L'accouchement est une période de grands changements pour le corps d'une femme, et malheureusement, elle peut être accompagnée de désagréments tels que les infections urinaires, les hémorroïdes ou la constipation. Parmi ces complications post-partum, l'infection urinaire est relativement fréquente. Cet article vise à explorer en profondeur les causes, les symptômes, les traitements et les mesures préventives liés aux infections urinaires après l'accouchement.
Pourquoi les infections urinaires sont-elles fréquentes après l'accouchement ?
Plusieurs facteurs rendent les femmes plus susceptibles de développer une infection urinaire après l'accouchement.
- Modifications hormonales : Les hormones de la grossesse, en particulier la progestérone, ont un effet relaxant sur les muscles, y compris ceux de la vessie. Une vessie distendue a du mal à se vider complètement, ce qui crée un environnement favorable à la prolifération bactérienne dans l'urine stagnante.
- Traumatisme à la naissance : Le passage du bébé peut comprimer l'urètre (le canal qui transporte l'urine de la vessie vers l'extérieur) et irriter la vessie. L'utilisation d'une sonde urinaire pendant le travail peut également augmenter le risque d'infection.
- Rétention urinaire : La peur de la douleur causée par une épisiotomie peut amener les femmes à se retenir d'uriner, ce qui favorise la stagnation de l'urine et la prolifération bactérienne.
- affaiblissement du système immunitaire : Pendant la grossesse, le système immunitaire est naturellement affaibli, ce qui rend les femmes plus vulnérables aux infections, y compris les infections urinaires.
- Pression sur la vessie : En cas de grossesse, l’utérus qui se développe exerce une pression sur la vessie qui provoque des envies d’uriner plus fréquentes. De plus, l’augmentation du taux de progestérone peut entraver une vidange complète de la vessie.
On estime qu'environ 20 % des femmes souffrent d'une infection urinaire dans les six semaines suivant l'accouchement.
Symptômes d'une infection urinaire après l'accouchement
Les symptômes d'une infection urinaire peuvent varier d'une femme à l'autre, mais les signes les plus courants comprennent :
- Sensation de brûlure ou douleur en urinant
- Besoin fréquent et urgent d'uriner, même si la vessie est vide
- Douleur ou pression dans le bas-ventre
- Urine trouble ou malodorante
- Présence de sang dans l'urine (hématurie)
- Dans certains cas, fièvre, frissons et douleurs lombaires (signes d'une infection rénale, ou pyélonéphrite)
Il est important de noter que certaines femmes peuvent ne présenter aucun symptôme, en particulier pendant la grossesse. C'est pourquoi des analyses d'urine régulières sont effectuées pendant la grossesse pour dépister les infections urinaires asymptomatiques.
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Types d'infections urinaires
Il existe deux principaux types d'infections urinaires :
- Cystite : Il s'agit d'une infection de la vessie, qui est le type d'infection urinaire le plus courant.
- Pyélonéphrite : Il s'agit d'une infection des reins, qui est plus grave qu'une cystite et peut entraîner des complications graves si elle n'est pas traitée rapidement. La pyélonéphrite aiguë est le plus souvent liée à la progression d’une infection urinaire « basse » (vessie et urètre) vers les reins. L’infection passe d’abord dans un uretère puis progresse et s’installe dans un rein (plus rarement, les deux reins sont touchés).
Diagnostic d'une infection urinaire après l'accouchement
Si vous présentez des symptômes d'infection urinaire après l'accouchement, il est important de consulter un médecin dès que possible. Le médecin vous interrogera sur vos symptômes et effectuera un examen physique. Il demandera également une analyse d'urine pour confirmer le diagnostic.
L'analyse d'urine peut être effectuée de deux manières :
- Bandelette urinaire : Il s'agit d'un test rapide qui peut être effectué au cabinet du médecin. Une bandelette réactive est plongée dans l'urine et change de couleur en présence de leucocytes (globules blancs) et de nitrites, qui sont des signes d'infection.
- ECBU (Examen cytobactériologique urinaire) : Il s'agit d'un test plus complet qui est effectué en laboratoire. L'urine est mise en culture pour identifier la bactérie responsable de l'infection et déterminer sa sensibilité aux antibiotiques.
Traitement d'une infection urinaire après l'accouchement
Le traitement d'une infection urinaire après l'accouchement dépend du type d'infection et de sa gravité.
- Cystite : La cystite est généralement traitée avec des antibiotiques. Le médecin prescrira un antibiotique sans danger pour les femmes qui allaitent. Il est important de prendre tous les antibiotiques prescrits, même si vous vous sentez mieux après quelques jours.
- Pyélonéphrite : La pyélonéphrite est une infection plus grave qui nécessite un traitement antibiotique intraveineux à l'hôpital. Dans les cas les plus graves, une intervention chirurgicale peut être nécessaire pour drainer un abcès rénal.
Sur consultation du soignant qui nous suit en post-partum, médecin généraliste, gynécologue ou sage-femme, on peut aussi recourir à un antibiotique, qui n’est pas incompatible avec l’allaitement.
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Outre les antibiotiques, il existe d'autres mesures que vous pouvez prendre pour soulager les symptômes d'une infection urinaire :
- Boire beaucoup de liquides : Boire au moins huit verres d'eau par jour aide à éliminer les bactéries de la vessie.
- Éviter les boissons irritantes : Le café, l'alcool et les boissons gazeuses peuvent irriter la vessie et aggraver les symptômes.
- Appliquer une compresse chaude : L'application d'une compresse chaude sur le bas-ventre peut aider à soulager la douleur et l'inconfort.
- Prendre des analgésiques : Des analgésiques en vente libre, comme l'ibuprofène ou le paracétamol, peuvent aider à soulager la douleur.
Prévention des infections urinaires après l'accouchement
Il existe plusieurs mesures que vous pouvez prendre pour prévenir les infections urinaires après l'accouchement :
- Boire beaucoup de liquides : Visez au moins huit verres d'eau par jour.
- Uriner fréquemment : N'attendez pas d'avoir très envie d'uriner. Videz votre vessie complètement chaque fois que vous urinez.
- S'essuyer de l'avant vers l'arrière : Cela permet d'éviter la propagation des bactéries de l'anus vers l'urètre.
- Uriner après les rapports sexuels : Cela aide à éliminer les bactéries qui pourraient être entrées dans l'urètre pendant les rapports sexuels.
- Éviter les douches vaginales et les sprays d'hygiène féminine : Ces produits peuvent perturber l'équilibre naturel des bactéries dans le vagin et augmenter le risque d'infection.
- Porter des sous-vêtements en coton : Le coton est une matière respirante qui aide à garder la zone génitale sèche.
- Éviter les vêtements serrés : Les vêtements serrés peuvent emprisonner l'humidité et favoriser la prolifération bactérienne.
Il est recommandé de s’hydrater tout au long de la journée et de boire un litre et demi d’eau par jour. Allez aux toilettes quand vous en avez envie !
Autres problèmes post-partum
Quelques désagréments peuvent arriver après l'accouchement, parmi eux, les hémorroïdes, ou encore une constipation. Si ce dernier a été traumatique, si on a dû utiliser les forceps, les veines de votre anus ont gonflé et sont ressorties au moment de l'expulsion : d'où ces hémorroïdes post-accouchement. Demandez conseil à votre pharmacien : il existe des moyens de vous soulager. Vous vous sentez lourde ? Normal, si vous n’allez pas aux toilettes tous les jours. La faute à la progestérone. Cette hormone ralentit le transit intestinal pendant la grossesse et reste présente dans l’organisme, créant des douleurs post-accouchement. De plus, les intestins ont été fortement comprimés par le volume de l’utérus et n’ont pas repris leur position initiale. Ce qui ne facilite pas leur travail ! L’anesthésie et les calmants prescrits, si vous avez eu une césarienne, n’ont pas arrangé les choses. De plus, lorsqu’on se retient d’aller aux toilettes - tout simplement parce qu’on a peur d’avoir mal et de faire craquer les points d’épisiotomie - on est souvent constipée.
Le + de la rédaction : buvez beaucoup d’eau, au moins un litre et demi par jour. Des selles dures et sèches aggravent le phénomène ! Sachez aussi qu’une femme qui allaite est souvent constipée : pour fabriquer le lait, une grande partie de l’eau présente dans son organisme est utilisée. Évitez les laxatifs, ils n’améliorent pas la tonicité des intestins Préférez-leur Psyllium, un mucilage (il retient l’eau et augmente le volume des selles). Deux cuillères à café avec un verre d’eau avant d’aller dormir.
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Des troubles urinaires peuvent survenir après une grossesse. Quelles sont les solutions pour y remédier ? Un accouchement peut parfois avoir des conséquences sur le périnée. En post-partum, il est donc possible de souffrir de troubles urinaires. Le plancher pelvien englobe différents muscles et tissus, qui se situent à la base du bassin. Au cours de la grossesse, le bébé grandit et grossit au fil des mois. Le plancher pelvien peut alors être affaibli par cette pression. Des troubles urinaires peuvent alors survenir, en particulier durant les premiers jours après l’accouchement. « Toutefois, ces gênes sont généralement présentes avant et pendant la grossesse. Comme ce sujet est relativement tabou, les femmes en parlent difficilement. Le post-partum est un moment opportun pour dépister des fuites urinaires, des pesanteurs pelviennes ou vaginales. En l’absence de prise en charge, les fuites urinaires et/ou la rétention urinaire peuvent perdurer sur le long terme. Le plancher pelvien agit notamment comme un rempart contre les problèmes d’incontinence. « Son existence est peu connue sauf que les muscles du périnée sont sollicités tout au long de notre vie. Les troubles urinaires interviennent lorsque les muscles ne sont plus fonctionnels », indique la sage-femme. Différents facteurs peuvent donc parfois mettre le périnée en difficulté. Au retour de la maternité, la maman peut également présenter une vessie hyperactive, qui se caractérise par une envie soudaine et incontrôlable d’uriner. Plusieurs fois par jour, la patiente est incapable de se retenir même si elle a vidé sa vessie quelques instants auparavant. « Ce trouble peut être lié à une vessie très tonique. Le but de la rééducation périnéale est d’apprendre à connaître son périnée tout en sollicitant les muscles, afin qu’ils retrouvent leur tonicité et leur élasticité. Le nombre de séances va dépendre de la maman, de la connaissance de son corps et de ses antécédents. « Il s’agit d’un moment d’éducation et d’apprentissage. Une patiente qui connaît bien son corps aura forcément moins de séances qu’une maman qui le connaît moins bien. Certaines femmes ne sont pas disposées physiquement et psychiquement à réaliser la rééducation périnéale après une grossesse. Mieux vaut alors réadapter les séances sur le long terme. Il n’existe pas d’âge pour l’effectuer. Avant d’être enceinte ou pendant la grossesse, une femme peut évoquer son incontinence ou sa rétention urinaire avec un professionnel de santé et envisager une rééducation périnéale. Les approches du Pilate et du yoga sont également très intéressantes pour comprendre le fonctionnement du périnée.
Tension mammaire. En cas d'allaitement il peut y avoir une tension, voire des douleurs, au niveau des seins. Saignements. Les saignements après l'accouchement, par voie vaginal ou par césarienne, peuvent durer plusieurs semaines, mais vont en diminuant progressivement. Retour de couches (premières règles après l'accouchement). Des saignements, abondants dans les 3 mois qui suivent l'accouchement, peuvent être en relation avec le retour de couches (celui-ci à lieu 4 à 6 semaines après l’accouchement en l’absence d’allaitement sinon dans les mêmes délais après la cessation de l’allaitement). Fièvre. De la fièvre (température >38°C) dans les deux semaines qui suivent un accouchement, par voie vaginale ou par césarienne, n'est pas normal. Douleurs du bas ventre. Il peut y avoir des douleurs, ressemblant à des contractions utérines de travail, dans les semaines qui suivent l'accouchement. Celles ci peuvent être importantes notamment pendant l'allaitement. Episiotomie : l’épisiotomie est parfois un peu douloureuse dans les semaines qui suivent l’accouchement, dans ces cas il faut bien désinfecter la zone et la sécher consciencieusement.
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