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Tomber Enceinte Apres FIV à 42 Ans : Réalités, Défis et Solutions

Le désir de maternité est profondément ancré chez de nombreuses femmes, mais l'âge auquel elles choisissent de fonder une famille évolue. La maternité tardive, souvent après 40 ans, est un phénomène social de plus en plus répandu, motivé par le désir de développer des projets de vie personnels et professionnels avant de se consacrer à l'éducation d'un enfant. Bien que cette période de la vie puisse être synonyme d'épanouissement pour les femmes, il est essentiel de comprendre les réalités biologiques et les options disponibles pour concevoir après une fécondation in vitro (FIV) à 42 ans.

L'évolution de l'âge de la maternité

L’âge auquel les femmes choisissent d’avoir leur premier enfant est de plus en plus tardif. Les femmes espagnoles, aux côtés des femmes italiennes, sont parmi les dernières en Europe à devenir mères, avec un âge moyen de 32,2 ans pour la naissance du premier enfant en 2019, selon l’Institut national de la statistique (INE) en Espagne. Cette tendance reflète un changement sociétal où le meilleur moment personnel pour la maternité ne coïncide pas toujours avec le meilleur moment biologique.

Fertilité et âge : une réalité biologique

La fertilité féminine est considérée comme étant maximale aux alentours de 25 ans. C’est entre 25 et 30 ans que le corps est le mieux préparé pour la maternité. Au-delà, elle commence à chuter progressivement et s’effondre vers 38 ans. Après 42 ans, les chances de grossesse sont minimes. A 45 ans, les grossesses spontanées sont exceptionnelles. Parallèlement, le risque que la grossesse n’atteigne pas son terme augmente avec l’âge. En effet, plus l’âge de la mère est élevé, plus le risque de fausse couche augmente.

À partir de 35 ans, la réserve ovarienne (le nombre d’ovules que vous avez) diminue et leur qualité aussi. Et après 40 ans, c’est une baisse drastique jusqu’à l’arrivée de la ménopause. Des entités telles que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) considèrent qu’un âge maternel moyen supérieur à 35 ans constitue un facteur de risque.

L’âge peut avoir plusieurs effets néfastes sur la fertilité féminine comme on l’a vu précédemment. En conséquence, l’âge a également un effet sur le fonctionnement de l’appareil reproducteur féminin.

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  1. Un des impacts de l’âge sur la fertilité féminine concerne celui sur la qualité de l’ovocyte. Les faibles chances de grossesse chez les femmes âgées de plus de 40 ans sont associées à une altération de la qualité des ovocytes. En effet, le risque que les ovocytes présentent un nombre anormal de chromosomes et des mutations génétiques augmente avec l’âge.
  2. Un autre impact que l’âge peut avoir sur la fertilité féminine va être celui sur le corps jaune de la phase lutéale. Après l’ovulation le corps jaune assure une production de progestérone au cours de la phase lutéale.
  3. L’âge de la femme ralentit le processus de prolifération cellulaire. Cela est associé à une hausse de la sénescence cellulaire (perte des fonctions des cellules). Ce phénomène est responsable d’une diminution de l’épaisseur de l’endomètre, ce qui va inévitablement impacter la fertilité féminine.
  4. Avec l’âge, la fertilité notamment la réponse immunitaire et inflammatoire de l’organisme est perturbée. Pourtant, elle joue un rôle fondamental au cours de la grossesse, le corps de la mère devant s’adapter à l’implantation.
  5. Au-delà des autres impacts sur la fertilité féminine que l’on a mis en évidence, il a été récemment observé que la mise en place de la fonction hormonale (notamment la production d’œstrogènes et de progestérone) est retardée dans les placentas de femmes plus âgées.

L’âge a donc des effets délétères sur l’ensemble de l’appareil reproducteur féminin : qualité ovocytaire, production hormonale, maturation de l’endomètre, immunotolérance et fonction placentaire sont altérées.

Options pour préserver la fertilité

Conscientes de cette réalité, de nombreuses femmes envisagent des options pour préserver leur fertilité. Par conséquent, l’une des options pour préserver la fertilité est la congélation des ovocytes au stade fertile. Grâce à cette technique, la femme prend le contrôle de sa vie reproductive, pouvant décider dans le futur de son moment idéal pour devenir mère. De nos jours, les techniques sophistiquées de cryoconservation des ovocytes offrent une possibilité que choisissent de plus en plus de jeunes femmes qui ne veulent pas renoncer à leur projet de reproduction. Et, lorsque le moment est venu, grâce à un traitement de fécondation in vitro (soit avec le sperme du partenaire, soit avec du sperme provenant d’une banque de donneurs), on utilise les propres ovocytes de la patiente, qui ont conservé la même qualité et les mêmes caractéristiques qu’avant la congélation.

La FIV après 40 ans : réalités et défis

Bien qu’il soit possible d’obtenir une gestation naturelle, à partir de 40 ans, le taux de grossesse avec ses propres ovules est réduit à 5 %, selon la Société espagnole de fertilité (SEF). La FIV représente l’une des meilleures options pour les femmes de plus de 40 ans qui souhaitent tomber enceinte.

Le nombre de femmes recherchant un traitement de fertilité à l’âge de 40 ans et plus est en augmentation. Il y a plusieurs raisons à cela, incluant de précédentes tentatives de FIV échouées, un mauvais pronostic de conception naturelle en raison de l’âge, une décision retardée pour privilégier sa carrière ou parce qu’on n’a pas de partenaire, ou encore une prise de conscience soudaine de l’imminence de la ménopause.

Cependant, il ne faut pas penser non plus que la FIV à 40 ans est une panacée - les chances qu’une FIV fonctionne à 40 ans sont inférieures qu’à 30 ans. Le taux de réussite moyen par cycle de FIV pour les femmes de plus de 40 ans est d’environ 9 % - un chiffre inférieur au pourcentage des patientes plus jeunes. Après 40 ans, environ 5 % seulement des tentatives de fécondation in vitro aboutissent à une naissance.

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Si une mère « âgée » souhaite avoir un enfant, il est conseillé de ne pas perdre de temps. En fonction de votre réserve ovarienne, de la réponse à la stimulation pharmacologique, de vos marqueurs génétiques et même de votre indice de masse corporelle, différentes marches à suivre sont établies pour optimiser le résultat de gamètes pour obtenir une grossesse.

A partir de 43 ans chez la femme, il convient donc à la patiente et à son médecin d’évaluer la balance bénéfices-risques avant de débuter un protocole de PMA.

Diagnostic Préimplantatoire (DPI)

C’est pourquoi il est conseillé d’effectuer le diagnostic ou test génétique préimplantatoire (DPI, également appelé PGT). Le DPI est effectué sur l’embryon avant que celui-ci ne soit transféré dans l’utérus de la mère. Il consiste en son analyse à partir d’une petite biopsie. Son objectif est de détecter les anomalies génétiques et/ou chromosomiques. La qualité des ovocytes est le facteur le plus déterminant devant la qualité de l’embryon. Un diagnostic préimplantatoire (DPI) peut être effectué pour tester la normalité chromosomique des embryons (euploïdie) avant leur transfert dans l’utérus.

Avantages et Risques de la Maternité Tardive

La maternité tardive a ses avantages. À ce stade, la femme a une plus grande maturité et un plus grand degré de responsabilité. La grossesse est souhaitée, la dépression post-partum est moins fréquente et la mère dispose de nombreuses informations qui ont une répercussion sur ses soins personnels et ceux de sa future famille. En outre, elle bénéficie généralement d’une meilleure situation économique et professionnelle qui lui donne une plus grande stabilité pour éduquer son enfant.

Cependant, plus l’âge augmente, plus les risques pour la femme enceinte et le fœtus augmentent également. Par conséquent, au-delà de 40 ans la grossesse est considérée comme une grossesse à haut risque.

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Tests de Diagnostic Prénatal

Pendant cette période, la femme enceinte peut choisir de procéder à des tests de diagnostic prénatal, qui permettent de connaître le risque que court le bébé de subir des altérations chromosomiques ou d’exclure des anomalies congénitales ou malformations.

  • Test d’ADN fœtal dans le sang maternel : pour détecter les anomalies chromosomiques les plus courantes qui peuvent être identifiées grâce à l’échantillon de sang de la mère.
  • Amniocentèse : consiste à prélever du liquide amniotique à l’intérieur du placenta, le sac dans lequel se trouve le fœtus. La ponction est effectuée à l’aide d’une aiguille très fine dans l’abdomen et des cellules sont extraites de l’embryon et seront analysées pour détecter la présence éventuelle d’anomalies chromosomiques ou génétiques et de défauts du tube neuronal. Elle est réalisée entre la 15ème et la 18ème semaine.
  • Biopsie choriale ou chorionique : on obtient du tissu du placenta pour l’étude des chromosomes fœtaux, de l’ADN ou des enzymes fœtales. Elle est réalisée par voie abdominale ou transcervicale. Son avantage par rapport à l’amniocentèse est qu’elle peut être effectuée à la 11ème et 12ème semaine.
  • Cordocentèse ou prélèvement percutané de sang ombilical : est la ponction et l’extraction du sang de la veine ombilicale pour détecter des anomalies congénitales et sanguines. Il s’agit d’une méthode peu fréquente qui doit être réalisée par des médecins experts.

Risques Accrus

Les femmes enceintes à un âge avancé ont tendance à avoir plus de problèmes de santé que les femmes plus jeunes. Dans ce sens, les risques de tomber enceinte à 40 ans sont principalement liés à deux complications fréquentes : le diabète et l’hypertension. Ces deux risques augmentent avec l’âge maternel.

Dans certains cas, le risque est accru si les femmes enceintes sont en surpoids, obèses ou présentent d’autres problèmes de santé qui entraînent une hypertension induite par la grossesse (prééclampsie), une condition caractérisée par l’apparition soudaine d’une hypertension artérielle et des signes de lésions organiques pendant la grossesse.

  • Placenta praevia : Cela se produit lorsque le placenta de votre bébé couvre partiellement ou complètement votre col de l’utérus, la zone par laquelle le bébé sort de l’utérus.
  • Fausse couche : Vous êtes plus susceptible d’avoir une fausse couche si vous êtes plus âgée.
  • Syndrome de Down : Le risque d’avoir un enfant atteint du syndrome de Down augmente avec l’âge. À 20 ans, 1 enfant sur 1 480 naîtra avec cette affection. Mais à 40 ans, ce risque augmente à 1 sur 85.

Cependant, avec un bon suivi médical dès le début, nous pouvons diagnostiquer ces complications à temps.

Conseils pour une Grossesse Saine après 40 ans

Si vous avez 40 ans ou plus, il y a un certain nombre de choses que vous pouvez faire pour augmenter vos chances d’obtenir et de mener à bien une grossesse. Tout d’abord, faites un premier bilan de fertilité et de santé générale ; idéalement auprès d’un obstétricien/gynécologue indépendant, d’un spécialiste de la fertilité et/ou d’un médecin généraliste.

Il est conseillé de suivre une alimentation variée, riche en fruits et légumes et en aliments contenant de l’acide folique comme les légumineuses, les légumes à feuilles vertes, les fruits secs ou les céréales. À l’Instituto Bernabeu, nous disposons d’une unité spécifique pour l’endocrinologie et la nutrition pendant la grossesse.

Deuxièmement, il est important de faire de l’exercice, de maintenir un poids adéquat et de garder un esprit alerte.

Enfin, vous devez éviter les substances nocives telles que l’alcool, le tabac et les excitants comme le café.

La planification de la grossesse devrait commencer par une consultation avant la conception. Une recommandation qui devient plus nécessaire encore lorsqu’on envisage la maternité à un âge avancé.

Une procédure de FIV réussie, quel que soit l’ âge nécessite que les patients soient en bonne santé. En vieillissant, vous devenez plus vulnérable à certaines conditions telles que le diabète et l’hypertension artérielle. Faites attention à votre mode de vie et, si nécessaire, modifiez-le pour améliorer les chances de tomber enceinte. En plus de votre santé physique, prenez soin de votre santé mentale.

Accouchement et Risques

L’âge ne fait pas une grande différence lorsqu’il s’agit de donner naissance à un enfant. Même si à partir de 40 ans, le risque de naissance prématurée et de naissance du bébé avant 37 semaines de gestation soit plus élevé. Il y a également une probabilité plus élevée de donner naissance par césarienne. Les muscles de l’utérus sont moins élastiques et moins capables de se contracter. C’est pourquoi le gynécologue peut recommander de déclencher ou de provoquer l’accouchement.

Options Alternatives : Don d'Ovocytes

Les traitements de don d’ovocytes représentent les meilleures chances possibles passé 40 ans, mais le traitement est-il sûr ? Il y a, bien sûr, des risques à tout âge, mais ces risques augmentent avec les années.

Lorsque vous recevez un traitement avec des ovocytes de donneuse, on peut vous proposer des gamètes frais ou congelés. La plupart des cliniques suggèrent que les taux de réussite sont globalement similaires, et que la décision est plutôt d’ordre logistique : il est plus facile de fixer une date pour un transfert en utilisant des ovocytes congelés, que de devoir s’adapter à une date de ponction ovocytaire qui est plus variable.

Lorsqu’on utilise des ovocytes de donneuses, la probabilité de grossesse est maximale si tous les embryons générés lors de trois cycles de réception d’ovocytes consécutifs sont transférés, atteignant un taux de grossesse clinique cumulé de 97 % après les trois cycles de réception d’ovocytes.

Choisir une Clinique de Fertilité

Lors de vos recherches de clinique, regardez les taux de réussite des cliniques dans le traitement des patientes âgés de plus de 40 ans. Considérez attentivement les cliniques de fertilité qui proposent des transferts multiples - ces traitements peuvent entraîner des grossesses multiples, qui peuvent à leur tour causer de graves problèmes à la fois pour la mère et pour le bébé.

Si vous avez plus de 40 ans et que vous faites une FIV avec vos propres ovocytes, assurez-vous que la clinique que vous avez choisie propose le meilleur protocole de FIV, incluant l’utilisation d’une surveillance embryonnaire accélérée pour identifier toute anomalie génétique, ceci étant plus commun chez les patientes plus âgées.

Avant de commencer votre traitement à la clinique de fertilité, il existe un certain nombre de choses qui peuvent améliorer vos chances de succès. Après l’âge de 35 ans, les femmes courent un risque plus élevé de développer du diabète et de l’hypertension artérielle. Par conséquent, il peut être conseillé de faire un bilan de santé général avant de commencer tout traitement. Rappelez-vous que l’IMC peut également influencer le succès de traitement par FIV.

Demandez aux cliniques leurs taux de réussite spécifiques pour les patientes de votre âge ; assurez-vous que leurs statistiques sont transparents et faciles à comprendre.

Critères de Sélection

Quels critères sont utilisés pour identifier la meilleure clinique de fertilité en Europe pour les plus de 40 ans ? Les taux de réussite jouent évidemment un rôle, ainsi que le coût et la disponibilité des donneuses. Si vous avez moins de 50 ans, la plupart des pays européens proposeront une grande variété de cliniques et les destinations les plus populaires correspondent à celles que préfèrent les patientes plus jeunes.

Lorsqu’on recherche les meilleures cliniques de FIV pour les femmes de plus de 40 ans, les taux de réussite à eux seuls ne racontent pas toute l’histoire. Par exemple, les cliniques de FIV aux États-Unis sont réputées pour leurs technologies de pointe et leur large sélection de donneurs, ce qui en fait un excellent choix pour celles qui recherchent une approche hautement personnalisée. Cependant, le coût du traitement y est parmi les plus élevés au monde. De même, le Royaume-Uni propose des traitements de FIV de haute qualité pour les femmes plus âgées, sans limite d’âge légale pour les patientes et avec un cadre réglementaire strict.

En fin de compte, la meilleure clinique de FIV est celle qui répond à vos besoins spécifiques, qu’il s’agisse de l’accessibilité financière, de l’accès à un large choix de donneurs ou de protocoles spécialisés pour les femmes de plus de 40 ans.

Aspects légaux et limites d'âge

La question de savoir s’il convient d’appliquer une limite d’âge supérieure à tous les traitements et à tous les pays divise les communautés médicales et scientifiques depuis un certain temps. La FIV pour les femmes plus âgées devrait-elle être limitée en raison des chances de succès plus faibles et des risques plus élevés de problèmes médicaux liés au traitement ?

Les pays et les cliniques ont des approches différentes en ce qui concerne la FIV pour les femmes plus âgées. Bien qu’il n’y ait pas encore de limite d’âge légale pour les traitements de FIV au Royaume-Uni, les cycles financés par le NHS sont limités en fonction de l’âge. Il n’y a pas d’âge légal pour le traitement de FIV en Ukraine. Cependant, il est généralement admis qu’aucun accès au traitement n’est autorisé au-delà de 51 ans en raison d’éventuels problèmes de santé.

La plupart des cliniques de fertilité fixent une limite d’âge, souvent entre 42 et 45 ans, pour une FIV avec ovocytes propres. Cependant, l’avis du comité de l’American Society for Reproductive Medicine (ASRM) conclut qu’« un traitement limité peut être fourni après un processus d’éducation explicite et d’examen des valeurs».

Témoignage

Une femme témoigne de son parcours de FIV après 40 ans :

"J’ai eu mon fils jeune et sous contraceptif. Je ne souhaitais pas un autre enfant aussitôt après. Après quelques temps d’essais, nous avons demandé de l’aide à ma gynécologue. Elle nous a clairement déconseillé de pratiquer des examens, avançant l’argument que la nature est bien faite et que s’engager dans des examens engendrerait du stress, ce qui est défavorable à la fertilité. Il fallait donc attendre. Là ont commencé les longs mois à guetter l’ovulation à chaque cycle… Les mois se suivaient…. Et les résultats négatifs des tests de grossesse aussi. Ça a été une libération de changer de gynécologue. Elle et mon médecin traitant nous ont encouragé à faire des examens et un suivi PMA. Nous avons donc pris rdv avec un centre privée. Nous avons passé une série d’examens pour définir la cause de notre infertilité. Mais les résultats indiquaient que tout était normal, aussi bien pour moi que pour mon conjoint. Nous étions donc en infertilité primaire. Nous avons donc commencé la stimulation ovarienne. Le médecin abordait régulièrement le sujet du risque important d’échec lié à mon âge et commençait à nous parler d’adoption avant même d’aborder la FIV. J’étais dévastée. On a parlé de notre suivi médical à notre entourage. C’était une erreur. Entre ceux qui rient, ceux qui ne comprennent pas ou s’en moquent comme de l’an 40, ceux qui demandent des détails croustillants du mode d’emploi de notre intimité, et ceux qui font des réflexions sur cette folie à notre âge (« Tu ne vas quand même pas refaire un môme à ton âge ?! »), nous n’avons trouvé aucun soutien. Vraiment aucun. Ça tombait à une période déjà relativement fatigante pour moi puisque je devais faire des journées de 12h au travail pour préparer un diplôme. Je courrais pour le travail, pour les prises de sang et les échos de contrôle, ces deux examens étaient à faire exclusivement au centre de PMA où j’étais suivie. Les échos étaient d’une durée record : 7min passées dans le bureau à te déshabiller, faire l’écho et te rhabiller et au revoir madame. Il fallait que je sois rentrée à l’heure à la maison pour me faire mes piqûres moi-même ou que mon conjoint me les fasse. J’avais bien essayé l’infirmière à domicile mais non seulement elle me faisait des bleus pas possibles, mais le jour de la piqûre d’Ovitrelle pour déclencher l’ovulation elle avait eu une remarque quelque peu déplacée : »Allez ce soir il faut y aller hein ! C’est le moment-là ! Ha ha ha ». La fatigue physique et psychologique s’accumulaient au fil des mois, ça devenait très compliqué pour moi. Et les hormones faisaient aussi effet niveau de la fatigue, sautes d’humeur, douleurs…. Et poids ! Parce qu’on ne m’avait pas prévenue que les hormones faisaient prendre 2 à 3 kgs à chaque protocole. J’ai dû refaire ma garde-robe. Bref, le stress montait crescendo. Et marre de ce centre pma qui cherche à te faire croire que tu es trop vieille passé 40 ans et qui te traite comme un vulgaire client prêt à raquer à hauteur de son désespoir pour pouvoir pouponner. On a donc décidé de faire une pause de quelques mois. J’avais besoin de repos, de reprendre des forces. On ne m’avait pas prévenue que c’était si intense ce parcours. Après quelques mois, on a décidé de ne pas retourner à ce centre de PMA. On a préféré dire à une partie de notre entourage qu’on abandonnait l’idée d’avoir un bébé. Et certains se sont lâchés : »De toute façon à votre âge c’est mieux que vous n’en ayez pas », on encaisse on respire et on sourit en serrant les dents. On a ensuite changé de centre PMA. On a choisi un CHU. Le temps pressait j’avais 41 ans à ce moment-là, et j’approchais des 43 ans à grand pas. Ce nouveau centre a été top avec nous. On nous a tout expliqué de À à Z. La 1ère FIV a été compliquée car, suite à un concours de circonstances, les divers anesthésiants locaux n’ont pas complètement fait leur effet et j’ai souffert le martyr lors de la ponction. Nous avons alors décidé que ce serait la seule fiv en raison de cette souffrance mais aussi pour tout ce que ça impliquait comme complications nous ayant précédemment conduits à faire une pause. Ayant peur de regretter de ne pas avoir été au bout de notre projet, on a décidé de refaire une seconde FIV, mais cette fois-ci serait la dernière car trop éprouvant. Rapidement après on a donc refait la deuxième FIV. Elle s’est déroulée sans douleur cette fois ci, les anesthésiants locaux ayant été efficaces. Nous avons eu une belle récolte aussi (9 ovocytes et 8 embryons). On m’a transféré 3 embryons J3 frais puisque nous avions décidé que ce serait la dernière. Nous attendions la prise de sang avec impatience. Et enfin le résultat était positif ! J’étais enceinte ! Un des trois embryons s’était accroché. Enfin ! Ça y est on allait avoir notre mini nous ! On était évidemment hyper heureux ! On s’est empressés d’acheter un super lit combiné et quelques babioles pour le bébé. Mais aux prises de sang suivantes, le taux de BHCG n doublait pas correctement. Mais finalement j’ai fait une fausse couche à 11sa, le cœur du fœtus était absent. A ce moment-là, notre monde s’est écroulé. On se dit que la nature est joueuse, moqueuse, cruelle, qu’elle vous laisse toucher du doigt votre rêve, puis vous le retire. Il y avait encore des personnes pas très intelligentes dans notre entourage dont une particulièrement qui, à l’annonce de ma fausse couche et de la raison de cette fausse couche m’a demandé avec insistance : « Bon mais ils t’ont quand même fait écouter le cœur ? Ah non ? Bon mais il est vivant ou il est mort alors !?! ». Il nous restait 1 blastocyste. J’approchais des 43 ans dans quelques mois. Je n’y croyais plus du tout, mais on m’a quand même transféré ce blasto. Le dernier transfert était de 3 embryons et seulement 1 s’était accroché pour déboucher sur une fausse couche donc là aucune chance que ça prenne. Je n’avais qu’une idée en tête, c’était attendre le résultat négatif pour vite refaire une toute dernière fiv avant mes 43 ans. Mon taux de BHCG doublait plus que bien. Les échos étaient parfaites. En début de grossesse j’ai eu des hémorragies importantes qui m’ont contrainte à rester alitée le 1er trimestre. Mais je n’y croyais pas. J’ai passé le cap de mes 43 ans limite triste en me disant que si je faisais une fausse couche tardive, je ne pourrais plus refaire de fiv en France. Mes résultats d’examens avaient toujours été correctes. Mais au 9ème mois de grossesse, les résultats ont commencé à être moins bons, j’ai fait une prééclampsie, ce qui pouvait nous mettre en danger le bébé et moi. Après avoir redouté la fausse couche toute la grossesse, j’y ai enfin cru quand j’ai pu tenir dans mes bras ma belle petite princesse. Et je suis aujourd’hui convaincue avec le recul que, même si ce long parcours a été épuisant et douloureux, oui la nature est bien faite, et les choses arrivent au bon moment."

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