée par Chlamydia trachomatis. Elle est souvent asymptomatique, avec environ 75 % des femmes et 50 % des hommes infectés ne présentant aucun symptôme. Chez les femmes, les symptômes peuvent inclure des pertes vaginales anormales, des douleurs abdominales basses et des douleurs pendant les rapports sexuels. Chez les hommes, des douleurs testiculaires et des écoulements anormaux du pénis peuvent survenir.
Diagnostic : Il repose souvent sur les manifestations cliniques. En cas de doute, une sérologie de la chlamydia peut être prescrite. La recherche d'une infection à gonorrhée est recommandée, car les deux affections sont fréquemment associées. Les TAAN (tests d’amplification des acides nucléiques) sont effectués sur le premier jet d’urine chez l’homme et par auto-écouvillonnage vulvo-vaginal chez la femme.
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Traitement : Le traitement de la chlamydia repose sur des antibiotiques. Il est important de traiter rapidement l'infection pour éviter des complications telles que les maladies inflammatoires pelviennes et l'infertilité. Le traitement doit être contrôlé chez la femme par un nouveau dépistage à distance.
Gonorrhée
La gonorrhée, également appelée blennorragie ou chaude-pisse, est une infection bactérienne causée par Neisseria gonorrhoeae (le gonocoque). Elle touche principalement les jeunes de moins de 30 ans.
Symptômes : Chez les hommes, la gonorrhée peut provoquer des picotements ou des brûlures en urinant, ainsi que des écoulements blanchâtres, jaunâtres ou verdâtres au niveau du pénis ou du rectum. Chez les femmes, les symptômes sont moins fréquents mais peuvent inclure des douleurs abdominales basses, des saignements entre les règles et des douleurs pendant les rapports sexuels. La cervicite peut présenter un col d’aspect normal ou parfois enflammé avec du pus provenant de l’orifice cervical. L’atteinte ano-rectale est le plus souvent asymptomatique. L’oropharyngite est le plus souvent asymptomatique.
Diagnostic : Les prélèvements sont envoyés au laboratoire dans un milieu de transport permettant de conserver la viabilité des bactéries jusqu’à la prise en charge au laboratoire. La recherche de gonocoque doit être obligatoirement spécifiée pour le laboratoire et doit être effectuée avant toute antibiothérapie. La demande d’un examen cytobactériologique des urines (ECBU) n’est pas valable pour la recherche d’un gonocoque. L’examen direct d’un écoulement met en évidence après coloration par le bleu de méthylène ou le Gram, des diplocoques intracellulaires Gram négatif « en grains de café ». La sensibilité de cet examen par rapport à la culture est proche de 95 % chez l’homme symptomatique. Il faut préciser sa demande car les cultures sont effectuées sur milieux enrichis : gélose au sang cuit (Thayer-Martin, Isovitalex) avec et sans adjonction d’antibiotiques (VCAT : vancomycine, colistine, amphotéricine B et triméthoprime). Les colonies poussent en 24 à 48 heures. Ce sont les outils les plus utilisés en pratique courante. Ils sont particulièrement intéressants chez la femme (col utérin et écouvillonnage vulvo-vaginal) et dans les sites pharyngé et anal où la sensibilité de la PCR est supérieure à celle de la culture qui reste peu sensible. La plupart des tests sont la PCR en temps réel qui détecte en duplex l’ADN du gonocoque et de Chlamydia trachomatis. Chez les sujets asymptomatiques, les tests d’amplification des acides nucléiques (TAAN) sont effectués sur le premier jet d’urine chez l’homme et par auto-écouvillonnage vulvo-vaginal chez la femme. En cas de test positif une culture doit être pratiquée pour effectuer un antibiogramme.
Traitement : Le traitement de la gonorrhée repose sur des antibiotiques. La ceftriaxone est l’antibiothérapie de choix. Lors d’une forte suspicion de gonococcies (urétrite, cervicite), il est préconisé de traiter avant même de recevoir le résultat microbiologique. Un contrôle clinique est recommandé à J7 en cas d’absence de guérison avec la réalisation de cultures et contrôle de la sensibilité de la souche par un nouvel antibiogramme. On associe toujours un traitement de la chlamydia lorsque l'on traite un gonocoque, mais pas l'inverse.
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Syphilis
La syphilis est une infection bactérienne causée par Treponema pallidum. Son incidence augmente depuis les années 2000. La syphilis précoce est définie par une évolution datant de moins d’un an.
Symptômes : Les premiers symptômes de la syphilis peuvent inclure des ulcères indolores (chancres) au niveau des organes génitaux, de la bouche ou de l'anus, suivis d'une éruption cutanée, de fièvre et de douleurs musculaires. La syphilis secondaire se manifeste par des lésions cutanéomuqueuses. La syphilis latente précoce est asymptomatique.
Diagnostic : Le dépistage de la syphilis est désormais réalisé par un test automatisé (EIA/ELISA/CIA) qualitatif. La PCR est de plus en plus utilisée. Elle permet un diagnostic par écouvillonnage de toute ulcération, érosion ou après grattage de syphilides.
Traitement : Le traitement de la syphilis repose principalement sur la benzathine pénicilline G. Cliniquement, le chancre et les syphilides disparaissent en 3 à 15 jours.
Herpès génital
L'herpès génital est causé par le virus de l'herpès simplex de type 2 (HSV-2) et, dans certains cas, par le virus de l'herpès simplex de type 1 (HSV-1). Il s’agit d’une infection sexuellement transmissible chronique.
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Symptômes : Les symptômes de l’herpès génital peuvent varier, mais sont souvent caractérisés par des lésions cutanées douloureuses, des démangeaisons et des cloques remplies de liquide. Chez la femme, la primo-infection de l'herpes génital se présente souvent sous la forme d'un oedème vulvaire avec une sensation de coupures.
Traitement : Il n'existe pas de traitement définitif pour l'herpès génital, mais des médicaments antiviraux peuvent être utilisés pour réduire les symptômes, prévenir les récidives et réduire le risque de transmission à un partenaire.
Infections à Papillomavirus Humains (HPV)
Les infections génitales à papillomavirus humains (HPV) sont les MST les plus fréquentes dans le monde. Près de 5 % de la population présente des lésions cliniques et une infection latente est estimée à 25 % des moins de 25 ans.
Symptômes : Les HPV à faible risque oncogène (6 et 11 principalement), sont représentés cliniquement par les condylomes anogénitaux externes. Les HPV à haut risque de cancer (HPV 16, 18, 31, 33, 35 et 45) ont un rôle carcinogène sur le col utérin, l’anus, les muqueuses génitales et le pharynx.
Traitement : L’élimination virale naturelle spontanée s’effectue en quelques mois et dans plus de 90 % des cas dans les 24 mois. Les condylomes peuvent être retirés par chirurgie laser. Il existe des vaccins pour prévenir les infections à HPV.
Trichomonase
La trichomonase est une infection parasitaire sexuellement transmissible courante causée par un parasite appelé Trichomonas vaginalis.
Symptômes : Les symptômes de la trichomonase chez les femmes peuvent inclure des pertes vaginales malodorantes, des démangeaisons et une irritation des organes génitaux. Chez les hommes, cela peut se manifester par des écoulements par le pénis et des douleurs pendant la miction.
Traitement : Le traitement de la trichomonase consiste en l'utilisation d'antibiotiques antiparasitaires pour éliminer le parasite.
VIH/SIDA
Le VIH (Virus de l'Immunodéficience Humaine) est un virus qui attaque le système immunitaire, affaiblissant progressivement le corps et rendant les individus infectés plus susceptibles de développer des infections opportunistes. Le SIDA (Syndrome de l'Immunodéficience Acquise) est la phase avancée de l'infection par le VIH.
Symptômes : Les symptômes du VIH peuvent varier et inclure de la fièvre, des maux de tête, une fatigue persistante, des ganglions lymphatiques enflés et une perte de poids inexpliquée.
Traitement : Le traitement du VIH consiste en une combinaison de médicaments antirétroviraux pour contrôler la prolifération du virus et éviter la progression vers le SIDA.
Urétrite
L’urétrite est une inflammation de l’urètre, le plus souvent en lien avec une infection bactérienne. Les bactéries impliquées dans les urétrites sont principalement des agents pathogènes responsables de maladies sexuellement transmissibles, en particulier Chlamydia trachomatis (25 % des cas) et Neisseria gonorrhoeae (le gonocoque responsable de la gonorrhée, 15 à 40 % des cas). L’urétrite survient de manière différente chez les hommes et chez les femmes, mais aussi en fonction de l’agent pathogène responsable.
Symptômes : Les symptômes sont le plus souvent évocateurs d’une urétrite et suffisent à orienter le médecin vers le diagnostic. Dans certains cas, même après un traitement adapté, les symptômes de l’urétrite persistent (écoulement matinal, brûlures au niveau du canal urétral ou du méat urinaire), on parle alors d’urétrite chronique.
Diagnostic : Des prélèvements biologiques sont nécessaires pour identifier le ou les agents pathogènes en cause. Un laboratoire d’analyses médicales analyse les prélèvements pour rechercher et identifier le ou les agents pathogènes impliqués dans l’urétrite. Des bilans sanguins permettent de diagnostiquer ces pathologies.
Traitement : Après avoir identifié la cause de l’infection, le traitement est généralement antibiotique. A la réception des résultats de l’antibiogramme, le traitement antibiotique est poursuivi ou adapté si besoin. Le ou les partenaires sexuels récents (dans les 2 mois précédant la survenue des symptômes) du patient doivent être informés, dépistés pour les MST et traités comme le patient.
Infections génitales basses
Les infections génitales basses sont des infections vulvovaginales, c'est-à-dire touchant la vulve ou le vagin. Il peut s'agir d'une candidose (= mycose) c'est-à-dire du développement anormal de levures microscopiques (Candida) en raison d'un déséquilibre de l'organisme (diabète, grossesse antibiothérapie, contraception orale…). Même lorsqu'elle ne se propage pas vers les organes génitaux profonds, l'infection génitale basse risque de récidiver et d'avoir un retentissement psychologique, émotionnel et sexuel.
Traitement : La crème est habituellement appliquée pendant 14 jours. On recommande aussi d'éviter les sous-vêtements synthétiques et les pantalons serrés.
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